Taïz: Le gouvernement yéménite critique la nouvelle proposition «unilatérale» de l’ONU

Un manifestant lève une pancarte indiquant «fin du siège de Taïz», demandant la levée du blocus de la région imposé par la milice houthie du Yémen (Photo, AFP).
Un manifestant lève une pancarte indiquant «fin du siège de Taïz», demandant la levée du blocus de la région imposé par la milice houthie du Yémen (Photo, AFP).
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Publié le Jeudi 07 juillet 2022

Taïz: Le gouvernement yéménite critique la nouvelle proposition «unilatérale» de l’ONU

  • Le gouvernement yéménite a déclaré ne pas avoir été consulté au préalable sur la proposition
  • Grundberg s’est engagé de manière intensive auprès des deux parties pour faire pression en faveur de la mise en œuvre complète des éléments de la trêve

AL-MUKALLA, Yémen: Hans Grundberg, l’envoyé spécial des Nations unies pour le Yémen, a présenté une nouvelle proposition sur l’ouverture des routes dans la ville assiégée de Taïz, afin de tenter de sortir de l’impasse après que les Houthis ont rejeté sa première proposition.

Le gouvernement du Yémen a déclaré qu’il n’avait pas été consulté au préalable sur cette proposition qu’il considère comme «biaisée» en faveur des Houthis.

Dans sa première proposition, Grundberg suggérait l’ouverture d’une route principale et de plusieurs routes secondaires menant à Taïz, afin de sortir de l’impasse lors des discussions entre le gouvernement yéménite et les Houthis dans la capitale jordanienne d’Amman.

Abdel Karim Chaiban, chef de la délégation gouvernementale aux pourparlers d’Amman, a déclaré que la nouvelle proposition de l’envoyé a pris en compte les exigences des Houthis en suggérant l’ouverture de petites routes seulement. Ces voies étroites ne pourront pas soulager les souffrances des dizaines de milliers de personnes assiégés par les Houthis dans la ville.

«Il aurait dû s’asseoir avec nous avant d’annoncer la proposition qui a supprimé la demande d’ouverture de la route principale qui relie Taïz à Sanaa», a-t-il indiqué à Arab News par téléphone. «Nous sommes revenus au point de départ.»

Chaiban a déclaré que la délégation gouvernementale n’a pas été invitée à Amman pour discuter de la nouvelle proposition, critiquant l’envoyé spécial des Nations unies pour avoir abandonné sa première position et approuvé les demandes des Houthis.

En réponse aux critiques du gouvernement, le bureau de l’envoyé de l’ONU pour le Yémen a expliqué à Arab News que Grundberg s’est engagé de manière intensive avec les deux parties pour faire pression en faveur de la mise en œuvre complète des éléments de la trêve, y compris l’ouverture des routes à Taïz, précisant que les nouvelles propositions ou idées sur les questions connexes sont discutées avec les deux parties.

«Des projets de propositions et d’options pour ouvrir les routes à Taïz et dans d’autres gouvernorats ont été présentés et discutés avec les deux parties. L’ONU souligne la nécessité de faire preuve de la volonté politique de parvenir à un accord le plus rapidement possible afin de réaliser des progrès tangibles», a déclaré le bureau.

Dans le cadre de l’accord conclu sous l’égide de l’ONU et entré en vigueur le 2 avril, le gouvernement yéménite a autorisé la reprise des vols commerciaux à partir de l’aéroport de Sanaa tenu par les Houthis, a facilité l’arrivée de navires de ravitaillement dans le port maritime de Hodeidah, a mis fin aux hostilités sur tous les fronts et a permis aux voyageurs munis de passeports délivrés par les Houthis de voyager à bord des avions de la compagnie aérienne Yemenia Airways.

Alors que les Houthis ont cessé les combats, principalement leur offensive meurtrière sur la ville centrale de Marib, ils ont refusé de lever leur siège sur Taïz, condition principale de la trêve.

Dans une lettre adressée mardi à l’envoyé des Nations unies pour le Yémen, Chaiban a suggéré l’ouverture de cinq routes qui relient la ville à d’autres provinces, y compris deux voies qui figuraient dans la première proposition de Grundberg.

«Nous assurons que ces routes sont sûres, qu’elles répondent à la demande humanitaire et qu’elles sont pratiques pour la population», a-t-il annoncé.

L’envoyé des Nations unies pour le Yémen a déclaré que les délégués militaires du gouvernement yéménite et des Houthis qui se sont rencontrés à Amman cette semaine se sont à nouveau engagés à respecter la trêve en cessant les hostilités et les activités militaires pendant les célébrations de l’Eid. Les deux parties sont également convenues de travailler conjointement au respect de la trêve, à l’instauration de la confiance et à l’allègement des souffrances du peuple yéménite.

«Les parties sont convenues de poursuivre les discussions axées sur la prévention ou la réduction, dans la mesure du possible, des mouvements de personnel et d’équipements militaires, ainsi que sur les moyens d’exercer un contrôle opérationnel efficace afin de garantir que toutes les forces comprennent et respectent leurs responsabilités dans le cadre de la trêve», a déclaré Grundberg dans un communiqué.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le ministre saoudien des Affaires étrangères arrive au Caire pour rencontrer le président égyptien

 Le prince Faisal bin Farhan, ministre saoudien des Affaires étrangères. (SPA)
Le prince Faisal bin Farhan, ministre saoudien des Affaires étrangères. (SPA)
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  • Le Prince Faisal bin Farhan discutera des développements régionaux avec les responsables égyptiens
  • Il devrait rencontrer le président Abdel Fattah El-Sisi lundi et son homologue égyptien Badr Abdelatty, selon l'agence de presse saoudienne


LONDRES : Le prince Faisal ben Farhane, ministre saoudien des Affaires étrangères, est arrivé dimanche soir au Caire pour une visite officielle.

Il devrait rencontrer le président Abdel Fattah El-Sisi lundi et son homologue égyptien Badr Abdelatty, selon l'agence de presse saoudienne.

Le prince Fayçal discutera des moyens de renforcer les relations saoudo-égyptiennes dans divers secteurs, et les discussions porteront également sur les développements régionaux, a ajouté l'agence de presse saoudienne.


Soudan: plus de 100 morts dans des combats en une semaine au Darfour

Plus de 100 civils ont été tués en une semaine dans la province du Darfour-Nord, dans l'ouest du Soudan, où les combats entre l'armée et les paramilitaires se sont récemment intensifiés, ont indiqué dimanche à l'AFP deux sources médicales. (AFP)
Plus de 100 civils ont été tués en une semaine dans la province du Darfour-Nord, dans l'ouest du Soudan, où les combats entre l'armée et les paramilitaires se sont récemment intensifiés, ont indiqué dimanche à l'AFP deux sources médicales. (AFP)
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  • L'attaque a conduit à la mort des chefs militaires Moussa Saleh Daglo et Awad Moussa Saleh Daglo, selon un témoin qui a assisté aux enterrements
  • Ce témoin qui a requis l'anonymat a indiqué à l'AFP que le chef de l'administration locale, Bachir Barma Berkah, comptait également parmi les victimes

PORT-SOUDAN: Plus de 100 civils ont été tués en une semaine dans la province du Darfour-Nord, dans l'ouest du Soudan, où les combats entre l'armée et les paramilitaires se sont récemment intensifiés, ont indiqué dimanche à l'AFP deux sources médicales.

Un conflit oppose depuis avril 2023 l'armée aux paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR) qui contrôlent notamment les cinq capitales de la vaste région du Darfour.

Les FSR ont ensuite concentré leur offensive sur la région voisine du Kordofan mais des combats continuent sporadiquement au Darfour.

"51 civils ont été tués (samedi) dans des frappes de drones de l'armée sur el-Zurq", a indiqué une source médicale de l'hôpital de cette ville, précisant que l'attaque avait visé un marché et des zones civiles.

Cette ville de l'Etat du Darfour-Nord abrite la résidence de certains membres de la famille du général Mohamed Daglo, le chef des paramilitaires.

L'attaque a conduit à la mort des chefs militaires Moussa Saleh Daglo et Awad Moussa Saleh Daglo, selon un témoin qui a assisté aux enterrements.

Ce témoin qui a requis l'anonymat a indiqué à l'AFP que le chef de l'administration locale, Bachir Barma Berkah, comptait également parmi les victimes.

Centrale électrique bombardée 

Une autre source médicale a fait état de 63 civils tués et 57 blessés à Kernoi dans des attaques attribuées cette fois aux FSR.

Située à environ 170 km à l'ouest d'El-Zurq, Kernoi est tenue par des forces alliées à l'armée.

Des sources locales ont indiqué que 17 personnes étaient également portées disparues à l'issue de ces attaques.

Depuis fin décembre, plus de 7.500 personnes ont fui les localités de Kernoi et la loclité proche d'Oum Barou, selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM).

Nombreux d'entres elles font partie de l'ethnie Zaghawa, ciblée par les FSR et dont certains membres ont combattu dans les rangs des forces alliées à l'armée.

Fin octobre, les FSR se sont emparées d'El-Facher, la dernière capitale du Darfour qui leur échappait encore, asseyant leur domination sur l'ensemble du Darfour. Elles ont alors été accusées par des ONG et témoins de nombreuses exactions.

Depuis, les paramilitaires ont mené des attaques près la frontière tchadienne où se trouve notamment Kernoi. Ils ont surtout dirigé leur offensive au Kordofan voisin, région centrale stratégique qui se trouve sur l'axe entre le Darfour et la capitale Khartoum, que l'armée a reprise en mars.

Les FSR encerclent notamment la ville d'el-Obeid, capitale du Kordofan-Nord, où le courant a été coupé dimanche après une frappe de drone qui a visé sa centrale électrique, selon la compagnie d'électricité nationale.

"La centrale d'el-Obeid a été la cible à l'aube d'une attaque de drones qui a provoqué un incendie (...) entraînant l'interruption de l'alimentation électrique", a déclaré l'entreprise Soudan Electricité, précisant que la défense civile tentait de maîtriser l'incendie. Elle a imputé l'attaque à la "milice", en référence aux FSR.

Le 31 décembre, des forces alliées à l'armée avaient annoncé la reprise aux FSR de plusieurs villes situées au sud d'el-Obeid.

Selon une source militaire, cette progression pourrait ouvrir la route entre el-Obeid et Dilling", une ville assiégée par les FSR du Kordofan-Sud, tout comme la capitale Kadougli.

Depuis mi-décembre, plus de 11.000 personnes ont fui les régions du Kordofan-Sud et Kordofan-Nord "en raison d'une recrudescence des violences", selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM).

Le conflit au Soudan a fait plusieurs dizaines de milliers de morts, déraciné des millions de personnes et provoqué ce que l'ONU qualifie de "pire crise humanitaire au monde".

Les différentes tentatives de médiation pour mettre fin aux combats ont échoué.

 


Liban: deux morts dans une frappe israélienne 

Deux personnes ont été tuées dimanche dans un bombardement israélien sur le sud du Liban, ont annoncé les autorités libanaises, Israël indiquant de son côté avoir visé un membre du Hezbollah. (AFP)
Deux personnes ont été tuées dimanche dans un bombardement israélien sur le sud du Liban, ont annoncé les autorités libanaises, Israël indiquant de son côté avoir visé un membre du Hezbollah. (AFP)
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  • Le ministère de la Santé libanais a précisé que les deux personnes avaient été tuées dans une "frappe de l'ennemi israélien sur leur véhicule" près de la ville de Jmaijmeh, à 10 kilomètres de la frontière avec Israël
  • L'armée israélienne a de son côté déclaré dans un communiqué avoir "frappé" un membre du Hezbollah dans la zone, "en réponse à la violation continue du cessez-le-feu par le Hezbollah", qu'elle accuse de se réarmer

BEYROUTH: Deux personnes ont été tuées dimanche dans un bombardement israélien sur le sud du Liban, ont annoncé les autorités libanaises, Israël indiquant de son côté avoir visé un membre du Hezbollah.

Malgré un cessez-le-feu qui a mis fin en novembre 2024 à plus d'un an d'hostilités, l'armée israélienne continue de mener régulièrement des frappes sur le territoire libanais, disant viser le mouvement islamiste pro-iranien.

Le ministère de la Santé libanais a précisé que les deux personnes avaient été tuées dans une "frappe de l'ennemi israélien sur leur véhicule" près de la ville de Jmaijmeh, à 10 kilomètres de la frontière avec Israël.

L'armée israélienne a de son côté déclaré dans un communiqué avoir "frappé" un membre du Hezbollah dans la zone, "en réponse à la violation continue du cessez-le-feu par le Hezbollah", qu'elle accuse de se réarmer.

Sous forte pression américaine et la crainte d'une intensification des bombardements israéliens, Beyrouth s'est engagé à désarmer le Hezbollah, sorti très affaibli de la guerre meurtrière avec Israël.

L'armée libanaise s'était engagée à démanteler d'ici la fin de l'année 2025 les structures militaires du Hezbollah - qui s'y oppose - entre la frontière israélienne et le fleuve Litani, à une trentaine de kilomètres plus au nord.

Une réunion gouvernementale est prévue jeudi pour un point sur la situation. Une autre est aussi prévue dans la semaine du comité de surveillance du cessez-le-feu, qui comprend en plus du Liban et d'Israël, les Etats-Unis, la France et l'ONU.

Le ministre israélien des Affaires étrangères Gideon Saar a salué dimanche sur X les "efforts" du gouvernement et de l'armée libanaise, ajoutant toutefois qu'ils étaient "loin d'être suffisants".

Au moins 350 personnes ont été tuées par des tirs israéliens au Liban depuis le cessez-le-feu, selon un bilan de l'AFP basé sur les chiffres du ministère libanais de la Santé.