Ukraine : «destructions catastrophiques» dans l'Est ou la Russie renforce son étau

Des soldats ukrainiens inspectent un entrepôt détruit qui aurait été ciblé par les troupes russes à la périphérie de Lyssytchansk, dans la région ukrainienne du Donbass, le 17 juin 2022. (AFP)
Des soldats ukrainiens inspectent un entrepôt détruit qui aurait été ciblé par les troupes russes à la périphérie de Lyssytchansk, dans la région ukrainienne du Donbass, le 17 juin 2022. (AFP)
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Publié le Mardi 21 juin 2022

Ukraine : «destructions catastrophiques» dans l'Est ou la Russie renforce son étau

  • Plusieurs villes du Donbass encore sous le contrôle de Kiev se préparent néanmoins à une avancée des troupes russes, comme Sloviansk et Kramatorsk, à l'est de Severodonestk
  • Sur le plan diplomatique, Moscou a encore haussé le ton contre la Lituanie en lui promettant des «mesures» aux «sérieuses conséquences négatives» pour sa population

LYSSYTCHANSK: L'offensive russe sur le Donbass se poursuit sans relâche selon les autorités ukrainiennes, qui font état mardi de "destructions catastrophiques" à Lyssytchansk, ville voisine de Severodonetsk, où près de 570 personnes seraient désormais retranchées dans l'usine chimique Azot.

Sur le plan diplomatique, Moscou a encore haussé le ton contre la Lituanie en lui promettant des "mesures" aux "sérieuses conséquences négatives" pour sa population, après que Vilnius eut introduit pendant le week-end des restrictions sur le transit par voie ferrée de marchandises frappées par les sanctions européennes en direction de Kaliningrad, enclave russe stratégique et militarisée sur la mer Baltique.

Sur le théâtre militaire, le gouverneur de la région de Lougansk (est), Serguiï Gaïdaï, a fait état dans la matinée de "combats (en cours) dans la zone industrielle de Severodonetsk" et de "destructions catastrophiques à Lyssytchansk".

Selon lui, "les dernières 24 heures ont été difficiles" pour les forces ukrainiennes et "les frappes sur les (trois) ponts reliant Severodonetsk et Lyssytchansk déjà détruits" continuent, coupant toujours plus la première de ces deux villes d'environ 100.000 habitants du reste des territoires contrôlés par Kiev.

Un peu plus tôt, M. Gaïdaï avait déclaré à la télévision ukrainienne que 568 personnes, dont 38 enfants - essentiellement des employés de l'usine et leurs familles, selon lui étaient désormais réfugiés à l'intérieur de l'usine Azot.

L'usine est emblématique de cette ville industrielle qui comptait environ 100 000 habitants avant la guerre et dont Kiev assure encore contrôler environ le tiers. La prise de la ville par Moscou serait une étape importante vers la conquête de l'intégralité du Donbass, région essentiellement russophone en partie tenue par des séparatistes prorusses depuis 2014.

Le front se rapproche

"Les Russes veulent conquérir entièrement la région de Lougansk", qu'ils contrôlent déjà presque totalement "avant le (dimanche) 26 juin", a affirmé M. Gaïdaï, "mais ils n'y arriveront pas en cinq jours".

Subissant des bombardements quotidiens, la région est depuis plusieurs semaines le théâtre de violents combats d'artillerie entre forces russes et ukrainiennes. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a exhorté l'armée ukrainienne à "tenir" jugeant que l'issue de la guerre dépendrait de sa résistance et de sa capacité à freiner l'armée russe et à lui infliger des pertes.

Plusieurs villes du Donbass encore sous le contrôle de Kiev se préparent néanmoins à une avancée des troupes russes, comme Sloviansk et Kramatorsk, à l'est de Severodonestk. "Le front s'est rapproché ces dernières semaines, jusqu'à 15-20 kilomètres", a ainsi expliqué à l'AFP Vadym Lyakh, maire de Sloviansk, qui espère l'arrivée rapide des "nouvelles armes" dont l'armée ukrainienne à besoin.

"Jusque-là, tout va bien ici, mais c'est très dur psychologiquement quand on voit à la télévision ce qui se passe dans d'autres villes", indique de son côté Svitlana, 48 ans, bouchère au marché de Kramatorsk.

Dans le sud de l'Ukraine, "des spécialistes d'unités de transmission des forces armées russes ont connecté et reconfiguré vers la diffusion de chaînes russes le dernier des sept émetteurs de télévision de la région de Kherson", conquise par Moscou dès les premiers jours de la guerre, selon un communiqué du ministère de la Défense russe.

Selon le texte, un million d'habitants de la région ont maintenant accès "gratuitement" aux principales chaînes russes, notamment celles du groupe d'audiovisuel public VGTRK, qui relaie activement la ligne du Kremlin.

Rattachement à la Russie 

Depuis que la région est passée sous le contrôle de Moscou, les forces d'occupation y mènent une politique de russification des territoires : la monnaie russe, le rouble, a été instauré et des passeports russes commencent à être distribués.

Selon l'agence de presse publique russe TASS, l'un des nouveaux responsables prorusses de la région de Kherson, Kirill Stremooussov, a affirmé que ce territoire pourrait être rattaché à la Russie, "par referendum", "avant la fin de l'année".

Le chef de la police ukrainienne pour la province de Kiev a déclaré à la télévision que les corps de 1 333 civils ukrainiens tués selon lui par les forces russes avaient été retrouvés à la date de mardi, dont 213 n'étaient toujours pas identifiés. Depuis que les forces russes se sont retirées de la zone, 300 personnes sont toujours portées disparues, a-t-il ajouté

A Oslo, le comité Nobel a félicité le journaliste russe Dmitri Mouratov, colauréat du prix Nobel de la paix 2021, pour la vente aux enchères de la médaille qui lui avait été remise lors de l'attribution de cette récompense.

Celle-ci a été acquise par un acheteur anonyme lundi à New York pour 103,5 millions de dollars, devant être reversés au programme de l'Unicef consacré aux enfants ukrainiens déplacés par la guerre. Cette somme pulvérise les records, toutes catégories confondues, pour les enchères de ce genre.

Il faut que "les gens comprennent qu'un conflit se passe et que nous devons aider les gens qui souffrent le plus", a déclaré M. Mouratov, rédacteur en chef russe du journal d'investigation indépendant Novaïa Gazeta, en expliquant les raison de la vente.

 


L'armée américaine dit avoir avoir tiré sur un navire qui violait son blocus des ports iraniens

L'armée américaine a annoncé mardi avoir tiré sur un navire battant pavillon du Panama qui tentait de s'approcher d'un port iranien en violation du blocus instauré par Washington. (AFP)
L'armée américaine a annoncé mardi avoir tiré sur un navire battant pavillon du Panama qui tentait de s'approcher d'un port iranien en violation du blocus instauré par Washington. (AFP)
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  • Un hélicoptère a tiré deux missiles sur la salle des machines du bateau cargo, le Vela Nova, après que son équipage a "ignoré" les avertissements américains
  • C'est la troisième fois que l'armée américaine utilise la force pour faire respecter son blocus des ports iraniens depuis sa remise en place le 14 juillet

WASHINGTON: L'armée américaine a annoncé mardi avoir tiré sur un navire battant pavillon du Panama qui tentait de s'approcher d'un port iranien en violation du blocus instauré par Washington.

Un hélicoptère a tiré deux missiles sur la salle des machines du bateau cargo, le Vela Nova, après que son équipage a "ignoré" les avertissements américains, précise le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient, le Centcom, dans un communiqué publié sur X.

C'est la troisième fois que l'armée américaine utilise la force pour faire respecter son blocus des ports iraniens depuis sa remise en place le 14 juillet. Depuis, les forces américaines affirment avoir redirigé 55 navires qui tentaient de passer.

Lors de la première mise en place du blocus, entre mi-avril et mi-juin, l'armée américaine avait tiré sur neuf navires et redirigé plus de 140 autres.


Trump assure que sa relation avec Netanyahu est "très bonne" en dépit des désaccords sur Gaza

Le président américain Donald Trump (à droite) accueille le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu (à gauche) à son arrivée à la résidence de Trump à Mar-a-Lago, à Palm Beach, en Floride, le 29 décembre 2025. (AFP)
Le président américain Donald Trump (à droite) accueille le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu (à gauche) à son arrivée à la résidence de Trump à Mar-a-Lago, à Palm Beach, en Floride, le 29 décembre 2025. (AFP)
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  • Donald Trump affirme que sa relation avec Benjamin Netanyahu reste « très bonne », malgré les désaccords sur la feuille de route américaine pour Gaza
  • Netanyahu refuse tout retrait israélien tant que le Hamas ne sera pas désarmé, tout en affirmant qu’Israël continuera à défendre ses propres positions face à Washington

WASHINGTON: Donald Trump a assuré lundi que sa relation avec Benjamin Netanyahu restait "très bonne", après que ce dernier a rejeté la dernière feuille de route américaine pour Gaza.

Le Premier ministre israélien avait déjà exprimé des réticences sur ce texte censé lancer la deuxième étape du plan de paix.

L'armée israélienne "n'effectuera aucun retrait tant que le Hamas ne sera pas véritablement désarmé", a déclaré Benjamin Netanyahu, qui tente de donner des gages à ses alliés d'extrême droite avant de délicates élections législatives en septembre.

Il a qualifié le président américain de "plus grand ami (d'Israël) à la Maison Blanche", tout en faisant comprendre qu'il était prêt à lui tenir tête: "Ils ont des idées, certaines nous conviennent et d'autres non, et nous savons défendre nos positions sur ces questions."

Les relations entre les deux dirigeants ont connu des difficultés au printemps.

Donald Trump, en des termes très virulents, a reproché en avril à Benjamin Netanyahu de saper des négociations en vue d'un cessez-le-feu avec l'Iran.


Trump va réclamer lui aussi des "compensations" à l'Iran

Le président Trump a appelé l’Iran à verser des compensations. (AFP)
Le président Trump a appelé l’Iran à verser des compensations. (AFP)
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  • Donald Trump affirme que Washington réclamera à l’Iran des compensations pour les victimes et dégâts liés à ses attaques et conflits passés
  • Ces nouvelles exigences pourraient compliquer davantage les négociations sur le détroit d’Ormuz, alors que Téhéran réclame lui aussi des réparations et la levée des sanctions américaines

WASHINGTON: Donald Trump a déclaré lundi sur son réseau Truth Social que les Etats-Unis allaient réclamer des "compensations" pour des attaques menées par l'Iran depuis des décennies contre des adversaires à l'étranger ou contre des manifestants sur son sol.

Le président américain a assuré que cette demande serait faite "fermement" dans toute négociation, en réponse à une exigence de longue date des autorités iraniennes, qui conditionnent tout accord sur le détroit d'Ormuz au versement de réparations américaines.

L'Iran "demande des compensations pour les dommages qu'ils ont subis pendant les cinq mois de conflit militaire", a écrit Donald Trump, "bien que cela n'ait jamais été évoqué dans aucune de nos négociations ou réunions."

"Mais c'est une idée intéressante parce que, de la même manière, je demande moi aussi des compensations à l'Iran, pour tous les gens qu'ils ont tués et blessés" dans des attaques et "conflits", dont "les familles de ceux tués sur l'USS Cole", un navire de guerre américain frappé par un attentat meurtrier en 2000 au Yémen, a ajouté le milliardaire républicain.

Donald Trump a ajouté que "des compensations devraient être versées pour les familles des centaines de milliers de manifestants innocents que l'Iran a tués ces dernières cinquante années, sans même parler des 52.000 tués ces cinq derniers mois".

Un peu plus tard, dans une autre publication, le président octogénaire a jugé que l'Iran devait être tenu "responsable des dégâts et morts causés au Liban, en Syrie, au Yémen et à Gaza".

Ces nouvelles exigences de l'imprévisible dirigeant américain risquent de mettre hors de portée un accord rapide sur le détroit d'Ormuz, qui paraissait déjà bien improbable alors que l'Iran exige de son côté l'acceptation par Washington de "toutes" ses conditions.

Téhéran juge que les Etats-Unis doivent "mettre fin définitivement à la guerre et à l'agression" contre l'Iran et ses alliés, y compris au Yémen et en Irak, lever leur blocus des ports iraniens, "indemniser intégralement l'Iran pour les dommages causés" par les hostilités, lever les sanctions contre l'économie et débloquer "sans condition" les avoirs iraniens gelés.

Dimanche, Donald Trump a laissé entendre qu'il n'avait besoin d'engager ni une offensive militaire majeure ni un effort diplomatique particulier, en assurant qu'il lui suffisait d'"observer" les difficultés économiques de l'Iran.