Nouvelles discussions dans le but de sauver l’accord sur le nucléaire iranien

Le négociateur nucléaire en chef de l’Iran, Ali Bagheri Kani, (à droite) rencontre le coordinateur des négociations nucléaires de l’Union européenne, Enrique Mora, (à gauche) à Doha, la capitale du Qatar (Photo, AFP/IRNA/Akbar Tavakoli).
Le négociateur nucléaire en chef de l’Iran, Ali Bagheri Kani, (à droite) rencontre le coordinateur des négociations nucléaires de l’Union européenne, Enrique Mora, (à gauche) à Doha, la capitale du Qatar (Photo, AFP/IRNA/Akbar Tavakoli).
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Publié le Mercredi 29 juin 2022

Nouvelles discussions dans le but de sauver l’accord sur le nucléaire iranien

  • Les discussions de Doha interviennent deux semaines avant la première visite du président américain, Joe Biden, dans la région
  • Le porte-parole de l’UE pour les affaires étrangères, Peter Stano, a déclaré que les discussions de Doha marquaient le début du processus visant à «débloquer» les longs pourparlers de Vienne

DJEDDAH: L’Iran et les États-Unis ont repris mardi les pourparlers indirects visant à sauver l’accord nucléaire conclu entre Téhéran et les puissances mondiales.

Le principal négociateur nucléaire de Téhéran, Ali Bagheri Kani, a rencontré le responsable européen, Enrique Mora, à Doha. Le porte-parole de l’UE a commencé à transmettre des messages à Rob Malley, le représentant spécial des États-Unis pour l’Iran.

Le ministère qatari des Affaires étrangères a indiqué que les discussions avaient pour but de rétablir l’accord «d’une manière qui soutienne et renforce la sécurité, la stabilité et la paix dans la région et ouvre de nouveaux horizons pour une coopération et un dialogue régionaux plus larges» avec l’Iran.

L’Iran et les puissances mondiales ont convenu du plan d’action global conjoint, en vertu duquel Téhéran a limité son enrichissement d’uranium en échange de la levée des sanctions économiques. En 2018, le président Donald Trump a retiré les États-Unis de l’accord et a commencé à réimposer les sanctions. Cette décision a fait monter les tensions dans le Moyen-Orient élargi et a déclenché une série d’attaques et d’incidents.

Les pourparlers de Vienne sur la relance de l’accord sont au point mort depuis mars. Depuis l’échec de l’accord, l’Iran utilise des centrifugeuses perfectionnées et accroît rapidement son stock d’uranium enrichi.

Alors que les négociations débutaient mardi à Doha, le chef du nucléaire iranien, Mohammed Eslami, a confirmé que Téhéran avait commencé à installer une nouvelle cascade de centrifugeuses avancées dans sa centrale nucléaire souterraine de Fordo.

L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), l’organisme de surveillance nucléaire des Nations unies, a déclaré précédemment que l’Iran prévoyait d’enrichir de l’uranium au moyen d’une nouvelle chaîne de 166 centrifugeuses IR-6 avancées sur le site. Une cascade est un groupe de centrifugeuses travaillant ensemble pour enrichir l’uranium plus rapidement.

«Nous prendrons des mesures en fonction des plans établis», a annoncé Eslami.

L’Iran a retiré 27 caméras de surveillance de l’AIEA ce mois-ci afin de faire pression sur l’Occident pour qu’il conclue un accord. Le directeur général de l’AIEA a averti que cela pourrait porter un «coup fatal» à l’accord, alors que Téhéran enrichit de l’uranium plus près que jamais de la qualité militaire.

Les experts en non-prolifération préviennent que l’Iran a enrichi suffisamment d’uranium pour atteindre une pureté de 60% – une courte étape technique par rapport aux niveaux de 90% de qualité militaire – pour fabriquer une arme nucléaire, s’il décidait de le faire.

La fabrication d’une bombe nucléaire prendrait encore plus de temps à l’Iran s’il décidait de se doter d’une arme, affirment les analystes, qui préviennent toutefois que les avancées de Téhéran rendent le programme plus dangereux. Israël a menacé par le passé d’effectuer une frappe préventive pour arrêter l’Iran. Certains estiment que l’Etat hébreux a déjà mené une série d’attaques de sabotage et d’assassinats ciblant des responsables iraniens.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Trump et Netanyahu sur le Liban, un « petit différend »

Donald Trump a vanté mercredi, depuis le sommet du G7 en France, son "formidable partenariat" avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, un changement de ton après ses critiques acerbes de la veille. (AFP)
Donald Trump a vanté mercredi, depuis le sommet du G7 en France, son "formidable partenariat" avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, un changement de ton après ses critiques acerbes de la veille. (AFP)
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  • "Pour être tout à fait juste envers Bibi (surnom du Premier ministre israélien) Netanyahu, qui se trouve être un homme bien, il s'emporte un peu parfois", a-t-il déclaré
  • "Nous avons un partenariat formidable", a-t-il ajouté, qualifiant leur désaccord sur le Liban de "petit différend"

EVIAN: Donald Trump a vanté mercredi, depuis le sommet du G7 en France, son "formidable partenariat" avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, un changement de ton après ses critiques acerbes de la veille.

"Pour être tout à fait juste envers Bibi (surnom du Premier ministre israélien) Netanyahu, qui se trouve être un homme bien, il s'emporte un peu parfois", a-t-il déclaré.

"Nous avons un partenariat formidable", a-t-il ajouté, qualifiant leur désaccord sur le Liban de "petit différend".

Le président américain a indiqué que le protocole d'accord avec l'Iran pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient serait signé "bientôt", "peut-être" jeudi ou vendredi.

La signature a été annoncée pour vendredi à Genève.

Interrogé sur son intention de rester en Europe pour la signature, il a répondu qu'il "pourrait" rester, tout en ajoutant: "Ce n'est pas le genre de document que je devrais signer".

Sur "la partie libanaise, c'est une chose sur laquelle il va falloir qu'on travaille un peu", a reconnu Donald Trump, alors que les Iraniens exigent qu'Israël cesse ses frappes contre le groupe armé pro-iranien Hezbollah au Liban.

"C'est en fait une toute petite pièce du puzzle, mais elle fait quand même beaucoup de bruit", a également commenté Donald Trump, estimant que "le vrai sujet, c'est l'accord avec l'Iran".

Car "c'est là qu'est l'argent, là que se trouvait le pouvoir", a-t-il ajouté.

Il a en outre répété que les Etats-Unis "prendront" l'uranium hautement enrichi de l'Iran même s'il est "sans valeur".

Le président américain a par ailleurs promis une discussion "parallèle" avec les pays du Golfe portant sur les missiles balistiques.

Ces pays ont été la cible des frappes de Téhéran durant la guerre américano-israélienne contre la République islamique iranienne.

Donald Trump était depuis lundi à Evian, station thermale des Alpes, pour le sommet des chefs d'Etat et de gouvernement de sept des plus grandes puissances industrialisées (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni).

Il prolonge son séjour en France avec un dîner au château de Versailles avec Emmanuel Macron.


Liban: plusieurs frappes israéliennes dans le sud malgré l'accord Washington-Téhéran

Israël a frappé le sud du Liban à plusieurs reprises mercredi matin malgré l'accord conclu entre Téhéran et Washighton, a rapporté l'agence nationale d'information libanaise (Ani, officielle). (AFP)
Israël a frappé le sud du Liban à plusieurs reprises mercredi matin malgré l'accord conclu entre Téhéran et Washighton, a rapporté l'agence nationale d'information libanaise (Ani, officielle). (AFP)
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  • Lundi soir, l'armée iranienne a menacé d'une "réponse sévère" si les attaques israéliennes se poursuivaient
  • Les frappes israéliennes ont diminué depuis l'annonce de l'accord mais elles ont tout de même continué, tuant cinq personnes depuis, selon l'Ani

BEYROUTH: Israël a frappé le sud du Liban à plusieurs reprises mercredi matin malgré l'accord conclu entre Téhéran et Washighton, a rapporté l'agence nationale d'information libanaise (Ani, officielle).

Ces frappes ont notamment touché la région de Nabatiyé et de Kfartebnit, selon la même source.

L'Iran a répété plusieurs fois depuis l'annonce d'un accord avec les Etats-Unis lundi qu'il devait inclure une cessation des hostilités au Liban, où Israël dit viser le Hezbollah allié de Téhéran.

Lundi soir, l'armée iranienne a menacé d'une "réponse sévère" si les attaques israéliennes se poursuivaient.

Les frappes israéliennes ont diminué depuis l'annonce de l'accord mais elles ont tout de même continué, tuant cinq personnes depuis, selon l'Ani.

Et si certains habitants du sud ont commencé à rentrer chez eux, l'armée libanaise a conseillé d'attendre à cause des "risques de violations" de l'accord de la part d'Israël.

Mardi, l'armée israélienne avait mené plusieurs frappes, tuant quatre personnes, et affirmé que ses soldats dans le sud du Liban avaient été ciblés par des roquettes.

Le Hezbollah ne s'est pas exprimé publiquement depuis. Son chef, Naïm Qassem, qui a exprimé sa "profondre gratitude" à l'Iran pour avoir poussé pour inclure le Liban dans l'accord, doit s'exprimer à la télévision mercredi.

Le protocole visant à mettre fin à la guerre qui a fait des milliers de morts au Moyen-Orient, principalement en Iran et au Liban, doit être formellement signé en Suisse vendredi.


Mettre fin à la guerre au Liban est la «question la plus importante» de l'accord avec Washington, selon l'Iran

Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, dans le cadre du protocole d'accord conclu avec Washington. (AFP)
Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, dans le cadre du protocole d'accord conclu avec Washington. (AFP)
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  • Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien
  • "Il s'agit sans doute de la question la plus importante du protocole: l'annonce de l'arrêt immédiat et permanent de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban"

TEHERAN: Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, dans le cadre du protocole d'accord conclu avec Washington.

"Il s'agit sans doute de la question la plus importante du protocole: l'annonce de l'arrêt immédiat et permanent de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban", a déclaré le ministre lors d'une réunion avec des diplomates étrangers diffusée à la télévision d'Etat.