Burkina: Compaoré, ex-président putschiste renversé par la rue

Un homme tient une affiche de l'ancien président du Burkina Faso Blaise Compaoré, devant l'aéroport de Ouagadougou le 7 juillet 2022. (Photo, AFP)
Un homme tient une affiche de l'ancien président du Burkina Faso Blaise Compaoré, devant l'aéroport de Ouagadougou le 7 juillet 2022. (Photo, AFP)
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Publié le Jeudi 07 juillet 2022

Burkina: Compaoré, ex-président putschiste renversé par la rue

Un homme tient une affiche de l'ancien président du Burkina Faso Blaise Compaoré, devant l'aéroport de Ouagadougou le 7 juillet 2022. (Photo, AFP)
  • Après six mois d'audience, le tribunal militaire de Ouagadougou a condamné en avril Blaise Compaoré par contumace à la prison à perpétuité pour son rôle dans l'assassinat de Sankara
  • Compaoré a épargné la violence de groupes djihadistes qui ont commencé à déstabiliser les pays du Sahel dans les années 2000

OUAGADOUGOU: L'ancien président du Burkina Faso Blaise Compaoré, rentré jeudi à Ouagadougou après huit ans d'exil en Côte d'Ivoire, avait pris le pouvoir en 1987 par un putsch et a régné sans partage pendant 27 ans, avant d'être poussé au départ par la rue. 

Au lendemain de violentes émeutes populaires et sous la pression de l'armée et de l'opposition, Blaise Compaoré avait dû se résoudre à partir en octobre 2014. 

Militaire de carrière, il avait pris le pouvoir en 1987 lors d'un putsch au cours duquel a été tué l'homme fort d'alors, Thomas Sankara, dont il était un ami d'enfance et le plus proche compagnon: il l'avait aidé à prendre le pouvoir par la force quatre ans auparavant. 

Après six mois d'audience, le tribunal militaire de Ouagadougou a condamné en avril Blaise Compaoré par contumace à la prison à perpétuité pour son rôle dans l'assassinat de Sankara. 

Né le 3 février 1951 à Ouagadougou, appartenant à l'ethnie mossi --la plus importante du pays-- le « beau Blaise », comme il était surnommé en raison d'un physique avantageux, homme discret parlant peu, grand amateur de football, a 36 ans lorsqu'il prend le pouvoir. 

Après la « rectification » au début de son règne, destinée à tourner la page des années Sankara et marquée par l'élimination d'opposants, Blaise Compaoré quitte l'uniforme et, en 1991, rétablit le multipartisme. 

Il a modifié par deux fois la Constitution: en 1991, pour instaurer l'élection du président pour un mandat de sept ans renouvelable « une fois », expression supprimée en 1997 permettant ainsi un exercice du pouvoir à vie. 

Mais « l'affaire Zongo », du nom d'un journaliste retrouvé mort avec trois autres personnes alors qu'il enquêtait sur un meurtre impliquant le frère du président, provoque une grave crise politique peu après sa réélection en 1998. 

En 2000, la Constitution est de nouveau amendée: le septennat devient quinquennat, renouvelable « une fois ». 

Le Conseil constitutionnel autorise toutefois la candidature de Blaise Compaoré en 2005, au nom de la non-rétroactivité d'une révision de la Loi fondamentale. 

M. Compaoré devait terminer en 2015 son second quinquennat, après avoir effectué deux septennats (1992-2005). 

Le projet de loi qui a enflammé le Burkina prévoyait de faire passer de deux à trois le nombre maximum de quinquennats présidentiels. 

Selon ses détracteurs, ce changement aurait permis au président du « pays des hommes intègres » de rester quinze ans de plus au sommet de l'Etat. 

Depuis la chute de Compaoré, instabilité politique et crise sécuritaire

Depuis la chute de l'ancien président Blaise Compaoré, renversé par la rue en octobre 2014 après 27 ans au pouvoir, le Burkina Faso a connu deux putschs et s'est enfoncé dans une crise sécuritaire marquée par des attaques djihadistes meurtrières qui se multiplient. 

Voici les principaux évènements depuis la chute de Compaoré. 

17 septembre 2015, un coup d'Etat manqué 

Moins d'un an après le départ de Blaise Compaoré en exil en Côte d'Ivoire, des soldats de sa garde rapprochée tentent de renverser le gouvernement de transition en place. 

Lors de cette tentative, le général Gilbert Diendéré prend la tête d'un Conseil national pour la démocratie, organe dirigeant des putschistes. 

Mais quelques jours plus tard, sous la pression populaire et face à l'armée loyaliste, il rend le pouvoir et se met à disposition de la justice. 

Ce très proche de Blaise Compaoré est condamné à vingt ans de prison pour cette tentative de coup d'Etat et est toujours emprisonné. 

29 novembre 2015, élection de Kaboré 

Elu avec 53,49% des voix, Roch Marc Christian Kaboré donne l'image d'un homme consensuel, capable de rassembler tant des anciens du régime Compaoré que des opposants. 

L'arrivée au pouvoir de cet ancien banquier vient clore la transition post-Compaoré et suscite de grands espoirs de changement. 

Il est le troisième chef d'Etat civil sur les neuf de ce pays dont l'histoire est ponctuée par les coups d'Etat. 

2015-2022, spirale de violences djihadistes 

Dès son arrivée au pouvoir, M. Kaboré est confronté à une recrudescence d'attaques djihadistes. 

Pendant son règne, Blaise Compaoré était soupçonné d'avoir conclu avec les groupes armés un pacte de non-agression pour préserver son pays des attaques. 

En janvier 2016, Ouagadougou est frappée par un attentat contre un hôtel et un restaurant faisant 30 morts, majoritairement des étrangers. En août 2017, 21 personnes meurent dans une autre attaque dans la capitale. 

Dès lors, les attaques des mouvements liés aux groupes djihadistes Al-Qaïda et Etat islamique se multiplient, contre des civils et contre des militaires, sur l'ensemble du territoire, en particulier dans l'est et le nord. 

Réélu pour cinq ans en 2020, Roch Kaboré promet de faire de la lutte contre le terrorisme une priorité. 

Mais les massacres s'intensifient dans le nord: en juin 2021 au moins 132 civils sont tués à Solhan et, en décembre de la même année, 57 personnes --dont 53 gendarmes-- meurent à Inata dans une nouvelle offensive djihadiste. 

24 janvier 2022, coup d'Etat réussi 

Impuissant face à cette recrudescence de violences, le président Kaboré est renversé par un putsch militaire dirigé par le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo. 

Il est rapidement confronté à son tour à une recrudescence d'attaques à l'image du massacre de 86 civils à Seytenga (nord) en juin. 

6 avril 2022, fin du procès pour l'assassinat de Sankara 

Près de 35 ans après la mort de l'ancien président burkinabè Thomas Sankara, tué dans un coup d'Etat en 1987, un tribunal militaire condamne Blaise Compaoré, qui avait pris le pouvoir lors de ce putsch, à perpétuité. Gilbert Diendéré, déjà en prison, écope de la même peine. 

Pacte avec les djihadistes  

Blaise Compaoré, qui figurait en sixième position des présidents africains en termes de longévité, est crédité d'avoir placé son petit pays enclavé au cœur de la diplomatie africaine, en s'imposant comme l'un des grands médiateurs dans les crises qui agitent le continent. 

Il lui a également épargné la violence de groupes djihadistes qui ont commencé à déstabiliser les pays du Sahel dans les années 2000. 

Pour y parvenir, il est accusé d'avoir passé un pacte avec ces groupes afin de préserver son pays des attaques djihadistes, aujourd'hui de plus en plus nombreuses et meurtrières. 

Pendant son règne, il dispose d'une solide image à l'étranger, notamment en France, malgré des trafics d'armes et de diamants avec les insurrections angolaise et sierra-léonaise épinglés par l'ONU, ou sa proximité avec le défunt « Guide » libyen Mouammar Kadhafi et le dictateur libérien Charles Taylor. 

C'est surtout en interne que le pouvoir du dirigeant burkinabè a été le plus sérieusement contesté. 

De mars à juin 2011, la quasi-totalité des casernes, y compris la garde prétorienne du chef de l'Etat, se sont mutinées, parallèlement à des manifestations populaires, ébranlant le régime et forçant le président à quitter momentanément la capitale. 

« Son entourage et lui lisent très mal les mutations psychologiques et sociales de la population. Ils continuent à penser que les choses sont comme dans le passé et qu'il est toujours assez fort. Mais en réalité, la confiance, le soutien dont il bénéficiait se sont estompés », estimait alors le politologue burkinabè Siaka Coulibaly. 

L'ex-président a notamment sous-estimé la lassitude d'une grande partie de la jeunesse, dans un pays où la majorité des vingt millions d'habitants ont moins de 25 ans et n'avaient jamais connu d'autre régime que le sien. 


Deux minutes de nuit en plein jour: une partie de l'Europe va vivre une éclipse solaire totale

Des millions d'Européens et de passionnés du monde entier contempleront mercredi le ciel avec émerveillement lors d'une rare éclipse solaire totale qui plongera très brièvement le nord de l'Espagne dans l'obscurité en plein jour. (AFP)
Des millions d'Européens et de passionnés du monde entier contempleront mercredi le ciel avec émerveillement lors d'une rare éclipse solaire totale qui plongera très brièvement le nord de l'Espagne dans l'obscurité en plein jour. (AFP)
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  • L'alignement parfait du soleil et de la lune plonge le monde dans une inquiétante obscurité violacée, les températures flanchent. Désorientés, les animaux adoptent un comportement inhabituel
  • Mais le spectacle sera fugace: la durée de l'éclipse en phase de totalité, soit quand la lune couvrira entièrement le soleil, durera un peu moins de deux minutes en Espagne

BURGOS: Des millions d'Européens et de passionnés du monde entier contempleront mercredi le ciel avec émerveillement lors d'une rare éclipse solaire totale qui plongera très brièvement le nord de l'Espagne dans l'obscurité en plein jour.

Ce phénomène astronomique rare, le premier du genre en Europe depuis 2006, démarrera en Russie autour de 17H00 GMT, puis traversera l'hémisphère Nord et passera au-dessus du Groenland avant de traverser l'océan Atlantique.

En plus d'une partie de l'Islande, l'éclipse sera surtout totale dans une bande traversant l'Espagne, d'Oviedo à Palma de Majorque en passant par Burgos, au nord de Madrid, avant de disparaître vers 18H30 GMT.

Au-delà de cette bande, elle sera seulement partielle, ce qui sera le cas pour la France, mais aussi au Canada, dans le nord de l'Afrique de l'Ouest et des Etats-Unis.

L'alignement parfait du soleil et de la lune plonge le monde dans une inquiétante obscurité violacée, les températures flanchent. Désorientés, les animaux adoptent un comportement inhabituel.

Mais le spectacle sera fugace: la durée de l'éclipse en phase de totalité, soit quand la lune couvrira entièrement le soleil, durera un peu moins de deux minutes en Espagne.

Dans son ensemble il sera toutefois beaucoup plus long, aux environs de deux heures. Car il va commencer par une éclipse partielle, avant l'éclipse totale donc, puis de nouveau une éclipse partielle.

Ciel dégagé attendu 

Le phénomène doit permettre aux scientifiques d'étudier l'atmosphère du soleil et sa couche la plus externe, dans l'espoir de percer les secrets des vents solaires et du champ magnétique de notre étoile.

Ces derniers jours, un engouement considérable s'est emparé de l'Espagne à l'approche de l'événement, les derniers retardataires ayant du mal par endroits à se procurer les fameuses lunettes de protection certifiées permettant d'observer le soleil en toute sécurité.

"Je cherche depuis vendredi, mais je n'en trouve nulle part", se désole Mabel, une habitante de Barcelone, auprès de l'AFP

"Elles ne sont plus disponibles sur Amazon non plus, donc c'est impossible", poursuit-elle, dépitée.

A coup sûr, les chasseurs d'éclipse, ces inconditionnels qui se préparent depuis des mois, se précipiteront pour bénéficier de la meilleure vue possible.

Pour leur plus grand bonheur, et celui des amateurs intrigués, le ciel sera dégagé dans la soirée mercredi en Espagne, à quelques rares exceptions dans le nord et l'est du pays, a annoncé mardi l'agence météorologique nationale (Aemet).

L'Espagne, deuxième destination touristique mondiale, s'attend aussi à ce que l'éclipse donne un coup de pouce à son économie, en pleine période estivale, en particulier dans les régions rurales du Nord qui subissent depuis des décennies les effets du déclin démographique.

La contribution nette à l'économie est estimée à 347 millions d'euros, avec près de 450.000 touristes supplémentaires attendus dans les zones clés concernées par l'éclipse, selon le ministère de l'Économie à Madrid.

Afflux important de touristes 

Mais la perspective d'un afflux important de touristes étrangers suscite également l'inquiétude des autorités, peu habituées, qui appellent à la prudence.

En pleine vague de chaleur, les températures devraient dépasser les 35°C dans la majeure partie de l'Espagne et celles-ci pourraient grimper au‑dessus de 40°C dans certaines zones du nord‑est, faisant peser un risque sur la santé de ceux qui resteront plusieurs heures en plein air dans l'attente de l'éclipse.

L'Aemet a par ailleurs évoqué un risque d'incendie "très élevé" ou "extrême", au cœur d'un été marqué par des feux de forêt dévastateurs, un danger amplifié selon les experts par la présence annoncée de centaines de milliers de personnes dans des zones très arides et encombrant les petites routes de campagne avec leurs véhicules.

Jusqu'à 1,5 million de trajets routiers supplémentaires vers la bande de totalité sont attendus par les autorités.

Afin d'éviter des embouteillages massifs et tout autre trouble à l'ordre public, plusieurs régions et communes ont mis en place des points d'observation dédiés, tout en renforçant les effectifs de sécurité et de services de secours pour ce qui sera la première éclipse totale en Espagne continentale depuis plus d'un siècle.

Deux autres éclipses solaires seront cependant visibles dans d'autres régions de l'Espagne dans les deux prochaines années, l'extrême sud le 2 août 2027, puis dans une bonne partie sud du pays le 26 janvier 2028.


L'armée américaine dit avoir avoir tiré sur un navire qui violait son blocus des ports iraniens

L'armée américaine a annoncé mardi avoir tiré sur un navire battant pavillon du Panama qui tentait de s'approcher d'un port iranien en violation du blocus instauré par Washington. (AFP)
L'armée américaine a annoncé mardi avoir tiré sur un navire battant pavillon du Panama qui tentait de s'approcher d'un port iranien en violation du blocus instauré par Washington. (AFP)
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  • Un hélicoptère a tiré deux missiles sur la salle des machines du bateau cargo, le Vela Nova, après que son équipage a "ignoré" les avertissements américains
  • C'est la troisième fois que l'armée américaine utilise la force pour faire respecter son blocus des ports iraniens depuis sa remise en place le 14 juillet

WASHINGTON: L'armée américaine a annoncé mardi avoir tiré sur un navire battant pavillon du Panama qui tentait de s'approcher d'un port iranien en violation du blocus instauré par Washington.

Un hélicoptère a tiré deux missiles sur la salle des machines du bateau cargo, le Vela Nova, après que son équipage a "ignoré" les avertissements américains, précise le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient, le Centcom, dans un communiqué publié sur X.

C'est la troisième fois que l'armée américaine utilise la force pour faire respecter son blocus des ports iraniens depuis sa remise en place le 14 juillet. Depuis, les forces américaines affirment avoir redirigé 55 navires qui tentaient de passer.

Lors de la première mise en place du blocus, entre mi-avril et mi-juin, l'armée américaine avait tiré sur neuf navires et redirigé plus de 140 autres.


Trump assure que sa relation avec Netanyahu est "très bonne" en dépit des désaccords sur Gaza

Le président américain Donald Trump (à droite) accueille le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu (à gauche) à son arrivée à la résidence de Trump à Mar-a-Lago, à Palm Beach, en Floride, le 29 décembre 2025. (AFP)
Le président américain Donald Trump (à droite) accueille le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu (à gauche) à son arrivée à la résidence de Trump à Mar-a-Lago, à Palm Beach, en Floride, le 29 décembre 2025. (AFP)
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  • Donald Trump affirme que sa relation avec Benjamin Netanyahu reste « très bonne », malgré les désaccords sur la feuille de route américaine pour Gaza
  • Netanyahu refuse tout retrait israélien tant que le Hamas ne sera pas désarmé, tout en affirmant qu’Israël continuera à défendre ses propres positions face à Washington

WASHINGTON: Donald Trump a assuré lundi que sa relation avec Benjamin Netanyahu restait "très bonne", après que ce dernier a rejeté la dernière feuille de route américaine pour Gaza.

Le Premier ministre israélien avait déjà exprimé des réticences sur ce texte censé lancer la deuxième étape du plan de paix.

L'armée israélienne "n'effectuera aucun retrait tant que le Hamas ne sera pas véritablement désarmé", a déclaré Benjamin Netanyahu, qui tente de donner des gages à ses alliés d'extrême droite avant de délicates élections législatives en septembre.

Il a qualifié le président américain de "plus grand ami (d'Israël) à la Maison Blanche", tout en faisant comprendre qu'il était prêt à lui tenir tête: "Ils ont des idées, certaines nous conviennent et d'autres non, et nous savons défendre nos positions sur ces questions."

Les relations entre les deux dirigeants ont connu des difficultés au printemps.

Donald Trump, en des termes très virulents, a reproché en avril à Benjamin Netanyahu de saper des négociations en vue d'un cessez-le-feu avec l'Iran.