A Kiev, une clinique pour soigner le traumatisme de la guerre

Selon Oleg Olichevsky, à la tête du programme de thérapie, dix patients suivent actuellement le cursus, mais ce nombre devrait grimper à 30 à l'avenir. (AFP).
Selon Oleg Olichevsky, à la tête du programme de thérapie, dix patients suivent actuellement le cursus, mais ce nombre devrait grimper à 30 à l'avenir. (AFP).
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Publié le Mardi 05 juillet 2022

A Kiev, une clinique pour soigner le traumatisme de la guerre

  • Au moins 5 000 civils ont été tués et autant blessés depuis le début de l'invasion russe le 24 février, selon un décompte des Nations unies. Et ceux qui ont survécu aux bombardements restent confrontés au traumatisme qu'ils ont subi
  • Selon les psychologues, les semaines passées dans des caves servant d'abris antiaériens, l'obligation de fuir sa maison et de laisser tout derrière soi peut causer un niveau de stress et d'anxiété dont il est difficile de se débarrasser seul

KIEV : Avec l'invasion de l'Ukraine par la Russie, Iouri Makeïev s'est retrouvé sans travail et sans toit, une situation difficile qui l'a mené au bord de la dépression nerveuse.

Aujourd'hui, cet homme de 48 ans, qui a fui sa maison dans l'est du pays en guerre, espère retrouver une vie normale grâce à un cursus spécial de réhabilitation qu'il suit dans une clinique de Kiev.

Au moins 5 000 civils ont été tués et autant blessés depuis le début de l'invasion russe le 24 février, selon un décompte des Nations unies. Et ceux qui ont survécu aux bombardements restent confrontés au traumatisme qu'ils ont subi.

Selon les psychologues, les semaines passées dans des caves servant d'abris antiaériens, l'obligation de fuir sa maison et de laisser tout derrière soi peut causer un niveau de stress et d'anxiété dont il est difficile de se débarrasser seul.

Le fardeau de Iouri Makeïev a commencé dès 2014, lorsqu'il a dû quitter sa ville de Donetsk, devenue le principal bastion des séparatistes pro-russes parrainés par Moscou, contre qui l'armée ukrainienne a mené une guerre pendant huit ans, avant l'invasion.

"Ce qui se passe à Kiev et ailleurs, je l'ai déjà vu à Donetsk. Je ne voulais pas le vivre à nouveau, mais c'est ce qui s'est passé", dit-il.

Après l'entrée des forces russes en Ukraine, Iouri a perdu son travail dans un journal de Kiev, qui a été obligé de cesser sa publication.

Le foyer où il logeait a aussi dû fermer et sa situation financière ne lui permet pas de louer ailleurs.

"Plusieurs facteurs se sont transformés en stress continu. Il fallait faire quelque chose d'urgence", explique Iouri.

Iouri Makeïev raconte son histoire à l'AFP, assis sur un banc dans une cour tranquille de la clinique de réhabilitation psychologique baptisée "Sociotherapy".

Psychologues surchargés

"Il y a un nombre énorme de gens avec des syndromes de stress posttraumatique, aussi appelé PTSD", indique Denys Starkov, psychologue au centre de crise de la clinique, ouvert le mois dernier.

"Il y a une demande de la société" pour obtenir un soutien psychologique, affirme-t-il, révélant que "les psychologues sont envahis par des clients".

Le cursus de trois semaines qu'il propose se compose principalement de sessions de groupes pour des gens souffrant d'anxiété, de crises de panique et de souvenirs douloureux.

Certains patients, comme Iouri Makeïev, viennent directement à la clinique, tandis que d'autres appellent un numéro dédié pour parler à des spécialistes, qui décident ensuite s'ils ont besoin ou non d'une thérapie.

Les soins sont gratuits et comprennent 15 sessions thématiques visant à comprendre son traumatisme et à apprendre à y faire face. Seuls des civils adultes peuvent pour le moment s'y inscrire, excluant ainsi les soldats et les enfants.

"Si le PTSD n'est pas soigné à temps, il peut prendre des formes plus sévères", avertit Denys Starkov, assis dans la salle de travail en groupe, spacieuse et avec quelques rangées de chaises.

Avant la guerre, le bâtiment de trois étages de la clinique, situé en périphérie de Kiev, servait d'hôpital pour les alcooliques et les toxicomanes. Aujourd'hui, une équipe de sept psychologues y mène plusieurs sessions quotidiennes.

Selon Oleg Olichevsky, à la tête du programme de thérapie, dix patients suivent actuellement le cursus, mais ce nombre devrait grimper à 30 à l'avenir.

"Ce sera le principal axe de travail pour les 10-15 prochaines années, car chaque habitant du pays fait l'expérience de cette situation traumatique", explique-t-il.

Malgré cela, Oleg et son équipe restent optimistes. "Nous voyons déjà les résultats. Les gens se sentent en sécurité ici, ils sentent qu'on s'occupe d'eux", se réjouit-il.

Après seulement quatre jours à la clinique, Iouri Makeïev semble d'accord: "je suis requinqué ici. J'ai retrouvé un espoir que je croyais perdu", dit-il avec confiance.

Après sa thérapie, il espère avant tout retrouver un travail.

"J'espère sortir d'ici pleinement épanoui et émotionnellement équilibré. Je n'ai même pas peur de le dire: une personne heureuse, joyeuse, optimiste", lance-t-il.


Des frappes en Iran sont toujours une option pour Trump, selon la Maison Blanche

Donald Trump envisage des frappes aériennes en Iran pour mettre fin à la répression des manifestations qui secouent la République islamique depuis le 28 décembre, a affirmé lundi la Maison Blanche, ajoutant toutefois qu'une voie diplomatique restait ouverte. (AFP)
Donald Trump envisage des frappes aériennes en Iran pour mettre fin à la répression des manifestations qui secouent la République islamique depuis le 28 décembre, a affirmé lundi la Maison Blanche, ajoutant toutefois qu'une voie diplomatique restait ouverte. (AFP)
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  • La répression des manifestations en Iran a fait plus de 600 morts depuis le début de la contestation selon une ONG
  • "Une chose dans laquelle le président Trump excelle est de garder toutes les options sur la table. Et les frappes aériennes sont l'une des très nombreuses options qui s'offrent au commandant en chef"

WASHNIGTON: Donald Trump envisage des frappes aériennes en Iran pour mettre fin à la répression des manifestations qui secouent la République islamique depuis le 28 décembre, a affirmé lundi la Maison Blanche, ajoutant toutefois qu'une voie diplomatique restait ouverte.

La répression des manifestations en Iran a fait plus de 600 morts depuis le début de la contestation selon une ONG, la République islamique faisant face à l'un de ses plus importants mouvements de contestation depuis sa proclamation en 1979.

"Une chose dans laquelle le président Trump excelle est de garder toutes les options sur la table. Et les frappes aériennes sont l'une des très nombreuses options qui s'offrent au commandant en chef", a affirmé à la presse la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt.

Toutefois, elle a assuré que "la diplomatie (était) toujours la première option pour le président".

Selon elle, une voie diplomatique reste ouverte avec l'Iran, le pouvoir adoptant un "ton très différent" lors de discussions privées avec l'émissaire américain, Steve Witkoff.

"Ce que vous entendez de la part du régime iranien est très différent des messages que l'administration (américaine) reçoit en privé, et je pense que le président veut examiner ces messages", a-t-elle ajouté.

Donald Trump "ne souhaite pas voir des gens se faire tuer dans les rues de Téhéran, et malheureusement, c'est ce à quoi nous assistons actuellement", a également assuré Karoline Leavitt.

Le ministère iranien des Affaires étrangères a lui déclaré lundi qu'un canal de communication était "ouvert" entre l'Iran et Steve Witkoff, malgré l'absence de relations diplomatiques entre les deux pays ennemis.

Le pouvoir cherche à présent à reprendre la main en faisant descendre dans les rues des milliers de ses partisans, après avoir imposé une coupure totale d'internet depuis le 8 janvier.

Le président américain avait annoncé dimanche qu'une réunion avec des responsables iraniens était "en cours de préparation", sans toutefois écarter l'option militaire. "Nous pourrions devoir agir avant une rencontre", avait-il avancé, en ajoutant que l'armée américaine étudiait des "options très fortes".

 


Partez maintenant! le message des États-Unis à leurs ressortissants en Iran

Cette image, prise le 6 janvier 2026 à partir d'images UGC publiées le même jour sur les réseaux sociaux, montre les forces de sécurité iraniennes utilisant des gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants au bazar de Téhéran. (Fichier/AFP)
Cette image, prise le 6 janvier 2026 à partir d'images UGC publiées le même jour sur les réseaux sociaux, montre les forces de sécurité iraniennes utilisant des gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants au bazar de Téhéran. (Fichier/AFP)
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  • L'Iran ne reconnaissant pas la double nationalité et traitant les citoyens américains et iraniens ayant une double nationalité uniquement comme des ressortissants iraniens, le fait de montrer des liens avec les États-Unis pourrait conduire à la détention
  • Il a été conseillé aux citoyens américains de quitter le pays par voie terrestre, notamment via l'Arménie ou la Turquie, s'ils peuvent le faire en toute sécurité

DUBAI: L'aide à l'alerte qui montre des liens avec les États-Unis peut conduire à la détention.
Les États-Unis ont demandé à leurs ressortissants en Iran de quitter le pays immédiatement, dans un contexte d'escalade des troubles.

"Quittez l'Iran maintenant", a déclaré l'ambassade virtuelle de Téhéran, gérée par le département d'État, dans une alerte de sécurité diffusée lundi, invitant les Américains à planifier leur départ sans l'aide du gouvernement américain.

L'alerte fait état d'une escalade des manifestations, d'un risque de violence, d'arrestations, de perturbations de l'Internet et d'un renforcement des mesures de sécurité.

L'Iran ne reconnaissant pas la double nationalité et traitant les citoyens américains et iraniens ayant une double nationalité uniquement comme des ressortissants iraniens, le fait de montrer des liens avec les États-Unis pourrait conduire à la détention.

Il a été conseillé aux citoyens américains de quitter le pays par voie terrestre, notamment via l'Arménie ou la Turquie, s'ils peuvent le faire en toute sécurité. Ceux qui ne sont pas en mesure de partir ont été invités à rester dans des lieux sûrs, à éviter les manifestations, à faire profil bas et à s'assurer un accès à la nourriture, à l'eau et aux médicaments.

Les États-Unis n'ont pas de relations diplomatiques ou consulaires avec l'Iran. L'ambassade de Suisse à Téhéran joue le rôle de puissance protectrice des États-Unis en cas d'urgence.


Léon XIV a reçu l'opposante vénézuélienne Maria Corina Machado

Le pape Léon XIV a reçu lundi en audience privée la cheffe de l'opposition vénézuélienne et prix Nobel de la paix 2025, Maria Corina Machado, indique un bref communiqué du Vatican. (AFP)
Le pape Léon XIV a reçu lundi en audience privée la cheffe de l'opposition vénézuélienne et prix Nobel de la paix 2025, Maria Corina Machado, indique un bref communiqué du Vatican. (AFP)
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  • Le Saint-Siège a maintenu un délicat équilibre diplomatique avec le Venezuela ces deniers mois, soutenant la protection des droits humains tout en privilégiant une approche prudente et discrète
  • En décembre, les autorités vénézuéliennes avaient confisqué le passeport du cardinal Baltazar Porras Cardozo, archevêque émérite de Caracas, illustrant la pression croissante sur l'Eglise dans le pays d'Amérique latine

CITE DU VATICAN: Le pape Léon XIV a reçu lundi en audience privée la cheffe de l'opposition vénézuélienne et prix Nobel de la paix 2025, Maria Corina Machado, indique un bref communiqué du Vatican.

Cette audience - qui n'avait pas été annoncée - intervient peu avant le déplacement de l'opposante vénézuélienne à Washington cette semaine, où elle doit rencontrer le président américain Donald Trump.

Ce dernier avait estimé après la capture de Nicolas Maduro par les Américains que Maria Corina Machado, qui avait quitté clandestinement le Venezuela en décembre, n'était pas qualifiée pour prendre les commandes du pays.

Sollicité par l'AFP, le Vatican n'a fourni aucun détail sur la rencontre, le nom de l'opposante vénézuélienne se trouvant simplement sur la liste des personnes reçues par le pape dans la matinée.

Le Saint-Siège a maintenu un délicat équilibre diplomatique avec le Venezuela ces deniers mois, soutenant la protection des droits humains tout en privilégiant une approche prudente et discrète.

En décembre, les autorités vénézuéliennes avaient confisqué le passeport du cardinal Baltazar Porras Cardozo, archevêque émérite de Caracas, illustrant la pression croissante sur l'Eglise dans le pays d'Amérique latine.

Cette rencontre intervient moins d'une semaine après un entretien téléphonique entre le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio et le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d'État du Saint-Siège, lors duquel ils ont évoqué la situation au Venezuela selon la Maison Blanche.

Vendredi, lors d'un discours devant le corps diplomatique, le pape américain avait de nouveau appelé "à respecter la volonté du peuple vénézuélien et à s'engager en faveur de la protection des droits humains et civils de chacun".

Il a également fait part de sa "vive inquiétude" quant à "l'aggravation des tensions dans la mer des Caraïbes et le long des côtes américaines du Pacifique".