Afghanistan: des religieux jurent fidélité aux talibans, rien sur l'école des filles

Un homme passe devant un panneau placé par les autorités talibanes demandant aux femmes de porter le hijab, à Kandahar le 16 juin 2022 (Photo, AFP).
Un homme passe devant un panneau placé par les autorités talibanes demandant aux femmes de porter le hijab, à Kandahar le 16 juin 2022 (Photo, AFP).
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Publié le Samedi 02 juillet 2022

Afghanistan: des religieux jurent fidélité aux talibans, rien sur l'école des filles

  • Le texte appelle à faire allégeance à Hibatullah Akhundzada, à la loyauté envers les talibans et à l'acceptation complète de la charia comme principe de base du pouvoir
  • Depuis leur retour au pouvoir, les talibans sont largement revenus à l'interprétation ultra-rigoriste de l'islam

KABOUL: Des milliers de dignitaires religieux afghans ont juré fidélité samedi aux talibans, mais sans faire de recommandations aux dirigeants islamistes sur leur façon de gouverner le pays en crise, au dernier jour d'un rassemblement à Kaboul.

Cette assemblée, réservée aux hommes et qui avait débuté jeudi, avait été convoquée par les talibans afin de consolider leur régime.

Les participants étaient autorisés à critiquer le régime et des sujets épineux, tels que l'éducation des filles, objet de débat au sein même du mouvement, seraient au programme, avaient assuré des responsables. Mais la déclaration finale prononcée samedi n'a fait que répéter la doctrine des talibans.

Les médias ont été interdits d'accès mais de nombreux discours ont été diffusés à la radio d'État, dont celui du chef suprême des talibans, Hibatullah Akhundzada, qui n'a pas été filmé ni photographié en public depuis leur retour au pouvoir en août 2021.

Le texte appelle à faire allégeance à Hibatullah Akhundzada, à la loyauté envers les talibans et à l'acceptation complète de la charia comme principe de base du pouvoir.

"Par la grâce de Dieu, le système islamique est venu régner en Afghanistan", affirme la déclaration.

"Non seulement nous le soutenons fermement, mais nous le défendrons également. Nous considérons que c'est le devoir national et religieux de toute la nation", ajoute le texte.

Depuis leur retour au pouvoir, les talibans sont largement revenus à l'interprétation ultra-rigoriste de l'islam qui avait marqué leur premier passage au pouvoir (1996-2001), restreignant très fortement les droits des femmes.

Ils les ont presque complètement exclues des emplois publics, ont limité leur droit à se déplacer et ont interdit l'accès des filles aux écoles secondaires. Les femmes se sont vu imposer le port du voile intégral, couvrant le visage, pour toute sortie en public.

Ils ont aussi interdit la musique non-religieuse, la représentation de visages humains sur des publicités, la diffusion à la télévision de films ou séries montrant des femmes non voilées, et ont demandé aux hommes de porter le vêtement traditionnel et de se laisser pousser la barbe.

«Oppression systémique» sur les femmes

La déclaration de samedi ne fait aucune mention de la scolarisation des filles, mais appelle le gouvernement à accorder "une attention particulière" à l'éducation moderne, à la justice et aux droits des minorités, le tout "à la lumière de la loi islamique".

Selon le texte, le nouveau gouvernement a éradiqué la corruption et apporté la sécurité dans tout le pays.

Le groupe jihadiste État islamique, qui a revendiqué plusieurs attentats meurtriers ces derniers mois en Afghanistan, a également revendiqué une attaque jeudi contre le rassemblement des religieux, par deux hommes armés qui ont été abattus.

"Nous appelons les pays de la région et du monde (...) à reconnaître l'Emirat islamique comme un système légitime", peut-on également lire.

"Levez toutes les sanctions contre l'Afghanistan, débloquez les fonds gelés du peuple afghan et soutenez notre nation", demande la déclaration.

Depuis le retour des talibans, le pays est plongé dans une profonde crise économique et humanitaire, la communauté internationale ayant fermé les vannes de l'aide financière.

Les Etats-Unis et les talibans ont poursuivi cette semaine des discussions à Doha sur le déblocage d'aide après un tremblement de terre qui a fait plus de 1 000 morts dans l'est de l'Afghanistan, Washington voulant s'assurer que ces fonds soient utilisés à des fins humanitaires.

Le point culminant du rassemblement à Kaboul a été l'apparition vendredi d'Hibatullah Akhundzada, qui vit reclus à Kandahar, le centre spirituel des talibans.

Malgré sa discrétion, M. Akhundzada, qui aurait dans les 70 ans, tient d'une main de fer le mouvement, selon les analystes, et porte le titre de "Commandeur des croyants".

Vendredi à Genève, la Haute-Commissaire de l'ONU chargée des droits humains, Michelle Bachelet, a dénoncé "l'oppression systémique" exercée par le régime sur les femmes et les filles afghanes.

"Depuis la prise du pouvoir par les talibans, les femmes et les filles connaissent le recul le plus important et le plus rapide de la jouissance de leurs droits (...) depuis des décennies", a-t-elle déclaré lors d'un débat urgent au Conseil des droits de l'homme sur cette question.

Elle a "encouragé vivement" les talibans à "nouer le dialogue avec les pays à prédominance musulmane ayant une expérience en matière de promotion des droits des femmes et des filles - tels qu'ils sont garantis par le droit international".


Trump affirme qu'Iran et Israël veulent «conclure un cessez-le-feu immédiat»

Un colon israélien se tient à côté d'un fragment de missile qui dépasse du sol, à la suite des frappes iraniennes, dans le centre de la Cisjordanie occupée par Israël, le 8 juin 2026. (Reuters)
Un colon israélien se tient à côté d'un fragment de missile qui dépasse du sol, à la suite des frappes iraniennes, dans le centre de la Cisjordanie occupée par Israël, le 8 juin 2026. (Reuters)
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  • "Le blocus restera en place, avec toute sa force et son effet, jusqu'à ce qu'un +accord final+ soit conclu. Les choses devraient aller vite"
  • Quelques minutes auparavant, dans un autre message, le milliardaire républicain avait estimé qu'"Israël et l'Iran (devaient) immédiatement cesser de tirer".

WASHINGTON: Donald Trump a affirmé lundi que l'Iran et Israël "(cherchaient) à conclure un cessez-le-feu immédiat", alors que les deux pays ont repris leurs attaques directes pour la première fois depuis la trêve conclue il y a deux mois.

"Les négociations finales sur la +paix+ se poursuivent, sous réserve que l'ignorance ou la stupidité ne viennent pas s'y opposer", a ajouté sur son réseau Truth Social le président américain, qui ne cache pas ses désaccords avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

"Le blocus restera en place, avec toute sa force et son effet, jusqu'à ce qu'un +accord final+ soit conclu. Les choses devraient aller vite".

Quelques minutes auparavant, dans un autre message, le milliardaire républicain avait estimé qu'"Israël et l'Iran (devaient) immédiatement cesser de +tirer+".

Donald Trump cherche une issue au conflit, très impopulaire aux Etats-Unis, à l'approche des élections législatives de mi-mandat en novembre prochain.

Si des escarmouches ont eu lieu ces derniers jours autour du détroit d'Ormuz entre Etats-Unis et Iran, c'est la première fois que Téhéran cible le territoire israélien depuis le cessez-le-feu du 8 avril et qu'Israël bombarde le sol iranien.

 


Des chasseurs français de l'Otan abattent un drone en Lettonie

Des chasseurs français de l'Otan stationnés dans les pays baltes ont abattu un drone en Lettonie, a déclaré lundi la ministre lettone des Affaires étrangères, Baiba Braze. (AFP)
Des chasseurs français de l'Otan stationnés dans les pays baltes ont abattu un drone en Lettonie, a déclaré lundi la ministre lettone des Affaires étrangères, Baiba Braze. (AFP)
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  • L'armée lettone a indiqué dans un communiqué qu'"un aéronef sans pilote étranger avait pénétré dans l'espace aérien letton à la suite de la guerre électronique russe", sans révéler l'origine du drone
  • Les deux avions français "ont décollé de la base aérienne de Siauliai", dans le nord de la Lituanie, avant d'abattre le drone vers 10H00 locales (07H00 GMT)

VILNIUS: Des chasseurs français de l'Otan stationnés dans les pays baltes ont abattu un drone en Lettonie, a déclaré lundi la ministre lettone des Affaires étrangères, Baiba Braze.

"Merci à nos alliés français d'avoir abattu le drone qui a pénétré dans l'espace aérien letton!", a‑t‑elle écrit sur X.

L'armée lettone a indiqué dans un communiqué qu'"un aéronef sans pilote étranger avait pénétré dans l'espace aérien letton à la suite de la guerre électronique russe", sans révéler l'origine du drone.

Les deux avions français "ont décollé de la base aérienne de Siauliai", dans le nord de la Lituanie, avant d'abattre le drone vers 10H00 locales (07H00 GMT), a indiqué  pour sa part Gintautas Ciunis, porte-parole de l'armée lituanienne.

Le 19 mai, un chasseur de l'Otan avait abattu dans l'espace aérien de l'Estonie un drone ukrainien, première interception d'un drone étranger dans le ciel d'un Etat balte par la police de l'air de l'Otan depuis l'invasion à grande échelle de l'Ukraine par la Russie en 2022.

Les Etats baltes, ex-républiques soviétiques partageant une longue frontière avec la Russie, enregistrent depuis plusieurs semaines un nombre croissant d'intrusions et de chutes de drones sur leurs territoires.

Selon les Européens, la Russie fait dévier délibérément de leur trajectoire des drones ukrainiens destinés à frapper des installations industrielles et des terminaux pétroliers dans la région de Saint-Pétersbourg, située sur le golfe de Finlande.

Ces incidents ont mis au jour les carences des défenses aériennes des pays baltes, impuissantes à neutraliser un drone errant avant sa chute sur leur territoire.


Trump dit qu'il va appeler Netanyahu pour lui demander de ne pas répliquer aux missiles iraniens 

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  • "Je vais appeler Bibi (le surnom de Netanyahu, ndlr) tout de suite pour lui dire de ne pas riposter. Israël a eu sa frappe et l'Iran a eu sa frappe. On n'a pas besoin d'une autre (frappe)"
  • "Nous sommes sur le point de conclure un accord définitif avec l'Iran. Ce sera un bon accord. Je ne veux pas qu'il tombe à l'eau à cause de ce qui se passe actuellement"

WASHINGTON: Le président américain Donald Trump dit qu'il va appeler le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu pour lui demander de ne pas répliquer aux missiles tirés dimanche par l'Iran vers Israël, rapporte dimanche le média Axios.

"Je vais appeler Bibi (le surnom de Netanyahu, ndlr) tout de suite pour lui dire de ne pas riposter. Israël a eu sa frappe et l'Iran a eu sa frappe. On n'a pas besoin d'une autre (frappe)", a déclaré le président américain selon le journaliste d'Axios Barak Ravid, qui dit l'avoir eu au téléphone.

"Nous sommes sur le point de conclure un accord définitif avec l'Iran. Ce sera un bon accord. Je ne veux pas qu'il tombe à l'eau à cause de ce qui se passe actuellement", a-t-il ajouté selon la même source qui a publié le message sur son compte X.

Dans une autre interview accordée à un journaliste de Fox News, Donald Trump affirme que les frappes iraniennes "ne vont pas aider les négociations".

"On est très proches. Je dirais qu'un accord peut être signé lundi, mardi ou mercredi de cette semaine. Et voilà qu'il se passe ceci", a-t-il dit selon le journaliste Trey Yingst, qui dit également l'avoir eu au téléphone.

Selon elle, M. Trump lui a dit être "pas très content" de la frappe israélienne ayant visé Beyrouth dimanche.

"Revenez à la table des négociations et concluez un accord", a-t-il lancé à l'adresse de l'Iran, selon Fox News.