Des marionnettes au secours du rhinocéros le plus menacé

Dans un petit village de pêcheurs indonésien, un homme avec une fausse tête de rhinocéros sur la sienne donne un spectacle de marionnettes devant un groupe d'enfants très attentifs. (AFP)
Dans un petit village de pêcheurs indonésien, un homme avec une fausse tête de rhinocéros sur la sienne donne un spectacle de marionnettes devant un groupe d'enfants très attentifs. (AFP)
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Publié le Jeudi 07 juillet 2022

Des marionnettes au secours du rhinocéros le plus menacé

  • Les rhinocéros de Java, un animal à une corne qui peut peser jusqu'à deux tonnes et est couvert d'une peau épaisse comme une armure, se comptaient autrefois par milliers en Asie du Sud-Est
  • Après des années de chute de la population de l'espèce, on estime que 75 rhinocéros de Java vivent encore dans le sanctuaire d'Ujung Kulon, une réserve à l'extrême Ouest de l'île de Java

INDRAMAYU: Dans un petit village de pêcheurs indonésien, un homme avec une fausse tête de rhinocéros sur la sienne donne un spectacle de marionnettes devant un groupe d'enfants très attentifs.

Samsudin, un ancien professeur, leur explique avec ses marionnettes d'animaux en carton, des blagues et des voix drolatiques, comment le rhinocéros de Java, le plus rare au monde, est devenu une espèce en danger d'extinction.

L'Indonésien de 50 ans encourage ces enfants d'un village de Java occidentale à imiter les animaux, puis leur enseigne l'importance de préserver la forêt tropicale de l'archipel d'Asie du Sud-Est et la faune unique qu'elle recèle.

"Je veux qu'ils sachent que les rhinocéros ont besoin de forêts préservées et que les humains ne sont pas les seules créatures sur terre", dit-il à l'AFP.

"Je veux que les enfants apprécient la nature et deviennent des adultes conscients des ressources naturelles et qui en prennent soin".

Les rhinocéros de Java, un animal à une corne qui peut peser jusqu'à deux tonnes et est couvert d'une peau épaisse comme une armure, se comptaient autrefois par milliers en Asie du Sud-Est.

Mais quelques dizaines d'individus seulement subsistent aujourd'hui, victimes de braconnage et d'un habitat naturel réduit à peau de chagrin.

Après des années de chute de la population de l'espèce, on estime que 75 rhinocéros de Java vivent encore dans le sanctuaire d'Ujung Kulon, une réserve à l'extrême Ouest de l'île de Java.

«Avant qu'il ne soit trop tard»

Samsudin, qui comme de nombreux Indonésiens n'a qu'un nom, a décidé de se consacrer à la préservation de ce mammifère et à d'autres espèces en 2014.

Depuis, il voyage à travers l'archipel sur son vieux vélo, pour donner gratuitement des spectacles de marionnettes pour enfants mettant en scène des animaux.

"Je veux qu'ils connaissent les rhinocéros avant qu'il ne soit trop tard. Je ne veux pas qu'ils voient des rhinocéros seulement dans les livres et les films d'animation".

Samsudin fabrique ses marionnettes avec du carton, qui est disponible partout, et parce qu'il refuse d'utiliser du cuir, le matériau traditionnel, à cause de ses convictions écologiques.

Les histoires visuelles qu'il raconte rendent le message plus facile à comprendre pour les enfants et créent un lien fort entre le conteur et son audience.

"Les enfants ont une capacité de concentration assez courte, je dois être créatif pour les empêcher d'être distraits par autre chose, comme les téléphones mobiles".

La préservation des rhinocéros est difficile à cause de la longue période de gestation des rhinocéros et leur tendance à parcourir de grandes distances, ce qui éloigne souvent les mâles et les femelles à la période de la reproduction.

Samsudin se bat aussi contre les clichés qui représentent les rhinocéros comme bêtes et paresseux.

"Les rhinocéros sont timides et ont une apparence inhabituelle, mais il n'en reste plus que quelques uns dans le monde, donc je veux redresser leur image et faire comprendre qu'il s'agit de créatures sages et spéciales".

«Suivre mes pas»

Après une interruption pour cause de pandémie de coronavirus, Samsudin a repris récemment la route pour donner des représentations.

Son spectacle a le rhinocéros de Java comme personnage principal, avec un macaque et un tigre de Sumatra pour compagnons, et un chasseur qui fait figure de méchant.

"C'était très drôle. J'ai appris de nouvelles choses. L'histoire nous a appris à ne pas jeter de déchets partout et à prendre soin de la nature", dit Gelar Dwi Titar Syahputro, un élève qui a regardé le spectacle avec ses amis, ravis.

Samsudin voudrait que sa jeune audience l'imite un jour, et rejoigne sa mission d'éduquer le public sur l'environnement en utilisant le folklore.

"J'espère que parmi les centaines d'enfants que j'ai rencontrés, un ou deux va suivre mes pas et diffuser ce message de préservation de la nature".


Les Etats-Unis vont retirer la Syrie de leur liste des Etats soutenant le terrorisme

L'adoubement d'Ahmed al-Chareh par Donald Trump intervient malgré les réticences d'Israël, qui a mené à plusieurs reprises des frappes aériennes en Syrie. (AFP)
L'adoubement d'Ahmed al-Chareh par Donald Trump intervient malgré les réticences d'Israël, qui a mené à plusieurs reprises des frappes aériennes en Syrie. (AFP)
  • Cette annonce survient après la rencontre en marge du sommet de l'Otan en Turquie entre Donald Trump et Ahmed al-Chareh, un ancien djihadiste devenu président de la Syrie après le coup d'Etat contre le régime de Bachar al-Assad en décembre 2024
  • "C'est un autre pas historique de la part du président Trump pour donner au peuple syrien une chance de grandeur", a déclaré Marco Rubio dans un communiqué

WASHINGTON: Les Etats-Unis ont annoncé mercredi qu'ils allaient retirer la Syrie de leur liste noire des pays accusés de soutenir le terrorisme, une classification vieille de plusieurs dizaines d'années qui limitait les investissements dans ce pays.

Le secrétaire d'Etat Marco Rubio a officiellement informé le Congrès de cette décision attendue de longue date, qui sera effective dans 45 jours, à moins que les parlementaires ne choisissent, de manière inattendue, de la bloquer.

Cette annonce survient après la rencontre en marge du sommet de l'Otan en Turquie entre Donald Trump et Ahmed al-Chareh, un ancien djihadiste devenu président de la Syrie après le coup d'Etat contre le régime de Bachar al-Assad en décembre 2024.

"C'est un autre pas historique de la part du président Trump pour donner au peuple syrien une chance de grandeur", a déclaré Marco Rubio dans un communiqué.

"Lever les sanctions contre la Syrie va débloquer le commerce international et les investissements, donner à la Syrie une chance de se reconstruire, et ouvrir un nouveau chapitre pour le peuple syrien", a-t-il poursuivi.

L'adoubement d'Ahmed al-Chareh par Donald Trump intervient malgré les réticences d'Israël, qui a mené à plusieurs reprises des frappes aériennes en Syrie.

Le président américain avait auparavant publiquement poussé en faveur d'un accord de paix entre Israël et la Syrie, mais a finalement choisi de lever cette classification malgré l'absence de progrès dans les négociations.

Dans son communiqué, Marco Rubio a expliqué que cette décision avait été prise après avoir reçu des "assurances formelles" de la part d'Ahmed al-Chareh selon lesquelles "la Syrie ne soutiendra pas d'actes de terrorisme international à l'avenir".

Il a soutenu qu'une "Syrie stable, unifiée et en paix avec elle-même et avec ses voisins ne sera pas seulement bénéfique pour la région, mais pour le monde entier".

Donald Trump avait commencé à lever la plupart des sanctions contre la Syrie il y a un an, après que la Turquie et l'Arabie saoudite l'ont encouragé à rencontrer Ahmed al-Chareh.

"Il fait un travail incroyable pour unifier la Syrie", a affirmé le président américain à son sujet lors de la rencontre à Ankara.

La Syrie était sur la liste américaine des pays accusés de soutenir le terrorisme depuis sa création en 1979.

Après cette décision, seuls l'Iran, la Corée du Nord et Cuba demeurent sur cette liste.

 


Trump affirme que le cessez-le-feu avec l'Iran est « terminé»

Le président américain Donald Trump s'exprime lors d'une rencontre avec le secrétaire général de l'Otan, en marge du sommet de l'Alliance à Ankara, le 8 juillet 2026. (AFP)
Le président américain Donald Trump s'exprime lors d'une rencontre avec le secrétaire général de l'Otan, en marge du sommet de l'Alliance à Ankara, le 8 juillet 2026. (AFP)
  • Donald Trump affirme que le dossier iranien est « terminé » pour lui, tout en laissant la porte ouverte à une reprise des négociations par ses émissaires
  • Les tensions restent vives entre Washington et Téhéran, sur fond de frappes, de représailles militaires et d'accusations mutuelles de violation du cessez-le-feu

ANKARA: Le président américain Donald Trump a affirmé mercredi à Ankara que le cessez-le-feu avec l'Iran était "terminé", ouvrant toutefois la porte à une reprise éventuelle des discussions.

"En ce qui me concerne, c'est terminé", a-t-il lancé au deuxième jour d'un sommet de l'Otan.

"C'est juste une perte de temps de discuter avec eux, ce sont des menteurs", a-t-il ajouté.

Le locataire de la Maison Blanche a toutefois laissé entendre que les négociateurs pourraient poursuivre les discussions, après l'avoir consulté.

Jared Kushner et Steve Witkoff sont "de bons négociateurs, ils veulent négocier", a-t-il ainsi affirmé, mais "ils doivent revenir vers moi".

Le président américain n'a pas eu de mots assez durs contre les dirigeants iraniens qu'il a qualifiés d'"ordures" avec qui il refusait désormais de discuter.

"Je ne veux plus avoir affaire à eux, ce sont des ordures. (...) ce sont des malades", a-t-il encore affirmé .

"Ils sont vicieux, ce sont des gens violents, et s'ils avaient l'arme nucléaire, ils l'utiliseraient", a-t-il ajouté, aux côtés du secrétaire général de l'Otan Mark Rutte, affirmant avoir pourtant obtenu un accord avec l'Iran.

"Tout le monde est d'accord : pas d'arme nucléaire. On passe un marché. Ils sortent, plaisantent devant la presse, ils disent qu'on n'en a même jamais parlé. Il y a quelque chose qui ne tourne pas rond chez eux, ils sont fous", a-t-il encore déclaré.

Les Etats-Unis ont frappé plus de 80 cibles en Iran en riposte à des tirs iraniens sur des navires commerciaux dans le détroit d'Ormuz, déclenchant mercredi des représailles de Téhéran qui a dit avoir attaqué des bases américaines au Koweït et à Bahreïn.

Washington a également rétabli ses sanctions économiques sur le pétrole iranien après les attaques de navires. Les deux camps s'accusent de violer leur protocole d'accord, signé le 17 juin pour mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février par l'offensive américano-israélienne contre la République islamique.


Les Etats-Unis réinstaurent leurs sanctions sur le pétrole iranien, dénoncent les actes de Téhéran dans le détroit d'Ormuz

Les Etats-Unis ont réinstauré mardi leurs sanctions économiques sur le pétrole iranien en raison des actes "totalement inacceptables" de Téhéran à Ormuz, selon Washington, après plusieurs attaques de navires dans le détroit. (AFP)
Les Etats-Unis ont réinstauré mardi leurs sanctions économiques sur le pétrole iranien en raison des actes "totalement inacceptables" de Téhéran à Ormuz, selon Washington, après plusieurs attaques de navires dans le détroit. (AFP)
  • Le ministère américain des Finances, qui gère les sanctions, venait de publier un document interdisant les "nouvelles transactions" d'hydrocarbures iraniens à compter du jour même
  • Il s'agit d'un brusque revirement: fin juin, Washington avait suspendu jusqu'au 21 août son embargo sur le pétrole iranien dans le cadre du protocole d'accord avec Téhéran visant à mettre fin aux hostilités au Moyen-Orient

WASHINGTON: Les Etats-Unis ont réinstauré mardi leurs sanctions économiques sur le pétrole iranien en raison des actes "totalement inacceptables" de Téhéran à Ormuz, selon Washington, après plusieurs attaques de navires dans le détroit.

"Les agissements de l'Iran dans le détroit sont totalement inacceptables aux yeux des Etats-Unis et ne resteront pas impunis", a commenté un responsable gouvernemental américain auprès de l'AFP, sous le couvert de l'anonymat.

Le ministère américain des Finances, qui gère les sanctions, venait de publier un document interdisant les "nouvelles transactions" d'hydrocarbures iraniens à compter du jour même.

Il s'agit d'un brusque revirement: fin juin, Washington avait suspendu jusqu'au 21 août son embargo sur le pétrole iranien dans le cadre du protocole d'accord avec Téhéran visant à mettre fin aux hostilités au Moyen-Orient.

La guerre a été déclenchée fin février par des bombardements israélo-américains sur l'Iran. La République islamique avait riposté en frappant Israël et des intérêts américains dans les pays du Golfe, mais aussi en bloquant la navigation dans le très stratégique détroit d'Ormuz, ce qui a fait flamber les prix du pétrole, depuis retombés.

Le protocole d'accord prévoyait la reprise du trafic maritime dans le détroit, où plusieurs navires ont récemment subi des attaques.

Le Qatar et l'Arabie saoudite ont imputé à Téhéran la responsabilité de deux d'entre elles.

Le document publié mardi par les autorités américaines permet aux transactions conclues après le 21 juin d'être finalisées. La date limite est le 17 juillet.