Banquiers et assureurs misent sur le Tour de France pour se faire aimer

Tout cela a un prix: faire vivre une équipe professionnelle coûte entre 15 et 25 millions chaque année. (Photo, AFP)
Tout cela a un prix: faire vivre une équipe professionnelle coûte entre 15 et 25 millions chaque année. (Photo, AFP)
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Publié le Jeudi 30 juin 2022

Banquiers et assureurs misent sur le Tour de France pour se faire aimer

  • Le Tour de France semble répondre parfaitement à cet objectif de « présence à l'esprit»: plus de 42 millions de personnes l'ont regardé l'an dernier sur les antennes de France Télévisions
  • Le cyclisme est également bénéfique à l'image d'une marque, qui se voit associée à un certain nombre de valeurs

PARIS : LCL, Groupama, AG2R, Cofidis, Arkéa : nombreuses sont les marques de la banque et de l'assurance qui ont choisi de s'associer au Tour de France dont le départ sera donné vendredi, une stratégie favorable à leur activité et à leur image et plébiscitée au-delà du cyclisme.

C'est avant tout "la visibilité et la notoriété" apportées par un tel événement qui ont convaincu Arkéa, explique à l'AFP le directeur de la communication institutionnelle de cette filiale du Crédit Mutuel Cédric Malengreau, sponsor avec la société d'intérim Samsic d'une équipe alignée au départ de la Grande Boucle.

Cet enjeu est capital dans un secteur concurrentiel où les produits se ressemblent. A l'heure de la souscription d'un crédit ou d'une assurance, il faut à tout prix figurer parmi les premières marques qui viendront spontanément à l'esprit du client potentiel, puisque rares seront ceux qui étudieront plus de trois offres avant de faire leur choix.

Le Tour de France semble répondre parfaitement à cet objectif de "présence à l'esprit": plus de 42 millions de personnes l'ont regardé l'an dernier sur les antennes de France Télévisions.

Le cyclisme est également bénéfique à l'image d'une marque, qui se voit associée à un certain nombre de valeurs. En vrac: "esprit d'équipe, solidarité, performance, dépassement de soi", liste Katia Caniot, directrice de la communication de Cofidis, dont une équipe porte les couleurs depuis 1996.

Tout cela a un prix: faire vivre une équipe professionnelle coûte entre 15 et 25 millions chaque année.

Tous les publics

Populaire, le cyclisme est un sport accessible dont les grandes compétitions sont gratuites: nul besoin de s’acquitter d'une place pour voir passer ses idoles sur le bord de la route, une proximité avec le grand public mise en avant par les sponsors.

Le Tour "permet aussi de faire du business sur le marchés des entreprises", explique à l'AFP Julie Terzulli, responsable du sponsoring au sein de LCL, qui décerne chaque jour un maillot jaune symbolique à un entrepreneur, dans chacune des régions traversées.

"C'est un sport qui offre une bonne capacité d'accueil VIP et permet d'inviter des clients importants pour leur faire suivre des moments de grande intimité avec l'équipe, voire même les embarquer dans la voiture du directeur sportif", abonde M. Malengreau.

Les salariés des entreprises en question sont également sollicités, dans les agences des villes étapes jusque sur les chars de la caravane publicitaire pour ceux de Cofidis.

Via des partenariats avec des compétitions à l'international, comme le Tour d'Espagne, du Portugal ou de Hongrie, les entreprises n'hésitent pas non plus à décliner leur sport fétiche pour y développer leur activité sur place.

Réchauffer son image

Le cyclisme ne fait pas exception. Parmi les grandes banques françaises, chacune a sa chasse gardée: le tennis pour BNP Paribas, le football pour Crédit Agricole, le rugby pour la Société Générale. Le groupe BPCE, rassemblant les Banques Populaires et les Caisses d'Épargnes, est sponsor des jeux Olympiques de Paris 2024.

La Banque Postale fait bande à part: elle a choisi à l'orée de la décennie 2010 de réaffecter le budget alloué à la Route du Rhum, célèbre course à la voile, à un programme de mécénat baptisé L'envol. Sa maison mère La Poste reste néanmoins partenaire des arbitres de football, rugby, handball et basketball.

Le secteur de la banque et de l'assurance investit massivement le champ du sport car il en a besoin pour gommer une image parfois "froide et peu sexy", avance le directeur de la communication de Groupama Sylvain Burel en y ramenant "de l'émotion, de l'identification". L'assureur est associé cette année avec la Française des Jeux dans l'équipe Groupama-FDJ.

L'événement sportif "est synonyme de passion, de spectacle", abonde Magali Tezenas du Montcel, déléguée générale de l'organisation interprofessionnelle Sporsora, il vient "réchauffer" l'image des banquiers et assureurs, souvent malmenée.

Avec, toutefois, le risque de cas de dopage, qui plane sur la compétition: Sylvain Burel "a conscience des enjeux potentiellement négatifs" d'un éventuel scandale éclaboussant sa marque, mais les considère inférieurs aux avantages.


L'Elysée a proposé un hommage pour Bardot, la famille n'a pas donné suite

 L'Elysée a proposé à la famille de Brigitte Bardot d'organiser un hommage pour l'icône du cinéma français décédée dimanche mais ses proches n'ont pas donné suite, a indiqué mardi un proche d'Emmanuel Macron. (AFP)
L'Elysée a proposé à la famille de Brigitte Bardot d'organiser un hommage pour l'icône du cinéma français décédée dimanche mais ses proches n'ont pas donné suite, a indiqué mardi un proche d'Emmanuel Macron. (AFP)
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  • Eric Ciotti, président de l'UDR, allié au Rassemblement national dont était proche Brigitte Bardot, a demandé lundi à Emmanuel Macron d'organiser un hommage national, à l'image de celui rendu en 2017 au chanteur Johnny Hallyday
  • Le patron du Parti socialiste, Olivier Faure, tout en saluant "une actrice iconique", a en revanche estimé que les hommages nationaux étaient rendus pour "services exceptionnels à la Nation" et que l'artiste avait "tourné le dos aux valeurs républicaines"

PARIS: L'Elysée a proposé à la famille de Brigitte Bardot d'organiser un hommage pour l'icône du cinéma français décédée dimanche mais ses proches n'ont pas donné suite, a indiqué mardi un proche d'Emmanuel Macron à l'AFP.

"Il y a eu un échange avec la famille avec proposition qu’un hommage ait lieu sans que la famille ne donne suite", a déclaré ce proche, en rappelant qu'une telle démarche correspond à un "usage républicain" et que les hommages sont "systématiquement décidés d'un commun accord avec les proches du défunt".

Eric Ciotti, président de l'UDR, allié au Rassemblement national dont était proche Brigitte Bardot, a demandé lundi à Emmanuel Macron d'organiser un hommage national, à l'image de celui rendu en 2017 au chanteur Johnny Hallyday.

Le patron du Parti socialiste, Olivier Faure, tout en saluant "une actrice iconique", a en revanche estimé que les hommages nationaux étaient rendus pour "services exceptionnels à la Nation" et que l'artiste avait "tourné le dos aux valeurs républicaines".

Emmanuel Macron ne se rendra pas aux obsèques, qui se tiendront dans l’intimité le 7 janvier à Saint-Tropez, a également indiqué le proche du président.

En 2023, l'actrice avait adressé une lettre incendiaire au chef de l'Etat, lui reprochant son manque d'action contre la souffrance animale. "Je suis en colère face à votre inaction, votre lâcheté, votre mépris des Français, qui vous le rendent bien il est vrai", avait-elle notamment écrit.

Après une cérémonie à l'église retransmise sur grands écrans, l'inhumation privée de l'actrice et chanteuse au cimetière marin sera suivie d'"un hommage ouvert à tous les Tropéziens et à ses admirateurs", a précisé la Fondation de Brigitte Bardot, dédiée à la protection des animaux.

"À ce moment-là, tout le monde l'évoquera et partagera ses plus beaux souvenirs avec elle. Ce sera un grand moment de communion, simple, à son image", a précisé mardi la maire de Saint-Tropez, Sylvie Siri, dans une inteview au quotidien local Var-Matin.

"Mon rôle, c'est de lui organiser des obsèques dignes. Il faut tout mettre en œuvre pour que les Tropéziens et les admirateurs puissent se recueillir", a ajouté l'édile.

Interrogée sur le souhait exprimé il y a quelques années par Brigitte Bardot d’être enterrée à la Madrague, sa propriété en bord de mer, Sylvie Siri a affirmé avoir "respecté ses dernières volontés". "Seule la défunte avait décidé de son lieu d’enterrement", a souligné l'élue.

 


Agriculteurs: nouveaux rassemblements, bénédiction de tracteurs dans le Nord

Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées lundi en soutien aux agriculteurs à Cambrai (Nord), où l'archevêque a béni des tracteurs, tandis que des blocages se poursuivent en Occitanie pour protester contre de la gestion de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC). (AFP)
Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées lundi en soutien aux agriculteurs à Cambrai (Nord), où l'archevêque a béni des tracteurs, tandis que des blocages se poursuivent en Occitanie pour protester contre de la gestion de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC). (AFP)
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  • Les tracteurs ont ensuite quitté Cambrai à la nuit tombante, pour se rendre sur deux ronds points et les bloquer
  • Dans le Pas-de-Calais, quelques dizaines d'agriculteurs prévoient de bloquer à partir de lundi soir une base logistique de Leclerc près d'Arras, en réaction aux propos de Michel-Édouard Leclerc appelant à "promulguer le Mercosur

CAMBRAI: Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées lundi en soutien aux agriculteurs à Cambrai (Nord), où l'archevêque a béni des tracteurs, tandis que des blocages se poursuivent en Occitanie pour protester contre de la gestion de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC).

Mgr Vincent Dollmann et plusieurs prêtres ont célébré une messe sur un autel de paille en périphérie de Cambrai, en soutien aux agriculteurs "qui font face à des épreuves".

Il a salué la "dignité" des agriculteurs qui manifestent depuis plusieurs semaines contre l'accord de libre échange du Mercosur ou contre l'abattage systématique de troupeaux de bovins touchés par la DNC.

Une petite centaine de tracteurs ont été mobilisés, arborant des panneaux comme "Mercosur = mort de l'agriculture".

Jean Camier, 24 ans, jeune agriculteur d'Hermies qui doit reprendre l'exploitation familiale d'engraissement de bovins d'ici deux ans, se réjouit d'avoir fait bénir son tracteur et participé à la célébration qui selon lui "montre que tout le monde est avec [eux]".

Si les Hauts-de-France ne sont pas touchés par la DNC, il se dit "de tout cœur" avec les agriculteurs des régions concernées, soulignant avoir "un peu peur que la maladie remonte" vers le nord.

Les tracteurs ont ensuite quitté Cambrai à la nuit tombante, pour se rendre sur deux ronds points et les bloquer.

Dans le Pas-de-Calais, quelques dizaines d'agriculteurs prévoient de bloquer à partir de lundi soir une base logistique de Leclerc près d'Arras, en réaction aux propos de Michel-Édouard Leclerc appelant à "promulguer le Mercosur", a expliqué à l'AFP Louis Lacheré, des Jeunes Agriculteurs.

En Occitanie, plusieurs barrages emblématiques, à Carbonne Haute-Garonne) sur l'A64, Sévérac (Aveyron) ou Le Buisson (Lozère) sur l'A75, tiennent toujours, tandis que d'autres agriculteurs se remobilisent.

Ainsi, à Foix, une douzaine de tracteurs bloquaient depuis lundi midi l'entrée sud du tunnel de contournement de la ville et commençaient à installer un campement, a constaté un correspondant de l'AFP.

"On veut montrer à l’État qu'on est toujours autant mobilisés", a déclaré sur place Sébastien Durand, président de la Coordination rurale (CR) en Ariège. "Il n'y a pas de Noël, il n'y a pas de Premier de l'An; on sera là".

Depuis le début de l'épidémie de DNC en Savoie cet été, l'État tente de contenir la propagation par un abattage systématique des troupeaux touchés, la vaccination et les restrictions de mouvements.

Cette gestion fortement contestée par certains agriculteurs, notamment de la CR (deuxième syndicat agricole, classé à droite, voire à l’extrême droite) et de la Confédération paysanne (troisième, classé à gauche).

 


Colère agricole en France: Macron reçoit les syndicats, des blocages persistent

Des tracteurs lors d'une manifestation organisée par le syndicat agricole Coordination Rurale près du Mont-Saint-Michel, dans le nord-ouest de la France, le 18 décembre 2025. (AFP)
Des tracteurs lors d'une manifestation organisée par le syndicat agricole Coordination Rurale près du Mont-Saint-Michel, dans le nord-ouest de la France, le 18 décembre 2025. (AFP)
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  • Emmanuel Macron a reçu les syndicats agricoles, opposés à l’accord UE-Mercosur, dans un contexte de forte colère liée aux crises sanitaires, notamment la dermatose bovine
  • Les blocages routiers se poursuivent dans le Sud-Ouest, alors que de nouveaux cas de la maladie sont confirmés et que la mobilisation agricole se prolonge

PARIS: Le président français Emmanuel Macron a reçu mardi les syndicats agricoles pour parler de l'accord UE-Mercosur, auquel ils sont opposés, tandis que des axes routiers sont toujours bloqués pour protester contre le traitement par les autorités de l'épizootie de dermatose bovine.

"L'objet du rendez-vous, c'était d'essayer d'éteindre un peu le feu qui est partout dans les campagnes", a souligné Stéphane Galais, porte-parole national de la Confédération paysanne - un syndicat classé à gauche -, à la sortie de la rencontre, ajoutant qu'il fallait pour cela "des mesures structurelles fortes".

Les syndicats disent avoir par ailleurs rappelé au chef de l'Etat "l'extrême tension" et la "colère" du monde agricole et que des réponses étaient attendues "dès les premiers jours de janvier" sur le Mercosur mais aussi sur les crises sanitaires, au premier rang desquelles la dermatose bovine et la grippe aviaire.

C'était la première rencontre entre le chef de l'Etat et les syndicats agricoles depuis début décembre et l'amorce de la crise qui secoue l'élevage français, face à la dermatose nodulaire contagieuse (DNC).

C'était aussi la première depuis l'annonce, jeudi dernier, du report a priori au 12 janvier de la signature du traité décrié entre l'UE et des pays du Mercosur.

Cet accord faciliterait l'entrée en Europe de viande, sucre, riz, miel et soja sud-américains, ce qui inquiète les filières concernées, lesquelles affirment que ces produits ne respectent pas les mêmes normes que les produits européens.

L'accord permettrait en revanche aux Européens d'exporter davantage de véhicules, machines, vins et spiritueux en Amérique du Sud.

Sur le terrain, la mobilisation a connu un léger regain mardi (53 actions mobilisant 1.600 personnes, selon le ministère de l'Intérieur) par rapport à lundi (35 actions mobilisant 1.200 personnes), mais elle reste nettement inférieure à celle de la semaine dernière (110 actions jeudi).

Certains agriculteurs sont mobilisés depuis plus de 10 jours, notamment contre l'abattage total des troupeaux dans lesquels des cas de DNC sont détectés dans le Sud-Ouest.

Mardi, le ministère de l'Agriculture a confirmé un nouveau cas de la maladie en Haute-Garonne, portant le bilan total à 115 foyers enregistrés depuis juin en France. Ce dernier troupeau concerné a été abattu.

Dans le Sud-Ouest, des blocages d'autoroute étaient notamment maintenus sur l'A63 près de Bordeaux ou sur l'A64 au sud de Toulouse ou près de Bayonne.

Au sud de Bordeaux, les manifestants de la branche locale du syndicat Coordination rurale - classé à droite - ont dit vouloir organiser un réveillon et une messe de Noël mercredi soir sur leur barrage, à l'instar des agriculteurs mobilisés près de Toulouse.