Comment l'Ukraine veut devenir le «pays le plus numérique du monde»

S'exprimant simultanément dans plusieurs villes européennes sous forme d'hologramme, le président Zelensky avait lancé début juin un appel direct "aux principales entreprises tech mondiales" pour l'aider à bâtir un Etat numérique. (AFP).
S'exprimant simultanément dans plusieurs villes européennes sous forme d'hologramme, le président Zelensky avait lancé début juin un appel direct "aux principales entreprises tech mondiales" pour l'aider à bâtir un Etat numérique. (AFP).
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Publié le Mardi 05 juillet 2022

Comment l'Ukraine veut devenir le «pays le plus numérique du monde»

  • Avant la guerre, l'Ukraine se voulait déjà à l'avant-garde du numérique, et son plan actuel n'est qu'une accélération de ces efforts
  • Enregistrement d'une propriété foncière, d'une voiture, création d'une entreprise ou déclarations aux douanes, les Ukrainiens devront pouvoir faire toutes leurs tâches administratives sans formulaires papier, ni se rendre à des bureaux

PARIS : L'Ukraine veut devenir le "pays le plus numérique du monde", pour que son Etat et ses services publics continuent à fonctionner même en pleine guerre, a expliqué lundi le vice-premier ministre Mykhaïlo Fedorov lors de la conférence sur la reconstruction du pays à Lugano (Suisse).

Que veut faire l'Ukraine ?

Avant la guerre, l'Ukraine se voulait déjà à l'avant-garde du numérique, et son plan actuel n'est qu'une accélération de ces efforts.

En effet, "les services numériques ne peuvent pas être détruits par les missiles, spécialement si les données sont stockées chez Amazon ou Microsoft" dans des centres de données à l'étranger, a indiqué M. Fedorov.

L'Ukraine veut en particulier accélérer le remplacement de ses services d'accueil du public par des applications sur smartphone.

Enregistrement d'une propriété foncière, d'une voiture, création d'une entreprise ou déclarations aux douanes, les Ukrainiens devront pouvoir faire toutes leurs tâches administratives sans formulaires papier, ni se rendre à des bureaux.

Les fonctionnaires, privés de rôle avec cette réorganisation, seront formés pour de nouveaux rôles mieux adaptés à "la nouvelle économie", a indiqué M. Fedorov. Mais le but est d'aller bien plus loin que la transformation des services de l'Etat.

M. Fedorov et le président ukrainien Volodymyr Zelensky veulent aussi se débarrasser de l'argent liquide et le remplacer par de la monnaie numérique, en excluant toutefois les cryptomonnaies. Ils veulent également développer l'éducation ou les services de santé en ligne autant que possible, le tout protégé par une autorité de défense cyber.

Qui va construire l'Etat numérique ?

S'exprimant simultanément dans plusieurs villes européennes sous forme d'hologramme, le président Zelensky avait lancé début juin un appel direct "aux principales entreprises tech mondiales" pour l'aider à bâtir un Etat numérique.

Lundi, M. Fedorov n'a pas mentionné ces géants de la tech, mais plutôt émis un appel général aux financements et aux équipements, en rappelant que l'Ukraine disposait d'un bon socle sur lequel construire.

C'est le premier pays à accepter des passeports et des cartes d'identité entièrement numériques, et il dispose déjà d'une application publique pour smartphone, Diaa, utilisées par des millions de personnes pour leurs relations avec les administrations.

Quand cet Etat numérique prendra-t-il son envol ?

Le calendrier est différent selon les sujets.

Certains sont plus urgents que d'autres. L'éducation, par exemple, doit se numériser d'ici à un an, pour faire face notamment aux besoins des 4,2 millions d'enfants ukrainiens exilés par la guerre.

Le gouvernement veut distribuer ordinateurs, tablettes et autres équipements pour construire cette éducation par le numérique, a expliqué M. Fedorov.

D'autres objectifs sont à plus long terme, comme la société sans argent liquide, la santé numérique, ou la révision des procédures douanières, prévues dans un horizon de 3 ans.

Des réserves sur ce plan ?

Certains projets peuvent susciter des inquiétudes, comme l'utilisation de l'intelligence artificielle dans le système judiciaire.

L'Ukraine a déjà expérimenté un système d'intelligence artificielle capable de produire des rapports avant procès et avant condamnation, pour évaluer le risque qu'un suspect récidive.

Pour M. Fedorov, l'intelligence artificielle peut notamment être utilisée dans les juridictions commerciales pour proposer "un environnement attractif pour les investissements et les entreprises", et renforcer la confiance dans le système judiciaire.

La pratique de l'évaluation du risque de récidive par intelligence artificielle a été dénoncée par l'ONG Fair Trials dans un rapport l'an dernier. Une telle pratique "affaiblit les droits fondamentaux de personnes présumées innocentes" et doit être interdite, selon l'ONG.


Le pétrole monte fasse à l'impasse diplomatique entre Washington et Téhéran

"Je ne vais pas faire preuve de beaucoup plus de patience (...) Ils devraient conclure un accord. N'importe quelle personne sensée conclurait un accord mais ils sont peut-être fous", a déclaré Donald Trump dans un entretien diffusé jeudi par la chaîne Fox News. (Reuters)
"Je ne vais pas faire preuve de beaucoup plus de patience (...) Ils devraient conclure un accord. N'importe quelle personne sensée conclurait un accord mais ils sont peut-être fous", a déclaré Donald Trump dans un entretien diffusé jeudi par la chaîne Fox News. (Reuters)
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  • "Je ne vais pas faire preuve de beaucoup plus de patience (...) Ils devraient conclure un accord. N'importe quelle personne sensée conclurait un accord mais ils sont peut-être fous"
  • "L'impasse diplomatique entre les États-Unis et l'Iran maintient au premier plan les inquiétudes concernant l'offre" de pétrole, affirme Matt Britzman, analyste chez Hargreaves Lansdown

LONDRES: Les cours du pétrole grimpent vendredi à l'approche d'un nouveau week-end sans perspective de retour à la normale des flux pétroliers transitant via le détroit d'Ormuz, deux mois et demi après le début de la guerre au Moyen-Orient.

Vers 09H10 GMT (11H10 à Paris), le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en juillet, gagnait 2,96% à 108,85 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en juin, montait de 3,44% à 104,65 dollars.

"Je ne vais pas faire preuve de beaucoup plus de patience (...) Ils devraient conclure un accord. N'importe quelle personne sensée conclurait un accord mais ils sont peut-être fous", a déclaré Donald Trump dans un entretien diffusé jeudi par la chaîne Fox News.

"L'impasse diplomatique entre les États-Unis et l'Iran maintient au premier plan les inquiétudes concernant l'offre" de pétrole, affirme Matt Britzman, analyste chez Hargreaves Lansdown.

Si l'Iran a annoncé que ses forces navales avaient autorisé depuis mercredi le passage de plusieurs navires chinois dans le détroit d'Ormuz, "pour l'instant, les flux de pétrole passant par le détroit restent limités et les stocks de pétrole continuent de diminuer", explique à l'AFP Giovanni Staunovo, analyste chez UBS.

"Il est raisonnable de supposer qu'entre 10 à 13 millions de barils d'or noir par jour sont bloqués dans le Golfe", rappelle Tamas Varga, analyste chez PVM. En cumulé depuis le début de la guerre "ce chiffre s'approche du milliard de barils" perdus pour le marché.

Cette semaine, l'Agence internationale de l'énergie a averti que le monde puise dans ses réserves de pétrole à une vitesse record.

"On ne peut que conclure (...) que les prix du pétrole devraient être nettement plus élevés", juge M. Varga.

Et si les négociations entre les Etats-Unis et l'Iran n'avancent pas, "nous devrons peut‑être commencer à nous inquiéter d'une ré‑escalade, ce qui signifie un risque de dommages supplémentaires aux infrastructures énergétiques de la région", a souligné Warren Patterson, analyste chez ING dans une visioconférence dédiée aux conséquences de la guerre au Moyen-Orient sur le pétrole.

Selon lui, le marché du gaz, dont les prix ont un peu moins flambé que ceux du pétrole depuis le début du conflit, est particulièrement exposé car ce dernier "n'a pas vraiment le luxe de réserves stratégiques dans lesquelles on pourrait puiser", a précisé M. Patterson.

Le contrat à terme du TTF néerlandais, considéré comme la référence européenne, prenait 3,03%, à 49,10 euros le mégawattheure.


Cinq Italiens décédés dans un accident de plongée aux Maldives

Selon la police, les conditions météorologiques étaient mauvaises à Vaavu jeudi et un avertissement avait été émis pour les bateaux de passagers et les pêcheurs. (AFP)
Selon la police, les conditions météorologiques étaient mauvaises à Vaavu jeudi et un avertissement avait été émis pour les bateaux de passagers et les pêcheurs. (AFP)
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  • Les cinq Italiens ne sont pas revenus d'une plongée en grotte profonde sur l'atoll de Vaavu, situé au sud de la capitale, Malé
  • Des avions et des vedettes rapides ont été déployés pour une vaste opération de recherche jeudi après-midi, a précisé la Force de défense nationale des Maldives (MNDF) dans un communiqué

MALE: Cinq Italiens sont décédés dans un accident de plongée aux Maldives, sans que les circonstances précises soient connues, a annoncé jeudi le ministère italien des Affaires étrangères, les forces de sécurité sur place ayant retrouvé un corps.

L'archipel est une destination de vacances de luxe, avec ses plages de sable blanc et ses complexes hôteliers isolés, prisée des plongeurs.

Des responsables locaux ont déclaré qu'il s'agissait du plus grave accident de plongée survenu dans ce pays composé de 1.192 minuscules îles coralliennes dispersées sur quelque 800 kilomètres le long de l'équateur, dans l'océan Indien.

"A la suite d'un accident survenu lors d'une sortie de plongée sous-marine, cinq ressortissants italiens ont trouvé la mort (...) aux Maldives. Les plongeurs auraient perdu la vie alors qu'ils tentaient d'explorer des grottes situées à 50 mètres de profondeur", précise le ministère, en soulignant que les autorités locales menaient une enquête.

Les cinq Italiens ne sont pas revenus d'une plongée en grotte profonde sur l'atoll de Vaavu, situé au sud de la capitale, Malé.

Des avions et des vedettes rapides ont été déployés pour une vaste opération de recherche jeudi après-midi, a précisé la Force de défense nationale des Maldives (MNDF) dans un communiqué.

"Un corps a été retrouvé", annonce le communiqué. Il a "été découvert à l'intérieur d'une grotte en profondeur (...) On pense que les quatre autres plongeurs se trouvent également dans cette même grotte, qui descend jusqu'à environ 60 mètres", précise-t-il.

Les MNDF ont aussi précisé qu'un navire des garde-côtes se trouvait dans la zone pour coordonner les opérations de recherche tout au long de la nuit. D'autres plongeurs des garde-côtes ont été envoyés en renfort pour participer aux recherches.

Selon la police, les conditions météorologiques étaient mauvaises à Vaavu jeudi et un avertissement avait été émis pour les bateaux de passagers et les pêcheurs.

Une touriste britannique est décédée en décembre lors d'une plongée, et son mari, bouleversé, est mort quelques jours plus tard après être tombé malade.

En juin, un touriste japonais de 26 ans a disparu après une expédition de plongée près de la capitale.

Selon les médias locaux, au moins 112 touristes sont morts dans des incidents liés à la mer dans l'archipel au cours des six dernières années, dont 42 victimes d'accidents de plongée ou de plongée avec tuba.

 


Détroit d'Ormuz: Téhéran annonce laisser passer des navires chinois depuis mercredi

L'Iran a annoncé jeudi que ses forces navales avaient autorisé depuis la veille le passage de plusieurs navires chinois dans le détroit d'Ormuz, verrouillé par Téhéran depuis le début de la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
L'Iran a annoncé jeudi que ses forces navales avaient autorisé depuis la veille le passage de plusieurs navires chinois dans le détroit d'Ormuz, verrouillé par Téhéran depuis le début de la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
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  • "Le passage d'un certain nombre de navires chinois dans le détroit d'Ormuz a été rendu possible conformément aux protocoles de gestion du détroit mis en place par l'Iran"
  • Ce passage, qui a débuté "la nuit dernière", a été rendu possible grâce aux "relations étroites entre les deux pays et leur partenariat stratégique"

TEHERAN: L'Iran a annoncé jeudi que ses forces navales avaient autorisé depuis la veille le passage de plusieurs navires chinois dans le détroit d'Ormuz, verrouillé par Téhéran depuis le début de la guerre au Moyen-Orient.

"Le passage d'un certain nombre de navires chinois dans le détroit d'Ormuz a été rendu possible conformément aux protocoles de gestion du détroit mis en place par l'Iran", ont indiqué jeudi dans un communiqué les Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de l'Iran.

Ce passage, qui a débuté "la nuit dernière", a été rendu possible grâce aux "relations étroites entre les deux pays et leur partenariat stratégique", ont-ils spécifié.

Cette autorisation donnée à plusieurs navires chinois a également été annoncée par des médias officiels iraniens.

La télévision d’État iranienne a notamment précisé que "plus de 30 navires" avaient été autorisés à franchir le détroit d'Ormuz, sans indiquer s'il s'agissait exclusivement de navires chinois.

Le blocage iranien de cette voie maritime par laquelle transite habituellement un cinquième de la production mondiale de pétrole perturbe les marchés mondiaux et confère à Téhéran un levier stratégique.

Les Etats-Unis ont quant à eux imposé leur propre blocus des ports iraniens malgré un cessez-le-feu en vigueur depuis le 8 avril.

Cette annonce intervient alors que le président américain Donald Trump, en visite jeudi en Chine, a discuté du détroit d'Ormuz avec son homologue Xi Jinping.

Selon un extrait d'une interview à la chaîne Fox News, Donald Trump a déclaré que M. Xi lui avait assuré que Pékin n'enverrait pas d'équipement militaire à l'Iran et était prêt à aider à la réouverture du détroit d'Ormuz.

La Chine est le principal pays importateur du pétrole iranien.