Khartoum rappelle son ambassadeur en Ethiopie après des «exécutions» de soldats

Ce conflit frontalier alimente les tensions entre les deux pays, Khartoum et Addis Abeba s'opposent en outre depuis plus de dix ans sur la question du Grand barrage de la Renaissance (Gerd) construit par l'Ethiopie sur le Nil. (AFP)
Ce conflit frontalier alimente les tensions entre les deux pays, Khartoum et Addis Abeba s'opposent en outre depuis plus de dix ans sur la question du Grand barrage de la Renaissance (Gerd) construit par l'Ethiopie sur le Nil. (AFP)
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Publié le Lundi 27 juin 2022

Khartoum rappelle son ambassadeur en Ethiopie après des «exécutions» de soldats

  • «Dans un acte qui contrevient à toutes les conventions de la guerre et au droit international, l'armée éthiopienne a exécuté sept soldats soudanais et un citoyen», avait accusé l'armée soudanaise
  • Le Soudan a en outre indiqué qu'il déposerait plainte auprès du Conseil de sécurité de l'ONU et des organisations régionales

KHARTOUM: Le Soudan a rappelé lundi son ambassadeur à Addis Abeba, accusant l'armée éthiopienne d'avoir "exécuté" sept de ses soldats et un civil faits prisonniers, ce que l'Ethiopie, en conflit pour la terre et l'eau avec Khartoum depuis des années, a démenti.

Le Soudan a aussi convoqué lundi l'ambassadeur éthiopien pour protester contre "un acte qui contrevient à toutes les conventions de la guerre et au droit international", selon l'armée soudanaise, qui a prévenu que "cet acte perfide ne passerait pas".

L'armée soudanaise assure que "l'armée éthiopienne a exécuté sept soldats soudanais et un citoyen" faits prisonniers "le 22 juin en territoire soudanais puis emmenés en Ethiopie", selon le ministère soudanais des Affaires étrangères.

Le ministère ajoute qu'il va "rappeler immédiatement son ambassadeur en Ethiopie et convoquer (lundi) l'ambassadeur éthiopien à Khartoum pour lui signifier la condamnation soudanaise de cet acte inhumain".

Le Soudan a en outre annoncé déposer plainte auprès du Conseil de sécurité de l'ONU et des organisations régionales.

Lundi, le chef de l'armée --également homme fort du Soudan depuis son putsch d'octobre 2021-- le général Abdel Fattah al-Burhane, s'est rendu à Al-Fashaga, des terres fertiles dans l'Etat de Gedaref (est), objet d'un conflit frontalier entre le Soudan et l'Ethiopie.

Là où, selon un responsable militaire soudanais, les soldats avaient été capturés, il a pressé ses soldats "d'empêcher tout nouveau mouvement ou violation du droit du sol soudanais ou de ses ressortissants".

«Déformation des faits»

L'Ethiopie, elle, a dénoncé "une déformation des faits" et affirmé que ces violences avaient été "concoctées à dessein" pour saper les relations entre les deux voisins qui, malgré de nombreux cycles de négociations, ne sont jamais encore parvenus à trouver un accord sur le tracé de leur frontière.

Le ministère éthiopien des Affaires étrangères a estimé que les Soudanais tués l'avaient été au cours d'une "escarmouche entre l'armée soudanaise et une milice locale" et ce, "sur le sol éthiopien".

Il a encore dénoncé "l'incursion d'une unité de l'armée régulière soudanaise soutenue par des éléments terroristes du TPLF", les rebelles du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF) en guerre avec le gouvernement éthiopien depuis 2020.

Et il a surtout demandé à Khartoum "de se garder de toute escalade", alors que régulièrement l'armée soudanaise, engluée dans le marasme politique et économique depuis le putsch, annonce avoir perdu des hommes à sa frontière avec l'Ethiopie.

Des accrochages, parfois mortels, se produisent régulièrement dans cette zone. Ils se sont intensifiés en 2020 avec la guerre entre le gouvernement fédéral éthiopien et les autorités régionales du Tigré, région voisine du Soudan, qui a poussé des dizaines de milliers d'Ethiopiens à se réfugier dans l'est du Soudan.

Bien que des cultivateurs éthiopiens se soient installés dans la zone d'El-Fashaga depuis des décennies, les troupes soudanaises ne s'y sont déployées qu'après le déclenchement du conflit au Tigré.

Ce conflit frontalier alimente les tensions entre les deux pays, Khartoum et Addis Abeba s'opposent en outre depuis plus de dix ans sur la question du Grand barrage de la Renaissance (Gerd) construit par l'Ethiopie sur le Nil.


Liban: 13 morts dans des frappes israéliennes sur le sud

Le ministère de la Santé libanais a indiqué que 13 personnes ont été tuées vendredi lors de frappes israéliennes dans le sud, notamment dans une ville où l’armée israélienne avait émis un ordre d’évacuation malgré un cessez-le-feu. (REUTERS)
Le ministère de la Santé libanais a indiqué que 13 personnes ont été tuées vendredi lors de frappes israéliennes dans le sud, notamment dans une ville où l’armée israélienne avait émis un ordre d’évacuation malgré un cessez-le-feu. (REUTERS)
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  • Des frappes israéliennes dans le sud du Liban ont fait au moins 13 morts vendredi, dont des civils (femmes et enfants), malgré un cessez-le-feu en vigueur
  • Depuis la reprise des hostilités le 2 mars entre Israël et le Hezbollah, plus de 2 600 personnes ont été tuées, dont des secouristes, suscitant de vives critiques humanitaires

BEYROUTH: Des frappes israéliennes sur le sud du Liban ont fait au moins 13 morts vendredi, a rapporté le ministère libanais de la Santé dans un nouveau bilan.

Selon un communiqué du ministère, huit personnes, parmi lesquelles un enfant et deux femmes, ont été tuées et 21 autres blessées, dont deux enfants et une femme, dans des frappes sur le village d'Habboush, que l'armée israélienne avait appelé à évacuer malgré un cessez-le-feu.

L'agence de presse officielle libanaise (ANI) a rapporté "une série de frappes intenses (...) un peu moins d'une heure après l'avertissement" israélien.

A Habboush, un photographe de l'AFP a vu des volutes de fumée s'élever à la suite des bombardements.

Une autre frappe sur le village de Zrariyé, dans la région de Saïda, a par ailleurs fait quatre morts, dont deux femmes, et quatre blessés dont un enfant et une femme, a précisé le ministère dans la soirée.

Selon la même source, une femme a été tuée et sept personnes ont été blessées dans le district de la ville côtière de Tyr.

L'ANI avait auparavant fait état d'autres frappes et de tirs d'artillerie sur d'autres localités du Sud en dépit du cessez-le-feu entre le Hezbollah pro-iranien et Israël en vigueur depuis le 17 avril.

- Secouristes tués -

Jeudi, 17 personnes avaient été tuées dans des frappes sur le Sud, où l'armée israélienne a établi une zone de 10 km de profondeur à partir de la frontière, interdite d'accès à la presse et à la population, et effectue des opérations de démolition.

Des destructions ont ainsi été rapportées à Shamaa mais également à Yaroun, où un monastère, une école privée, des maisons, des commerces et des routes ont été démolies, selon l'agence ANI.

Israël affirme vouloir protéger sa région nord du Hezbollah, qui continue de revendiquer des attaques contre des positions israéliennes au Liban et, plus rarement, contre le territoire israélien.

L'armée israélienne a indiqué dans la nuit de vendredi à samedi avoir intercepté quatre "cibles aériennes" qui se dirigeaient vers le nord d'Israël, sans préciser leur provenance.

En vertu de l'accord de cessez-le-feu, Israël se réserve "le droit de prendre, à tout moment, toutes les mesures nécessaires en légitime défense contre des attaques planifiées, imminentes ou en cours", une clause que le Hezbollah conteste.

Selon le ministère libanais de la Santé, plus de 2.600 personnes ont été tuées depuis la reprise des hostilités entre le Hezbollah et Israël, le 2 mars, sur fond de guerre au Moyen-Orient.

D'après cette source, 103 secouristes font partie des morts.

"Qu'une personne qui tente de sauver des vies, d'apaiser la souffrance humaine, puisse être ciblée (...) c'est une chose que je trouve absolument inacceptable", a affirmé à des journalistes près de Beyrouth le secrétaire général adjoint de la Fédération Internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FIRC), Xavier Castellanos.


Les Emirats interdisent à leurs ressortissants de se rendre en Iran, au Liban et en Irak

Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
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  • Les Émirats arabes unis interdisent à leurs citoyens de voyager en Iran, au Liban et en Irak en raison des tensions régionales
  • Les autorités demandent aux Émiratis présents dans ces pays de rentrer immédiatement, après des attaques de missiles iraniennes visant des infrastructures aux EAU

DUBAI: Les Emirats arabes unis ont interdit jeudi à leurs ressortissants  de se rendre en Iran, au Liban et en Irak, en invoquant l'évolution de la situation dans la région.

"A la lumière des développements régionaux actuels", le ministère des Affaires étrangères du pays a émis "une interdiction de voyager pour les ressortissants émiratis se rendant en République islamique d'Iran, en République libanaise et en République d'Irak", a rapporté l'agence de presse officielle WAM, indiquant qu'il appelait "tous les ressortissants émiratis actuellement dans ces pays à accélérer leur retour immédiat".

L'Iran a pris pour cible les Emirats, par des tirs de missiles visant des infrastructures civiles et énergétiques, lors du conflit déclenché le 28 février par l'attaque israélo-américaine contre Téhéran, avant l'annonce d'un fragile cessez-le-feu.


Liban: le président condamne les «violations persistantes» du cessez-le-feu par Israël

Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
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  • "Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte"
  • "Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes"

BEYROUTH: Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international.

"Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte", a-t-il déclaré, selon un communiqué de la présidence. De nouvelles frappes israéliennes meurtrières ont visé jeudi des localités dans le sud, selon un média officiel.

"Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes", a ajouté Joseph Aoun, alors que la trêve est entrée en vigueur le 17 avril.