La compagnie aérienne Emirates compte exploiter toute sa flotte en 2022 pour compenser les pertes

Adel al-Redha, chef de l’exploitation. Fourni.
Adel al-Redha, chef de l’exploitation. Fourni.
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Publié le Jeudi 23 juin 2022

La compagnie aérienne Emirates compte exploiter toute sa flotte en 2022 pour compenser les pertes

  • Emirates réalisera des bénéfices au cours de l’exercice financier 2021-2022 et la compagnie prévoit d’opérer avec une capacité de 100 % d’ici à 2023
  • «Nous cherchons toujours à améliorer nos services et à offrir à notre clientèle la meilleure expérience possible»

DOHA: La compagnie aérienne Emirates n’a toujours pas atteint les niveaux de revenus d’avant la pandémie, mais son objectif est de faire voler l’ensemble de sa flotte en 2022, déclare son président Tim Clark à Arab News.
Lors de l’assemblée générale annuelle de l’Association du transport aérien international (Iata) à Doha, M. Clark a évoqué la pandémie de Covid-19 et ses répercussions, déclarant: «La pandémie a provoqué un tremblement de terre de magnitude 9 ou 10 sur l’échelle de Richter au niveau de l’économie mondiale. Désormais, nous sommes témoins des répliques sismiques.»
Il souligne que la meilleure façon de régler le problème est de trouver des solutions collectives au sein de l’entreprise.
«Réunissez-vous et trouvez une solution au problème, plutôt que de vous battre et de vous plaindre des augmentations de prix», poursuit-il.
Selon M. Clark, les entreprises doivent trouver comment gérer les répliques pour remettre le marché sur la bonne voie.
Emirates n’a jamais eu à réduire le nombre de ses vols, souligne-t-il. Cependant, tard hier soir, la compagnie a reçu un appel de l’aéroport d’Heathrow à Londres pour annuler tous leurs vols vers la destination, en raison de problèmes de traitement des bagages, déclare M. Clark.

Réunissez-vous et trouvez une solution au problème, plutôt que de vous battre et de vous plaindre des augmentations de prix.

Tim Clark

«Ce n’est pas ce que j’appelle une bonne planification et cela nous affecte vraiment», ajoute-t-il.
The Independent rapporte que Heathrow a demandé aux compagnies aériennes opérant à partir des terminaux 2 et 3 d’annuler 10 % de leurs vols pour le lundi 20 juin en raison de problèmes de traitement des bagages.

Emirates compense ses pertes
Dans le même temps, Adel al-Redha, directeur d’exploitation de la compagnie aérienne, note qu’Emirates avait réussi à réduire ses pertes à 950 millions de dollars (1 dollar = 0,95 euro) pendant l’exercice financier 2021-2022, contre une perte nette de 5 milliards de dollars l’année précédente, alors que le secteur de l’aviation connaît une forte reprise après la pandémie.
Dans un entretien exclusif accordé à Arab News, M. Al-Redha affirme que la compagnie aérienne espérait poursuivre cette croissance, précisant que le seul défi serait la hausse des prix du carburant.
«Nous continuons d’augmenter notre trésorerie et d’améliorer notre rendement et nos revenus. Ce sont de bons indicateurs. Les variables auxquelles nous sommes exposés, notamment les prix du carburant et les taux de change qui fluctuent, sont notre seul défi. Ce sont des variables qui ont une incidence directe sur nos coûts d’exploitation», souligne M. Al-Redha.

Une capacité de 100 % d’ici à 2023
M. Al-Redha indique qu’Emirates réalisera des bénéfices au cours de cet exercice financier et que la compagnie prévoit d’opérer avec une capacité de 100% d’ici à 2023.
Le directeur d’exploitation révèle qu’Emirates dessert actuellement 128 destinations, contre 143 destinations avant la pandémie.
En ce qui concerne la durabilité et la réalisation de l’objectif zéro émission nette de l’Iata d’ici à 2050, M. Al-Redha déclare qu’Emirates travaille en étroite collaboration avec Boeing et Airbus.
«D’ici à novembre de cette année, nous prévoyons d’exploiter l’un de nos Boeing 777 avec du carburant d’aviation 100% durable. Nous sommes en discussion avec Airbus pour faire le même essai sur l’A380. Nous sommes également en pourparlers avec certaines compagnies pour rendre le carburant d’aviation durable disponible dans les aéroports», explique M. Al-Redha.

Embaucher du personnel
En outre, M. Al-Redha indique qu’Emirates prévoit d’embaucher davantage de personnes, car le secteur de l’aviation est actuellement en pleine reprise.
«Nous devons recruter plus de 5 000 membres d’équipage au cours des douze prochains mois. Nous prévoyons d’embaucher 800 pilotes, ainsi que 1 500 personnes pour des postes en lien avec l’informatique et plus de 400 employés dans les aéroports. Dans les domaines pour lesquels il existe une forte demande, nous continuons de recruter», renchérit-il.
M. Al-Redha déclare qu’Emirates n’est en concurrence avec aucune des autres compagnies aériennes du Conseil de coopération du Golfe (CCG), mais qu’elle s’efforce d'offrir le meilleur aux voyageurs.
«Nous cherchons toujours à améliorer nos services et à offrir à notre clientèle la meilleure expérience possible. Chaque compagnie aérienne a sa propre stratégie. Mais nous devons continuer à investir pour proposer les meilleurs services à nos clients», conclut-il.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Avec la guerre au Moyen-Orient, la peur de l'inflation est de retour sur les marchés

La bourse coréenne le 3 mars 2026. (AFP)
La bourse coréenne le 3 mars 2026. (AFP)
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  • En Europe, la Bourse de Paris a perdu 3,46%, Londres 2,75% et Francfort 3,44%. Milan a reculé de 3,92%.
  • A Wall Street, vers 16H50 GMT, le Dow Jones cédait 1,38%, l'indice Nasdaq a pris 1,32% et l'indice élargi S&P 500 1,28%.

PARIS: Bourses qui vacillent, taux d'intérêt en hausse... avec la flambée du prix des hydrocarbures provoquée par la guerre au Moyen-Orient, la peur de l'inflation est de retour sur les marchés.

En Europe, la Bourse de Paris a perdu 3,46%, Londres 2,75% et Francfort 3,44%. Milan a reculé de 3,92%.

A Wall Street, vers 16H50 GMT, le Dow Jones cédait 1,38%, l'indice Nasdaq a pris 1,32% et l'indice élargi S&P 500 1,28%.

"Les investisseurs craignent un choc d'inflation, en raison de la flambée des prix des hydrocarbures provoquée par le conflit au Moyen-Orient", explique à l'AFP Kevin Thozet, membre du comité d'investissement chez Carmignac.

En Europe, particulièrement dépendante de ses importations de gaz et de pétrole, le spectre de la crise inflationniste provoquée en 2022 par l'invasion de l'Ukraine par la Russie plane.

Le gaz s'enflamme

Au quatrième jour de l'offensive israélo-américaine contre l'Iran, Téhéran attaque mardi des sites liés aux Etats-Unis dans le Golfe, et Israël continue de bombarder "simultanément" l'Iran et le Liban.

Le conflit provoque depuis le début de la semaine une forte hausse du prix des hydrocarbures, en raison des perturbations de l'approvisionnement via le passage stratégique par lequel transite environ 20% du pétrole et du gaz naturel liquéfié (GNL) mondial.

Un général des Gardiens de la Révolution iraniens a d'ailleurs menacé lundi de "brûler tout navire" tentant de franchir le détroit.

Vers 16H50 GMT, le prix du baril de Brent de la mer du Nord prenait 7,07% à 83,24 dollars, après avoir dépassé les 85 dollars au cours de la séance, son niveau le plus élevé depuis juillet 2024. Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate gagnait 7,34% à 76,46  dollars.

Le prix du gaz européen s'enflamme aussi, le contrat à terme du TTF néerlandais, considéré comme la référence du gaz naturel sur le Vieux Continent, bondissant de 20,69% à 53,71 euros. Depuis le début de l'année, il a grimpé de plus de 90%.

Cette flambée du prix de l'énergie ravive "la crainte que, même si cette guerre reste localisée, elle puisse avoir un fort impact sur la croissance européenne et raviver l'inflation", a relevé Neil Wilson, analyste de Saxo Markets.

Les taux d'intérêt en hausse en Europe

"La question est: revenons-nous à un scénario similaire à 2022, où la flambée des prix de l'énergie avait déclenché une vague massive d'inflation frappant l'économie mondiale ?", s'interroge Kathleen Brooks, analyste de XTB.

En Europe, le risque de "stagflation", une hausse des prix avec une croissance faible, inquiète les investisseurs.

"Une hausse des prix de l'énergie exerce une pression à la hausse sur l'inflation, en particulier à court terme", a déjà déclaré Philip Lane, chef économiste de la BCE, dans une interview accordée au Financial Times.

Et "une potentielle hausse de l'inflation pourrait mettre en péril les baisses de taux des banques centrales", complète David Kruk, responsable du trading de La Financière de l'Échiquier, interrogé par l'AFP.

Résultat, les taux d'intérêt des dettes d'Etat, pourtant considérées traditionnellement comme des valeurs refuge en cas d'incertitude, grimpent, particulièrement sur le Vieux Continent.

Une inflation plus élevée réduit en effet la valeur réelle des sommes versées par un emprunteur à ses créanciers. Ces derniers exigent par conséquent des taux d'intérêt plus élevés pour compenser cette perte.

Le taux d'intérêt à échéance dix ans de la dette allemande, référence en Europe, a bondi de près de 0,10 points de pourcentage durant la séance, avant de modérer ses gains à 0,03 point, à 2,74%.

Son équivalent français a lui grimpé de 0,08 point par rapport à la veille, atteignant un taux de 3,37%. Vendredi, avant le début de la guerre en Iran, il évoluait autour de 3,20%. L'obligation italienne, aussi à échéance dix ans, a bondi de 0,10 point de pourcentage, à 3,45%.

Hors zone euro, le taux d'intérêt britannique a atteint  4,46%, contre 4,37% lundi soir.

Les craintes des investisseurs sur l'économie européenne profitent en revanche au dollar, qui bondissait de 0,74% face à la monnaie unique européenne, à 1,1604 dollar pour un euro. D'ailleurs, aux États-Unis, plus autonome d'un point de vue énergétique, l'obligation à dix ans restait stable.

L'or est en revanche délaissé : l'once perdait 4,13% à 5.102,16 dollars.

 

 


Trump menace de «cesser tout commerce» avec l'Espagne, «très peu coopérative»

Donald Trump a menacé mardi de "cesser tout commerce avec l'Espagne", lui reprochant son refus de laisser les Etats-Unis utiliser des bases militaires situées en Andalousie pour leur guerre contre l'Iran et ses dépenses militaires qu'il juge insuffisantes. (AFP)
Donald Trump a menacé mardi de "cesser tout commerce avec l'Espagne", lui reprochant son refus de laisser les Etats-Unis utiliser des bases militaires situées en Andalousie pour leur guerre contre l'Iran et ses dépenses militaires qu'il juge insuffisantes. (AFP)
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  • "Nous allons cesser tout commerce avec l'Espagne. Nous ne voulons pas entendre parler de l'Espagne"
  • "C'est le seul pays de l'Otan qui n'a pas accepté de consacrer 5%" de son PIB à des dépenses en matière de Défense, comme le veut le nouvel objectif de l'Otan poussé par Washington

WASHINGTON: Donald Trump a menacé mardi de "cesser tout commerce avec l'Espagne", lui reprochant son refus de laisser les Etats-Unis utiliser des bases militaires situées en Andalousie pour leur guerre contre l'Iran et ses dépenses militaires qu'il juge insuffisantes.

"Nous allons cesser tout commerce avec l'Espagne. Nous ne voulons pas entendre parler de l'Espagne", a déclaré le président américain depuis la Maison Blanche, où il reçoit le dirigeant d'un autre pays européen, le chancelier allemand Friedrich Merz.

"L'Espagne a été terrible", a attaqué Donald Trump, en reprochant au gouvernement socialiste de Pedro Sanchez de refuser à l'aviation américaine l'accès à des bases militaires situées dans le sud du pays pour sa campagne militaire contre l'Iran.

"C'est le seul pays de l'Otan qui n'a pas accepté de consacrer 5%" de son PIB à des dépenses en matière de Défense, comme le veut le nouvel objectif de l'Otan poussé par Washington, a-t-il aussi rappelé.

"L'Espagne a été très, très peu coopérative", a encore regretté Donald Trump.

Dans une conférence de presse donnée plus tôt dans la journée, le ministre des Affaires étrangères espagnol José Manuel Albares a déclaré n'avoir "eu aucune conversation avec aucun représentant nord-américain, ni aucune demande" au sujet des bases militaires de Rota et Moron.

"Nous n'avons reçu aucune plainte", a-t-il insisté.

"Les bases que nous utilisons conjointement avec les États-Unis sont des bases sous souveraineté espagnole", a rappelé le ministre. "Et c'est dans le cadre de notre souveraineté et du traité signé avec les Etats-Unis qu'elles peuvent être utilisées."

 


L'ONU approuve le premier projet de crédit carbone lié à l'accord de Paris

"Les opportunités offertes par ce marché carbone des Nations Unies dans toutes les régions sont immenses, en particulier maintenant que des mesures de protection environnementale solides, des normes rigoureuses et un système de recours clair sont en place pour garantir l'intégrité, l'inclusivité et l'efficacité", s'est félicité le chef de l'ONU Climat, Simon Stiell. (AFP)
"Les opportunités offertes par ce marché carbone des Nations Unies dans toutes les régions sont immenses, en particulier maintenant que des mesures de protection environnementale solides, des normes rigoureuses et un système de recours clair sont en place pour garantir l'intégrité, l'inclusivité et l'efficacité", s'est félicité le chef de l'ONU Climat, Simon Stiell. (AFP)
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  • L'accord de Paris, moteur de la coopération climatique mondiale adopté en 2015, prévoit qu'un pays qui dépasserait ses objectifs de baisse des émissions de CO2 puisse vendre son excès de réductions à un pays en retard sur ses propres objectifs
  • Ce pays a désormais le droit, dans le cadre de l'accord de Paris, de réduire, sur le papier, le total de ses propres émissions de gaz à effet de serre, grâce à ces crédits carbone

PARIS: Le premier projet de crédit carbone dans le cadre de l'accord de Paris a reçu le feu vert de l'ONU jeudi, un mécanisme pour aider les pays riches à tenir leurs engagements climatiques mais critiqué pour les risques d'écoblanchiment.

L'accord de Paris, moteur de la coopération climatique mondiale adopté en 2015, prévoit qu'un pays qui dépasserait ses objectifs de baisse des émissions de CO2 puisse vendre son excès de réductions à un pays en retard sur ses propres objectifs, en général un pays riche.

Ce pays a désormais le droit, dans le cadre de l'accord de Paris, de réduire, sur le papier, le total de ses propres émissions de gaz à effet de serre, grâce à ces crédits carbone.

Concrètement, une entreprise sud-coréenne va financer un programme de remplacement de foyers de cuisson ouverts (bois, charbon de bois, etc.) par des foyers plus économes en combustibles en Birmanie, a annoncé l'ONU Climat jeudi.

De tels projets sont censés réduire les émissions de CO2 puisque moins d'énergie sera perdue et donc utilisée par les familles pour cuisiner, avec un bénéfice additionnel pour la qualité de l'air et pour protéger les forêts locales.

Selon l'Organisation mondiale de la santé, environ un quart de la population mondiale cuisine avec des foyers ouverts qui polluent l'air intérieur et extérieur en brûlant des combustibles tels que kérosène, charbon de bois, bouses séchées et déchets agricoles.

Mais ces programmes ont historiquement échoué à tenir leurs promesses, les méthodologies ayant surestimé les réductions d'émissions, notamment dans le cas où les populations délaissent les nouveaux systèmes parce qu'ils les trouvent moins pratiques, ou s'ils se cassent.

La Corée du Sud va, en payant pour ce programme de remplacement, bénéficier de crédits carbone, qui aideront à réduire le total de son empreinte carbone. Le mécanisme onusien évite un double comptage de ces réductions dans les pays vendeurs et acheteurs des crédits.

"Les opportunités offertes par ce marché carbone des Nations Unies dans toutes les régions sont immenses, en particulier maintenant que des mesures de protection environnementale solides, des normes rigoureuses et un système de recours clair sont en place pour garantir l'intégrité, l'inclusivité et l'efficacité", s'est félicité le chef de l'ONU Climat, Simon Stiell.

Au-delà des problèmes de comptage, les détracteurs du mécanisme de crédit carbone dénoncent un passe-droit donné à certains pour ne pas réduire leurs propres émissions, puisqu'il leur suffirait de payer pour se dire en ligne avec l'accord de Paris.

Ce nouveau mécanisme a été validé par les pays du monde entier à la COP29 en 2024, et des centaines d'autres projets attendent d'être approuvés.