Les injections des vaccins anti-Covid pour tout petits vont pouvoir commencer aux Etats-Unis

Un enfant de six ans reçoit le vaccin Pfizer-BioNTech Covid-19 dans le Connecticut (Photo, AFP).
Un enfant de six ans reçoit le vaccin Pfizer-BioNTech Covid-19 dans le Connecticut (Photo, AFP).
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Publié le Dimanche 19 juin 2022

Les injections des vaccins anti-Covid pour tout petits vont pouvoir commencer aux Etats-Unis

  • Les Etats-Unis comptent environ 20 millions d'enfants âgés de moins de cinq ans
  • Le vaccin de Pfizer-BioNTech est lui autorisé entre six mois et 4 ans à raison de 3 microgrammes par piqûre

WASHINGTON: Les autorités sanitaires américaines ont recommandé samedi les vaccins contre le Covid-19 de Pfizer et de Moderna pour les tout petits, les Etats-Unis devenant ainsi le premier pays à rendre les injections de ces deux vaccins à ARN messager possibles dès 6 mois d'âge.

Cette nouvelle a immédiatement été saluée par le président Joe Biden comme "un pas monumental dans la lutte contre le virus". "Ces vaccins sont sûrs et très efficaces, et vont donner aux parents la tranquillité d'esprit de savoir que leur enfant est protégé contre les cas les plus graves de Covid-19", a-t-il ajouté dans un communiqué.

Vendredi, l'Agence américaine des médicaments (FDA) les avait déjà autorisés en urgence pour ces jeunes enfants -- qui ne pouvaient jusqu'ici pas être vaccinés avant 5 ans.

Mais les Centres de prévention et de lutte contre les maladies (CDC), principale agence sanitaire du pays, devaient encore les recommander pour que les injections puissent commencer, ce qui est maintenant chose faite.

"Nous savons que des millions de parents (...) veulent faire vacciner leurs jeunes enfants, et avec la décision d'aujourd'hui, ils le peuvent", s'est félicitée dans un communiqué Rochelle Walensky, la directrice des CDC.

Le gouvernement américain a mis à la disposition des Etats plusieurs millions de ces doses infantiles, et avait déjà commencé à les envoyer aux quatre coins du pays dès l'autorisation de la FDA rendue.

Joe Biden a promis que les parents pourraient commencer à prendre rendez-vous dès la semaine prochaine pour réaliser les premières piqûres, et que les vaccins seraient disponibles dans des milliers d'endroits, notamment pharmacies et hôpitaux.

Pfizer en trois doses 

Désormais, le vaccin de Moderna, en deux doses administrées à un mois d'écart, est disponible pour les enfants entre six mois et 5 ans à un dosage réduit de 25 microgrammes (contre 50 microgrammes pour les 6-11 ans, et 100 pour les 12-17 ans, comme les adultes).

Le vaccin de Pfizer-BioNTech est lui autorisé entre six mois et 4 ans à raison de 3 microgrammes par piqûre, soit un dixième du dosage utilisé pour les adultes.

Principale différence: il devra se faire d'emblée en trois doses -- les deux premières à trois semaines d'intervalle, la troisième administrée huit semaines après la deuxième. Les enfants le recevant ne seront donc pas protégés de façon optimale avant plusieurs mois.

Mais ses effets secondaires ont semblé, lors des essais cliniques, être moins forts qu'après le vaccin de Moderna. Environ un quart des jeunes enfants ayant reçu Moderna ont développé de la fièvre, notamment après la deuxième dose. Mais elle retombait en général au bout d'une journée.

Les Etats-Unis comptent environ 20 millions d'enfants âgés de moins de cinq ans.

Même si les plus jeunes sont moins vulnérables face au Covid-19, quelque 480 enfants de cette tranche d'âge en sont malgré tout décédés dans le pays. Ils peuvent aussi développer un Covid long, ou des cas graves de syndrome inflammatoire multisystémique pédiatrique.

Pfizer a déclaré vouloir déposer "début juillet" une demande d'autorisation pour cette tranche d'âge auprès de l'Agence européenne des médicaments (EMA).


Iran: Raïssi au Kurdistan, appelle à contrecarrer l'ennemi accusé de fomenter les troubles

Cette photo fournie par la présidence iranienne montre le président iranien Ebrahim Raissi donnant une conférence de presse conjointe avec le Premier ministre irakien dans la capitale Téhéran le 29 novembre 2022. (Photo de la présidence iranienne / AFP)
Cette photo fournie par la présidence iranienne montre le président iranien Ebrahim Raissi donnant une conférence de presse conjointe avec le Premier ministre irakien dans la capitale Téhéran le 29 novembre 2022. (Photo de la présidence iranienne / AFP)
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  • Les autorités iraniennes accusent les Etats-Unis, leur ennemi juré, de semer la zizanie dans leur pays, théâtre de manifestations antigouvernementales depuis le décès de Mahsa Amini.
  • Elles accusent aussi l'opposition kurde à l'étranger d'encourager la contestation, déclenchée dans la province du Kurdistan à la suite du décès de Mahsa Amini avant de s'étendre au reste du pays

TEHERAN: Le président iranien Ebrahim Raïssi a appelé jeudi dans la province du Kurdistan, berceau des manifestations qui secouent le République islamique depuis le décès de Mahsa Amini, à contrecarrer "les ennemis" de l'Iran qu'il accuse de fomenter les troubles dans le pays.

La jeune femme de 22 ans issue de la minorité kurde est décédée le 16 septembre, trois jours après son arrestation à Téhéran par la police des mœurs qui lui reprochait d'avoir enfreint le code vestimentaire strict de la République islamique.

Les autorités iraniennes accusent les Etats-Unis, leur ennemi juré, de semer la zizanie dans leur pays, théâtre de manifestations antigouvernementales depuis le décès de Mahsa Amini.

Elles accusent aussi l'opposition kurde à l'étranger d'encourager la contestation, déclenchée dans la province du Kurdistan à la suite du décès de Mahsa Amini avant de s'étendre au reste du pays.

"Lors des récentes émeutes, les ennemis ont commis une erreur de calcul en croyant pouvoir semer le chaos et l'insécurité", a dit le président iranien en lançant la mise en service d'un projet d'eau potable à Sanandaj, chef-lieu de la province iranienne du Kurdistan.

"Mais ils ignoraient que le Kurdistan avait sacrifié le sang de milliers de martyrs et que ses habitants avaient dans le passé vaincu l'ennemi", a-t-il ajouté dans son discours retransmis par la télévision, en faisant allusion à la guerre entre l'Iran et l'Irak (1980-88).

"Les gens sont confrontés à des problèmes économiques et sociaux mais ils savent faire face à l'ennemi par leur solidarité", a-t-il encore dit.

Le président iranien a estimé que "la nouvelle génération dans cette région agirait comme ses mères et ses pères qui ont déjoué les plans de l'ennemi, et ne suivrait pas la volonté des ennemis, notamment les Etats-Unis".

Des dizaines de personnes, principalement des manifestants mais aussi des membres des forces de sécurité, ont été tuées depuis le début des manifestations antigouvernementales.

Selon le Rapporteur spécial de l'ONU sur l'Iran, plus de 15.000 personnes ont été arrêtées.

Plus de 2.000 personnes ont été inculpées, dont la moitié à Téhéran, depuis le début de la contestation, selon les chiffres officiels fournis par la justice iranienne.


Espagne: une lettre piégée similaire à celle de l'ambassade d'Ukraine adressée à Sanchez

Un quatrième colis piégé a été retrouvé au siège du ministère de la Défense en Espagne. (Photo, AFP)
Un quatrième colis piégé a été retrouvé au siège du ministère de la Défense en Espagne. (Photo, AFP)
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  • Selon le ministère de l'Intérieur, l'enveloppe contenait du matériel «pyrotechnique» et a été adressée «au président du gouvernement Pedro Sanchez»
  • La lettre piégée, aux caractéristiques «similaires» à celle ayant explosé mercredi à l'ambassade d'Ukraine à Madrid, avait été adressée la semaine dernière au Premier ministre

MADRID: Les autorités espagnoles ont révélé jeudi qu'une lettre piégée, aux caractéristiques "similaires" à celle ayant explosé mercredi à l'ambassade d'Ukraine à Madrid, avait été adressée la semaine dernière au Premier ministre Pedro Sanchez.

Le ministère de l'Intérieur a indiqué dans un communiqué qu'une "enveloppe contenant du matériel pyrotechnique" et adressée "au président du gouvernement Pedro Sanchez" avait été "détectée et neutralisée par les services de sécurité de la Présidence du gouvernement" le "24 novembre".

Ce courrier, envoyé par la Poste, "et son contenu sont similaires à ceux reçus mercredi par l'ambassade d'Ukraine et par le siège l'entreprise Instalaza à Saragosse et à un quatrième intercepté jeudi dans la nuit sur la base aérienne de Torrejón de Ardoz", a ajouté le ministère.

"Dans l'attente des résultats définitifs des analyses, cette enveloppe pourrait avoir contenu une substance similaire à celle utilisée dans les engins pyrotechniques", a encore indiqué le ministère.

Renforcement de la sécurité

Mercredi, le chargé de sécurité de l'ambassade d'Ukraine à Madrid avait été légèrement blessé par l'explosion d'une lettre piégée destinée à l'ambassadeur, amenant Kiev à ordonner un renforcement de la sécurité dans toutes ses représentations diplomatiques.

La justice espagnole a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête préliminaire portant sur des faits présumés de "terrorisme".

Le ministère de l'Intérieur a indiqué pour sa part avoir ordonné "une augmentation des mesures de sécurité autour des représentations diplomatiques" en Espagne.

Depuis l'explosion de cette lettre à l'ambassade d'Ukraine, deux autres lettres "suspectes" ont été interceptées et neutralisées.

Une première mercredi en fin de journée au siège de l'entreprise d'armement Instalaza, à Saragosse (nord-est). Cette entreprise fabrique notamment des lance-grenades envoyés à l'Ukraine par le gouvernement espagnol peu après le début de l'invasion russe en Ukraine en février.

Et une deuxième dans la nuit de mercredi à jeudi dans une importante base militaire près de Madrid.

"Entre trois et quatre heures du matin, les systèmes de sécurité de la base aérienne de Torrejón de Ardoz ont détecté une enveloppe suspecte qui pourrait contenir un certain type de mécanisme", a indiqué le ministère.

"Des effectifs de la Police nationale et de la Garde civile se sont rendus sur la base pour sécuriser la zone et les enquêteurs de la police analysent cette enveloppe qui était adressée au Centre des satellites", a-t-il ajouté.

Cette base, située non loin de Madrid, est utilisée notamment pour les déplacements en avions officiels des membres du gouvernement espagnol.

Dans les deux cas, les unités de déminage ont procédé à des explosions contrôlées.


Après les manifestations, Pékin semble vouloir alléger le «zéro Covid»

Cette photo prise le 30 novembre 2022 montre des personnes marchant dans une rue du district de Haizhu, dans la ville de Guangzhou, dans la province du Guangdong, au sud de la Chine, suite à l'assouplissement des restrictions de Covid-19 dans la ville. (Photo CNS/AFP)
Cette photo prise le 30 novembre 2022 montre des personnes marchant dans une rue du district de Haizhu, dans la ville de Guangzhou, dans la province du Guangdong, au sud de la Chine, suite à l'assouplissement des restrictions de Covid-19 dans la ville. (Photo CNS/AFP)
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  • Les restrictions ont été allégées, à divers degrés, dans les 11 districts de Canton, dont Haizhu, épicentre des mobilisations
  • Alors qu'on s'approche du troisième anniversaire des premiers cas détectés à Wuhan, il est clair que les habitants sont lassés

PEKIN: Les autorités sanitaires chinoises ont donné des premiers signes d'un possible allègement de leur stricte politique "zéro Covid", après une vague de manifestations de colère contre les restrictions sanitaires et pour davantage de libertés.

L'approche de la Chine vis-à-vis du virus "fait face à de nouvelles circonstances et de nouvelles tâches", grâce au caractère moins dangereux du variant Omicron et à l'avancée de la vaccination, a déclaré la vice-Première ministre Sun Chunlan, s'exprimant mercredi devant la Commission nationale de la santé (NHC).

Mardi, Pékin avait déjà décidé d'accélérer la vaccination des personnes âgées, encore insuffisante.

Figure centrale de la stratégie chinoise face à la pandémie, Mme Sun n'a fait aucune mention de la politique "zéro Covid" dans ses remarques - selon les propos rapportés par l'agence d'Etat Chine Nouvelle -, laissant espérer que cette stratégie, qui bouleverse depuis trois ans la vie quotidienne des Chinois et l'économie du pays, serait bientôt assouplie.

Excédés par des confinements à répétition et des tests PCR quasi-quotidiens, des milliers de Chinois ont manifesté le week-end dernier, à Pékin, Shanghai, Canton ou encore Wuhan - où les premiers cas avaient été détectés en décembre 2019.

Pour les autorités communistes, c'est la vague de contestation la plus étendue depuis les mobilisations pro-démocratie de Tiananmen en 1989.

Prises par surprise, elles ont appelé à la "répression" pour contenir ce mouvement, mais semblent aussi donner un gage sur le front de la politique sanitaire.

Chiffres records mais infimes

Ainsi, dans la mégapole industrielle de Canton (sud), où mardi des heurts avaient opposé manifestants et forces de l'ordre, le confinement en place depuis plusieurs semaines a été levé, malgré les chiffres record de contamination.

Car, si les chiffres sont effectivement parmi les plus élevés depuis le début de la pandémie, ils restent infimes: 35.800 cas locaux signalés jeudi, sur une population de 1,4 milliard d'habitants et avec une immense majorité de cas asymptomatiques.

Les restrictions ont été allégées, à divers degrés, dans les 11 districts de Canton, dont Haizhu, épicentre des mobilisations.

A l'exception de quelques quartiers considérés "à haut risque", selon la Commission locale de santé, "les autres sont gérés comme des zones à faible risque".

La ville de Chongqing (centre) a aussi annoncé mercredi que les cas contacts remplissant certaines conditions auraient le droit d'effectuer leur quarantaine à domicile, un net changement par rapport à la politique appliquée jusque-là qui imposait à tous - cas positifs et contacts - d'aller en centre de quarantaine.

Ces allègements au niveau local, ainsi que les déclarations de Mme Sun, "pourraient être le signe que la Chine commence à envisager la fin de sa stricte politique zéro Covid", estiment les analystes de ANZ Research dans une note.

"Nous pensons que les autorités chinoises sont en train de passer à une stratégie de +vivre avec le Covid+, comme le montrent les nouvelles règles qui permettent aux gens de s'isoler à domicile au lieu d'être transportés dans des centres de quarantaine", ajoutent-ils.

Jeudi matin, deux importants journaux chinois ont publié des remarques d'experts pour rassurer sur la non-dangerosité du Covid dans la majorité des cas, après des publications similaires ces derniers jours qui semblent préparer la population à un changement de mentalité.

Demandes politiques

Alors qu'on s'approche du troisième anniversaire des premiers cas détectés à Wuhan, il est clair que les habitants sont lassés.

Un incendie mortel à Urumqi, la capitale de la région du Xinjiang (nord-ouest), a été l'élément déclencheur des manifestations du week-end, certains internautes ayant accusé les restrictions sanitaires d'avoir empêché le travail des secours.

Mais les manifestants ont aussi scandé des demandes politiques, certains exigeant même le départ du président Xi Jinping, reconduit le mois dernier pour un troisième mandat inédit.

Le contrôle strict des autorités sur l'information et les restrictions sanitaires sur les voyages à l'intérieur de la Chine compliquent l'évaluation du nombre total des manifestants dans le pays.

Mais un soulèvement aussi étendu est rare, compte tenu de la répression contre toute forme d'opposition frontale au gouvernement.

Les mobilisations de 1989 avaient terminé par une répression sanglante quand l'armée était intervenue, notamment sur la fameuse place Tiananmen à Pékin.

Mercredi, à l'annonce de la mort de l'ex-président Jiang Zemin, arrivé au pouvoir juste après Tiananmen, le Parti communiste a justement souligné sa capacité à ramener le calme durant ce soulèvement.