Ouzbékistan: le président reconnaît des «victimes» lors de manifestations

Pour la majorité de la population, la principale source de préoccupation n'est pas la situation des droits humains, mais le contexte économique de plus en plus difficile (Photo, AFP).
Pour la majorité de la population, la principale source de préoccupation n'est pas la situation des droits humains, mais le contexte économique de plus en plus difficile (Photo, AFP).
Short Url
Publié le Dimanche 03 juillet 2022

Ouzbékistan: le président reconnaît des «victimes» lors de manifestations

  • C'est la plus grave crise interne qu'affronte le président ouzbek depuis son arrivée au pouvoir en 2016
  • L'état d'urgence est entré en vigueur le soir même à minuit et doit durer jusqu'au 2 août

TACHKENT: Le président de l'Ouzbékistan a reconnu dimanche des "victimes" lors de manifestations antigouvernementales dans la république autonome du Karakalpakstan, dans le nord-ouest de ce pays d’Asie centrale où toute opposition est réprimée.

"Malheureusement, il y a des victimes chez les civils et parmi les forces de l'ordre", a affirmé Chavkat Mirzioïev, cité par son service de presse, lors d'un discours depuis le Karakalpakstan.

Il n'a pas précisé le nombre des victimes, ni indiqué s'il s'agissait de morts ou de blessés, accusant les organisateurs des manifestations de "se cacher derrière des slogans" et de chercher à "prendre le contrôle des bâtiments officiels du gouvernement local".

"Plusieurs groupes ont tenté de prendre le contrôle de bâtiments du Département des Affaires intérieures de la ville de Noukous - la capitale du Karakalpakstan, ndlr - et du Département de la Garde nationale afin de se procurer des armes", a ajouté le président.

"Profitant du fait qu'ils étaient plus nombreux, ces hommes s'en sont pris à des officiers de police, qui ont été frappés et grièvement blessés", a-t-il fait valoir.

Des vidéos des affrontements avec les forces de l'ordre montrent des personnes qui semblent blessées ou inconscientes, faisant craindre un lourd bilan humain.

«Provocations honteuses»

Un représentant ouzbek, Bobur Bekmurodov, a dénoncé des images diffusés sur Twitter montrant des hommes en uniforme marchant dans une rue couverte d'un liquide rouge.

"Les amis, ne rejoignez pas ces provocations honteuses. Vérifiez les informations. C'est juste de l'eau de couleur rouge. S'il vous plaît faites connaître la vérité!", a-t-il tweeté.

Des "organisateurs des émeutes" ont été arrêtés, a déclaré de son côté la police sans donner davantage de détails.

C'est la plus grave crise interne qu'affronte le président ouzbek depuis son arrivée au pouvoir en 2016.

Deux habitants de Noukous ont affirmé à l'AFP qu'un petit groupe tentant de protester samedi soir, pour la seconde nuit consécutive, avait été dispersé par les forces de l'ordre.

Selon ces témoins qui ont requis l'anonymat, la police semble avoir fait usage de gaz lacrymogènes et de grenades fumigènes.

L'Ouzbékistan, un pays où l'opposition est violemment réprimée, a décrété samedi l'état d'urgence pour un mois au Karakalpakstan, secoué la veille par une rare manifestation antigouvernementale qui a poussé le président Chavkat Mirzioïev à renoncer à un projet d'amendement constitutionnel.

Cet amendement aurait amoindri le degré d'autonomie de la république peuplée de 2 millions de personnes, l'une des plus pauvres du pays.

L'état d'urgence est entré en vigueur le soir même à minuit et doit durer jusqu'au 2 août.

Noukous semblait calme dimanche et était quadrillée par les forces de l'ordre, ont indiqué des témoins à l'AFP.

Frontalier de l'Afghanistan, l'Ouzbékistan est situé dans une région stratégique, où la Russie et la Chine exercent une forte influence.

Arrivé au pouvoir en 2016 à la mort de son prédécesseur, l'impitoyable Islam Karimov, Chavkat Mirzioïev a mené d'importantes réformes économiques et sociales.

Réélu l'année dernière, il est désormais accusé de faire prendre un nouveau tour autoritaire au pays.

Avec la révision de la Constitution projetée, le mandat présidentiel passerait de cinq à sept ans, au profit de l'actuel chef de l'État.

Pour la majorité de la population, la principale source de préoccupation n'est pas la situation des droits humains, mais le contexte économique de plus en plus difficile.

La pandémie de Covid-19 a enrayé la forte croissance du PIB, plongeant le tourisme dans l'abîme. Ce qui a alimenté le mécontentement populaire, en raison de la nette augmentation du chômage et du coût de la vie.

En 2005, des centaines de civils ouzbeks avaient été tués dans la ville d'Andijan (est), lors de la répression d'un mouvement de contestation.


Iran: le négociateur en chef conditionne toute discussion avec les Etats-Unis aux «lignes rouges» fixées par Téhéran

L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient. (AFP)
L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient. (AFP)
Short Url
  • "Si l'ennemi se montre excessif" dans ses demandes, "nous avons prouvé que nous sommes prêts à riposter et que nous n'hésiterons pas à infliger une réponse cinglante", a ajouté celui qui est aussi le président du Parlement
  • L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient

TEHERAN: Le chef de l'équipe de négociation iranienne, Mohammad Bagher Ghalibaf, a insisté vendredi sur le nécessaire respect des "lignes rouges" de l'Iran lors des futurs pourparlers avec les Etats-Unis.

"Comme nous l'avons démontré tout au long des négociations précédentes, nous restons fermes dans le respect des conditions et des lignes rouges fixées, et dans la défense des intérêts de la nation iranienne", a déclaré l'influent M. Ghalibaf, cité par l'agence Irna.

"Si l'ennemi se montre excessif" dans ses demandes, "nous avons prouvé que nous sommes prêts à riposter et que nous n'hésiterons pas à infliger une réponse cinglante", a ajouté celui qui est aussi le président du Parlement.

L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient.

Le président iranien Massoud Pezeshkian, qui a paraphé l'accord à distance avec son homologue américain Donald Trump, a publié une déclaration similaire, réaffirmant que les intérêts nationaux demeuraient la "ligne rouge" de son pays, sans plus de précisions.

Cette signature doit ouvrir la voie à des négociations plus poussées et techniques, d'une durée reconductible de 60 jours, centrées sur le programme nucléaire iranien en vue d'un accord définitif.

Mais de premiers pourparlers, prévus vendredi en Suisse, ont été annulés.

Les propos de M. Ghalibaf font suite à un communiqué du guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, faisant part de ses réserves pour le protocole d'accord qu'il a finalement autorisé.

Il prévoit notamment la fin de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban. Mais des frappes israéliennes dans la nuit de jeudi à vendredi dans le sud du Liban ont fait 18 morts et 33 blessés, selon les autorités libanaises, Israël déplorant de son côté la perte de quatre soldats.

L'accord a par ailleurs permis la levée du blocus naval américain imposé depuis deux mois aux ports iraniens et la réouverture par Téhéran du détroit d'Ormuz, voie maritime cruciale pour les hydrocarbures.

En Iran, le texte suscite l'opposition de certains conservateurs, hostiles à des concessions, notamment sur le contrôle du stratégique détroit.

"Les Américains ne respectent aucun engagement, ils n'ont jamais été loyaux envers aucun accord et ils ne le seront jamais", a ainsi déclaré Hossein Shariatmadari, rédacteur en chef du journal ultraconservateur Kayhan, lors d'une interview jeudi accordée à la télévision d'Etat.

"Le détroit d'Ormuz est le moyen d'obtenir des compensations" lors des négociations, a-t-il estimé.


Vance lance un avertissement aux critiques de Trump en Israël

JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
Short Url
  • "Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti
  • "Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président

WASHINGTON: JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington.

"Ce que je veux dire, et cela me dérange, c'est qu'il y a des gens dans le gouvernement de Bibi (le surnom du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, ndlr) qui se sont exprimés pour attaquer l'accord et qui d'une certaine manière ont attaqué le président des Etats-Unis très personnellement", a dit le vice-président américain pendant une conférence de presse.

"Mon message pour eux est double. D'abord, Donald J. Trump est le seul chef d'Etat dans le monde entier qui est compréhensif envers Israël aujourd'hui, et il se trouve être le chef d'Etat de la première puissance mondiale", a poursuivi JD Vance.

"Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti.

"Le second message que je voudrais lancer à certains de ces ministres qui attaquent le président des Etats-Unis - Bibi, et c'est tout à son honneur, n'a pas pris cette voie - c'est que ces trois derniers mois, deux tiers des armes défensives qui ont protégé votre pays ont été fabriquées par des mains américaines et payées par les contribuables américains", a ajouté JD Vance.

"Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président.


Trump veut soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès

 Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
Short Url
  • "Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian
  • "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse

EVIAN: Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse.

"Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian. "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse.

Interrogé sur le texte de l'accord avec l'Iran, déjà signé électroniquement et qui fera l'objet d'une cérémonie de signature vendredi à Genève, Donald Trump a promis à nouveau de le rendre public.

"Je ne vais pas seulement le publier, je vais sûrement donner une conférence de presse et vous le lire à la virgule près pour être sûr que la presse le couvre correctement", a lancé le dirigeant républicain.

Il avait déjà indiqué vouloir attendre après la cérémonie de signature vendredi pour publier le texte.