Pour les Hajjis algériens, «tous les chemins mènent à La Mecque»

Une vue de la Kaaba, à La Mecque. (Photo Shutterstock).
Une vue de la Kaaba, à La Mecque. (Photo Shutterstock).
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Publié le Jeudi 30 juin 2022

Pour les Hajjis algériens, «tous les chemins mènent à La Mecque»

  • Hamdane (78 ans), qui vit à Bab Ezzouar, en périphérie de la capitale, est sous le coup de l'émotion: sa situation financière actuelle l’oblige à renoncer au pèlerinage
  • «Partir accomplir son devoir avec des dettes sans être sûr de pouvoir les rembourser est pour moi un pari risqué auquel je ne veux absolument pas être confronté», confie Slimane

ALGER: Reportée depuis deux ans à cause des mesures de confinement et de la suspension des transports internationaux dues à l'émergence de la pandémie de coronavirus, la saison du Hajj, qui drainait avant l’apparition du virus quelque 2,5 millions de fidèles, sera cette année l'occasion pour les Hajjis algériens d'accomplir les rituels du cinquième pilier de l'islam. Mais, en raison de l’inflation qui a généré une hausse globale des prix, l’organisation du pèlerinage est difficile pour certains.

Au mois de mai dernier, l’Office national du pèlerinage et de l’Omra (Onpo) a annoncé les frais de Hajj 2022 aux Algériens: «Le coût du Hajj pour la saison 1443/2022 a été fixé à 856 100 dinars algériens [soit près de 5 600 euros], billet d’avion inclus», lit-on dans le communiqué de l'Onpo. Ces nouveaux tarifs ne constituent pas une bonne nouvelle pour ceux dont les moyens sont limités et qui attendaient impatiemment la reprise des vols.

L'amertume du renoncement

Hamdane (78 ans), qui vit à Bab Ezzouar, en périphérie de la capitale, est sous le coup de l'émotion: sa situation financière actuelle l’oblige à renoncer au pèlerinage. Cette hausse des tarifs, qui apparaît injustifiée à certains, trouve pourtant une explication du côté des professionnels.

Le représentant de la Société Rabiat Al Salam pour les services de l’Omra, Abdelhakim Saadi, affirme: «Les prestations et les tarifs appliqués en Arabie saoudite liés aux transports, à l'hébergement, à la nourriture et aux soins à destination des fidèles sont abordables et à la portée de tous.» En effet, comme il l’explique, «ce que débourse l'Arabie saoudite en termes d'acquisition de nouvelles technologies pour la gestion des flux et l'amélioration de la performance de ses entreprises dans ce domaine ne repose pas sur la logique du calcul mercantile».

Répondant à une question qui concernait le rapport entre la hausse du montant global du Hajj pour les Algériens et la nature des services offerts, M. Saadi fait savoir que «l'Arabie saoudite œuvre à améliorer constamment la qualité des services pour les Hajjis, dont le nombre est près de trois millions».

Ses propos sont relayés par les explications du responsable du marketing de Golden Seasons, qui indique que, pour héberger les pèlerins qui viennent des quatre coins du monde, «le Royaume déploie d’immenses efforts afin d’assurer la gestion des flux des Hajjis de différentes nationalités, en prenant en compte leurs diversités linguistiques et culturelles». Il se dit confiant: «Les pèlerins restent satisfaits de la qualité des prestations et des services proposés.»

«Les Hajjis sont pris en charge de leurs aéroports de départ jusqu’à leur arrivée sur les Lieux saints, y compris dans les sites où ils sont hébergés», a-t-il précisé.

Par ailleurs, le ministre algérien des Affaires religieuses et des Wakfs, Youcef Belmehdi, s'est exprimé sur les ondes de la radio nationale en évoquant «les accords sur les tarifs conclus avec les opérateurs saoudiens». Il note que ces prix sont devenus des tarifs de référence pour de nombreuses missions arabes et islamiques.

Le ministre a souligné que les «les prix appliqués en Algérie restent abordables, malgré la hausse constatée». Il cite d’ailleurs d’autres pays pour lesquels le prix du Hajj est évalué à quelque 1 200 000 dinars algériens (DA), soit près de 8 000 euros.

Emprunter, une alternative

La chance de voir son nom figurer dans la liste des personnes admises au pèlerinage est généralement synonyme de réjouissance, mais les choses se compliquent pour certaines catégories sociales qui ne bénéficient pas du budget nécessaire, surtout depuis l’annonce de l’augmentation des tarifs.

C'est le cas de Slimane et Khadoudj, un couple qui vit dans la wilaya de Djelfa. Il a été admis sur la liste des pèlerins, mais son rêve ne se réalisera pas forcément, même si les membres de sa famille lui ont proposé une aide financière. Slimane est catégorique: «Partir accomplir son devoir avec des dettes sans être sûr de pouvoir les rembourser est pour moi un pari risqué auquel je ne veux absolument pas être confronté.» Khadoudj, sa femme, accepte quant à elle la main tendue, et affirme n’avoir «aucun problème à s'endetter pour effectuer le voyage et accomplir son devoir». Son fils aîné l’accompagnera.

Cette année, les pèlerins algériens doivent se rendre dans les centres de vaccination anti-Covid munis de leur passeport biométrique et de leur carte d’identité nationale pour récupérer le précieux passe sanitaire qui contient le QR code. Il est donc obligatoire de se faire vacciner.

Le président de la république, Abdelmadjid Tebboune, a ordonné aux responsables du secteur des transports d’appliquer une baisse de 100 000 DA, soit 654 euros, sur les frais de Hajj de 2022.


Rubio poursuit à Bahreïn sa tournée pour rassurer les alliés de Washington dans le Golfe

  • Avant son étape au Koweït, Marco Rubio avait assuré depuis Abou Dhabi le président émirati de l'engagement de Washington en faveur de la sécurité de son pays
  • Il a ensuite rallié Bahreïn pour une réunion jeudi du Conseil de coopération du Golfe (CCG)

MANAMA: Le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio est jeudi à Bahreïn, poursuivant sa tournée destinée à rassurer les pays du Golfe sur la volonté des Etats-Unis de protéger leurs intérêts dans les discussions avec l'Iran.

Mercredi au Koweït, le secrétaire d'Etat américain avait assuré que les Etats-Unis entendaient "discuter avec eux de chaque décision prise concernant" les négociations en cours avec Téhéran.

Les pays du Golfe ont payé un lourd tribut à l'offensive américano-israélienne lancée le 28 février contre l'Iran. Ils accueillent des bases militaires américaines et ont été visés par des missiles et drones iraniens en représailles.

Avant son étape au Koweït, Marco Rubio avait assuré depuis Abou Dhabi le président émirati de l'engagement de Washington en faveur de la sécurité de son pays. Il a ensuite rallié Bahreïn pour une réunion jeudi du Conseil de coopération du Golfe (CCG).

En parallèle, des discussions sur une réconciliation entre les pays du Golfe et l'Iran sont prévues en Arabie saoudite, à une date encore indéterminée, a indiqué à l'AFP un diplomate.

Trump refuse tout péage 

L'Iran et les Etats-Unis ont signé le 17 juin un protocole pour mettre fin aux hostilités, ouvrant la voie à 60 jours de négociations en vue d'un règlement durable.

Une réunion technique avec la délégation iranienne est prévue les 29 ou 30 juin en Suisse, a précisé Marco Rubio.

Mais de nombreuses divergences subsistent, comme le nucléaire ou le détroit d'Ormuz. Et les critiques se multiplient aux Etats-Unis sur les concessions accordées par Donald Trump, soucieux de mettre un terme au plus vite à cette guerre impopulaire.

La Maison Blanche a dû demander aux parlementaires américains une rallonge budgétaire de près de 88 milliards de dollars, notamment pour reconstituer ses stocks de munitions après la guerre.

Le protocole d'accord a "la valeur d'une déclaration de défaite pour l'Amérique", s'est prévalu mercredi le négociateur en chef iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf.

Si le texte prévoit une réouverture du détroit d'Ormuz, après des mois de blocage qui ont fait flamber les cours de l'or noir, l'Iran a dit vouloir imposer des frais de service, assurant que cette voie maritime stratégique ne retrouvera pas son fonctionnement libre d'avant-guerre.

"AUCUN PEAGE, AUCUN FRAIS D'ASSURANCE ET AUCUN AUTRE FRAIS" ne sera accepté par Washington, a tonné Donald Trump sur sa plateforme Truth Social.

Aucun pays autre que l'Iran ne soutient l'imposition de frais pour son passage, a assuré pour sa part Marc Rubio.

Pour l'heure, les cours du baril de pétrole Brent continuent leur décrue. Le Brent de la mer du Nord, référence internationale, est brièvement retombé jeudi sous son niveau d'avant-guerre. Durant le conflit, la flambée des cours du brut avaient provoqué une poussée d'inflation mondiale et des pénuries de carburant dans certains pays.

Sur le volet nucléaire, l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a assuré mercredi que des inspections en Iran auraient bien lieu, sans fixer de date.

Téhéran a toujours nié vouloir se doter de la bombe atomique, mais campe sur son droit à une filière civile complète.

"Comme le phénix" 

Sur le Liban, dont l'Iran a imposé l'inclusion dans le protocole d'accord, Mohammad Bagher Ghalibaf a estimé que la fin de la guerre y était "aussi importante" que la fin des hostilités dans son propre pays.

Or le Hezbollah libanais a accusé mercredi Israël d'une nouvelle "violation" du cessez-le-feu après qu'un drone israélien a fait deux morts dans le sud du pays. Deux autres personnes avaient été tuées par des tirs israéliens la veille.

L'Iran a par ailleurs accusé jeudi l'Otan, de "complicité" dans la guerre déclenchée contre lui par les Etats-Unis et Israël, reprochant notamment à l'Italie et à la Roumanie d'avoir permis à des avions américains d'utiliser leurs bases pendant le conflit.

"Il s'agit là d'un aveu clair et accablant de la complicité active de l'Otan dans une guerre d'agression illégale", a écrit sur X le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï.

 


Les autorités saoudiennes consacrent 4,3 milliards de dollars à des projets urbains à La Mecque

La photo montre le parking de Kudai, récemment aménagé par la Commission royale pour la ville de La Mecque et les lieux saints afin d’améliorer les services de transport destinés aux pèlerins du Hajj et aux habitants de La Mecque. (Archives/SPA)
La photo montre le parking de Kudai, récemment aménagé par la Commission royale pour la ville de La Mecque et les lieux saints afin d’améliorer les services de transport destinés aux pèlerins du Hajj et aux habitants de La Mecque. (Archives/SPA)
  • Les sites concernés sont situés dans les quartiers de Jarham, Al-Khalidiyah, Al-Hajlah, Al-Hindawiyah et Al-Zohour
  • La Mecque compte environ 2,7 millions d’habitants dans la région du Hedjaz

RIYAD : La Commission royale pour la ville de La Mecque et les lieux saints a annoncé le développement de sept sites à La Mecque dans le cadre du programme de développement des quartiers.

Ces sites couvrent plus de 4,4 millions de mètres carrés et représentent un investissement de 16,3 milliards de riyals saoudiens (4,3 milliards de dollars). Ils sont situés dans les quartiers de Jarham, Al-Khalidiyah, Al-Hajlah, Al-Hindawiyah et Al-Zohour, selon l’Agence de presse saoudienne (SPA).

L’annonce a été faite mercredi lors d’une cérémonie de signature des contrats d’attribution des projets, illustrant la confiance de la Commission dans l’avenir du développement urbain de La Mecque.

La Commission a indiqué que plusieurs promoteurs immobiliers et sociétés d’investissement participent à la réalisation de ces projets, notamment Maad International, AlRajhi United, ZOOD, Mohammad Abdulaziz Al-Habib and Sons Holding Co. et Jadwa Investment.

Cette initiative s’inscrit dans les efforts de la Commission visant à améliorer l’environnement urbain de La Mecque, stimuler la croissance économique, renforcer la qualité de vie des habitants et promouvoir un développement durable dans la ville sainte, a ajouté la SPA.

La Mecque, située dans la région du Hedjaz et abritant plusieurs hauts lieux de l’islam, dont la Grande Mosquée, compte environ 2,7 millions d’habitants. Chaque année, près de 1,5 million de musulmans y accomplissent le pèlerinage du Hajj, tandis qu’environ 16 millions de fidèles y effectuent la Omra. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le ministre libanais de la Défense reçoit l'ambassadeur saoudien à Beyrouth

Fahd Al-Dosari (à droite) et le général de division Michel Menassa à Beyrouth. (Photo fournie)
Fahd Al-Dosari (à droite) et le général de division Michel Menassa à Beyrouth. (Photo fournie)
  • L’ambassadeur saoudien au Liban, Fahd Al-Dosari, a été reçu lundi par le ministre libanais de la Défense, le général de division Michel Menassa, dans son bureau à Beyrouth
  • Les parties ont discuté des développements récents et des moyens de renforcer les relations bilatérales

BEYROUTH : L’ambassadeur saoudien au Liban, Fahd Al-Dosari, a été reçu lundi par le ministre libanais de la Défense, le général de division Michel Menassa, dans son bureau à Beyrouth.

Les deux parties ont évoqué les derniers développements et les moyens de renforcer les relations bilatérales, a rapporté l’Agence de presse saoudienne.

Par ailleurs, le prince Saud bin Naif bin Abdulaziz, gouverneur de la Province de l’Est, a reçu lundi à Dammam l’ambassadeur du Kenya auprès du Royaume, Joseph Masila. Ils ont eu des entretiens cordiaux et ont abordé des questions d’intérêt commun.