«Tirer vers le haut»: quand la politique phare de Boris Johnson déraille

Boris Johnson quitte le 10 Downing Street à Londres, le mercredi 6 juillet 2022 (Photo, AP).
Boris Johnson quitte le 10 Downing Street à Londres, le mercredi 6 juillet 2022 (Photo, AP).
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Publié le Dimanche 10 juillet 2022

«Tirer vers le haut»: quand la politique phare de Boris Johnson déraille

  • Lorsque le Premier ministre Boris Johnson a remporté une victoire écrasante aux élections de 2019 en promettant de «tirer vers le haut» des villes comme Bradford, cela a donné de l'espoir aux élus locaux
  • Mais depuis son élection, il y a eu peu de progrès tangibles, voire même une dégradation de la situation, accusent ses opposants

BRADFORD, Royaume-Uni : Toutes les 10 à 20 minutes, un train arrive à la gare de Bradford. Le conducteur en sort, marche jusqu'en queue de train puis reprend le trajet.

Une routine fastidieuse mais nécessaire car on ne peut pas traverser en train Bradford, même si la ville du West Yorkshire -- la sixième plus grande d'Angleterre -- n'est pas en bout de ligne.

Depuis des décennies, les élus locaux réclament une solution et lorsque le Premier ministre Boris Johnson a remporté une victoire écrasante aux élections de 2019 en promettant de «tirer vers le haut» des villes comme Bradford, cela leur a donné de l'espoir. Ce programme, au cœur des succès électoraux du dirigeant dans les classes populaires, visait justement par ce genre de mesures à améliorer le quotidien de régions qui se sentent délaissées.

Mais quand deux ans plus tard, son gouvernement a finalement annoncé un plan de modernisation ferroviaire, ce fut la déception : le projet de gare était passé à la trappe.

Cette décision a provoqué la colère dans cette ville de 535.000 habitants, s'ajoutant aux déceptions suscités par un Premier ministre longtemps apprécié des classes populaires et désormais affaibli par les scandales.

«J'ai été vraiment déçue et dégoûtée», a témoigné Mandy Ridyard, directrice financière de Produmax, une société d'ingénierie aérospatiale basée à Bradford, soucieuse que la ville soit mieux connectée pour attirer une main-d'œuvre innovante.

«Nous essayons de rattraper notre retard. Donc ne pas investir (...) c'est vraiment de la folie parce qu'il y a de telles opportunités», a-t-elle déclaré.

- Promesse électorale -

Si au niveau international, Boris Johnson est surtout connu pour le Brexit, au niveau national, il a placé la lutte contre les disparités régionales au cœur de son programme politique.

En 2019, cette promesse a aidé le conservateur à arracher des dizaines de circonscriptions au parti travailliste dans des régions défavorisées du centre et du nord de l'Angleterre.

Mais depuis son élection, il y a eu peu de progrès tangibles, voire même une dégradation de la situation, accusent ses opposants.

Et malgré des démonstrations occasionnelles d'unité nationale telles que les récentes célébrations du jubilé de platine d'Elizabeth II, le Royaume-Uni est plus divisé que jamais, entre les désirs d'indépendance de l'Ecosse et la poussée des partis républicains favorables à la réunification en Irlande du Nord.

«Tirer vers le haut», analyse Mike Cartwright, de la chambre de commerce du West Yorkshire «C'était un slogan merveilleux (...) et ils s'en sont tirés pendant longtemps, sans expliquer ce que cela signifie et comment on met ça en oeuvre».

- «Oubliés» -

Avec ce programme, Bradford et des villes des environs ont reçu des financements supplémentaires, et la région a été désignée «zone d'investissement dans l'éducation».

La région du West Yorkshire devrait aussi bénéficier de nouvelles compétences décentralisées.

Mais alors qu'à Londres, une nouvelle ligne a récemment ouvert après avoir coûté environ 19 milliards de livres (22,5 milliards d'euros), la colère des habitants de Bradford contre le projet de gare avorté ne retombe pas.

D'autant que cette décision va à l'encontre d'une étude réalisée par le cabinet de conseil «People, Places, Policy and Data Unit» qui a révélé que parmi les 20 plus grandes villes britanniques, Bradford souffrait des pires connexions.

«C'était un peu comme si nous avions de nouveau été oubliés», a déclaré Josie Barlow, responsable d'une banque alimentaire qui a bénéficié d'une subvention pour aider à acheter un bâtiment.

Elle a ajouté qu'ils étaient «vraiment reconnaissants» pour cette manne de 225.000 livres mais a souligné l'importance d'investir dans les infrastructures.

Autrefois capitale de la laine, Bradford est maintenant classé cinquième zone la plus défavorisée et sixième en terme de taux de chômage à l'échelle nationale, selon l'indice de pauvreté du gouvernement en 2019.

«Des investissements, des grandes entreprises où beaucoup de gens sont employés, c'est ce dont nous avons besoin» défend Josie Barlow.

À Redcar, à une centaine de kilomètres au nord-est de Bradford, le programme dédié du gouvernement pour «tirer vers le haut» certaines régions a aidé à rénover un ensemble de logements dégradé et en proie à la criminalité.

Ce n'est «qu'un exemple de là où cela a fait une différence», assure Clare Harrigan, directrice du développement de Beyond Housing, qui loue de nombreux logement à loyers modérés.

«Nous vivions dans la misère jusqu'à ce que tout cela commence» raconte Sandra Cottrell, une habitante de 64 ans.

Pour autant, elle est sceptique quant aux ambitions de Boris Johnson, qui suscite beaucoup de défiance. «Je ne crois pas ce qu'il raconte».

«Levelling up» britannique: de quoi s'agit-il ?

Victorieux lors de élections de fin 2019, le Premier ministre britannique Boris Johnson avait promis de «niveler et d'unir le pays». Mais ses opposants critiquent un slogan vague sans stratégie cohérente pour remplir les objectifs affichés.

- Qu'est-ce que le «levelling up»? -

L'objectif affiché consiste à s'attaquer au déficit dont souffrent certaines régions frappées depuis des décennies par un déclin économique en stimulant création d'emploi, formation et productivité.

Il nécessite investissements et politiques dans des domaines allant du transport à la décentralisation, et fixe des objectifs à atteindre d'ici à 2030.

Mais le gouvernement conservateur insiste: il ne s'agit pas d'une redistribution de richesses. «Nous ne pensons pas qu'on peut rendre les régions pauvres du pays en rendant les régions riches plus pauvres», a déclaré Boris Johnson l'année dernière.

- Quand cela a-t-il commencé ? -

Les références remontent à des décennies, mais Boris Johnson a déployé le slogan - aux côtés de sa promesse de «réaliser le Brexit» pendant la campagne électorale de 2019.

Tous deux faisaient partie de son programme, représentant un appel aux électeurs traditionnels de l’opposition travailliste dans le centre et le nord de l'Angleterre.

- Pourquoi est-ce nécessaire? -

Le Royaume-Uni présente parmi les disparités régionales les plus criantes chez les pays développés, selon de nombreux organismes comme l'Institute for Fiscal Studies.

Londres et le sud-ouest de l'Angleterre surpassent le reste du pays dans tous les domaines, productivité, emploi, richesse relative.

Cette tendance vieille de plusieurs décennies a été en partie alimentée par des dépenses publiques plus élevées dans ces régions dans la recherche et l'innovation, un facteur clé pour la productivité, ainsi que des investissements plus importants dans l'éducation.

- Quelles sont les régions ciblées ? -

Le calendrier du gouvernement est si large que le tant attendu document d'orientation publié en février comportait des sections pour que toutes les régions reçoivent financements et projets, y compris à Londres et le Sud-Ouest.

Mais intrinsèquement, cette politique cible les villes laissées pour compte, en particulier dans les anciennes régions industrielles du centre et du nord de l'Angleterre et les régions côtières déshéritées.

- Qu'est-ce qui est inclus ? -

Le document de plus de 300 pages comporte 12 «missions» à accomplir d'ici à 2030 dans tous les domaines, de la délinquance en passant par la santé ou le logement.

Le programme prévoit un éventail de réformes à court et long terme et des promesses de financement.

Le gouvernement a annoncé pour ce faire des milliards de livres sterling d'investissements, dont 2,4 milliards de «fonds villes» et 2,6 milliards de «fonds de prospérité partagée» pour compenser les précédents fonds régionaux européens, et 4,8 milliards de «fonds nivellement».

D'autres initiatives comprennent la relocalisation d'emplois dans l'administration de Londres et du Sud-Ouest, la création de 10 ports francs, et encourager la décentralisation.

Le ministre des Finances Rishi Sunak a également modifié la manière dont les subventions pour l'investissement sont calculées afin que les projets ayant un important impact régional soient prioritaires.

- Où en est-on ? -

Les promesses de Boris Johnson sur le sujet ont subi un feu constant de critiques, lui reprochant de n'être qu'un slogan transformé en politique aux ambitions irréalistes, trop large et gravement sous-financée.

Cercles de réflexion, universitaires et autres se sont tous penchés sur les progrès du gouvernement ces derniers mois, les jugeant insuffisants.

L'Institute for Government a estimé que la douzaine de missions «ne réduira pas les inégalités régionales», tandis qu'une analyse de Bloomberg a conclu qu'elles s'élargissaient en réalité sous Boris Johnson.

Ses détracteurs affirment que le dirigeant conservateur, qui a survécu récemment à un vote de défiance, a été détourné par une série de scandales. Ses défenseurs mettent en avant la pandémie et la crise du coût de la vie, et avertissent que de nouveaux investissements mettront du temps à porter leurs fruits.

Mais récemment, une commission parlementaire a critiqué à son tour le modèle de financement pour distribuer les fonds, accusant le gouvernement de «jouer» des milliards de livres.

Villes «oubliées» dans le Nord de l'Angleterre, les habitants témoignent

A Redcar, dans le Nord-Est de l'Angleterre, les signes de la prospérité industrielle d'antan sont omniprésents. Triste souvenir d'une époque révolue pour des habitants nostalgiques et qui se sentent délaissés par Londres.

Les aciéries de Teesside -- qui furent un temps les plus importantes du Royaume-Uni -- dominent le paysage à des kilomètres à la ronde et rappellent l'époque où l'acier de la ville était utilisé dans le monde entier, y compris pour construire le célèbre Harbour Bridge de Sydney.

«Quand les aciéries ont fermé, ça a juste été horrible», se souvient Sandra Cottrell, 64 ans.

Cette mère de quatre enfants a vu l'industrie s'effondrer petit à petit ces deux dernières décennies. «Mon fils et tout le monde travaillait là bas (...) Il n'avait toujours connu que les aciéries et il a ensuite dû aller travailler à Manchester», raconte-t-elle à l'AFP.

Alors ici, les habitants ne croient pas vraiment dans le grand projet de «Levelling Up» (nivellement par le haut) des régions post-industrielles défavorisées du pays, projet phare du premier ministre Boris Johnson.

M. Johnson avait fait du rééquilibrage régional l'une des ses grandes promesses de campagne pro-Brexit et a annoncé des objectifs à l'horizon 2030 en termes de hausse des salaires, d'amélioration des transports, d'accès à internet ou encore de hausse du niveau scolaire ou de baisse de l'insécurité.

- Disparition de l'aciérie -

«Honnêtement, je ne sais pas» quoi en attendre, confie Mme Cottrell alors que dans le centre-ville de Redcar, de nombreuses boutiques ont fermé ou ont été remplacées par des enseignes à bas prix.

Des signes timides de renouveau sont tout de même observables. Des travaux de régénération de la ville -qui avait acquis une réputation locale de criminalité, de pauvreté et de négligence- progressent, financés en partie par le programme de «Levelling Up».

«C'est ce dont on a besoin par ici. J'ai juste l'impression qu'on a été laissés un peu de côté, mais ils se rendent compte qu'on est là maintenant», affirme Cath Smith, une voisine de 60 ans.

Elle aussi se souvient avec nostalgie des années 1970, quand «tout le monde travaillait» dans la région. A l'époque, son père et la plupart des hommes sont embauchés à l'aciérie, alors propriété de l'État.

Mais après la privatisation en 1988, elle observe impuissante la disparition de l'industrie et accuse les gouvernements successifs de ne pas avoir soutenu les milliers de travailleurs ayant perdu leur emploi.

«Ils s'en fichaient», affirme Mme Smith. «C'est comme si nous n'existions pas.»

- «Oubliés» -

A Bradford, à une centaine de kilomètres plus au sud-ouest, c'est la laine et non l'acier qui avait rendu la ville prospère. Mais la nostalgie des habitants est la même qu'à Redcar.

«Quand j'étais petite, c'était juste fantastique», raconte Judith Holmes, 69 ans.

«Le commerce, la laine (...) Tous les magasins étaient ouverts. On prospérait, c'était vibrant, c'était fabuleux», se souvient-elle.

Bradford, sixième plus grande ville d'Angleterre avec une population parmi les plus jeunes d'Europe, connaît aussi le chômage et la pauvreté.

«Je suis convaincue que Bradford a été oubliée, c'est certain», affirme Mme Holmes en écho aux habitantes de Redcar.

«On nous a fait beaucoup de promesses mais ça ne s'est jamais concrétisé», martèle-t-elle. «Ca va prendre du temps de faire revenir (cette prospérité). Je pense que c'est possible, mais ils (les autorités) doivent s'y mettre dès maintenant plutôt que de dire +peut-être+ en distribuant des fonds ici et là.»

Cette ancienne employée de la Poste fait des ménages dans des bureaux deux fois par semaine pour joindre les deux bouts.

Comme à Redcar, elle est sceptique sur l'ambition du Premier ministre de corriger les grandes inégalités territoriales. «J'y croirai quand je le verrai», assure-t-elle.

«Je ne le verrai surement pas à mon âge mais j'espère que ça arrivera pour les autres, pour mes petits-enfants. J'espère qu'ils auront un futur plus réjouissant.»

Selon elle, le Premier ministre est déconnecté des réalités et «devrait venir ici passer quelques jours et galérer comme beaucoup de gens».

«Je n'ai rien contre Boris Johnson mais personnellement, je ne pense pas qu'il comprenne.»

 

 


Poutine en visite pour la première fois aux îles Kouriles, disputées avec le Japon

Le président russe Vladimir Poutine s'est rendu pour la première fois jeudi dans les îles Kouriles, en Extrême-Orient, une visite provoquant une vive protestation du Japon qui revendique également cet archipel. (AFP)
Le président russe Vladimir Poutine s'est rendu pour la première fois jeudi dans les îles Kouriles, en Extrême-Orient, une visite provoquant une vive protestation du Japon qui revendique également cet archipel. (AFP)
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  • Au lendemain d'une visite à Ioujno-Sakhalinsk, sur l'île de Sakhaline, mercredi où il a visité un hôpital, le président russe s'est rendu à Itouroup, l'une des îles de l'archipel des Kouriles, selon une vidéo publiée par Moscou
  • Selon les médias russes, il y a notamment visité une usine de transformation de poisson, où on lui a offert du caviar, et une école

MOSCOU: Le président russe Vladimir Poutine s'est rendu pour la première fois jeudi dans les îles Kouriles, en Extrême-Orient, une visite provoquant une vive protestation du Japon qui revendique également cet archipel.

Les relations russo-japonaises sont marquées par des tensions autour de ces îles, considérées par Tokyo comme occupées par l'Union soviétique depuis 1945.

Au lendemain d'une visite à Ioujno-Sakhalinsk, sur l'île de Sakhaline, mercredi où il a visité un hôpital, le président russe s'est rendu à Itouroup, l'une des îles de l'archipel des Kouriles, selon une vidéo publiée par Moscou.

Selon les médias russes, il y a notamment visité une usine de transformation de poisson, où on lui a offert du caviar, et une école.

A Sakhaline, Vladimir Poutine avait présidé une réunion "sur la garantie de la sécurité des frontières orientales de la Russie", selon l'agence de presse RIA Novosti.

Tokyo n'a pas tardé à réagir à ce déplacement par l'intermédiaire du ministre des Affaires étrangères Toshimitsu Motegi.

"Les Territoires du Nord constituent une partie inhérente du territoire du Japon, tant sur le plan historique qu'au regard du droit international, et le gouvernement du Japon proteste vigoureusement contre cette visite", a déclaré M. Motegi dans un communiqué, utilisant l'appellation japonaise de ces îles.

Après l'offensive russe en Ukraine en février 2022, le Japon avait durci le ton et considéré, pour la première fois depuis 2003, que les îles Kouriles, au nord de l'archipel, étaient "occupées illégalement" par la Russie. Depuis 2003, la diplomatie nippone évitait de parler d'occupation.

"Le Japon a identifié la Russie comme l'une des principales sources de menace. Je tiens à souligner que nous ne menaçons pas le Japon (...) Au contraire, c'est lui qui a des revendications territoriales contre notre pays", a déclaré M. Poutine mercredi.

La Russie et la Chine se sont récemment rapprochées, leurs marines et leurs forces aériennes menant des exercices conjoints dans des zones proches du Japon, ce qui conduit les avions japonais à décoller en alerte des centaines de fois par an.

De son côté, la Corée du Nord, qui a qualifié ce mois-ci le renforcement militaire du Japon de "transformation en État de guerre", a également envoyé des troupes et des obus d'artillerie pour soutenir l'effort de guerre russe en Ukraine.

Début août, le Japon a souligné à nouveau les risques croissants représentés par ces trois pays dans son dernier livre blanc de la défense.

Le New York Times a également rapporté en juillet que la Russie avait fait du Japon un "nid d'espions" et une source clé de technologies à double usage nécessaires à son effort de guerre en Ukraine.

L'Union soviétique avait pris possession de l'archipel volcanique stratégique des Kouriles situé au nord de l'île nippone d'Hokkaido dans les derniers jours de la Seconde Guerre mondiale et y maintient depuis lors une présence militaire.

En 2010, le président russe de l'époque, Dmitri Medvedev, était devenu le premier dirigeant russe à se rendre sur ce territoire, suscitant la colère de Tokyo. Il y est également retourné en 2019 en tant que Premier ministre.

L'Union soviétique n'avait déclaré la guerre au Japon que le 8 août 1945, après le largage de la bombe atomique sur Hiroshima et six jours avant la fin du conflit.

Les noms des îles concernées sont similaires dans les deux pays : Kounachir, Habomai, Chikotan et Itouroup en russe ; en japonais, elles sont connues sous les noms de Kunashiri, Habomai, Shikotan et Etorofu.

Leur population, composée d'environ 20.000 citoyens russes, vit dans un climat rigoureux, mais les îles possèdent des gisements minéraux, notamment d'or et d'argent, ainsi que des zones de pêche riches.

Après l'occupation des îles en 1945, Moscou a expulsé leur population japonaise d'environ 17.000 personnes.

Par la suite, les îles ont acquis une importance stratégique, servant de bases aériennes et navales durant la Guerre froide, lorsque l'Union soviétique était confrontée aux Etats-Unis et à leur plus proche allié dans le Pacifique, le Japon.

 


Le renseignement américain sceptique face à la menace iranienne visant Trump en Turquie, selon le Washington Post

La Maison-Blanche avait donné l’impression que le président Donald Trump voyageait à bord d’Air Force One le 8 juillet, selon un précédent article publié par le Washington Post. (Photo d’archives AFP)
La Maison-Blanche avait donné l’impression que le président Donald Trump voyageait à bord d’Air Force One le 8 juillet, selon un précédent article publié par le Washington Post. (Photo d’archives AFP)
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  • Des analystes de la CIA auraient jugé peu convaincantes les informations israéliennes faisant état d’une menace d’assassinat iranienne contre Donald Trump en Turquie
  • Malgré ces réserves, les autorités américaines ont renforcé les mesures de sécurité et fait voyager Trump à bord d’un autre avion militaire avant son retour aux États-Unis

DUBAÏ : Des responsables du renseignement américain se sont montrés sceptiques face à une menace d’assassinat présumée de l’Iran contre le président Donald Trump lors de son déplacement en Turquie pour le sommet de l’OTAN, ce qui a conduit à la mise en place d’un plan secret visant à le faire quitter le pays à bord d’un autre avion militaire.

La menace d’assassinat avait été transmise par le gouvernement israélien à la CIA. Les analystes de l’agence n’ont pas jugé ces renseignements suffisamment convaincants et ont fait part de leur scepticisme à des responsables de l’administration Trump, a rapporté le Washington Post, citant des responsables américains actuels et anciens familiers du dossier.

Un autre responsable a qualifié les informations faisant état de menaces contre la vie de Trump de « provenant d’Israël, et non des États-Unis, et considérées comme peu fiables », a ajouté le Washington Post.

La Maison-Blanche avait donné l’impression que le président républicain voyageait à bord d’Air Force One le 8 juillet, selon un précédent article du Washington Post. Mais Trump a secrètement quitté cet appareil et a été transporté dans un véhicule de service aéroportuaire jusqu’à un troisième avion, un Air Force C-32A, qui l’a conduit, avec quelques proches collaborateurs, jusqu’au Royaume-Uni.

« Comme l’a déclaré le président, il a fait face à de nombreuses menaces contre sa vie, notamment en provenance d’Iran, et toutes les mesures nécessaires sont prises pour assurer sa sécurité », a déclaré un responsable américain dans un communiqué. Comme d’autres responsables cités dans cet article, il s’est exprimé sous couvert d’anonymat en raison de la sensibilité du dossier. « La mission principale des services secrets américains est de protéger le président, ce qu’ils ont fait. »

Des responsables du renseignement avaient exprimé des inquiétudes concernant une éventuelle attaque contre le président ou son avion, entraînant des mesures de précaution supplémentaires et la décision de ne pas utiliser, pour la première partie du trajet de retour de Trump depuis Ankara, le nouvel avion offert au président par le Qatar.

Après une brève visite à la base de Mildenhall, Trump est monté à bord du nouvel Air Force One pour poursuivre son voyage jusqu’à Washington.

Lors d’un échange avec les journalistes à bord de l’appareil, Trump a été directement interrogé sur l’existence de menaces crédibles de la part de l’Iran contre Air Force One.

« Eh bien, je suis constamment menacé. Je suis leur numéro un sur la liste, avant vous », a répondu Trump. Il a ajouté à l’intention des journalistes qui l’accompagnaient : « Mais si je pars, vous partez aussi. »

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Deux minutes de nuit en plein jour: une partie de l'Europe va vivre une éclipse solaire totale

Des millions d'Européens et de passionnés du monde entier contempleront mercredi le ciel avec émerveillement lors d'une rare éclipse solaire totale qui plongera très brièvement le nord de l'Espagne dans l'obscurité en plein jour. (AFP)
Des millions d'Européens et de passionnés du monde entier contempleront mercredi le ciel avec émerveillement lors d'une rare éclipse solaire totale qui plongera très brièvement le nord de l'Espagne dans l'obscurité en plein jour. (AFP)
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  • L'alignement parfait du soleil et de la lune plonge le monde dans une inquiétante obscurité violacée, les températures flanchent. Désorientés, les animaux adoptent un comportement inhabituel
  • Mais le spectacle sera fugace: la durée de l'éclipse en phase de totalité, soit quand la lune couvrira entièrement le soleil, durera un peu moins de deux minutes en Espagne

BURGOS: Des millions d'Européens et de passionnés du monde entier contempleront mercredi le ciel avec émerveillement lors d'une rare éclipse solaire totale qui plongera très brièvement le nord de l'Espagne dans l'obscurité en plein jour.

Ce phénomène astronomique rare, le premier du genre en Europe depuis 2006, démarrera en Russie autour de 17H00 GMT, puis traversera l'hémisphère Nord et passera au-dessus du Groenland avant de traverser l'océan Atlantique.

En plus d'une partie de l'Islande, l'éclipse sera surtout totale dans une bande traversant l'Espagne, d'Oviedo à Palma de Majorque en passant par Burgos, au nord de Madrid, avant de disparaître vers 18H30 GMT.

Au-delà de cette bande, elle sera seulement partielle, ce qui sera le cas pour la France, mais aussi au Canada, dans le nord de l'Afrique de l'Ouest et des Etats-Unis.

L'alignement parfait du soleil et de la lune plonge le monde dans une inquiétante obscurité violacée, les températures flanchent. Désorientés, les animaux adoptent un comportement inhabituel.

Mais le spectacle sera fugace: la durée de l'éclipse en phase de totalité, soit quand la lune couvrira entièrement le soleil, durera un peu moins de deux minutes en Espagne.

Dans son ensemble il sera toutefois beaucoup plus long, aux environs de deux heures. Car il va commencer par une éclipse partielle, avant l'éclipse totale donc, puis de nouveau une éclipse partielle.

Ciel dégagé attendu 

Le phénomène doit permettre aux scientifiques d'étudier l'atmosphère du soleil et sa couche la plus externe, dans l'espoir de percer les secrets des vents solaires et du champ magnétique de notre étoile.

Ces derniers jours, un engouement considérable s'est emparé de l'Espagne à l'approche de l'événement, les derniers retardataires ayant du mal par endroits à se procurer les fameuses lunettes de protection certifiées permettant d'observer le soleil en toute sécurité.

"Je cherche depuis vendredi, mais je n'en trouve nulle part", se désole Mabel, une habitante de Barcelone, auprès de l'AFP

"Elles ne sont plus disponibles sur Amazon non plus, donc c'est impossible", poursuit-elle, dépitée.

A coup sûr, les chasseurs d'éclipse, ces inconditionnels qui se préparent depuis des mois, se précipiteront pour bénéficier de la meilleure vue possible.

Pour leur plus grand bonheur, et celui des amateurs intrigués, le ciel sera dégagé dans la soirée mercredi en Espagne, à quelques rares exceptions dans le nord et l'est du pays, a annoncé mardi l'agence météorologique nationale (Aemet).

L'Espagne, deuxième destination touristique mondiale, s'attend aussi à ce que l'éclipse donne un coup de pouce à son économie, en pleine période estivale, en particulier dans les régions rurales du Nord qui subissent depuis des décennies les effets du déclin démographique.

La contribution nette à l'économie est estimée à 347 millions d'euros, avec près de 450.000 touristes supplémentaires attendus dans les zones clés concernées par l'éclipse, selon le ministère de l'Économie à Madrid.

Afflux important de touristes 

Mais la perspective d'un afflux important de touristes étrangers suscite également l'inquiétude des autorités, peu habituées, qui appellent à la prudence.

En pleine vague de chaleur, les températures devraient dépasser les 35°C dans la majeure partie de l'Espagne et celles-ci pourraient grimper au‑dessus de 40°C dans certaines zones du nord‑est, faisant peser un risque sur la santé de ceux qui resteront plusieurs heures en plein air dans l'attente de l'éclipse.

L'Aemet a par ailleurs évoqué un risque d'incendie "très élevé" ou "extrême", au cœur d'un été marqué par des feux de forêt dévastateurs, un danger amplifié selon les experts par la présence annoncée de centaines de milliers de personnes dans des zones très arides et encombrant les petites routes de campagne avec leurs véhicules.

Jusqu'à 1,5 million de trajets routiers supplémentaires vers la bande de totalité sont attendus par les autorités.

Afin d'éviter des embouteillages massifs et tout autre trouble à l'ordre public, plusieurs régions et communes ont mis en place des points d'observation dédiés, tout en renforçant les effectifs de sécurité et de services de secours pour ce qui sera la première éclipse totale en Espagne continentale depuis plus d'un siècle.

Deux autres éclipses solaires seront cependant visibles dans d'autres régions de l'Espagne dans les deux prochaines années, l'extrême sud le 2 août 2027, puis dans une bonne partie sud du pays le 26 janvier 2028.