En France, le séisme d'une extrême droite légitimée

Le Pen a annoncé, au passage, qu'elle ne «reprendrait pas la tête» de son parti, pour se consacrer à la présidence du futur groupe RN à l'Assemblée nationale. (AFP)
Le Pen a annoncé, au passage, qu'elle ne «reprendrait pas la tête» de son parti, pour se consacrer à la présidence du futur groupe RN à l'Assemblée nationale. (AFP)
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Publié le Lundi 20 juin 2022

En France, le séisme d'une extrême droite légitimée

  • Pour l'expert Pascal Perrineau, «le RN, peu à peu, devient un parti qui a des racines locales (...) Il est devenu le porte-parole incontesté des fractures sociales et territoriales»
  • «On voyait que, élection après élection, Marine Le Pen progressait au premier tour comme au deuxième tour. Mais à ce niveau-là, c'est du jamais vu», relève Jean-Daniel Lévy, de l'institut Harris Interactive

PARIS: Le parti d'extrême droite de Marine Le Pen a brisé le plafond de verre lors des élections législatives en France dimanche, devenant le premier parti d'opposition et acquérant une légitimité qui lui a toujours fait défaut.

"Il y a une modification profonde du rapport des Français à l'égard du Rassemblement national (RN)", le parti de Mme Le Pen, relève Jean-Daniel Lévy, de l'institut Harris Interactive.

"On voyait que, élection après élection, Marine Le Pen progressait au premier tour comme au deuxième tour. Mais à ce niveau-là, c'est du jamais vu", dit-il à l'AFPTV.

Démentant tous les sondages qui le créditaient de 20 à 50 sièges, le RN fait une entrée en force à l'Assemblée nationale, avec 89 députés contre 8 élus dans l'ancienne législature en 2017, devançant la France insoumise (LFI, opposition de gauche radicale) qui obtient 72 sièges.

Le RN revendique ainsi d'être le "premier parti d'opposition" à la chambre basse du Parlement et, pour un parti endetté, il pourra compter sur une nouvelle manne financière.

Les moments forts du FN, devenu RN, depuis l'arrivée de Marine Le Pen à sa tête

En plus de dix ans à la tête du Front national (FN), puis du Rassemblement national (RN), Marine Le Pen a conduit le parti d'extrême-droite à plusieurs succès électoraux, jusqu'à la percée historique des législatives.

2011-2014, les années fastes 

Marine Le Pen accède facilement le 16 janvier 2011 à la tête du parti cofondé par son père en 1972, face à Bruno Gollnisch.

A l'élection présidentielle de 2012, elle arrive en troisième position à 17,9%. Marion Maréchal, sa nièce, et l'avocat Gilbert Collard entrent au Palais Bourbon, mais Mme Le Pen est battue de peu à Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais).

Sur le front idéologique, Marine Le Pen tente sans relâche de polir l'image d'un parti secoué à répétition par les dérapages de son père Jean-Marie, joignant dans son discours des problématiques sociales aux thèmes habituels de l'immigration et de la sécurité.

Après les municipales de mars 2014, où le FN remporte onze mairies, le parti remporte une victoire historique - près de 25% des voix - aux élections européennes de mai, loin devant l'UMP et le PS.

2014: père et fille, rien ne va plus 

Quand Jean-Marie Le Pen, président d'honneur du parti, s'en prend en juin 2014 à des artistes qui ont pris position contre le FN, Marine Le Pen condamne la "faute politique" de son père.

Aux cantonales de mars 2015, le FN arrive en tête dans 43 départements. Mais M. Le Pen contrarie encore la volonté de sa fille de "dédiaboliser" l'image du parti en répétant ses propos sur les chambres à gaz "détail" de l'Histoire ou en défendant le maréchal Pétain.

Le 20 août 2015, Jean-Marie Le Pen, 87 ans, est exclu du FN.

Père et fille finiront toutefois par éviter les éclats publics.

2017: Le FN au second tour 

En avril 2017, Marine Le Pen se qualifie pour le second tour de l'élection présidentielle avec 21% des voix, puis s'incline - après un débat télévisé qu'elle reconnaîtra "raté" - avec un score de 33% face à Emmanuel Macron.

Fin juin, elle est mise en examen dans une enquête sur les assistants parlementaires d'eurodéputés de son parti.

Aux législatives, le FN envoie huit députés, dont Mme Le Pen, au Palais Bourbon.

En septembre, Florian Philippot, jusque là fidèle vice-président du FN, reproche au parti de ne plus faire de la sortie de l'euro sa priorité, et claque la porte.

Le FN progresse aux élections sénatoriales, mais ne compte que deux élus.

2018: le FN devient RN 

En janvier 2018, le bureau politique du FN acte la suppression du poste de président d'honneur encore occupé par Jean-Marie Le Pen.

Réélue pour un troisième mandat, sa fille veut symboliser la "mue" du FN en un "parti de gouvernement" susceptible de nouer des alliances : il devient le Rassemblement national (RN).

En juin, la justice européenne confirme que Marine Le Pen doit rembourser près de 300 000 euros au Parlement européen pour l'emploi douteux d'une assistante parlementaire et une subvention publique au FN est saisie. Mme Le Pen dénonce un "assassinat politique".

Sa mise en examen est requalifiée en octobre en "détournement de fonds publics", passible de dix ans de prison et d'un million d'euros d'amende.

2019: en tête aux européennes 

Le 26 mai 2019, le RN arrive en tête des élections européennes (23,31%), devant la liste soutenue par le président Macron. Renforcé dans ses terres de conquête, il attire des cadres LR, mais recule ensuite aux municipales et aux régionales.

En septembre 2021, Marine Le Pen cède les rênes du RN à Jordan Bardella pour se consacrer à la campagne présidentielle. Son rival à l'extrême-droite, Eric Zemmour, lui ravit des figures du parti, comme Stéphane Ravier, Gilbert Collard, Nicolas Bay et même sa nièce Marion Maréchal.

2022: record de 89 députés 

Le 10 avril 2022, Marine Le Pen se qualifie à nouveau pour le second tour de la présidentielle face à Emmanuel Macron avec 23,15% des votes, mais s'incline finalement avec 41,5% des suffrages. Jamais l'extrême droite ne s'est approchée à ce point du pouvoir sous la Ve République.

Au second tour des législatives le 19 juin, le RN réalise une percée historique et obtient 89 députés, surpassant le précédent record réalisé grâce à la proportionnelle en 1986 (35 députés) et devenant le premier parti d'opposition devant La France insoumise.

Sans scrutin proportionnel et sans alliances, le mouvement obtient un groupe trois fois plus nombreux que celui qu'avait présidé son père Jean-Marie Le Pen de 1986 à 1988 avec 35 députés.

"C'est une avancée fulgurante", résume le politologue Jean-Yves Camus, avec une implantation du RN "non seulement dans les régions traditionnellement bonnes" pour lui, comme dans le nord et le sud-est de la France, mais aussi dans "des zones de très grand péri-urbain de Paris" ou "des départements enclavés, désindustrialisés, oubliés".

Porte-parole des fractures 

Pour un autre expert, Pascal Perrineau, "le RN, peu à peu, devient un parti qui a des racines locales (...) Il est devenu le porte-parole incontesté des fractures sociales et territoriales", dit-il dans le journal Le Parisien.

La finaliste de la présidentielle en 2017 et en avril dernier (41,6% des suffrages), battue les deux fois par Emmanuel Macron, s'est dite lundi la première "surprise".

"C'est vrai qu'on a été surpris agréablement par la mobilisation de nos compatriotes et par ce souhait que l'immigration, que l'insécurité, que la lutte contre l'islamisme ne disparaissent pas de l'Assemblée nationale", a affirmé Mme Le Pen, elle-même largement réélue dimanche soir dans son fief du nord de la France, à Hénin-Beaumont.

Elle a annoncé, au passage, qu'elle ne "reprendrait pas la tête" de son parti, pour se consacrer à la présidence du futur groupe RN à l'Assemblée nationale.

Le mouvement n'a pas attendu longtemps pour afficher ses nouvelles ambitions, en revendiquant la présidence de la puissante commission des Finances de l'Assemblée. Le poste, revendiqué aussi par la gauche, revient traditionnellement depuis 2007 au groupe d'opposition le plus important.

Question symbole, c'est un élu du RN, José Gonzalez, 79 ans et doyen d'âge, qui ouvrira mardi 28 juin la nouvelle législature.

«Dédiabolisation»

Sur le front idéologique, Marine Le Pen s'est délestée des dérapages antisémites et de l'héritage de son père, Jean-Marie Le Pen, qui fête ses 94 ans lundi: elle a opéré la mue du mouvement, poli sans relâche l'image du parti y compris en changeant le nom, et joignant dans son discours des problématiques sociales aux thèmes habituels de l'immigration et de la sécurité.

Ce faisant, elle a brisé le "front républicain" qui avait permis pendant des décennies en France de faire barrage à l'extrême droite, désormais banalisée.

Pour Gilles Ivaldi, spécialiste du programme économique du RN au Centre national de la recherche scientifique (CNRS) sur la radio franceinfo, il y a trois explications: une campagne du RN "discrète et furtive, mais sur une thématique qui était au cœur des préoccupations des Français: le pouvoir d'achat", une "stratégie de dédiabolisation du RN qui n'a jamais eu autant d'effet", et des cadres "qui sont parvenus à s'ancrer localement".

"C'est le résultat d'une très longue implantation, avec des élus de la génération Marine Le Pen, venus pour elle et par elle, mais aussi des gens qui battent la campagne depuis très longtemps", abonde Jean-Yves Camus.

Il note aussi que les catégories populaires voient en Emmanuel Macron le champion du "mondialisme", soit le "coupable de la mondialisation" dont elles s'estiment victimes.

Comme le souligne Steven Forti, dans la revue Le Grand Continent, ce phénomène de légitimisation de l'extrême droite est à mettre en relief sur le plan européen.

"Aujourd'hui, il est clair que l'extrême droite a atteint le premier objectif: elle s'est normalisée et démarginalisée, elle a au moins partiellement gagné la bataille culturelle et elle ultra-droitise le débat public. C'est déjà une réalité dans tous les pays occidentaux", écrit-il.


Incendies: Paris sollicite l'aide européenne, état d'urgence en Espagne

L'année 2026 se situe, à ce stade, au deuxième rang des surfaces brûlées dans l'Union européenne depuis deux décennies de mesures, selon une analyse par l'AFP des données satellitaires du Système européen d'information sur les feux de forêt. Mais c'est la pire année en France, et parmi les pires en Espagne et en Italie. (AFP)
L'année 2026 se situe, à ce stade, au deuxième rang des surfaces brûlées dans l'Union européenne depuis deux décennies de mesures, selon une analyse par l'AFP des données satellitaires du Système européen d'information sur les feux de forêt. Mais c'est la pire année en France, et parmi les pires en Espagne et en Italie. (AFP)
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  • Face aux incendies qui ont conduit à l'évacuation de dizaines de milliers de personnes dans le sud-ouest de la France, le président Emmanuel Macron a demandé l'activation du mécanisme de protection civile de l'Union européenne (UE)
  • "Nous allons pouvoir compter rapidement sur le renfort de deux Canadair croates, de deux Air Tractor portugais ainsi que de deux hélicoptères lourds Black Hawk tchèque et slovaque"

LEGE-CAP-FERRET: De violents incendies font toujours rage vendredi en Europe du Sud, en particulier en France qui doit recevoir rapidement de nouveaux renforts européens, et en Espagne où l'état d'urgence a été décrété près de Madrid.

L'année 2026 se situe, à ce stade, au deuxième rang des surfaces brûlées dans l'Union européenne depuis deux décennies de mesures, selon une analyse par l'AFP des données satellitaires du Système européen d'information sur les feux de forêt. Mais c'est la pire année en France, et parmi les pires en Espagne et en Italie.

Face aux incendies qui ont conduit à l'évacuation de dizaines de milliers de personnes dans le sud-ouest de la France, le président Emmanuel Macron a demandé l'activation du mécanisme de protection civile de l'Union européenne (UE).

"Nous allons pouvoir compter rapidement sur le renfort de deux Canadair croates, de deux Air Tractor portugais ainsi que de deux hélicoptères lourds Black Hawk tchèque et slovaque", a détaillé sur X le président français, en soulignant que "la situation reste sous très forte tension face aux incendies qui frappent le pays, en particulier en Gironde".

Près de Bordeaux (sud-ouest), plus de 400 personnes sont déjà arrivées par bateau à la jetée d'Arcachon pour fuir l'avancée des flammes après un ordre d'évacuation depuis la très touristique presqu'île du Cap-Ferret, a annoncé à l'AFP vendredi matin la mairie d'Arcachon.

L'ensemble des résidents a été priés d'évacuer par route ou voie maritime alors que les pompiers luttent contre un feu de forêt, d'origine probablement accidentelle, qui a parcouru 8.700 hectares au nord du bassin d'Arcachon. Cette région touristique sur la façade atlantique avait déjà été frappée par de violents incendies à l'été 2022.

"C'est une catastrophe, c'est horrible", a témoigné pour l'AFP Jean Gonçalves, 54 ans, qui habite Lège-Cap-Ferret depuis 30 ans et a quitté sa maison en catastrophe.

En short et claquettes, un tee-shirt noué autour du bas de son visage, il explique que la maison de son voisin, un chalet en bois dont les habitants avaient été évacués, a complètement brûlé. "J'ai vu le feu, c'est la maison juste à côté, je me suis dit, je dégage", a-t-il confié tôt vendredi, inquiet pour sa maison "et pour ses poules, dans un poulailler pas loin de la forêt".

La préfecture a ordonné tôt vendredi l'évacuation des "premiers villages de la presqu'île du Cap-Ferret", particulièrement fréquentée, sans préciser le nombre de personnes concernées.

Dans le département voisin des Landes, un autre incendie a été déclenché par un véhicule jeudi près de Biscarrosse et s'est rapidement propagé, parcourant plus de 2.500 hectares jusqu'aux portes de la ville et conduisant à l'évacuation de 23.000 personnes, selon les pompiers.

Le colonel Romain Moutard, directeur adjoint des pompiers du département, avait décrit jeudi un "feu apocalyptique". Vendredi matin, il a déclaré à l'AFP redouter une "journée encore plus criante" car "le vent forcit et change de sens".

Les forêts brûlent d'autant plus facilement que la végétation et les sols sont très secs depuis des mois, un phénomène accentué par les récentes canicules exceptionnelles. Selon une étude publiée jeudi par des climatologues du groupe World Weather Attribution, le changement climatique provoqué par les activités humaines rend la sécheresse actuelle plus sévère.

 Vent et sécheresse 

Dans le sud-est de la France, l'incendie qui touche le département du Var depuis trois jours a connu de nombreuses reprises de feu jeudi mais l'amélioration des conditions météo a permis le retour de certains évacués et devrait faciliter le travail des 800 pompiers engagés, selon la préfecture.

Parti mardi d'un champ, l'incendie a parcouru environ 2.700 hectares, et une cinquantaine de maisons ont été impactées, dont 25 détruites, selon la préfecture.

Etat d'urgence en Espagne 

En Espagne, la région de Madrid est traversée par les flammes. Au total, plus de 10.000 personnes ont été évacuées ces derniers jours et heures de la région de la capitale, où plusieurs feux de forêt sont actifs.

Le gouvernement espagnol a décrété l'état d'urgence national dans la région de Madrid et la province d'Avila voisine pour mobiliser davantage de ressources.

Au total, près de 125.000 hectares ont déjà brûlé depuis le 1er janvier en Espagne, selon Effis.

Et dans le sud de l'Italie, des dizaines de feux de forêt et de végétation, attisés par le vent chaud, font rage notamment en Sicile.

 


Incendies dans le Sud-Ouest: des dizaines de milliers d'évacués, renforts aériens attendus

Un habitant fait son jogging sur le site où un incendie s'est déclaré le 21 juillet et où deux pompiers ont perdu la vie en combattant les flammes à Mérignac, près de l'aéroport de Bordeaux-Mérignac, dans le sud-ouest de la France, le 22 juillet 2026. (AFP)
Un habitant fait son jogging sur le site où un incendie s'est déclaré le 21 juillet et où deux pompiers ont perdu la vie en combattant les flammes à Mérignac, près de l'aéroport de Bordeaux-Mérignac, dans le sud-ouest de la France, le 22 juillet 2026. (AFP)
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  • La préfecture de la Gironde a ordonné tôt vendredi l'évacuation de plusieurs villages de la presqu'île du Cap-Ferret, très touristique, précisant dans un communiqué que les flammes ont "franchi vers 1H00 la ligne d'appui
  • Près de 20.000 personnes avaient déjà été évacuées préventivement dans le secteur depuis le début de l'incendie mercredi et plusieurs maisons ont brûlé

LEGE-CAP-FERRET: Deux incendies font rage en Nouvelle-Aquitaine, où les feux ont parcouru 4.800 hectares en Gironde et 2.500 dans les Landes, provoquant l'évacuation de dizaines de milliers de personnes et poussant la France à solliciter des renforts aériens européens.

En Gironde, quelque 800 sapeurs-pompiers ont été mobilisés pour lutter contre le feu, d'origine probablement accidentelle, qui a parcouru 4.800 hectares au nord du bassin d'Arcachon, ravivant le spectre des méga-feux de l'été 2022 dans le département.

La préfecture de la Gironde a ordonné tôt vendredi l'évacuation de plusieurs villages de la presqu'île du Cap-Ferret, très touristique, précisant dans un communiqué que les flammes ont "franchi vers 1H00 la ligne d'appui mise en œuvre par les sapeurs-pompiers" pour tenter de stopper l'avancée du feu et protéger les habitats.

Près de 20.000 personnes avaient déjà été évacuées préventivement dans le secteur depuis le début de l'incendie mercredi et plusieurs maisons ont brûlé.

"C'est une catastrophe, c'est horrible", a témoigné pour l'AFP Jean Gonçalves, 54 ans, qui habite Lège-Cap-Ferret depuis 30 ans et a quitté sa maison en catastrophe.

En short et claquettes, un tee-shirt noué autour du bas de son visage, il explique que la maison de son voisin, un chalet en bois dont les habitants avaient été évacués, a complètement brûlé. "J'ai vu le feu, c'est la maison juste à côté, je me suis dit, je dégage", a-t-il confié tôt vendredi, inquiet pour sa maison "et pour ses poules, dans un poulailler pas loin de la forêt".

Un pompier en intervention à Lège a été blessé par une explosion, probablement d'une bouteille de gaz.

Face à une situation "sous très forte tension", le président Emmanuel Macron a annoncé dans la nuit de jeudi à vendredi avoir demandé l'activation du mécanisme de protection civile de l'Union européenne (UE).

"Nous allons pouvoir compter rapidement sur le renfort de deux Canadair croates, de deux Air Tractor portugais ainsi que de deux hélicoptères lourds Black Hawk tchèque et slovaque", a-t-il précisé sur X.

Car en parallèle, un autre incendie a été déclenché par un véhicule jeudi après-midi près de Biscarrosse (Landes) et s'est rapidement propagé, parcourant plus de 2.500 hectares jusqu'aux portes de la ville et conduisant à l'évacuation de 23.000 personnes, selon le SDIS des Landes.

Dans son point de 7H00, la préfecture a décrit un feu qui "n'est pas sous contrôle", avec une "situation très évolutive et défavorable". Quelque 600 sapeurs-pompiers sont mobilisés.

Le colonel Romain Moutard, directeur adjoint du Sdis 40, avait décrit jeudi un "feu apocalyptique". Vendredi matin, il a déclaré à l'AFP redouter une "journée encore plus criante" car "le vent forcit et change de sens".

Sécheresse "pire qu'en 2022" 

En Gironde, la défense de Lège-Cap-Ferret, en bordure du massif forestier, se fait "îlot par îlot, maison par maison", a souligné Marc Vermeulen, directeur du Sdis en Gironde.

Parti de Saumos mercredi, l'incendie a gagné Le Porge avant de s'orienter vers Lège-Cap-Ferret, progressant rapidement dans une forêt de pins dense.

Avec 200 moyens terrestres et huit appareils aériens, dont un Dash et deux Canadair, les pompiers ont lutté toute la journée sur le flanc gauche, "pour éviter une propagation en direction d'Arès".

Selon le Sdis 33, la "sécheresse du massif est pire qu'en 2022", où près de 30.000 hectares avaient brûlé, rendant les conditions de lutte "plus difficiles".

Travaux forestiers interdits 

Le feu de Saumos a pu être déclenché par un engin de débroussaillage qui intervenait sous une ligne électrique pour le compte d'Enedis au milieu de pinèdes, d'après plusieurs sources interrogées par l'AFP.

Selon le gouvernement, plus de 12.500 départs de feu sont intervenus depuis janvier et la surface déjà brûlée dépasse celle de 2022, quand des incendies avaient conduit à l'évacuation de quelque 50.000 personnes. Plus de 3.000 hectares avaient déjà brûlé à l'époque autour de Saumos.

Dans le sud-est, l'incendie qui touche le Var depuis trois jours a connu de nombreuses reprises de feu jeudi mais l'amélioration des conditions météo a permis le retour de certains évacués et devrait faciliter le travail des 800 pompiers engagés, selon la préfecture.

Les forêts s'enflamment d'autant plus facilement que la végétation et les sols sont très secs depuis des mois, un phénomène accentué par les récentes canicules exceptionnelles. Selon une étude publiée jeudi par des climatologues du groupe World Weather Attribution, le changement climatique provoqué par les activités humaines rend la sécheresse actuelle plus sévère.

Les incendies surviennent après que deux sapeurs-pompiers sont morts, mardi, lors d'un feu près de l'aéroport de Bordeaux, après un précédent décès en Savoie début juillet. Les syndicats de la profession dénoncent un manque de moyens et "l'épuisement" des troupes.


Présidentielle : Attal lance sa campagne estivale «accélérée» en Bretagne

 Gabriel Attal ne relâche pas le rythme de sa campagne présidentielle pendant l'été. Il a entamé jeudi un déplacement de trois jours en Bretagne où il entend montrer son "envie" d'aller à l'Elysée, qu'il juge plus forte que celle de son concurrent Edouard Philippe. (AFP)
Gabriel Attal ne relâche pas le rythme de sa campagne présidentielle pendant l'été. Il a entamé jeudi un déplacement de trois jours en Bretagne où il entend montrer son "envie" d'aller à l'Elysée, qu'il juge plus forte que celle de son concurrent Edouard Philippe. (AFP)
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  • Venu en avion de Paris, l'ancien Premier ministre a été accueilli par une poignée de militants et d'élus à la criée de Brest, où il a déambulé au milieu des bacs de lotte, de langoustes et de raies
  • Jeudi, M. Attal devait déjeuner avec le patron des supermarchés Michel-Edouard Leclerc, avant de poursuivre la journée aux fêtes maritimes de Douarnenez

BREST: Gabriel Attal ne relâche pas le rythme de sa campagne présidentielle pendant l'été. Il a entamé jeudi un déplacement de trois jours en Bretagne où il entend montrer son "envie" d'aller à l'Elysée, qu'il juge plus forte que celle de son concurrent Edouard Philippe.

"Gabriel (Attal) continue à accélérer, il en a plus envie que les autres. Il trace sa route, fort et vite", résume son entourage.

Venu en avion de Paris, l'ancien Premier ministre a été accueilli par une poignée de militants et d'élus à la criée de Brest, où il a déambulé au milieu des bacs de lotte, de langoustes et de raies.

"Qu'est-ce qu'on peut faire pour aider la filière?", a interrogé le candidat.

Un représentant des goémoniers bretons, Yvon Troadec, l'a interpellé sur les difficultés de la profession, confrontée aux effets du réchauffement climatique, qui plombe la récolte d'algues.

"Je n'ai aucune illusion" d'avoir été entendu, a confié le pêcheur à l'AFP.

Sur les quais du port breton, M. Attal a vanté "l'identité extrêmement forte", "heureuse" et "conquérante" de la Bretagne. "C'était important pour moi d'être ici (...) pour aller aussi à la rencontre des Français qui travaillent, y compris en plein été, c'est le sens de mes déplacements tout au long de cet été et je vais continuer à le faire", a-t-il ajouté.

Jeudi, M. Attal devait déjeuner avec le patron des supermarchés Michel-Edouard Leclerc, avant de poursuivre la journée aux fêtes maritimes de Douarnenez.

Vendredi, il doit tenir une réunion publique à Lorient et pour finir un passage samedi sur l'île aux Moines, où il passait ses vacances en famille.

Distancé par le candidat d'Horizons dans les sondages, le patron du parti Renaissance veut "convaincre les Français un par un sur le terrain", notamment ceux "qui travaillent".

Edouard Philippe s'est aussi rendu dans l'ouest de la France samedi dernier, du marché de Guérande à la plage de La Baule en Loire-Atlantique, pour évoquer l'érosion côtière ou la question du tourisme.

Alors que les candidatures des deux anciens Premiers ministres d'Emmanuel Macron font craindre un effacement du centre et de la droite au second tour de la présidentielle, Gabriel Attal estime dans un entretien au quotidien régional Le Télégramme qu'il "faut d'abord une campagne et, ensuite, un vrai rassemblement", promis pour "début 2027".

En Bretagne, il entend développer la thématique des salaires, qu'il refuse de laisser à la gauche.

Désireux de réduire l'écart entre les salaires bruts et nets, il promet l'équivalent d'un treizième mois pour les Français "de la classe moyenne qui travaillent", soit 250 euros de plus par mois pour un salarié qui touche 2.200 euros net par mois.

 Pas de "facilité" 

Celui qui a pris ses distances avec Emmanuel Macron se défend d'aller "à la facilité" en Bretagne, terre macroniste.

Il défend son "ADN singulier" et considère au passage qu'"on n'a pas été assez loin" sur l'adaptation au changement climatique.

"Si on reprend les 10 dernières années, il y a eu un certain nombre de progrès" mais "on n'a pas été assez loin, notamment sur l'adaptation de notre pays. Les épisodes de canicule l'ont démontré", dit-il.

Alors qu'une partie des députés Renaissance sont très remontés après la réintroduction à titre dérogatoire de deux pesticides dans la loi d'urgence agricole, M. Attal reconnaît "un trouble" parmi les troupes du bloc central qui restent "en soutien" des agriculteurs.

Il entend plus largement pendant l'été s'arrêter sur le "quotidien" des Français et des thèmes parfois inhabituels dans une campagne présidentielle.

Il évoquera ainsi fin juillet la gestion de l'eau à Annecy, alors que la sécheresse s'étend après plusieurs épisodes de canicule, les gens du voyage en Vendée, ou encore l'abandon des animaux de compagnie, avant de visiter en août un quartier prioritaire et une colonie de vacances, puis de rencontrer des "mamans solo".

Fin août, il entrera dans une "nouvelle phase", avec la présentation de son quatrième et dernier chantier dédié à l'éducation et de son équipe de campagne.

Avant d'entamer une série de meetings régionaux, dont le premier se tiendra le 10 octobre à Lyon.