L'Occident a «échoué» à isoler la Russie au G20, selon la diplomatie russe

Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov s'entretient avec le secrétaire mexicain aux Affaires étrangères Marcelo Ebrard lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères du G20 à Nusa Dua, sur l'île balnéaire indonésienne de Bali, le 8 juillet 2022 (Photo, AFP).
Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov s'entretient avec le secrétaire mexicain aux Affaires étrangères Marcelo Ebrard lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères du G20 à Nusa Dua, sur l'île balnéaire indonésienne de Bali, le 8 juillet 2022 (Photo, AFP).
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Publié le Vendredi 08 juillet 2022

L'Occident a «échoué» à isoler la Russie au G20, selon la diplomatie russe

  • Cette réunion du G20, prélude au sommet des chefs d'Etat qui doit se tenir à Bali en novembre, a été marquée par une avalanche de critiques contre l'offensive que mène la Russie en Ukraine
  • Le conflit en Ukraine a conduit à un isolement diplomatique croissant de la Russie, qui fait l'objet de dures sanctions économiques occidentales

MOSCOU: Les pays occidentaux ont "échoué" à imposer un boycott de la Russie à la réunion du G20 en Indonésie, où l'offensive de Moscou en Ukraine a fait l'objet de vives critiques, a affirmé vendredi la diplomatie russe.

"Le plan du G7 pour boycotter la Russie au G20 a échoué. Personne n'a appuyé les régimes occidentaux", a déclaré sur Telegram la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova.

Mme Zakharova a aussi nié que le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov ait boudé des réunions lors du G20 à Bali, des participants affirmant pourtant que le ministre russe avait quitté plusieurs sessions lors desquelles l'intervention militaire de Moscou en Ukraine était critiquée.

La cheffe de la diplomatie allemande Annalena Baerbock a notamment déclaré que M. Lavrov avait passé "une grande partie des négociations non pas dans la salle, mais en dehors", preuve selon elle qu'il n'était "pas intéressé par la coopération internationale".

"Quelle absurdité totale", a riposté Mme Zakharova en réaction aux critiques de Mme Baerbock, affirmant que M. Lavrov avait assisté à des réunions dans la salle principale, avant d'avoir des entretiens bilatéraux avec ses homologues d'autres pays.

"Les citoyens allemands doivent savoir que leur ministre des Affaires étrangères (...)  est en train de leur mentir", a ajouté la porte-parole russe, coutumière des déclarations au vitriol.

Cette réunion du G20, prélude au sommet des chefs d'Etat qui doit se tenir à Bali en novembre, a été marquée par une avalanche de critiques contre l'offensive que mène la Russie en Ukraine depuis fin février.

Si elle n'a débouché sur aucune décision concrète, les participants y ont toutefois "exprimé leurs profondes inquiétudes à propos des conséquences humanitaires de la guerre" en Ukraine, a indiqué la ministre indonésienne des Affaires étrangères, Retno Marsudi, en clôturant la réunion.

Le conflit en Ukraine a conduit à un isolement diplomatique croissant de la Russie, qui fait l'objet de dures sanctions économiques occidentales.


L'échange Griner-Bout n'a pas mis fin à la «crise» russo-américaine

Américains et Russes s'accusent mutuellement de détenir leurs ressortissants respectifs à des fins politiques. Plusieurs échanges de prisonniers ont eu lieu ces dernières années. (AFP)
Américains et Russes s'accusent mutuellement de détenir leurs ressortissants respectifs à des fins politiques. Plusieurs échanges de prisonniers ont eu lieu ces dernières années. (AFP)
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  • Américains et Russes s'accusent mutuellement de détenir leurs ressortissants respectifs à des fins politiques
  • Selon M. Peskov, «le principal résultat c'est qu'un citoyen russe qui était prisonnier pendant 14 ans des Américains, de façon absolument illégale, a pu rentrer au pays»

MOSCOU: Le Kremlin a souligné vendredi que l'échange de prisonniers entre les Etats-Unis et la Russie impliquant la basketteuse américaine Brittney Griner et l'ex-marchand d'armes Viktor Bout n'avait pas mis fin à la "crise" entre les deux pays.

"Ces négociations concernaient uniquement l'échange, il est probablement incorrect de faire des conclusions hypothétiques disant que ce serait un pas vers une sortie de la crise que nos relations bilatérales traversent actuellement", a indiqué le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov.

"Nos relations bilatérales sont toujours dans un état déplorable", a-t-il ajouté, dans une interview au média russe Izvestia.

Selon M. Peskov, "le principal résultat" de cet échange, qui s'est déroulé jeudi, "c'est qu'un citoyen russe qui était prisonnier pendant 14 ans des Américains, de façon absolument illégale, a pu rentrer au pays".

Brittney Griner, 32 ans, qui avait été arrêtée en Russie en février pour des accusations de trafic de cannabis, et Viktor Bout, 55 ans, qui purgeait une peine de 25 ans dans une prison américaine, ont été échangés dans un aéroport aux Emirats arabes unis.

Un haut responsable américain a affirmé que la discussion avec Moscou était restée focalisée sur la libération de Brittney Griner, et les Etats-Unis l'ont fait savoir à l'Ukraine ainsi qu'à d'autres alliés.

Américains et Russes s'accusent mutuellement de détenir leurs ressortissants respectifs à des fins politiques. Plusieurs échanges de prisonniers ont eu lieu ces dernières années.


Londres sanctionne 30 personnalités et entités pour violations des droits humains

«C'est notre devoir de promouvoir des sociétés ouvertes et libres dans le monde», a déclaré le ministre des Affaires étrangères britannique James Cleverly, cité dans un communiqué
«C'est notre devoir de promouvoir des sociétés ouvertes et libres dans le monde», a déclaré le ministre des Affaires étrangères britannique James Cleverly, cité dans un communiqué
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  • Ces sanctions visent «des personnes corrompues, celles ayant violé et abusé les droits humains, ainsi que les auteurs de violences sexuelles dans des conflits», a détaillé le ministère
  • Londres cible aussi dix officiels iraniens liés au système judiciaire et carcéral du pays

LONDRES: Le Royaume-Uni a annoncé vendredi avoir sanctionné 30 entités ou personnalités originaires de 11 pays, dont l'Iran, la Russie, la Birmanie, la Serbie ou la Moldavie, "opprimant les libertés fondamentales dans le monde".

"C'est notre devoir de promouvoir des sociétés ouvertes et libres dans le monde. Aujourd'hui nos sanctions vont plus loin pour exposer ceux qui sont derrière les violations odieuses de nos droits les plus fondamentaux", a déclaré le ministre des Affaires étrangères britannique James Cleverly, cité dans un communiqué.

Elles visent "des personnes corrompues, celles ayant violé et abusé les droits humains, ainsi que les auteurs de violences sexuelles dans des conflits", a détaillé le ministère.


Mondial: le bourreau marocain du Portugal en 1986 prédit une nouvelle «surprise» samedi

L'entraîneur marocain # 00 Walid Regragui est projeté dans les airs alors que les joueurs marocains célèbrent leur victoire aux tirs au but lors du match de football des huitièmes de finale de la Coupe du monde Qatar 2022 entre le Maroc et l'Espagne au stade Education City d'Al-Rayyan, à l'ouest de Doha, en décembre. 6, 2022. (AFP)
L'entraîneur marocain # 00 Walid Regragui est projeté dans les airs alors que les joueurs marocains célèbrent leur victoire aux tirs au but lors du match de football des huitièmes de finale de la Coupe du monde Qatar 2022 entre le Maroc et l'Espagne au stade Education City d'Al-Rayyan, à l'ouest de Doha, en décembre. 6, 2022. (AFP)
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  • Abderrazak Khairi croit en un nouvel exploit des Lions de l'Atlas contre la bande à Cristiano Ronaldo, samedi en quart de finale du Mondial au Qatar
  • «Il n'y a pas d'impossible dans le football, c'est ça la magie de ce sport. Aujourd'hui, la sélection marocaine le prouve», avertit l'ex-attaquant marocain

RABAT: Son doublé contre le Portugal à la Coupe du Monde de 1986 au Mexique avait envoyé le Maroc au deuxième tour et la Seleçao à la maison: Abderrazak Khairi croit en un nouvel exploit des Lions de l'Atlas contre la bande à Cristiano Ronaldo, samedi en quart de finale du Mondial au Qatar.

"Face au Portugal, le Maroc est capable de créer la surprise", prédit l'ex-international marocain, principal artisan de la victoire surprise contre le Portugal (3-1) il y a 36 ans.

"La mission ne sera pas facile mais j'y crois", assure Khairi, 60 ans, dans un entretien téléphonique avec l'AFP à Rabat, depuis le Qatar, où il officie comme consultant auprès d'une chaîne arabe.

Le 11 juin 1986, il fut élevé au rang de héros après avoir crucifié les Portugais en inscrivant un doublé lors du dernier match de la phase de poules.

Un triomphe historique qui avait permis au Maroc de devenir la première équipe africaine et arabe à se hisser en huitièmes de finale d'une Coupe du monde. Si les hommes de Walid Regragui l'emportent samedi, les Lions de l'Atlas deviendront la première équipe africaine à atteindre la demi-finale d'un Mondial.

"Après les deux matches nuls contre la Pologne et l'Angleterre, la pression était à son comble", se remémore Khairi, qui jouait avec le numéro 17.

"Le Portugal était redoutable mais on portait les espoirs d'un peuple, d'un continent et de tout le monde arabe", témoigne l'ex-ailier gauche.

"Mentalement, ce n'était pas facile mais on voulait tout donner".

«Joie indescriptible»

Khairi, en état de grâce, avait ouvert le score à la 19e minute et doublé la marque huit minutes plus tard à peine, avant qu'Abdelkrim Merry, alias "Krimau", ne marque un troisième but à la 62e minute. La Seleçao avait sauvé l'honneur à la 80e par Diamantino Miranda.

Cet exploit, toujours vivace dans la légende du football marocain, est aujourd'hui évoqué par les fans qui rêvent d'une nouvelle victoire samedi, après avoir vu les Lions éliminer l'Espagne aux tirs au but en huitièmes de finale mardi.

"Quand j'ai marqué les deux buts, ma joie était indescriptible. Ces mêmes joueurs qu'on regardait à la télé, on a réussi à les battre", se souvient encore l'ancienne icône des FAR de Rabat, le club de l'armée marocaine dont il était devenu entraineur.

"Quand j'en parle, je suis instinctivement submergé d'un formidable flot d'émotions. Les souvenirs sont intacts, c'est comme si c'était hier", souffle-t-il.

Après la prouesse face aux Portugais, tout le Maroc avait jubilé comme il l'a fait après la victoire de mardi contre la Roja.

"Personne ne croyait en nous, mais on l'a fait !", exulte fièrement Khairi, tant d'années plus tard.

Le Maroc, dirigé alors par le brésilien José Faria, s'inclinera ensuite face à l'Allemagne au deuxième tour au Mexique, sur un coup franc de Lothar Matthäus à la 88e minute.

«Le plus loin possible»

Malgré la défaite, les Lions sont sortis de la compétition la tête haute.

"On a gagné l'amour du public et on a surtout ouvert la voie à une plus importante représentation des nations africaines en Coupe du monde", se félicite Abderrazak Khairi.

Au Mondial suivant, en Italie, le Cameroun est entré à son tour dans l'histoire en devenant la première équipe africaine à atteindre les quarts, avant le Sénégal en 2002.

En 2010, le Ghana a échoué à la porte des demi-finales lors d'un match épique, et controversé, contre l'Uruguay.

"Il n'y a pas d'impossible dans le football, c'est ça la magie de ce sport. Aujourd'hui, la sélection marocaine le prouve", avertit l'ex-attaquant marocain.

"Certes, cette équipe marocaine est différente (de la nôtre) car le football a beaucoup évolué en 36 ans, mais sa constante est la détermination et l'envie de représenter au mieux son pays", analyse-t-il, "et les joueurs le font à merveille".

Dernier facteur déterminant, les supporters: "Jouer dans un pays arabe avec une présence soutenue du public marocain est une bénédiction", reconnaît-il.

"J'espère qu'ils iront le plus loin possible !".