Législatives: dans son fief du Pas-de-Calais, l'unique recul du RN

Le président français Emmanuel Macron reçoit les chefs des partis politiques pour tenter de sortir de l'impasse créée par l'échec de sa coalition à obtenir une majorité aux élections législatives. (Photo : GONZALO FUENTES / POOL / AFP)
Le président français Emmanuel Macron reçoit les chefs des partis politiques pour tenter de sortir de l'impasse créée par l'échec de sa coalition à obtenir une majorité aux élections législatives. (Photo : GONZALO FUENTES / POOL / AFP)
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Publié le Samedi 25 juin 2022

Législatives: dans son fief du Pas-de-Calais, l'unique recul du RN

  • Le parti de Marine Le Pen compte désormais six élus sur les 12 circonscriptions du département, soit un de plus qu'en 2017
  • Les autres figures nationales, comme Jean-Luc Mélenchon, chef de file de la Nupes, la gauche unie, ont en revanche été laissé à l'arrière-plan, afin de capitaliser d'abord sur l'ancrage local

AVION : Il aura fallu un fils de mineur, élu communiste de longue date du bassin minier, soutenu par la gauche unie, pour reprendre un siège de député au Rassemblement national. Un cas unique en France, dans le Pas-de-Calais, pourtant devenu le fief du parti d'extrême droite.

Le parti de Marine Le Pen compte désormais six élus sur les 12 circonscriptions du département, soit un de plus qu'en 2017. Et ils sont 20 au total dans les Hauts-de-France, contre 6 pendant la précédente mandature.

Mais dans la troisième circonscription du Pas-de-Calais, au coeur du bassin minier un homme est parvenu à casser cette dynamique face à un jeune RN: Jean-Marc Tellier, 52 ans, élu municipal depuis un quart de siècle et maire d'Avion (près de Lens) depuis 2009.

La recette ? "Une campagne locale, du terrain", avance cet ex-responsable des Pionniers de France, mouvement de jeunesse lié au PCF, qui reçoit en jeans et T-shirt dans un bureau sans fioritures.

M. Tellier a bénéficié pendant sa campagne du soutien actif de 12 des 13 maires de sa circonscription, tous de gauche, et de la capacité de mobilisation d'un appareil partisan toujours en place.

Fabien Roussel, candidat communiste à la présidentielle et député d'une circonscription voisine, a lui aussi fait le déplacement.

Les autres figures nationales, comme Jean-Luc Mélenchon, chef de file de la Nupes, la gauche unie, ont en revanche été laissé à l'arrière-plan, afin de capitaliser d'abord sur l'ancrage local.

A 74 voix près

Dans les rues coquettes de sa bourgade, marquée par son passé charbonneux, nombre d'habitants reconnaissent à M. Tellier son côté "actif" et "très disponible".

Fabienne Vendin, ouvrière dans l'agroalimentaire, avait voté Marine Le Pen à la présidentielle. Mais lui, elle est "contente qu'il soit élu".

"De ce que j'ai entendu, c'est un super monsieur, qui fait tout ce qu'il peut, pour les jeunes notamment," explique-t-elle.

Longtemps à gauche, la circonscription avait basculé au FN en 2017 avec l'élection de José Evrard, ancien permanent local du parti communiste, rallié sur le tard à l'extrême droite, décédé depuis.

M. Tellier avait lui été éliminé dès le premier tour, poussant socialistes et communistes à se rapprocher dans le secteur. Avec succès: ils étaient parvenu à faire reculer le RN aux cantonales de 2021.

Encore renforcé cette année par la dynamique de la Nupes, M. Tellier l'a cette fois emporté, à 74 voix près, face à un candidat RN bien moins implanté, Bruno Clavet, 33 ans, originaire du sud, arrivé dans la région il y a trois ans comme salarié d'une des premières mairies frontistes, Hénin-Beaumont.

«Victoire en trompe-l'oeil»

Car si Marine Le Pen a rassemblé 43% des voix au premier tour de la présidentielle dans cette circonscription, l'ancrage local du RN reste faible. Le parti n'avait ainsi pas présenté de liste aux municipales à Avion.

"C'est une victoire en trompe-l'oeil", estime un acteur centriste de la politique locale, pour qui l'implantation locale de la gauche, qui a pesé lourd lors du scrutin, n'est pas éternelle.

L'arrivée de 89 députés RN au Parlement entraîne le recrutement de 250 assistants parlementaires qui vont devenir "des cadres formés et disponibles pour aller conquérir mairies et cantons", avertit-il.

La gauche, balayée en 2017 par la vague Macron, a repris pied dans le Nord et le Pas-de-Calais, mais elle a aussi perdu plusieurs duels face au RN, comme le communiste Alain Bruneel, qui a perdu son siège dans la 20e du Nord.

"Sera-t-il possible de reproduire cette dynamique (de la 3e circonscription, NDLR), ou est-ce un des derniers soubresauts de la gauche ?", s'interroge Pierre Wadlow, doctorant en sciences politiques à l'université de Lille.

Pour ce spécialiste de la politisation des classes populaires du bassin minier, le recul du RN va constituer "un travail de longue haleine".

"On a créé de l'espoir et on a maintenant une sacré responsabilité", reconnaît le nouveau député communiste.


Macron après les frappes en Iran: le «travail diplomatique» doit «reprendre ses droits» 

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  • Le président français s'est entretenu avec la plupart des dirigeants de la région, Arabie Saoudite, Émirats arabes unis, Qatar, Jordanie, Irak, Koweit et région autonome du Kurdistan
  • La France se tient "prête à déployer les moyens nécessaires à la protection de ses partenaires les plus proches selon leur sollicitation"

PARIS: Le président français Emmanuel Macron a déclaré samedi que le "travail diplomatique" devait "reprendre ses droits", quelques heures après le début de l'offensive israélo-américaine en Iran, affirmant que la crise autour du nucléaire iranien et les "droits légitimes du peuple iranien à se faire entendre" ne pouvaient se régler par des "frappes".

"Je souhaite que nous puissions prendre toutes les initiatives utiles pour que le travail diplomatique reprenne ses droits", a-t-il déclaré au début d'un conseil de défense et de sécurité nationale à l'Elysée.

"Nul ne peut penser que la question du nucléaire iranien, de l'activité balistique, des déstabilisations régionales se règleront simplement par les frappes et évidemment aussi les droits légitimes du peuple iranien à se faire entendre", a affirmé le chef de l'Etat français.

"Ce qu'il a exprimé ces derniers mois encore en étant terriblement réprimé c'est de pouvoir décider lui-même de son destin et c'est aussi une des choses que nous devons tout faire pour défendre", a-t-il ajouté.

"La France n'a été ni prévenue ni impliquée, tout comme d'ailleurs l'ensemble des pays de la région et nos alliés", a par ailleurs précisé Emmanuel Macron, au côté du Premier ministre Sébastien Lecornu, de plusieurs ministres et de hauts responsables militaires.

La "priorité absolue" de la France est la sécurité de ses ressortissants et "emprises militaires" dans la région, a poursuivi le chef de l'Etat.

"C'est d'être aux côtés de tous les pays qui sont aujourd'hui touchés par la riposte iranienne ou qui sont menacés par celle-ci dans leur intégrité territoriale, leur souveraineté", a-t-il encore souligné, en référence notamment aux pays du Golfe.

Le président français s'est entretenu avec la plupart des dirigeants de la région, Arabie Saoudite, Émirats arabes unis, Qatar, Jordanie, Irak, Koweit et région autonome du Kurdistan, a précisé l'Elysée, à l'exception d'Israël.

Il avait auparavant appelé sur X à "cesser" une "escalade dangereuse pour tous" et affirmé que le régime iranien n'a "plus d'autre option" que de négocier de "bonne foi" le démantèlement de son programme nucléaire et balistique.

La France se tient "prête à déployer les moyens nécessaires à la protection de ses partenaires les plus proches selon leur sollicitation", a-t-il encore relevé sur X.


Lecornu ferait un "bon candidat" en 2027 pour 30% des Français (sondage)

Le Premier ministre Sébastien Lecornu lors de la cérémonie marquant le retour des athlètes français des JO d’hiver Milano Cortina 2026, à Albertville, le 23 février 2026, à l’arrivée du drapeau olympique pour les JO 2030. (AFP)
Le Premier ministre Sébastien Lecornu lors de la cérémonie marquant le retour des athlètes français des JO d’hiver Milano Cortina 2026, à Albertville, le 23 février 2026, à l’arrivée du drapeau olympique pour les JO 2030. (AFP)
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  • Selon un sondage Odoxa pour Le Figaro, Sébastien Lecornu serait un « bon candidat » du bloc central en 2027 pour 30% des Français, derrière Édouard Philippe (39%) mais proche de Gabriel Attal (33%) et Gérald Darmanin (28%)
  • Jugé plus humble et compétent qu’Emmanuel Macron, Lecornu souffre toutefois d’une image « d’exécutant » (72% des sondés), tandis qu’Édouard Philippe reste favori, sous réserve des municipales au Havre

PARIS: Le Premier ministre Sébastien Lecornu ferait un "bon candidat" du bloc central à la présidentielle de 2027 pour 30% des Français, à l'image de Gabriel Attal(33%) et Gérald Darmanin (28%) mais loin derrière Edouard Philippe (39%), selon un sondage Odoxa pour Le Figaro paru jeudi.

Le chef du gouvernement, dont la popularité (34%) est supérieure de 13 points à celle d'Emmanuel Macron, est jugé plus humble (+33 points), plus proche des préoccupations des Français (+18) et plus compétent (+17) que le chef de l'Etat, mais aussi moins dynamique (-9).

"Pour renforcer sa stature, il devra peut-être se détacher de son image de simple collaborateur du Président", 72% des Français le qualifiant "d’exécutant", relève encore l'institut.

Sur les réseaux sociaux, les messages sur Emmanuel Macron restent très négatifs alors que la fidélité du "moine soldat" Lecornu est présentée comme une qualité rare, poursuit l'étude.

Edouard Philippe, maire du Havre et premier chef de gouvernement d'Emmanuel Macron, reste le meilleur candidat pour le bloc central, à condition de ne pas perdre les municipales de mars, "une défaite qui pourrait ternir son leadership", poursuit Odoxa.

Un sondage Opinionway publié mercredi le donne pour la première fois perdant dans sa ville contre Jean-Paul Lecoq (PCF) en cas de maintien du candidat RN-UDR au second tour du scrutin.

L'enquête a été réalisée en ligne les 25 et 26 février auprès d’un échantillon de 1.005 Français représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas. Marge d'erreur comprise entre 1,4 et 3,1 points.


Gouvernement: quatre nouveaux entrants dont Catherine Pégard à la Culture

Le gouvernement compte désormais 36 membres. (AFP)
Le gouvernement compte désormais 36 membres. (AFP)
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  • Ces annonces complètent le mini-remaniement du gouvernement de Sébastien Lecornu provoqué par le départ attendu de Rachida Dati et Charlotte Parmentier-Lecocq, et celui d'Amélie de Montchalin
  • Une députée qui était pressentie pour la Fonction publique s'est désistée à la dernière minute car son suppléant à l'Assemblée a refusé de siéger pour la remplacer, pour des raisons de cumul des mandats

PARIS: Quatre nouveaux ministres font leur entrée au gouvernement, dont Catherine Pégard, conseillère d'Emmanuel Macron, à la Culture en remplacement de Rachida Dati partie pour faire campagne pour la mairie de Paris, a annoncé jeudi l'Elysée dans un communiqué.

Conseillère culture de Nicolas Sarkozy à l'Elysée, puis à la tête du château de Versailles avant de revenir au palais présidentiel auprès d'Emmanuel Macron, cette ancienne journaliste de 71 ans arrive rue de Valois avec une excellente connaissance du monde de la culture et un solide carnet d'adresses.

Outre cette nomination attendue, l'ex-ministre macroniste Sabrina Roubache fait son retour en tant que ministre délégué chargée de l'Enseignement et de la Formation professionnels et de l'Apprentissage. Elle avait été chargée de la Ville et de la Citoyenneté entre 2023 et 2024, avant d'être défaite aux législatives post-dissolution de l'Assemblée nationale.

La porte-parole du gouvernement Maud Bregeon, proche de Sébastien Lecornu et Gérald Darmanin, devient aussi ministre déléguée chargée de l'Energie, domaine dont elle a une expertise en tant qu'ingénieure spécialiste du nucléaire.

Le chef de l'Etat a aussi nommé la députée du groupe macroniste Camille Galliard-Minier ministre déléguée chargée de l’Autonomie et des Personnes handicapées, en remplacement de Charlotte Parmentier-Lecocq qui souhaitait retrouver son siège à l'Assemblée nationale, et le député Les Républicains Jean-Didier Berger auprès du ministre de l'Intérieur Laurent Nunez.

Ces annonces complètent le mini-remaniement du gouvernement de Sébastien Lecornu provoqué par le départ attendu de Rachida Dati et Charlotte Parmentier-Lecocq, et celui d'Amélie de Montchalin, nommée à la tête de la Cour des comptes et remplacée dès dimanche aux Comptes publics par son ex-ministre délégué David Amiel.

Ce dernier n'a pour l'instant pas de ministre délégué à la Fonction publique, le poste qu'il occupait auparavant. Selon une source au sein de l'exécutif, une ministre déléguée sera nommée d’ici à la reprise des travaux parlementaires après les élections municipales.

Une députée qui était pressentie pour la Fonction publique s'est désistée à la dernière minute car son suppléant à l'Assemblée a refusé de siéger pour la remplacer, pour des raisons de cumul des mandats, ce qui aurait provoqué une législative partielle, selon une source au courant des tractations, qui n'a pas précisé son nom.

Parmi les nouveaux entrants, Jean-Didier Berger, maire de Clamart pendant dix ans, avait rejoint l’Assemblée à l’été 2024 après la dissolution, se faisant élire dans les Hauts-de-Seine. A l’Assemblée, il faisait partie des députés du groupe LR en pointe sur le projet de budget de l’Etat.

Il avait également déposé des propositions de loi aux accents régaliens : pour autoriser le traitement algorithmique des images de vidéoprotection dans les transports en commun, ou pour interdire les signes religieux ostentatoires aux mineurs qui participent à des activités d’une association subventionnée.

Camille Galliard-Minier, élue de l'Isère, est avocate de formation et l'ancienne suppléante d'Olivier Véran qu'elle a remplacé au Parlement entre 2020 et 2022 lorsque celui-ci était ministre de la Santé.

Le gouvernement compte désormais 36 membres.