Succession de Boris Johnson: Huit candidats, dont l'ex-ministre de la Santé, dans la course

Le secrétaire britannique aux Transports, Grant Shapps, arrive au 10 Downing Street, dans le centre de Londres, le 7 juillet 2022, avant une réunion du nouveau cabinet du gouvernement (Photo, AFP).
Le secrétaire britannique aux Transports, Grant Shapps, arrive au 10 Downing Street, dans le centre de Londres, le 7 juillet 2022, avant une réunion du nouveau cabinet du gouvernement (Photo, AFP).
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Publié le Dimanche 10 juillet 2022

Succession de Boris Johnson: Huit candidats, dont l'ex-ministre de la Santé, dans la course

  • La compétition qui va s'ouvrir pour la tête du parti conservateur et donc Downing Street, les Tories étant majoritaires à la Chambre des Communes, pourrait durer plusieurs mois
  • Le secrétaire d'Etat aux Transports, Grant Shapps, a annoncé sa candidature en promettant un gouvernement « stratégique» et « sobre»

LONDRES: Trois nouveaux prétendants de haut rang à la succession du Premier ministre britannique sont entrés dans la course samedi soir, dont l'ex-ministre de la Santé Savid Javid, ce qui porte à huit le nombre de postulants.

Outre M. Javid, se sont portés candidats le nouveau ministre des Finances Nadhim Zahawi et l'ancien ministre des Affaires étrangères et de la Santé, Jeremy Hunt, qui avait affronté Boris Johnson en 2019 pour la direction du parti conservateur.

Ils avaient été précédés par l'actuel secrétaire d'Etat britannique aux Transports alors que le ministre de la Défense Ben Wallace a décidé de ne pas se présenter.

L'ex-ministre des Finances Rishi Sunak figure parmi les poids lourds entrés en course.

Deux jours après l'annonce de la démission de Boris Johnson, 58 ans, affaibli par les scandales et terrassé par la démission de M. Sunak qui en a entraîné d'autres, ses potentiels successeurs continuent à dévoiler leurs intentions.

La compétition qui va s'ouvrir pour la tête du parti conservateur et donc Downing Street, les Tories étant majoritaires à la Chambre des Communes, pourrait durer plusieurs mois.

Le secrétaire d'Etat aux Transports, Grant Shapps, a annoncé sa candidature en promettant un gouvernement "stratégique" et "sobre". Député expérimenté qui a fait ses premières armes au cabinet de l'ex-Premier ministre David Cameron en 2010, il ne fait pas partie des favoris des sondages.

Pas plus que trois autres candidats eux aussi déclarés, l'ex-secrétaire d'Etat à l'Egalité Kemi Badenoch, la procureure générale Suella Braverman et le député Tom Tugendhat.

En revanche, l'ex-ministre des Finances Rishi Sunak, 42 ans, a été vendredi le premier prétendant d'envergure à lancer sa candidature, dans une vidéo particulièrement léchée, au point d'alimenter des suspicions de candidature préparée de longue date et de trahison.

Dans ce clip qui a fait sept millions de vues samedi, M. Sunak promet de "restaurer la confiance", "reconstruire l'économie et réunifier le pays".

Faisant longtemps figure de favori pour entrer à Downing Street si Boris Johnson chutait, Rishi Sunak s'était trouvé nettement affaibli il y a quelques mois après la révélation de l'avantageux statut fiscal dont bénéficiait sa richissime épouse, qui lui permettait d'éviter de payer au fisc britannique des impôts sur ses revenus à l'étranger.

Il avait aussi pâti d'une réponse jugée insuffisante dans l'opinion face à la crise du coût de la vie, dans un Royaume-Uni en proie à une inflation au plus haut depuis 40 ans (plus de 9%).

L'annonce de sa candidature, à laquelle plusieurs députés se sont immédiatement ralliés, a semble-t-il créé un rebond: un sondage vendredi pour Channel 4 auprès de 493 membres du parti le donne candidat préféré des conservateurs (25%), devant la ministre des Affaires étrangères Liz Truss (21%) qui ne s'est pas encore déclarée.

Reste que les fidèles de Boris Johnson n'ont pas digéré l'attitude de M. Sunak, le Financial Times évoquant samedi une "énorme colère" à son égard au sein de l'équipe du Premier ministre sortant.

Rishi Sunak avait été l'un des premiers à quitter le gouvernement mardi soir, apparemment sans même prévenir Boris Johnson, avec le ministre de la Santé Sajid Javid. Ces deux démissions quasi-simultanées avaient déclenché une hémorragie politiquement fatale au héros du Brexit.

Relèvement des seuils

L'état du parti laisse augurer une compétition très ouverte, dans laquelle la secrétaire d'Etat au Commerce extérieur Penny Mordaunt, qui ne s'est pas déclarée, et Sajid Javid font aussi figure de sérieux concurrents.

Un autre poids lourd qui figurait parmi les favoris, le ministre de la Défense Ben Wallace, a en revanche décidé samedi de ne pas se présenter.

Malgré de nombreux soutiens, et un rôle de premier plan dans la politique britannique à l'égard de l'Ukraine, M. Wallace a expliqué vouloir se concentrer sur sa tâche actuelle et "assurer la sécurité du pays".

Dans un contexte de crise du coût de la vie, la fiscalité devrait jouer un rôle important dans la compétition, et jusqu'à une quinzaine de candidatures sont anticipées au total.

Face à la perspective d'un tel afflux, un relèvement du nombre des parrainages et des votes requis dans la première partie du processus de désignation est envisagé, a expliqué un membre du Comité 1922, chargé de l'organisation interne du parti. Et ce afin que les deux finalistes puissent être connus d'ici deux semaines, avant la trêve parlementaire estivale qui commence le 22 juillet.

Le vote final des adhérents du parti conservateur - 160.000 votants lors de la dernière élection interne de 2019 - interviendrait ensuite d'ici la rentrée, selon le scénario qui semble se détacher dans la presse britannique.

En annonçant sa démission, Boris Johnson a indiqué qu'il comptait rester à Downing Street jusqu'à ce que le nouveau chef du parti soit élu.


Les Etats-Unis frappent l'Iran pour la troisième nuit de suite et vont rétablir le blocus des ports

Les Etats-Unis ont mené une troisième nuit consécutive de frappes contre l'Iran, avant le rétablissement prévu mardi du blocus naval des ports iraniens, même si Donald Trump suggère qu'un accord avec Téhéran est encore "possible". (AFP)
Les Etats-Unis ont mené une troisième nuit consécutive de frappes contre l'Iran, avant le rétablissement prévu mardi du blocus naval des ports iraniens, même si Donald Trump suggère qu'un accord avec Téhéran est encore "possible". (AFP)
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  • Quatre explosions ont été entendues près de Bandar Abbas, ville portuaire située sur le détroit d'Ormuz, selon l'agence de presse iranienne Irna
  • Parmi les objectifs ciblés figurent "des systèmes de défense côtière, des installations de drones et de missiles et des moyens maritimes", selon le Centcom

TEHERAN: Les Etats-Unis ont mené une troisième nuit consécutive de frappes contre l'Iran, avant le rétablissement prévu mardi du blocus naval des ports iraniens, même si Donald Trump suggère qu'un accord avec Téhéran est encore "possible".

Pendant une mission de cinq heures, "les forces américaines ont frappé des cibles militaires" dans plusieurs villes portuaires du sud de l'Iran, comme Bouchehr et Bandar Abbas, a détaillé le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) dans la matinée.

Quatre explosions ont été entendues près de Bandar Abbas, ville portuaire située sur le détroit d'Ormuz, selon l'agence de presse iranienne Irna.

Parmi les objectifs ciblés figurent "des systèmes de défense côtière, des installations de drones et de missiles et des moyens maritimes", selon le Centcom.

"Nous allons les frapper fort ce soir, et nous allons les frapper fort demain", avait déclaré lundi Donald Trump dans une interview radio. Pour le président américain, les dirigeants iraniens "ne peuvent absolument rien faire contre" ces frappes.

Comme la veille, les Gardiens de la Révolution iraniens ont, eux, revendiqué une opération à Bahreïn - entre autres contre un bâtiment hébergeant les troupes américaines sur la base de Juffair.

L'armée idéologique iranienne a aussi annoncé avoir ciblé en Jordanie "des installations clé et les forces américaines sur une base aérienne jordanienne", dans un communiqué cité par l'agence Tasnim. L'armée jordanienne a annoncé pour sa part l'interception de quatre missiles iraniens.

Deux tankers attaqués 

Dans le détroit d'Ormuz, les Emirats arabes unis ont déploré des attaques de missiles iraniens contre deux de leurs tankers, tuant un membre d'équipage indien.

Malgré ces échanges de frappes, Donald Trump a tout de même estimé, devant la presse à la Maison Blanche, qu'un accord avec l'Iran était encore "possible".

Avant cela, il avait annoncé sur Truth Social que les Etats-Unis prendraient le contrôle du détroit d'Ormuz et que le blocus des ports iraniens serait rétabli.

Il entrera en vigueur mardi à 20H00 GMT, selon l'armée américaine.

Tout comme Téhéran souhaite instaurer un péage pour traverser Ormuz, le président américain a dit vouloir percevoir en échange de la protection du détroit "une rémunération correspondant à 20% de la valeur des cargaisons", contraire au droit international censé garantir la liberté de navigation.

Le pétrole remonte 

Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, dont le pays a pris le contrôle du détroit au début de la guerre, a rétorqué sur X: "l'Iran a toujours été le gardien du détroit et le restera pour toujours".

Donald Trump "a tout à fait raison. Quiconque assure le passage sûr et sécurisé des navires commerciaux dans le détroit d'Ormuz devrait être rémunéré", a-t-il ironisé, ajoutant: "20%, c'est évidemment trop. Nous serons équitables".

Les Gardiens de la Révolution iraniens ont accusé les Etats-Unis de mettre en péril l'approvisionnement mondial en pétrole.

Au lendemain d'une envolée spectaculaire de plus de 9%, les cours du pétrole continuaient leur ascension dans ce contexte. Le baril de Brent de la mer du Nord, référence internationale, gagnait 1,19% à 84,29 dollars vers 02H00 GMT.

Après quasiment 40 jours de bombardements dans le conflit déclenché par des frappes israélo-américaines le 28 février, un cessez-le-feu était entré en vigueur début avril, avant d'être entériné le 17 juin par un protocole d'accord.

Mais depuis des attaques survenues mardi contre des navires tentant de franchir Ormuz, les affrontements ont repris avec une intensité inédite depuis des semaines, faisant dire à Donald Trump que le cessez-le-feu était "terminé".

La semaine dernière, le président américain a d'ailleurs envoyé une notice officielle au Congrès indiquant que le conflit avec l'Iran avait repris, a confirmé la Maison Blanche à l'AFP.

Et au total, 25 personnes ont été tuées depuis mercredi, selon un décompte de l'AFP à partir des médias iraniens et sources officielles.

 Protocole d'accord "en crise" 

Pour le porte-parole de la diplomatie iranienne Esmaïl Baghaï, "il ne fait aucun doute" que le protocole d'accord "est en crise".

"Mais l'Iran n'a jamais été le premier à violer ses engagements", a-t-il tancé lors d'une conférence de presse lundi à Téhéran à laquelle assistait l'AFP.

Les consultations avec les médiateurs que sont le Qatar, le Pakistan et Oman se poursuivent afin de "prévenir une escalade", a-t-il toutefois assuré.

Le protocole d'accord prévoyait la réouverture du détroit, Téhéran n'autorisant toutefois qu'un seul couloir de navigation, le long de ses côtes.

"Ce passage stratégique est plus important que des dizaines de bombes atomiques, et la République islamique d'Iran le protégera", avait averti dimanche le conseiller militaire du guide suprême, Mohsen Rezaï.


L'armée américaine dit avoir conclu une série de frappes en Iran contre «des dizaines de cibles»

  • L'armée américaine a affirmé avoir conclu dimanche une série de frappes contre "des dizaines de cibles" en Iran
  • Elle a "visé des systèmes iraniens de défense aérienne, des radars côtiers, des capacités de missiles et de drones, ainsi que de petites embarcations"

WASHINGTON: L'armée américaine a affirmé avoir conclu dimanche une série de frappes contre "des dizaines de cibles" en Iran, pour la deuxième journée consécutive, se disant prête à "garantir que la liberté de navigation reste assurée" dans le détroit d'Ormuz.

Les forces américaines "ont visé des systèmes iraniens de défense aérienne, des radars côtiers, des capacités de missiles et de drones, ainsi que de petites embarcations", a écrit le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) sur X.

 


Le chef de la diplomatie iranienne se rend à Oman au sujet du détroit d'Ormuz

La visite sera axée sur le détroit d'Ormuz et la sécurité de la navigation, a rapporté l'agence de presse officielle iranienne. (AFP)
La visite sera axée sur le détroit d'Ormuz et la sécurité de la navigation, a rapporté l'agence de presse officielle iranienne. (AFP)
  • Abbas Araghchi se rend à Oman pour des discussions sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime
  • Malgré le cessez-le-feu avec Washington, le contrôle du détroit d'Ormuz reste une source de tensions

TEHERAN: Le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi va se rendre samedi à Oman pour une visite axée "sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime", a annoncé son porte-parole.

La visite "portera principalement sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime" et s'inscrit "dans le prolongement des consultations que nous avons entamées avec Oman depuis un mois ou deux", a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, selon des propos rapportés par l'agence de presse officielle iranienne IRNA.

Malgré l'accord conclu le 17 juin entre les Etats-Unis et l'Iran pour mettre fin à la guerre déclenchée fin février par des attaques américano-israéliennes, la question du détroit demeure un point de contentieux majeur.

L'Iran a profité du conflit pour prendre le contrôle de ce point de passage clef pour le commerce mondial des hydrocarbures et refuse de revenir à la situation antérieure.

Téhéran veut imposer des droits de passage sur les bateaux et autorise uniquement une route longeant ses côtes, dans le nord. Des navires passant au sud, au large d'Oman, ont récemment été attaqués, ce qui a déclenché une reprise des hostilités avec les Etats-Unis.

En mai, le président Donald Trump avait menacé à la surprise générale de "pulvériser" le sultanat d'Oman s'il continuait de discuter avec Téhéran d'une gestion commune du détroit.

"Plusieurs séries de réunions techniques ont eu lieu jusqu'à présent, tant à Téhéran qu'à Mascate, et ce déplacement s'inscrit dans le prolongement de ces consultations, afin de contribuer à faciliter la circulation en toute sécurité dans le détroit d'Ormuz", a également fait savoir le porte-parole de la diplomatie iranienne.