La Norvège rend hommage aux victimes de la fusillade d'Oslo

La Norvège, généralement paisible, a été le théâtre d'attaques sanglantes le 22 juillet 2011, lorsque l'extrémiste de droite Anders Behring Breivik a tué 77 personnes. (AP)
La Norvège, généralement paisible, a été le théâtre d'attaques sanglantes le 22 juillet 2011, lorsque l'extrémiste de droite Anders Behring Breivik a tué 77 personnes. (AP)
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Publié le Dimanche 26 juin 2022

La Norvège rend hommage aux victimes de la fusillade d'Oslo

  • Tandis que l'enquête se poursuit pour déterminer les mobiles exacts du suspect, décrit comme un islamiste à la santé mentale fragile, une messe de deuil va être célébrée dans la cathédrale d'Oslo
  • Du président français Emmanuel Macron à la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, de nombreux dirigeants étrangers ont condamné l'attaque

OSLO : La Norvège rend hommage ce dimanche aux victimes de la fusillade près d'un bar gay dans le centre-ville d'Oslo la veille, un drame qui a choqué la nation.

Tandis que l'enquête se poursuit pour déterminer les mobiles exacts du suspect, décrit comme un islamiste à la santé mentale fragile, une messe de deuil va être célébrée dans la cathédrale d'Oslo, au lendemain de l'attaque qui a fait deux morts et 21 blessés.

La cérémonie rassemblera notamment le Premier ministre Jonas Gahr Støre et la princesse héritière Mette-Marit, mais pas son époux Haakon, le prétendant au trône, qui a contracté le Covid.

«L'Eglise condamne l'horrible attaque terroriste (qui a eu lieu) dans la nuit de vendredi à samedi», a dit un de ses hauts responsables.

«Oslo est en deuil et tout le pays est secoué par l'attaque qui a en particulier frappé les homosexuels qui s'étaient réunis pour fêter la Pride», a-t-il ajouté dans un communiqué.

La fusillade s'est produite aux alentours de 01H00 (23H00 GMT vendredi) à l'extérieur d'un pub puis devant un club gay voisin, le London Pub, semant la panique parmi les nombreux noctambules à un moment où les fêtes liées à la Pride battaient leur plein.

- Norvégien d'origine iranienne -

Deux hommes d'une cinquantaine et d'une soixantaine d'années ont été tués et 21 autres personnes blessées, dont dix gravement.

Rapidement arrêté, l'auteur présumé des tirs est, selon la police d'Oslo, un Norvégien d'origine iranienne de 42 ans, que les médias norvégiens ont identifié comme étant Zaniar Matapour.

Sur le radar des services de renseignement intérieurs depuis 2015 pour sa radicalisation et son appartenance à un réseau islamiste extrémiste, l'homme, également condamné pour des délits relativement mineurs, pourrait aussi être d'une santé mentale fragile.

La police a ordonné sa mise sous observation pour contribuer à éclairer la question de sa responsabilité pénale.

Attentat motivé par des considérations idéologiques ou religieuses ? Crime haineux contre la communauté homosexuelle ? Geste d'un déséquilibré ? Les enquêteurs disent ne fermer aucune porte à ce stade, d'autant que le suspect a refusé d'être entendu samedi.

Onze ans après les attaques sanglantes perpétrés par l'extrémiste de droite Anders Behring Breivik, le drame a de nouveau bouleversé le royaume, généralement paisible mais où le niveau de menaces a été relevé au cran le plus élevé et où la vigilance a été renforcée avec des policiers plus nombreux et exceptionnellement armés.

- De nombreux dirigeants étrangers –

Souvent en pleurs, d'innombrables anonymes ont déposé des bouquets de fleurs et des drapeaux autour du périmètre bouclé par la police.

Pour rendre hommage aux victimes, la star du foot norvégien Ada Hegerberg a, elle, brandi un brassard aux couleurs arc-en-ciel après avoir marqué le premier but lors de la victoire de la sélection féminine, samedi soir contre la Nouvelle-Zélande.

Du président français Emmanuel Macron à la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, de nombreux dirigeants étrangers ont condamné l'attaque et assuré la communauté homosexuelle de leur sympathie.

«Nous avons tous le droit d'aimer et d'être aimé», a tweeté le chef de l'Otan, le Norvégien Jens Stoltenberg, qui était Premier ministre lors des attaques du 22 juillet 2011 au cours desquelles Breivik avait tué 77 innocents.


L'auteur britannique Salman Rushdie poignardé lors d'une conférence dans l'Etat de New York

L'auteur Salman Rushdie est soigné après avoir été attaqué lors d'une conférence, vendredi à la Chautauqua Institution de Chautauqua, New York. (AP)
L'auteur Salman Rushdie est soigné après avoir été attaqué lors d'une conférence, vendredi à la Chautauqua Institution de Chautauqua, New York. (AP)
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  •  Un suspect s'est précipité sur la scène (d'un amphithéâtre) et a attaqué (Salman) Rushdie et un intervieweur. Rushdie a subi une apparente blessure au cou après avoir été poignardé et a été transporté à l'hôpital par hélicoptère
  • Son état n'est pas encore connu, a indiqué la police de l'Etat de New York dans un communiqué, en précisant que l'agresseur avait été immédiatement arrêté et placé en détention

NEW YORK : L'auteur britannique Salman Rushdie, dont l'ouvrage controversé "Les Versets sataniques" avait fait de lui la cible d'une fatwa de l'ayatollah iranien Rouhollah Khomeiny en 1989, a été poignardé au cou vendredi par un homme lors d'une conférence dans l'Etat de New York et son état de santé n'est pour l'instant "pas connu", a annoncé la police américaine.

Un suspect s'est précipité sur la scène (d'un amphithéâtre) et a attaqué (Salman) Rushdie et un intervieweur. Rushdie a subi une apparente blessure au cou après avoir été poignardé et a été transporté à l'hôpital par hélicoptère. Son état n'est pas encore connu, a indiqué la police de l'Etat de New York dans un communiqué, en précisant que l'agresseur avait été immédiatement arrêté et placé en détention.

M. Rushdie, 75 ans, s'apprêtait à donner une conférence dans un amphithéâtre de Chautauqua, dans le nord-ouest de l'Etat de New York, tout près du lac Erié qui sépare les Etats-Unis du Canada.

La personne qui devait donner la parole à l'écrivain a été également été "blessée légèrement à la tête", selon la police.

La Chautauqua Institution, un centre culturel, a précisé dans un communiqué qu'elle se "coordonnait avec les forces de l'ordre et les secours pour répondre au public après l'attaque d'aujourd'hui contre Salman Rushdie".

Des témoins dans l'amphithéâtre, dont des journalistes, ont indiqué sur Twitter que la salle avait été "évacuée".

Des images vidéo diffusées sur les réseaux sociaux montrent des spectateurs de l'amphitéâtre se précipiter sur l'estrade pour porter secours à quelqu'un qu'on aperçoit au sol, entouré de plusieurs personnes.


Joueur UEFA de l'année: Benzema, Courtois et De Bruyne nommés

Karim Benzema fait figure de grand favori. (Photo, AFP)
Karim Benzema fait figure de grand favori. (Photo, AFP)
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  • Cette distinction, qui récompense le meilleur joueur évoluant sur le continent quelle que soit sa nationalité, sera décernée le 25 août lors du tirage au sort de la phase de groupes de la Ligue des champions
  • Artisan principal du 14e sacre du Real en C1 et meilleur buteur de la compétition (15), Benzema fait figure de grand favori

PARIS : Les deux joueurs du Real Madrid Karim Benzema et Thibaut Courtois ainsi que Kevin De Bruyne (Manchester City) ont été nommés pour le prix du meilleur joueur UEFA de l'année, a annoncé vendredi l'instance européenne.

Cette distinction, qui récompense le meilleur joueur évoluant sur le continent quelle que soit sa nationalité, sera décernée le 25 août lors du tirage au sort de la phase de groupes de la Ligue des champions.

Artisan principal du 14e sacre du Real en C1 et meilleur buteur de la compétition (15), Benzema fait figure de grand favori pour succéder au palmarès à l'Italien Jorginho. En 2021/2022, le Français a inscrit 44 buts en 46 matches avec le club madrilène, remportant également le Championnat d'Espagne.

En doublant la mise face à Francfort (2-0) mercredi en Supercoupe d'Europe, Benzema (34 ans) est aussi devenu le 2e meilleur artificier de l'histoire du Real avec 324 réalisations, devant la légende madrilène Raul.

A ces exploits en club, Benzema a aussi ajouté la saison dernière un trophée en équipe nationale, la Ligue des nations, son unique titre avec l'équipe de France.

Son coéquipier belge Courtois a lui aussi été décisif lors du parcours du Real en C1 alors que son compatriote Kevin De Bruyne a raflé un 2e titre consécutif de champion d'Angleterre avec Manchester City mais a échoué en demi-finales de la Ligue des champions.

Chez les entraîneurs, ce sont Carlo Ancelotti (Real Madrid), Jurgen Klopp (Liverpool) et Pep Guardiola (Manchester City) qui vont tenter de succéder à l'Allemand Thomas Tuchel.


Nostalgie multiethnique: un musulman de Bosnie construit une église catholique

Cette photographie prise le 29 juillet 2022 montre une église catholique nouvellement construite à Bugojno. (Photo, AFP)
Cette photographie prise le 29 juillet 2022 montre une église catholique nouvellement construite à Bugojno. (Photo, AFP)
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  • Voici huit ans, en faisant construire un lac artificiel sur sa propriété, Husejn Smajic a découvert les fondations d'une église catholique médiévale
  • Il a cédé à l'Eglise catholique une partie du terrain hérité de ses parents, et lancé les travaux pour édifier une nouvelle église près des vestiges de celle qui fut probablement détruite lors de l'invasion ottomane du XVe siècle

BUGOJNO : A la sortie de l'église tout juste consacrée par une messe, les fidèles remercient chaleureusement un homme de bonne stature en chemise blanche. Husejn Smajic n'a pas assisté aux célébrations religieuses, mais l'édifice catholique n'existerait pas sans ce musulman qui pense qu'une Bosnie fraternelle est toujours possible.

Depuis la guerre intercommunautaire qui fit 100 000 morts dans les années 1990, la Bosnie est divisée selon des lignes de fractures ethniques, avec une entité serbe et une fédération croato-musulmane où les deux communautés cohabitent péniblement.

Bugojno n'est pas épargnée. La plupart des Croates catholiques, avant-guerre 34% des 47 000 habitants de cette localité de Bosnie centrale, furent expulsés en 1993 par les forces musulmanes bosniaques et moins d'un tiers sont revenus. Des crimes ont été commis des deux côtés.

Husejn Smajic, 68 ans, ne veut pas de cette Bosnie là.

Voici huit ans, en faisant construire un lac artificiel sur sa propriété, l'homme d'affaires retraité a découvert les fondations d'une église catholique médiévale. Le cardinal Vinko Puljic, alors chef de l'Eglise catholique de Bosnie, avait inspecté le site où furent retrouvés 12 squelettes ainsi que les lambeaux d'un habit doré, peut-être selon les archéologues celui de la reine Jelena Gruba, seule femme à avoir dirigé le royaume bosnien médiéval vers la fin du XIVe siècle.

Husejn Smajic décida alors de concrétiser sa vision de la Bosnie multiethnique.

Il a cédé à l'Eglise catholique une partie du terrain hérité de ses parents, et lancé les travaux pour édifier une nouvelle église près des vestiges de celle qui fut probablement détruite lors de l'invasion ottomane du XVe siècle.

Mariages mixtes

Propriétaire d'une scierie et de deux petites centrales hydroélectriques, il est relativement aisé et a financé en grande partie les opérations. Il a aussi fait appel à ses partenaires et bénéficié de dons d'argent et de matériel de Croates mais aussi de musulmans et de Serbes.

"J'ai fait ça pour que les gens voient qu'on peut vivre bien tous ensemble. Il ne peut pas y avoir ici de beauté sans mélange des communautés, c'est notre richesse", explique-t-il à l'AFP.

Il est marié à une catholique, Vesna, et sait de quoi il parle. "J'ai réussi depuis 45 ans déjà à vivre avec mon ennemie", ironise-il. Leurs trois enfants gèrent désormais les entreprises familiales.

"Sa famille, un mariage mixte, lui musulman et sa femme catholique, ses filles mariées à des catholiques, c'est la particularité de ce pays dans lequel nous vivons avec nos différences et où nous pouvons vivre ensemble si nous nous respectons les uns les autres", dit à l'AFP Mgr Puljic dans un sourire approbateur, après avoir consacré la nouvelle église.

Dans les années 1970, les mariages mixtes étaient fréquents dans le petit pays des Balkans de 3,5 millions d'habitants, des Bosniaques musulmans, Croates catholiques et Serbes orthodoxes. La guerre a largement déchiré les trois communautés, y compris les familles, et les coins multiethniques sont rares. Souvent, même dans des localités multiethniques, les enfants ne fréquentent pas les mêmes écoles.

En sortant de l'église, les larmes aux yeux mais "heureuse et fière", Zeljka Sistov Franjic, Croate de 61 ans qui vit aujourd'hui en Croatie, pense que le geste de Smajic est d'une "grande importance pour la cohabitation à Bugojno et en Bosnie".

Son père de 78 ans vit seul à Bugojno et des voisins musulmans s'en occupent. "C'est ça la vie ici", raconte-t-elle.

«Nous ferions une Suisse»

"Si nous étions tous comme lui, si nous avions tous cet amour pour l'autre, je pense que ce pays serait tellement heureux et que plus personne n'irait en Allemagne, en Autriche, en Suisse. Nous ferions une Suisse ici", dit Mihovil Klisanin, la soixantaine, parmi les centaines de fidèles qui ont assisté à la messe dans l'église et à l'extérieur.

Chaque année, plusieurs dizaines de milliers de Bosniens fuient leur pays, l'un des plus pauvres d'Europe, pour des raisons économiques et à cause de l'absence de perspectives dans un système où des élites politiques accrochées au pouvoir n'ont pas intérêt au changement.

"Les gens comme Husejn sont rares en Bosnie, surtout après ces conflits tragiques. Il a un coeur grand comme une montagne", dit Frano Glavas, 58 ans, Croate originaire de Bugojno et qui vit lui aussi en Croatie.

L'intéressé invoque plutôt l'amour pour la Bosnie.

"Si on aime ce pays et si on aime ce peuple, je dis bien tout son peuple, il faut travailler contre les hommes politiques et vous êtes alors certainement sur la bonne voie. Ce qu'ils font ne mène nulle part", dit Husejn Smajic.

En attendant, la cérémonie se conclut autour de vastes tablées de cevapis, saucisses prisées dans tous les Balkans.