Devant la justice, la «très grave erreur» de la fermeture de la mosquée de Pantin

La grande mosquée de Patin. (AFP)
La grande mosquée de Patin. (AFP)
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Publié le Mardi 27 octobre 2020

Devant la justice, la «très grave erreur» de la fermeture de la mosquée de Pantin

  • «Je suis accablé, on est dans un engrenage», lâche M'hammed Henniche, les traits tirés derrière son masque, devant les juges du tribunal administratif de Montreuil (Seine-Saint-Denis) où s'est tenue l'audience
  • «On ne pensait jamais arriver, le 9 octobre, à ce qui s'est passé le 16 octobre», à ce «crime ignoble», confie le responsable associatif

PARIS : « Un pot-pourri d'affirmations dénaturées » ou un acte « mûrement réfléchi » en réaction à « un dysfonctionnement » ? La fermeture pour six mois de la mosquée de Pantin par le gouvernement après l'assassinat de Samuel Paty a fait l'objet lundi d'un âpre débat devant la justice.

« Je suis accablé, on est dans un engrenage », lâche M'hammed Henniche, les traits tirés derrière son masque, devant les juges du tribunal administratif de Montreuil (Seine-Saint-Denis) où s'est tenue l'audience.

Le responsable de la mosquée de Pantin, également président de la Fédération musulmane de cette ville, a défendu sa probité et celle de son lieu de culte, fermé depuis le 21 octobre par un arrêté préfectoral pris sur les consignes de Gérald Darmanin.

« On ne pensait jamais arriver, le 9 octobre, à ce qui s'est passé le 16 octobre », à ce « crime ignoble », confie le responsable associatif.

Les autorités lui reprochent d'avoir partagé sur la page Facebook de la mosquée, ce fameux 9 octobre, une vidéo montrant le père d'une élève d'un collège de Conflans-Sainte-Honorine indigné à la suite d'un cours sur la liberté d'expression dispensé par Samuel Paty.

Le 16 octobre, le professeur d'histoire-géographie a été décapité par un réfugié d'origine russe tchétchène âgé de 18 ans qui lui reprochait d'avoir montré des caricatures de Mahomet à ses élèves. Violence inouïe, émoi considérable: la France a rendu un hommage national mercredi dernier à cet enseignant de 47 ans.

La mosquée est accusée d'avoir « procédé à la diffusion de propos provoquant à la haine et à la violence et susceptibles de contribuer à la commission d'actes de terrorismes », selon l'arrêté préfectoral.

Mais la « faute morale » de M. Henniche doit être associée à la « prise en compte du contexte » et la « prise en compte du retrait » de la vidéo incriminée, le jour-même du drame, a plaidé Me Vincent Brengarth, un des avocats de la Fédération musulmane de Pantin.

« La dramatisation de ce post n'est-elle pas une dramatisation +ex-post+, avec les yeux embués de la France à l'issue de l'assassinat de Samuel Paty ? », tonne Me William Bourdon, autre conseil de cette association.

« Garanties »

Me Bourdon et Brengarth défendent par ailleurs l'ONG humanitaire BarakaCity, sous le coup d'une mesure de dissolution décidée par le gouvernement qui l'accuse de faire le jeu de l'islamisme radical.

La fermeture de la mosquée est « une très grave erreur », qui risque de « marginaliser des milliers et des milliers de fidèles, attachés à l'islam républicain », plaide Me Bourdon.

L'arrêté préfectoral ? « Un pot-pourri d'affirmations dénaturées, inexactes », lance-t-il, étrillant « des hauts-fonctionnaires » qui accusent sans preuve.

À quelques mètres se tient le préfet de Seine-Saint-Denis, venu exceptionnellement en personne défendre sa décision.

« Si j'ai souhaité la fermer », c'est à cause de « la combinaison de la réputation du recteur, qui aurait pu modérer […] ce post terrible vu par des milliers de personnes, c'est aussi parce que nous considérons que des propos incitant à la violence pouvaient être tenus », justifie Georges-François Leclerc.

« Ça a été mûrement réfléchi », assure-t-il, précisant aussi que M. Henniche « ne faisait pas partie » des autorités religieuses avec lequel il s'entretient depuis qu'il a pris ses fonctions en 2019.

Parmi les autres griefs reprochés à cette mosquée qui accueille environ 1.300 fidèles: la présence d'Ibrahim Doucouré, un imam accusé par les autorités d'être « impliqué dans la mouvance islamiste ».

« Si on les scanne toutes on va trouver des conteneurs d'impuretés qui vont justifier qu'on ferme toutes les mosquées de France demain, comme ça, tac ! », s'emporte Me Bourdon, qui fustige l'absence d'éléments prouvant que le lieu serait infiltré par des salafistes.

M. Doucouré a annoncé dimanche se « mettre en retrait » de ses activités.

« La fermeture d'une mosquée n'est pas un acte anodin. Je suis disposé à revoir cela à l'aune des garanties qui me seront données », a réagi M. Leclerc, ouvrant la porte à réduction de la durée de fermeture.

Mais il faudra pour cela réviser tout la « ligne éditoriale » de la mosquée, car les faits reprochés résultent « d'un dysfonctionnement plus profond », a défendu l'avocate représentant les intérêts de l'Etat.

La décision du tribunal sera rendue mardi matin.


Liban: Macron condamne une "attaque inacceptable" contre une position de l'ONU

Le président français Emmanuel Macron photographié au palais de l’Élysée à Paris le 3 mars 2026. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron photographié au palais de l’Élysée à Paris le 3 mars 2026. (AFP)
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  • Le président français Emmanuel Macron condamne une attaque contre une position de la Finul au sud du Liban et réaffirme le rôle stabilisateur de la force onusienne
  • Il exprime le soutien de la France à la souveraineté et à la sécurité de la Syrie, du Liban et de l’Irak, tout en appelant à éviter que le conflit régional ne s’étende

PARIS: Le président français Emmanuel Macron a condamné vendredi une "attaque inacceptable" contre une position de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) dans le sud du pays, après s'être entretenu avec ses homologues libanais Joseph Aoun et syrien Ahmad Al-Chareh.

"La France œuvre avec ses partenaires à éviter que le conflit ne se propage davantage dans la région", a affirmé sur le réseau social X le chef de l'Etat, soulignant le "rôle clé de stabilisation au sud du Liban" joué par la Finul.

Emmanuel Macron a assuré que son pays resterait "engagé" dans cette force qui compte quelque 700 Français et assuré que "la souveraineté et l'intégrité territoriale de la Syrie et du Liban, comme de chaque pays dans la région, devait être respectée".

Une position de la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (Finul) a été ciblée vendredi dans le sud du pays, faisant des blessés parmi les Casques bleus ghanéens, selon l'Agence nationale d'information (Ani) libanaise, alors que la guerre déclenchée le week-end dernier par les Etats-Unis et Israël contre l'Iran s'est étendue au Liban.

Israël a répliqué à des tirs du Hezbollah pro-iranien par des bombardements au Liban, notamment dans son fief de la partie sud de Beyrouth.

Le chef de l'Etat français a discuté auparavant avec le Premier ministre irakien Mohamed Chia al-Soudani, à qui il a exprimé la "pleine solidarité" de la France, après l'attaque par des drones de l'aéroport de Bassora et de deux installations pétrolières dans le sud de l'Irak.

"J'ai renouvelé mon appui à son action résolue pour que l'Irak ne soit pas entraîné dans le conflit", a-t-il ajouté, estimant que la stabilité de ce pays "est essentielle pour toute la région".

"La France soutient le plein respect de la souveraineté, de la sécurité, et de l’intégrité territoriale de l’Irak", a-t-il également assuré.

Le gouvernement irakien et le gouvernement de la région autonome du Kurdistan ont affirmé que l'Irak ne devait pas servir de base pour lancer des attaques contre des pays voisins, alors que des informations font état de la possibilité que des combattants kurdes traversent la frontière avec l'Iran.

L'Iran a menacé, pour sa part, de prendre pour cible "toutes les installations" de la région du Kurdistan en Irak si des combattants kurdes parvenaient à entrer sur le territoire de la République islamique.


Guerre au Moyen-Orient : le porte-avions français Charles de Gaulle est arrivé en Méditerranée

Le porte-avions Charles de Gaulle, envoyé par la France au Moyen-Orient pour protéger ses ressortissants et ses alliés frappés par l'Iran, est entré vendredi en tout début d'après-midi en mer Méditerranée en franchissant le détroit de Gibraltar, a constaté un journaliste de l'AFP. (AFP)
Le porte-avions Charles de Gaulle, envoyé par la France au Moyen-Orient pour protéger ses ressortissants et ses alliés frappés par l'Iran, est entré vendredi en tout début d'après-midi en mer Méditerranée en franchissant le détroit de Gibraltar, a constaté un journaliste de l'AFP. (AFP)
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  • Emmanuel Macron, qui estime que l'offensive américano-israélienne est menée "en dehors du droit international", avait assuré mardi que la France était dans une posture "strictement défensive"
  • Il a annoncé le déploiement d'importants moyens militaires, dont le porte-avions Charles de Gaulle, en Méditerranée orientale car la France doit "prendre des dispositions pour sa sécurité, celle de ses ressortissants et de ses bases"

TARIFA: Le porte-avions Charles de Gaulle, envoyé par la France au Moyen-Orient pour protéger ses ressortissants et ses alliés frappés par l'Iran, est entré vendredi en tout début d'après-midi en mer Méditerranée en franchissant le détroit de Gibraltar, a constaté un journaliste de l'AFP.

Le bâtiment, qui a encore plusieurs jours de trajet devant lui avant d'être sur zone, était déployé dans le nord de l'Europe dans le cadre d'une mission de l'Otan quand le président français Emmanuel Macron a annoncé son envoi au Moyen-Orient.

Emmanuel Macron, qui estime que l'offensive américano-israélienne est menée "en dehors du droit international", avait assuré mardi que la France était dans une posture "strictement défensive".

Il a annoncé le déploiement d'importants moyens militaires, dont le porte-avions Charles de Gaulle, en Méditerranée orientale car la France doit "prendre des dispositions pour sa sécurité, celle de ses ressortissants et de ses bases ainsi que celle de ses alliés dans la région".

La France est notamment liée par des accords de défense avec le Qatar, le Koweït et les Emirats.

 


La France "ne fait pas la guerre" au Moyen-Orient, assure le président Macron

Un écran diffusant l’allocution du président français, le président Emmanuel Macron, sur la guerre en Iran et ses répercussions au Moyen-Orient, depuis le palais de l’Élysée à Paris, le 3 mars 2026. (AFP)
Un écran diffusant l’allocution du président français, le président Emmanuel Macron, sur la guerre en Iran et ses répercussions au Moyen-Orient, depuis le palais de l’Élysée à Paris, le 3 mars 2026. (AFP)
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  • Le président Emmanuel Macron affirme que la France ne participe pas à la guerre au Moyen-Orient et n’a pas l’intention de s’y engager militairement
  • Paris renforce toutefois sa présence militaire pour protéger ses ressortissants, ses alliés et sécuriser les voies maritimes, tout en cherchant à jouer un rôle de médiateur entre Israël, les États-Unis et le Liban

PARIS: "On n'est pas au combat": le président français Emmanuel Macron a assuré jeudi soir sur Instagram que la France ne faisait "pas la guerre" au Moyen-Orient et qu'elle n'allait pas s'y "engager".

"Je comprends très bien et j'entends votre inquiétude mais je voulais être très clair", a-t-il dit en réponse à une internaute qui s'inquiétait des répercussions de l'offensive israélo-américaine en Iran.

"La France ne fait pas partie de cette guerre. Nous on n'est pas au combat et on ne va pas s’engager dans cette guerre", a déclaré le chef de l'Etat.

"La France ne fait pas la guerre dans cette région. Elle protège les Françaises et les Français, les alliés et elle est aux côtés du Liban", a-t-il ajouté.

La France, ex-puissance mandataire au Liban, garde un attachement fort avec ce pays, où elle dispose encore de leviers d'action et ambitionne de continuer à jouer un rôle. Le Liban constitue de fait un de ses derniers relais d'influence historiques dans la région.

Le pays a envoyé des renforts militaires au Proche et Moyen-Orient - dont le porte-avions Charles de Gaulle - pour protéger ses ressortissants, ses alliés touchés en représailles par l'Iran, les aider "à intercepter les drones, les missiles", a expliqué Emmanuel Macron.

"De manière tout à fait pacifique on est en train de se mobiliser pour essayer de sécuriser le trafic maritime", a-t-il poursuivi.

Le président a annoncé mardi qu'il cherchait à bâtir une coalition afin de sécuriser les "voies maritimes essentielles à l'économie mondiale" dans la région.

"On essaiera d'être les plus raisonnables et les plus pacifiques possible parce que c’est le rôle de la France", a-t-il ajouté.

Comme lors de la dernière campagne de frappes israéliennes visant à détruire les capacités du Hezbollah en 2024, Emmanuel Macron tente de nouveau de faire office de médiateur entre Israël, les Etats-Unis et le Liban.

Après des échanges mercredi avec Donald Trump et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, puis de nouveau jeudi avec les principaux acteurs libanais, il a annoncé vouloir "établir un plan en vue de mettre un terme aux opérations militaires" du Hezbollah et Israël.