Macron et Borne à l'épreuve du remaniement et des compromis

Le remaniement devrait avoir lieu "en toute cohérence" avant la déclaration de politique générale d’Élisabeth Borne devant le Parlement mercredi. (Photo, AFP)
Le remaniement devrait avoir lieu "en toute cohérence" avant la déclaration de politique générale d’Élisabeth Borne devant le Parlement mercredi. (Photo, AFP)
Short Url
Publié le Vendredi 01 juillet 2022

Macron et Borne à l'épreuve du remaniement et des compromis

  • Encalminé depuis deux semaines, après des élections législatives qui l'ont vu perdre sa majorité absolue à l'Assemblée, l'exécutif doit désormais remettre la marche avant
  • Dans ce contexte, Mme Borne s'entretient vendredi avec le président de la République pour lui présenter les conclusions des rendez-vous conduits cette semaine avec les chefs de file des forces politiques

PARIS : Après le temps des consultations, l'épreuve du feu: Emmanuel Macron et Élisabeth Borne s'apprêtent à remanier le gouvernement, un exercice de funambule devant tenir compte des nouveaux équilibres à l'Assemblée, où la Première ministre, sous pression, présentera son projet mercredi.

Encalminé depuis deux semaines, après des élections législatives qui l'ont vu perdre sa majorité absolue à l'Assemblée, l'exécutif doit désormais remettre la marche avant, tout en tenant sa promesse d'agir rapidement pour le pouvoir d'achat des Français.

Dans ce contexte, Mme Borne s'entretient vendredi avec le président de la République pour lui présenter les conclusions des rendez-vous conduits cette semaine avec les chefs de file des forces politiques, d'Aurore Bergé lundi pour le groupe Renaissance à Mathilde Panot pour le groupe LFI jeudi soir.

Au menu de ce vendredi, selon la porte-parole du gouvernement Olivia Grégoire, la "composition d'un nouveau gouvernement d'action" et d'une "feuille de route" comme l'avait demandé Emmanuel Macron, rentré jeudi soir des sommets du G7 en Allemagne et de l'Otan en Espagne.

Le remaniement devrait avoir lieu "en toute cohérence" avant la déclaration de politique générale d’Élisabeth Borne devant le Parlement mercredi... et l'équation s'annonce compliquée !

Parité et dosage

Premier casse-tête, la parité. Élisabeth Borne, à qui Emmanuel Macron a maintenu sa confiance, doit d'abord remplacer les ministres battues aux législatives, en l'occurrence trois femmes, Amélie de Montchalin à la Transition écologique, Brigitte Bourguignon à la Santé ou encore Justine Bénin à la Mer. A celles-ci s'ajoute la ministre des Outre-mers Yaël Braun-Pivet, élue à la présidence de l'Assemblée nationale.

La question du maintien de Damien Abad comme ministre des Solidarités se pose aussi, alors que le parquet de Paris a ouvert une enquête pour tentative de viol après la plainte d'une femme le visant pour des faits qui se seraient déroulés lors d'une fête en 2010.

Ex-LR, M. Abad représentait une prise à droite pour le gouvernement. Alors que de nouveaux secrétaires d’État sont attendus (Logement, Transports...), M. Macron et Mme Borne vont aussi devoir soigner le dosage politique, pour servir à la fois les partenaires MoDem et Horizons, et s'ouvrir à de nouveaux profils.

Outre la composition du gouvernement, la Première ministre devra trancher la question d'un vote de confiance sur sa déclaration de politique générale, réclamé par les oppositions mais risqué sans majorité absolue.

Signe de la tension ambiante, un cadre de la majorité avait émis l'hypothèse que le remaniement du gouvernement ait lieu après le discours. Car si des députés rentraient au gouvernement, le camp présidentiel perdrait des voix en cas de vote, leurs suppléants s’accédant au Palais Bourbon qu'après un délai d'un mois.

"Il y aurait un peu de grandeur à ce que Mme Borne allume à un moment un peu la lumière" car "on est dans un brouillard épais comme le smog londonien", a estimé sur BFMTV Sébastien Chenu, député et porte-parole du RN, qui votera contre ou s'abstiendra si la question est posée.

Pour autant le RN n'envisage pas de déposer une motion de censure, qui risque de "bloquer les institutions", selon l'élu d'extrême droite.

Compromis

L'alliance de gauche Nupes déposera pour sa part "de concert, une motion de censure" si le vote de confiance n'est pas demandé, a assuré M. Bompard.

Dans ce tumulte, le gouvernement s'est efforcé de se montrer dès maintenant à la manœuvre alors que l'Assemblée examinera le très attendu projet de loi en faveur du pouvoir d'achat à compter du 18 juillet.

Olivia Grégoire a promis dans ce texte une "aide alimentaire d'urgence" de 100 euros par foyer et de 50 euros par enfant, tandis que le ministre de la Fonction publique Stanislas Guerini a annoncé une hausse générale de 3,5% des salaires des agents publics.

Remaniement et feuille de route détermineront les compromis possibles de la majorité au Parlement, alors que le débat s'annonce déjà enflammé autour des mesures visant à juguler la hausse des prix des carburants.

La France a atteint sa "cote d'alerte" sur les finances publiques, a en outre prévenu le ministre de l’Économie Bruno Le Maire, qui semble écarter la possibilité d'une taxe sur les bénéfices des entreprises qui tirent parti de l'inflation, réclamée notamment par le PCF et LFI.

Chez les Républicains, on sera "attentif aux mesures d'économies" présentées en face des dépenses.


Grégoire propose la citoyenneté d'honneur aux civils et journalistes palestiniens

Samia, âgée de quinze ans, se tient aux côtés de Palestiniens rassemblés, brandissant des photos de son père, Mohammed Wishah, journaliste pour la chaîne Al-Jazeera Mubasher, basée au Qatar, qui a été tué lors d'une attaque israélienne dans le camp de réfugiés de Bureij le 8 avril, lors d'un rassemblement de solidarité à Deir al-Balah, dans la bande de Gaza, le 11 avril 2026. (AFP)
Samia, âgée de quinze ans, se tient aux côtés de Palestiniens rassemblés, brandissant des photos de son père, Mohammed Wishah, journaliste pour la chaîne Al-Jazeera Mubasher, basée au Qatar, qui a été tué lors d'une attaque israélienne dans le camp de réfugiés de Bureij le 8 avril, lors d'un rassemblement de solidarité à Deir al-Balah, dans la bande de Gaza, le 11 avril 2026. (AFP)
Short Url
  • "Cette citoyenneté d'honneur est un acte de paix. Paris a toujours lié son nom à la liberté des peuples et à la dignité humaine", explique-t-on dans son entourage
  • Le successeur d'Anne Hidalgo, qui avait reçu en avril, peu après son arrivée à l'Hôtel de ville, l'ambassadrice de la Palestine en France Hala Abou-Hassira, rappelle que les drapeaux palestinien et israélien avaient été projetés sur la tour Eiffel

PARIS: Le nouveau maire PS de Paris, Emmanuel Grégoire, va proposer jeudi d'attribuer la citoyenneté d'honneur aux populations civiles et journalistes palestiniens, lors d'un vote au Conseil de Paris qui devrait être soutenu par sa majorité de gauche.

Face à la "pire guerre de l'histoire pour la population civile de Gaza", et alors que "la situation humanitaire de la population gazaouie demeure dramatique" malgré le cessez-le-feu en vigueur, Emmanuel Grégoire "propose d'élever au rang de citoyens d'honneur les populations civiles palestiniennes de Gaza et de Cisjordanie, ainsi que les journalistes palestiniens déployés dans les zones de conflit du Proche-Orient", selon le projet de délibération soumis au vote.

"Cette citoyenneté d'honneur est un acte de paix. Paris a toujours lié son nom à la liberté des peuples et à la dignité humaine", explique-t-on dans son entourage.

Le successeur d'Anne Hidalgo, qui avait reçu en avril, peu après son arrivée à l'Hôtel de ville, l'ambassadrice de la Palestine en France Hala Abou-Hassira, rappelle que les drapeaux palestinien et israélien avaient été projetés sur la tour Eiffel en septembre 2025.

Mais la précédente majorité n'avait jamais accédé aux multiples demandes d'une partie de sa majorité, notamment les communistes, d'attribuer aux populations palestiniennes la citoyenneté d'honneur, après avoir accordé la distinction aux otages du Hamas, en 2024.

"Nous avons déposé 13 vœux en soutien au peuple palestinien au cours du mandat précédent. Nous sommes heureux qu'enfin Emmanuel Grégoire y accède", s'est réjoui le sénateur Ian Brossat, co-président du groupe communiste au Conseil de Paris.

La citoyenneté d'honneur, qui depuis sa création en 2001 a été attribuée à de nombreuses personnalités, aux otages du Hamas (2024), au peuple du Haut-Karabakh (2023) et à la ville de Kiev (2022), "n'empêche pas la ville de rester fidèle à son attachement à l'existence d'Israël", précise à l'AFP Audrey Pulvar, adjointe chargée des relations internationales.

L'opposition de droite a fait savoir qu'elle ne voterait pas la délibération en l'état, demandant un hommage à "l'ensemble des victimes civiles du conflit israélo-palestinien", selon un vœu du groupe de Rachida Dati et Grégory Canal (LR) qui sera débattu dans l'hémicycle parisien.

"Attribuer une distinction honorifique dans le cadre d'un conflit aussi douloureux et polarisant en oubliant une partie des victimes sera inévitablement perçu comme une prise de position univoque", estime également le groupe Paris Apaisé présidé par Florence Berthout (Horizons) et Alexandre Lesieur.

"Si on reconnaît la souffrance des civils des deux côtés, si on exclut les +faux civils+ et si la responsabilité du Hamas est bien rappelée, alors je pourrais voter le texte du maire", a confié le maire PS de Paris Centre, Ariel Weil, dans un entretien au Nouvel Obs.

Déclenché par l'attaque du Hamas en Israël le 7 octobre 2023, le conflit a fait plus de 72.000 morts, selon le ministère de la Santé du territoire, dont les chiffres sont jugés fiables par l'ONU. Un cessez-le-feu en vigueur depuis octobre 2025 est entaché de violences quotidiennes.


Iran, Liban et énergie, le G7 d'Evian tente une stabilisation sous haute tension

Pendant plus d’une heure et demie, les dirigeants du G7 réunis à Évian ont abordé, avec les dirigeants du Qatar, des Émirats arabes unis et de l’Égypte, les grands foyers de tension au Moyen-Orient. (AFP)
Pendant plus d’une heure et demie, les dirigeants du G7 réunis à Évian ont abordé, avec les dirigeants du Qatar, des Émirats arabes unis et de l’Égypte, les grands foyers de tension au Moyen-Orient. (AFP)
Short Url
  • Le Liban s’est imposé comme l’un des dossiers les plus sensibles de la discussion
  • Tous les participants, affirme la source, ont insisté sur la nécessité d’un cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah, condition indispensable à toute stabilisation.

PARIS: Pendant plus d’une heure et demie, les dirigeants du G7 réunis à Évian ont abordé, avec les dirigeants du Qatar, des Émirats arabes unis et de l’Égypte, les grands foyers de tension au Moyen-Orient.

En ligne de mire, selon une source diplomatique, trois priorités : la réouverture sécurisée du détroit d’Ormuz, la relance des négociations avec l’Iran et la stabilisation du Liban, dont l’évolution a un impact sur les enjeux énergétiques et géopolitiques mondiaux.

Le premier point est l’accord intervenu entre les États-Unis et l’Iran autour du détroit d’Ormuz, salué par l’ensemble des participants comme une avancée importante.

Cette voie maritime stratégique, par laquelle transite une part essentielle du pétrole mondial, retrouve progressivement son activité, ce qui a entraîné une détente sur les prix du pétrole et du gaz, offrant un répit bienvenu aux économies occidentales sous pression.

Pour les pays du G7, cette évolution est doublement bénéfique : elle permet de reconstituer des stocks énergétiques et de stabiliser les marchés, tout en renforçant leur marge de manœuvre dans le contexte de la guerre en Ukraine, en facilitant une pression accrue sur la Russie.

Mais cette réouverture, souligne la source, reste incomplète. Le détroit doit encore être sécurisé, notamment par des opérations de déminage indispensables pour garantir une navigation normale.

Sans cela, ni les armateurs ni les assureurs ne prendront le risque d’un retour à la normale. C’est précisément dans ce cadre qu’est envisagée une coalition maritime internationale chargée de ces opérations techniques, avec un rôle clé pour les Européens.

Le deuxième axe central des discussions est l’Iran. Les États-Unis se sont donné six semaines pour parvenir à un accord global avec Téhéran.

Pour l’instant, les contours du « memorandum of understanding » que doivent signer dans les prochains jours Washington et Téhéran restent inconnus, mais les objectifs sont clairement établis.

Le premier concerne le programme nucléaire iranien. Les membres du G7, affirme la source, insistent sur la nécessité de garanties solides concernant la non-acquisition par l’Iran de la bombe nucléaire, un contrôle strict des matières sensibles et un rôle renforcé des organismes internationaux.

Le second porte sur les capacités balistiques iraniennes, perçues comme une menace potentielle pour la stabilité régionale.

Enfin, le troisième volet concerne l’influence de l’Iran dans la région, notamment à travers ses alliés et ses relais. Sur ce point, indique la source, les dirigeants du G7 et ceux des trois pays arabes s’accordent sur l’urgence de désamorcer les tensions au Liban.

Le Liban s’est imposé comme l’un des dossiers les plus sensibles de la discussion. Tous les participants, affirme la source, ont insisté sur la nécessité d’un cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah, condition indispensable à toute stabilisation.

Mais au-delà de l’urgence sécuritaire, il s’agit également de permettre à l’État libanais de reprendre le contrôle de son territoire grâce à un renforcement significatif de l’armée libanaise, seule institution capable d’assurer une stabilité durable.

Dans cette perspective, une évolution importante est envisagée : à l’expiration du mandat de la FINUL, fin 2026, une nouvelle force multinationale pourrait être mise en place.

Son rôle, précise la source, ne serait pas de combattre, mais de soutenir l’armée libanaise sur les plans de la formation, du renseignement et de l’accompagnement opérationnel.

Cette approche se veut respectueuse des équilibres internes du Liban, pays considéré par les participants à la réunion comme particulièrement fragile. Elle repose sur un objectif clair : éviter toute escalade tout en réaffirmant la souveraineté de l’État.

La France, très engagée sur ce dossier, prévoit d’organiser rapidement une conférence internationale de soutien aux forces armées libanaises, preuve de l’importance stratégique accordée à ce pays.

La troisième grande thématique de la réunion est la sécurisation des infrastructures énergétiques, à partir d’une idée simple : réduire la dépendance à des points de passage vulnérables comme Ormuz.

Plusieurs projets ont été évoqués afin de diversifier les routes d’exportation. Parmi eux figure le renforcement des pipelines reliant les zones de production du Golfe à la mer Rouge ou à l’océan Indien, permettant ainsi de contourner les zones à risque.

Des projets plus ambitieux sont également à l’étude, notamment la création de corridors énergétiques reliant la Méditerranée à la péninsule Arabique via l’Égypte, ou encore la réactivation d’anciennes infrastructures entre l’Irak et la Méditerranée.

Ces initiatives traduisent une transformation profonde, souligne la source, puisque la sécurité énergétique ne dépend plus seulement de l’accès aux ressources, mais aussi de la fiabilité des routes de transport.

Au-delà des dossiers techniques, l’atmosphère des échanges, affirme la source, a été marquée par la gravité et la franchise. Les discussions, parfois tendues, ont cependant permis de dégager des points de convergence.

Par ailleurs, certaines évolutions politiques sont apparues, notamment en Europe, où les positions vis-à-vis d’Israël semblent se durcir. Ces ajustements traduisent une recomposition progressive des équilibres diplomatiques.

Entre espoirs et incertitudes

Ce sommet du G7, présidé par la France, montre que les crises actuelles sont profondément interconnectées. Les incertitudes restent toutefois nombreuses, d’autant que les six semaines de négociation avec l’Iran seront décisives. De leur issue dépendront à la fois la stabilité régionale et l’équilibre mondial.


Une vague de chaleur déferle sur la France, en plein bac

Une vague de chaleur s'abat mercredi et pour plusieurs jours sur la France, en plein examen du bac, avec des températures qui pourraient atteindre jusqu'à 40 °C localement dimanche, premier jour de l'été. (AFP)
Une vague de chaleur s'abat mercredi et pour plusieurs jours sur la France, en plein examen du bac, avec des températures qui pourraient atteindre jusqu'à 40 °C localement dimanche, premier jour de l'été. (AFP)
Short Url
  • La plupart des régions françaises vont connaître mercredi des températures comprises entre 30°C et 35°C, avec des pointes à 36°C-37°C possibles dans le Sud-Ouest, Centre-Ouest et le Centre-Est
  • Seules la Bretagne et les zones côtières de la Manche sont pour l'instant épargnées

PARIS: Une vague de chaleur s'abat mercredi et pour plusieurs jours sur la France, en plein examen du bac, avec des températures qui pourraient atteindre jusqu'à 40 °C localement dimanche, premier jour de l'été.

L'épisode de "fortes chaleurs" s'étend sur "une grande partie du pays" mercredi, indique le bulletin de 06H00 de Météo-France, avec 50 départements concernés par une vigilance jaune à la canicule.

La plupart des régions françaises vont connaître mercredi des températures comprises entre 30°C et 35°C, avec des pointes à 36°C-37°C possibles dans le Sud-Ouest, Centre-Ouest et le Centre-Est. Seules la Bretagne et les zones côtières de la Manche sont pour l'instant épargnées.

Jeudi, le nombre de départements concernés par la vigilance jaune canicule passera à 69. Et "en fonction de l'évolution des prévisions, un passage en vigilance orange est probable à partir de jeudi midi sur les régions allant du bassin parisien au centre du pays", ajoute le bulletin de Météo-France.

Dimanche, pour la fête de la musique à l'occasion du solstice d'été, plusieurs régions pourraient connaître "des pointes à 40°C", prévient Christelle Robert, prévisionniste à Météo-France.

La France va subir sa première vague de chaleur de l'année, la 52e depuis 1947, alors que les occurrences se multiplient sous l'influence du changement climatique alimenté par l'utilisation massive des énergies fossiles.

Fin mai, le pays avait été frappé par des températures inédites pour le mois, mais l'épisode ne rentrait pas dans les critères précis des météorologues pour le qualifier de vague.

"Malheureux ventilateur" 

La canicule va toucher les épreuves du baccalauréat. Mercredi et jeudi sont les jours d'épreuves de spécialités en terminale.

Le ministre de l'Education, Edouard Geffray, a annoncé mardi que les oraux du bac pourraient être reportés localement, de "quelques heures ou de quelques jours". Dimanche, il avait déjà affirmé souhaiter qu'"aucun examen" ne se déroule les après-midi.

"On est dans l'impréparation la plus totale", dénonce François Tessier, professeur d'histoire-géographie dans un lycée de Vierzon (Cher) et président du Snalc Orléans-Tours.

"Les personnels de direction essayent de trouver les salles les plus à l'ombre, dans les bâtiments qui le permettent", mais sinon "on n'a rien ", regrette-t-il, excepté " quelques bouteilles d'eau" et " éventuellement un malheureux ventilateur par salle ".

L'enseignant s'inquiète particulièrement pour les jours à venir: "Qu'est-ce qui va se passer lundi, où l'on nous annonce 40 °C (pour le grand oral)? Je suis bien incapable de vous le dire".

Les fortes chaleurs peuvent aussi ralentir l'activité économique, par exemple la production d'électricité. EDF envisage ainsi des baisses de production dans deux de ses centrales nucléaires de la région Auvergne/Rhône-Alpes, au Bugey (Ain) et à Saint-Alban (Isère), pour limiter le réchauffement du Rhône.

Sur les rails, plusieurs lignes de trains sont également affectées.

En prévisions de pannes potentielles de climatisation, la SNCF a décidé de supprimer jeudi et vendredi plusieurs trains Intercités, essentiellement en mi-journée. Au total, 14 Paris-Limoges-Toulouse et huit Paris-Clermont sont annulés sur ces deux jours, tout comme cinq trajets Bordeaux-Marseille jeudi.

"Phase critique" 

Dans la nature, les oiseaux ou les petits mammifères peinent à réguler leur température quand la chaleur devient étouffante. Et le printemps, "moment de l'élevage des jeunes", représente "une phase critique", souligne Grégoire Loïs, ornithologue au Museum national d'histoire naturelle.

"Un événement d'extrême thermique en septembre n'a pas le même impact qu'au mois de mai ou juin", remarque le scientifique.

Critiqué par l'opposition pour son "impréparation" lors du précédent épisode de chaleur, le gouvernement entend montrer sa mobilisation. Plusieurs ministres se sont déplacés au centre de crise sanitaire du ministère de la Santé mardi après-midi.

La ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, doit présenter mercredi un "premier bilan" du Plan national d'adaptation au changement climatique (PNACC), censé préparer la France à un réchauffement pouvant aller jusqu'à +4°C d'ici 2100.

Ce genre d'épisodes est appelé à se multiplier à l'avenir. Matthieu Sorel, climatologue à Météo-France, rappelle que le pays est confronté à "des vagues de chaleur de plus en plus fréquentes, de plus en plus nombreuses et de plus en plus intenses aussi, signe manifeste du changement climatique".