Près de la nouvelle ligne de front dans le Donbass, un sentiment d'abandon

Les troupes ukrainiennes, après avoir quitté Severodonetsk ravagée et désormais occupée par les Russes, combattent maintenant à Lyssytchansk (photo, AFP)
Les troupes ukrainiennes, après avoir quitté Severodonetsk ravagée et désormais occupée par les Russes, combattent maintenant à Lyssytchansk (photo, AFP)
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Publié le Dimanche 26 juin 2022

Près de la nouvelle ligne de front dans le Donbass, un sentiment d'abandon

  • Cette petite ville du Donbass, dans l'est de l'Ukraine, a des allures de village avec ses maisons d'un étage plantées le long de routes poussiéreuses
  • «La ville est carrément morte et nous voudrions vivre un peu plus longtemps», se plaint Marina, 63 ans, ouvrière en retraite

SEVERSK, Ukraine : A Seversk, gros bourg ukrainien proche de la nouvelle ligne de front dans l'Est, un sentiment d'abandon a gagné les habitants qui «essaient de survivre», la nuit dans les caves et le jour en cherchant eau, nourriture, aide et médicaments.

«Tout le monde souffre. On essaie de survivre», confie Nina, 64 ans, retraitée qui pousse sa bicyclette. «Il n'y a pas d'eau (courante), pas de gaz, pas d'électricité. On vit sous les bombes depuis trois mois, c'est l'âge de pierre», dit-elle.

Un camion ambulant propose des marchandises et des victuailles polonaises, du pain, des saucisses, des recharges pour camping gaz. Les habitants se rassemblement autour du véhicule alors que le grondement prolongé des roquettes Grad se fait entendre.

«C'est cher, bien sûr», constate Nina.

Cette petite ville du Donbass, dans l'est de l'Ukraine, a des allures de village avec ses maisons d'un étage plantées le long de routes poussiéreuses. Dernière grosse localité avant le front, elle est devenue la nouvelle frontière entre la Russie et l'Ukraine.

Toute la journée, des véhicules militaires ukrainiens, dont des Humvees américains et des obusiers de dernière génération américains et de style soviétique, passent et repassent. Des tanks aussi, des camions d'aide et des ambulances.

Les troupes ukrainiennes, après avoir quitté Severodonetsk ravagée et désormais occupée par les Russes, combattent maintenant à Lyssytchansk, sur la rive opposée de la rivière Donets.

A Seversk, les habitants encore sur place, parmi lesquels beaucoup de retraités, ont l'impression d'être abandonnés par Kiev.

«La ville est carrément morte et nous voudrions vivre un peu plus longtemps», se plaint Marina, 63 ans, ouvrière en retraite. «Ils sont juste en train de nous tuer, c'est dangereux partout», et «personne n'a besoin de nous, il n'y a pas d'aide du gouvernement, l'Ukraine nous a oubliés».

«On ne vit pas, on survit», se désole une autre femme, 60 ans, Polina, vêtue d'un survêtement violet flashy.

- «Les piles très demandées» -

«Ca défile toute la journée», constate un policier près d'un point de contrôle, qui observe «du mouvement aujourd'hui» après le passage de trois véhicules évacuant principalement des personnes âgées, des femmes et des enfants.

Une fumée sale s'élève après le tir d'un missile ukrainien.

De l'aide humanitaire est aussi acheminée. A la mairie de Seversk, trois camions de la Croix-Rouge arrivent et déchargent des cartons de nourriture, avec de l'huile, du thé, de la farine et des produits d'hygiène, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Une responsable municipale, Svetlana Severin, réclament plus de bougies, d'allumettes et de lampes torches à la Croix-Rouge. «Les piles, c'est très demandé», dit-elle.

Les cartons d'aide sont entreposés et la distribution organisée par roulement certains jours de chaque mois, pour éviter les attroupements, selon Mme Severin.

Près du camion ambulant, une vieille dame s'indigne pourtant de ne pas accéder à l'aide. Elle réclame des médicaments pour son coeur.

«Les gens ont besoin de bougies, ils passent la nuit dans leurs caves», décrit une travailleuse sociale, Svetlana Meloshchenko, qui fait la tournée avec de l'eau acheminée dans des bidons de lait et achève de distribuer des bougies, des biscuits et du savon liquide.

«Il y a beaucoup de petits enfants, de personnes âgées ou handicapées», dit-elle, et aussi «beaucoup de diabétiques» : «Les médicaments sont fournis à l'hôpital mais ça ne suffit pas».

Près de là, dans une station essence désaffectée, des militaires ukrainiens font une pause. Ils mâchent du pain et des saucisses, mitraillettes au pied. Ils disent aller et venir du front, sans donner de détails.

«Notre cause est juste», insiste un jeune soldat. Un aîné barbu ajoute en souriant: «On ne regarde pas les infos. Quand les nouvelles seront vraiment bonnes, on en entendra certainement parler».


Le président Trump déclare qu'il «travaille dur pour mettre fin» à la guerre au Soudan

Le président américain Donald Trump s'exprime lors du National Prayer Breakfast à Washington DC, jeudi. (Capture d'écran)
Le président américain Donald Trump s'exprime lors du National Prayer Breakfast à Washington DC, jeudi. (Capture d'écran)
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  • M. Trump a déclaré pour la première fois qu'il commencerait à "travailler" sur la guerre au Soudan en novembre dernier, après que le prince héritier saoudien lui a demandé d'aider à mettre fin au conflit lors d'une visite aux États-Unis
  • "Sa majesté aimerait que je fasse quelque chose de très puissant en rapport avec le Soudan", a déclaré M. Trump lors du Forum d'investissement américano-saoudien

LONDRES : Le président américain Donald Trump a déclaré jeudi qu'il "travaillait dur" pour mettre fin à la guerre au Soudan.

"Je travaille dur pour mettre fin à cette guerre. Nous sommes très proches d'y parvenir. Ce sera le neuvième, si nous ne réglons pas d'abord la question de la Russie et de l'Ukraine. Mais nous travaillons dur pour mettre fin à toute cette guerre. Nous sommes très près d'y parvenir. Nous l'avons presque fait", a déclaré le président lors du National Prayer Breakfast à Washington DC.

M. Trump a déclaré pour la première fois qu'il commencerait à "travailler" sur la guerre au Soudan en novembre dernier, après que le prince héritier d'Arabie saoudite Mohammed bin Salman lui a demandé d'aider à mettre fin au conflit lors d'une visite aux États-Unis.

"Sa majesté aimerait que je fasse quelque chose de très puissant en rapport avec le Soudan", a déclaré M. Trump lors du Forum d'investissement américano-saoudien.

"Ce n'était pas dans mon programme, je pensais que c'était quelque chose de fou et d'incontrôlable", a-t-il ajouté.

"Mais je vois à quel point c'est important pour vous, et pour beaucoup de vos amis dans cette salle, le Soudan. Et nous allons commencer à travailler sur le Soudan".

Depuis son déclenchement en avril 2023, la guerre entre l'armée soudanaise et les forces paramilitaires de soutien rapide a tué des dizaines de milliers de personnes et en a déplacé près de 12 millions.


Pologne: l'ambassadeur américain rompt avec le président du Parlement à cause d'«insultes» envers Trump

Lundi, le président de la Diète polonaise, Wlodzimierz Czarzasty, a fustigé une proposition conjointe américano-israélienne visant à soutenir la candidature de M. Trump au prix Nobel de la paix. (AFP)
Lundi, le président de la Diète polonaise, Wlodzimierz Czarzasty, a fustigé une proposition conjointe américano-israélienne visant à soutenir la candidature de M. Trump au prix Nobel de la paix. (AFP)
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  • Le Premier ministre, Donald Tusk, a réagi aussitôt aux déclarations de l'ambassadeur, insistant sur le fait que "les alliés devraient se respecter et non pas se faire la morale"
  • Lundi, le président de la Diète polonaise, Wlodzimierz Czarzasty, a fustigé une proposition conjointe américano-israélienne visant à soutenir la candidature de M. Trump au prix Nobel de la paix

VARSOVIE: L'ambassadeur des Etats-Unis à Varsovie a annoncé jeudi la rupture de "tout échange" avec le président de la chambre basse du Parlement polonais, qualifiant d'"insultes" ses propos sur son refus de soutenir Donald Trump pour le Prix Nobel de la Paix.

"Nous ne permettrons à personne de nuire aux relations américano-polonaises ni de manquer de respect à (Donald Trump) qui a tant fait pour la Pologne et le peuple polonais", a écrit l'ambassadeur Tom Rose sur X.

Le Premier ministre, Donald Tusk, a réagi aussitôt aux déclarations de l'ambassadeur, insistant sur le fait que "les alliés devraient se respecter et non pas se faire la morale".

Lundi, le président de la Diète polonaise, Wlodzimierz Czarzasty, a fustigé une proposition conjointe américano-israélienne visant à soutenir la candidature de M. Trump au prix Nobel de la paix.

"Je ne soutiendrai pas la motion en faveur d'un prix Nobel de la paix pour le président Trump, parce qu'il ne le mérite pas", a alors déclaré M. Czarzasty.

Il a estimé que plutôt que se rapprocher davantage de la Maison-Blanche, la Pologne devrait "renforcer les alliances existantes" telles que l'OTAN, l'ONU et l'OMS.

Il a critiqué M. Trump, notamment pour l'imposition de tarifs douaniers aux pays européens, ses menaces d'annexer le Groenland ou ses affirmations selon lesquelles les alliés des Etats-Unis au sein de l'OTAN, dont la Pologne, seraient "restés un peu loin des lignes de front" pendant la guerre en Afghanistan.

"C'est une violation de la politique des principes et des valeurs, souvent une violation du droit international", a déclaré M. Czarzasty.

Fin janvier, avec plusieurs autres hauts responsables polonais, M. Czarzasty a dénoncé des propos du président Trump selon lesquels les États-Unis "n’avaient jamais besoin" des alliés de l'OTAN.

Il a qualifié ces affirmations de "scandaleuses".

Quarante-trois soldats polonais sont morts au sein de la coalition de l’OTAN dirigée par les Etats-Unis en Afghanistan.

Jeudi, le président de la Diète a soutenu ses propos.

"Conformément à mes valeurs, j'ai défendu les soldats polonais engagés dans des missions et je n'ai pas soutenu la candidature du président @realDonaldTrump au prix Nobel de la paix", a-t-il déclaré sur X, accueillant "avec regret" la déclaration de l'ambassadeur.

M. Czarzasty dirige le parti La Nouvelle Gauche, membre de la coalition gouvernementale pro-européenne du Premier ministre Donald Tusk, avec laquelle M. Rose a déclaré entretenir "d'excellentes relations".

Cette coalition est confrontée à une cohabitation difficile avec le président conservateur-nationaliste Karol Nawrocki, fervent soutien de M. Trump.


Londres-Heathrow premier aéroport européen, Istanbul en embuscade

Des voyageurs attendent dans le terminal 4 de l’aéroport de Heathrow, à l’ouest de Londres, le 20 septembre 2025. (AFP)
Des voyageurs attendent dans le terminal 4 de l’aéroport de Heathrow, à l’ouest de Londres, le 20 septembre 2025. (AFP)
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  • Heathrow reste le premier aéroport européen en passagers en 2025, devançant de justesse Istanbul-IGA, dans un contexte de fréquentation record des aéroports européens
  • La croissance du trafic aérien est tirée par l’international, tandis que le trafic intérieur et les grands marchés d’Europe du Nord restent pénalisés par la fiscalité et un ralentissement structurel

PARIS: Londres-Heathrow est resté le premier aéroport européen en passagers l'année dernière, résistant de justesse au dynamisme d'Istanbul, sur fond de record absolu de fréquentation des plateformes du Vieux continent, a annoncé jeudi leur principale association.

Heathrow, l'un des six grands aéroports desservant la capitale britannique, a vu transiter 84,48 millions de voyageurs en 2025, une hausse de 0,7% sur un an, soit seulement 40.000 passagers de plus que le "hub" d'Istanbul (IGA) inauguré fin 2018 et dont la croissance annuelle a atteint 5,5%, a précisé ACI Europe.

Eurocontrol, organisme de surveillance du trafic aérien paneuropéen, avait placé le 23 janvier Istanbul-IGA en tête des aéroports du continent en 2025, par nombre de mouvements d'avions. Mais Heathrow, limité en créneaux de décollages et atterrissages, a tendance à accueillir davantage de gros porteurs.

La Turquie s'affirme de plus en plus comme une puissance du secteur aérien, grâce à sa position géographique stratégique, entre Europe et Asie, mais aussi comme plateforme de correspondance entre la Russie sous sanctions occidentales et le reste du monde.

Le deuxième aéroport d'Istanbul, Sabiha Gökçen, a vu sa fréquentation bondir de 16,7% l'année dernière, atteignant 48,4 millions de voyageurs, a remarqué ACI Europe.

Après Heathrow et IGA, le "Top 5" des aéroports européens est complété par Paris-Charles-de-Gaulle (72 millions de voyageurs), Amsterdam-Schiphol (68,8) et Madrid (68,1), a détaillé dans un communiqué ACI Europe, qui fédère plus de 600 installations de 55 pays.

Sur ce périmètre, l'association a relevé une croissance de la fréquentation de 4,4% sur un an, pour atteindre un record absolu de 2,6 milliards de passagers aériens. Les niveaux d'avant Covid avaient été dépassés dès 2024.

Cette croissance a été "entièrement soutenue par le trafic international, qui a progressé de 5,6%" l'année dernière, contre seulement 0,2% pour le trafic intérieur, un point faible de la reprise, en particulier dans les grands pays d'Europe du Nord.

En 2025, les aéroports britanniques, français et allemands ont connu une croissance plus basse que la moyenne, "en particulier à cause de fiscalités punitives" sur le secteur aérien, a dénoncé ACI Europe. La fréquentation des lignes intérieures en Allemagne et en France est inférieure de 48% et 27%, respectivement, à 2019.

Pour 2026, ACI Europe a jugé que la croissance du volume de passagers aériens allait se "normaliser" dans la zone après un fort rebond post-Covid, l'estimant à 3,3%.