Début de semaine faible en vue à la Bourse de Paris

Le contrat à terme de l'indice vedette CAC 40 reculait de 1,50% une quarantaine de minutes avant l'ouverture de la séance. Vendredi, il avait terminé en hausse de 0,44% à 6 033,13 points, soit une augmentation de 1,72% sur l'ensemble de la semaine. (AFP).
Le contrat à terme de l'indice vedette CAC 40 reculait de 1,50% une quarantaine de minutes avant l'ouverture de la séance. Vendredi, il avait terminé en hausse de 0,44% à 6 033,13 points, soit une augmentation de 1,72% sur l'ensemble de la semaine. (AFP).
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Publié le Lundi 11 juillet 2022

Début de semaine faible en vue à la Bourse de Paris

  • «Les risques perçus par le marché se sont déplacés de l'inflation vers la croissance, avec le net ralentissement des données économiques», note Stephen Innes, gérant chez Spi AM
  • Les marchés européens sont aussi sous la pression du gaz

PARIS : La Bourse de Paris est attendue en nette baisse à l'ouverture lundi, craignant de nouvelles restrictions liées à la pandémie de Covid en Chine et des tensions sur l'approvisionnement en gaz en Europe.

Le contrat à terme de l'indice vedette CAC 40 reculait de 1,50% une quarantaine de minutes avant l'ouverture de la séance. Vendredi, il avait terminé en hausse de 0,44% à 6 033,13 points, soit une augmentation de 1,72% sur l'ensemble de la semaine.

Wall Street a fini proche de l'équilibre vendredi, mais en plus nette hausse sur la semaine, notamment le Nasdaq (+4,56%).

Les marchés chinois ont eux commencé la semaine en forte baisse, avec de nouveaux cas de Covid-19 détectés dans le pays qui font craindre le retour de restrictions sanitaires massives et un nouveau ralentissement de l'activité économique du pays.

Ainsi, Macao a entamé lundi son premier confinement depuis le début de la pandémie, afin d'endiguer sa pire vague de coronavirus.

"Les risques perçus par le marché se sont déplacés de l'inflation vers la croissance, avec le net ralentissement des données économiques", note Stephen Innes, gérant chez Spi AM.

Les marchés européens sont aussi sous la pression du gaz.

Le géant russe Gazprom entame dans la matinée des travaux de maintenance des deux gazoducs Nord Stream 1, qui acheminent une grande quantité de son gaz livré encore à l'Allemagne ainsi qu'à plusieurs autres pays de l'ouest de l'Europe.

Cet arrêt pour dix jours des deux tuyaux, annoncé de longue date, ne devait en théorie n'être qu'une formalité technique. Mais dans le contexte de la guerre en Ukraine et du bras de fer entre Moscou et les Occidentaux sur l'énergie, personne ne peut parier sur la suite.

Le gouvernement français a ainsi appelé dimanche à "se mettre rapidement en ordre de bataille" pour faire face à l'éventualité d'une coupure totale des approvisionnements en gaz russe, "option la plus probable" selon le ministre de l’Économie Bruno Le Maire.

Sur le marché de référence, le TTF néerlandais, les prix se détendaient toutefois lundi vers 08H10. Le gaz naturel valait 155 euros le mégawattheure, en baisse de 10% par rapport à la clôture de vendredi. Il avait pris 14% au cours de la semaine passée.

Parmi les valeurs à suivre

STMicroelectronics: le fabricant de semi-conducteurs franco-italien va construire, avec l'américain GlobalFoundries, une usine à Crolles, près de Grenoble, pour produire des semi-conducteurs, un investissement estimé à 5,7 milliards d'euros, selon les deux entreprises et le gouvernement français.

Pierre et Vacances: les actionnaires du numéro un européen des résidences de loisirs ont approuvé vendredi les augmentations de capital nécessaires à sa recapitalisation par un consortium d'investisseurs et ses principaux créanciers, lors d'une assemblée générale où le fondateur, Gérard Brémond, a été chahuté.

Airbus: l'avionneur européen a livré 60 avions commerciaux en juin, un net redressement après un début d'année qui l'a mis en retard sur son plan de marche, tout en engrangeant 78 commandes supplémentaires.


Canada: TotalEnergies rachète des parts dans un projet de sables bitumineux avant de s'en séparer

Une vue de la raffinerie de pétrole TotalEnergies à Donges, dans l'ouest de la France (Photo, AFP).
Une vue de la raffinerie de pétrole TotalEnergies à Donges, dans l'ouest de la France (Photo, AFP).
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  • TotalEnergies EP Canada, filiale du géant français, a racheté pour 312 millions de dollars canadiens à Teck Resources Limited 6,65% de sa participation
  • TotalEnergies EP Canada «en détiendra 31,23%» à l'issue de la transaction, contre 24,58% actuellement

PARIS: TotalEnergies a annoncé vendredi qu'il allait acquérir des parts supplémentaires d'un projet d'exploitation de sables bitumineux au Canada avant de se séparer de ces activités en introduisant en Bourse sa filiale canadienne dans le cadre de sa stratégie de réduction de son empreinte carbone.

TotalEnergies EP Canada, filiale du géant français, a racheté pour 312 millions de dollars canadiens (215 M EUR) à Teck Resources Limited 6,65% de sa participation, ainsi que des accords commerciaux et logistiques associés, dans le champ de sables bitumineux de Fort Hills, dans la Province de l'Alberta, d'une valeur totale de quelque 5 milliards de dollars canadiens (3,45 Mds EUR).

Le reste du capital sera détenu par Suncor Energy, actuellement à 54,1%. Le groupe canadien, opérateur du projet, va également racheter des parts à Teck, qui se retire de Fort Hills, dont il possède actuellement 21,3%.

TotalEnergies EP Canada "en détiendra 31,23%" à l'issue de la transaction, contre 24,58% actuellement, selon un communiqué.

La transaction doit créer de meilleures conditions pour réaliser l'introduction en Bourse de la filiale canadienne, qui détient aussi 50% du projet similaire de Surmont en Alberta.

Dès cette année, et après un vote à l'assemblée générale en mai, TotalEnergies prévoit de se séparer de la filiale canadienne à travers un "spin-off" annoncé en septembre, dans le cadre de sa stratégie de réduction de son empreinte carbone.

Le géant pétrolier assure vouloir "concentrer ses nouveaux investissements pétroliers sur des projets à faible intensité carbone".

"Nos actionnaires recevront des actions de cette entreprise", avait expliqué Patrick Pouyanné lors de la présentation stratégique du groupe, qui restera temporairement actionnaire minoritaire pour faciliter la transition vers l'indépendance de la filiale.

Le rachat de parts dans Fort Hills doit permettre de "créer de la valeur pour les futurs actionnaires de l'entité", selon Jean-Pierre Sbraire, directeur financier de TotalEnergies.

Mais les sables bitumineux canadiens sont les deux projets du portefeuille qualifiés depuis une évaluation en juin 2022 de "stranded assets" par le groupe, une expression qui désigne des actifs "échoués" ou "bloqués" ayant perdu leur valeur.

TotalEnergies avait enregistré des dépréciations de plusieurs milliards d'euros après cette réévaluation, qui prenait en compte les perspectives sur le prix du pétrole et la transition énergétique, dont 7 milliards sur les sables bitumineux au Canada.

Un "stranded asset" est un projet aux réserves de plus de 20 ans ayant des coûts de production élevés, et qui ne pourra donc pas être totalement exploité avant 2050.


Grève, chute en Bourse, jeux annulés... Ubisoft en pleine tourmente

Ubisoft s'est engagé auprès des marchés à réaliser 200 millions d'euros d'économies sur deux ans. (Photo, AFP)
Ubisoft s'est engagé auprès des marchés à réaliser 200 millions d'euros d'économies sur deux ans. (Photo, AFP)
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  • De mémoire de syndicaliste, c'est la « première» grève d'une telle ampleur de l'histoire d'Ubisoft, depuis la création en 1986 de l'éditeur à l'origine de la série « Assassin's Creed»
  • Ce qui a mis le feu au poudre chez Ubisoft ? Un mail interne envoyé par le PDG Yves Guillemot, évoquant « des ajustements structurels» à venir

PARIS: Appel à la grève inédit de l'ensemble de son personnel en France, chute en Bourse, jeux annulés... Le géant français des jeux vidéo Ubisoft vit une crise multiple depuis l'annonce mi-janvier de l'abaissement de ses prévisions financières pour l'ensemble de l'exercice 2022-2023.

Le syndicat des travailleurs et travailleuses du jeu vidéo (STJV) et Solidaires Informatique ont lancé un "appel à la grève" de toutes les entités françaises d'Ubisoft, ce vendredi de 14h00 à 18h00, pour dénoncer les pratiques managériales de la direction.

De mémoire de syndicaliste, c'est la "première" grève d'une telle ampleur de l'histoire d'Ubisoft, depuis la création en 1986 de l'éditeur à l'origine de la série "Assassin's Creed", souligne auprès de l'AFP Marc Rutschlé, représentant de section syndicale chez Solidaires Informatique.

Un mouvement de revendication assez rare dans le milieu du jeu vidéo, marqué récemment par la grève de cinq semaines des employés de l'éditeur Activision Blizzard fin 2021 qui a abouti en mai dernier à la création du premier syndicat au sein de l'entreprise américaine.

Ce qui a mis le feu au poudre chez Ubisoft ? Un mail interne envoyé par le PDG Yves Guillemot, évoquant "des ajustements structurels" à venir alors qu'Ubisoft s'est engagé auprès des marchés à réaliser 200 millions d'euros d'économies sur deux ans.

"Pour nous, cela veut dire des plans de licenciements. Et quand on parle de faire des économies, cela veut dire virer des gens et ne pas augmenter le salaire de ceux qui restent. Sachant qu'on nous met la pression en disant: +c'est à vous de faire mieux+", fustige Marc Rutschlé.

Dans leur communiqué, les syndicats réclament notamment "l'ouverture de négociations salariales".

Un scandale de harcèlement visant plusieurs anciens cadres de l'entreprise, qui compte 18.000 salariés dans le monde, pendant l'été 2020 a aussi laissé des traces, érodant la confiance des salariés envers leur direction.

"Au moment de la tentative de rachat par Vivendi (en 2015), les équipes se mobilisaient pour éviter que Bolloré rachète Ubisoft. Si cela arrivait aujourd'hui, je ne pense pas qu'il y aurait de mobilisation", affirme encore Marc Rutschlé.

La stratégie «ne convainc pas»

Sur le plan financier, l'éditeur français a aussi chuté lourdement en Bourse depuis l'annonce mi-janvier de l'abaissement de ses prévisions financières pour l'ensemble de l'exercice 2022-2023, en raison d'un contexte de "détérioration des conditions macroéconomiques".

Ubisoft a révisé à la baisse son objectif de croissance de chiffre d'affaires sur 2022-2023, avec des ventes en baisse "de plus de 10%" par rapport à l'année précédente, alors qu'il avait initialement communiqué un objectif de croissance "supérieure à 10%".

Conséquence, le cours de son action est revenu à ses plus bas niveaux de 2015-2016.

"Nous sommes déboussolés par l'ampleur des difficultés rencontrées par Ubisoft", avait réagi dans une note Emmanuel Matot, analyste financier chez Oddo BHF, dégradant sa recommandation sur le titre de "surperformance" à "neutre".

"Ubisoft ne convainc pas", explique à l'AFP Charles-Louis Planade, analyste chez Midcap Partners. "Il y a une défiance claire au niveau du management, eu égards aux nombreux avertissements sur les résultats mais aussi par le +deal+ réalisé par la famille Guillemot avec Tencent".

Les fondateurs du champion français du jeu vidéo - la famille Guillemot - ont scellé début septembre une alliance avec le géant chinois Tencent pour sécuriser leur emprise sur Ubisoft, dans un marché du jeu vidéo en pleine consolidation.

Autre élément en sa défaveur: l'énième report du jeu "Skull and Bones", initialement prévu pour novembre 2022, tandis qu'Ubisoft a également indiqué avoir arrêté le développement de trois projets "non annoncés", en plus des quatre arrêts déjà annoncés en juillet 2022.

"Ce n'est pas un cas unique sur le secteur, notamment à cause de la Covid, mais on a l'impression que chez Ubisoft c'est beaucoup plus marqué que chez les autres éditeurs", souligne encore Charles-Louis Planade.

"Après il ne faut pas oublier que la mémoire du marché est courte. Si le groupe sort une année extraordinaire l'année prochaine ou celle d'après, tout le monde aura oublié", ajoute-t-il.


Le groupe marocain Managem poursuit sa ruée vers l’or africain

L’acquisition porte sur trois gisements situés dans la prolifique faille géologique baptisée «Senegalo-Malian Shear Zone» (SMSZ), avec un total de ressources des actifs supérieur à 5 millions d’onces d’or, soit 155 tonnes. (Photo, AFP)
L’acquisition porte sur trois gisements situés dans la prolifique faille géologique baptisée «Senegalo-Malian Shear Zone» (SMSZ), avec un total de ressources des actifs supérieur à 5 millions d’onces d’or, soit 155 tonnes. (Photo, AFP)
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  • Le groupe, créé en 1928, est dorénavant implanté dans dix pays africains
  • L’objectif du groupe est de figurer parmi les plus importants producteurs d’or africain avec un volume de production de 200 000 onces/an, et une présence renforcée en Afrique de l’Ouest

CASABLANCA: Deux cent quatre-vingts millions de dollars (1 dollar = 0,92 euro)… C’est ce qu’a mis sur la table le groupe marocain Managem, à la fin du mois de décembre 2022, pour acquérir des actifs miniers du groupe canadien Iamgold dans trois pays africains: le Mali, le Sénégal et la Guinée. Une opération financière qui consolide la présence africaine du groupe, réaffirmant ainsi sa ruée vers l’or ouest-africain.

L’acquisition porte sur trois gisements situés dans la prolifique faille géologique baptisée «Senegalo-Malian Shear Zone» (SMSZ), avec un total de ressources des actifs supérieur à 5 millions d’onces d’or, soit 155 tonnes. Le groupe, créé en 1928, est dorénavant implanté dans dix pays africains (Guinée, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, République démocratique du Congo, Éthiopie, Soudan, Gabon, Sénégal, Mali et le Maroc). À noter qu’au Maroc, Managem dispose d’une douzaine de mines produisant des métaux de base, des métaux précieux et des produits dérivés, soit le cuivre, l’argent, l’or, la fluorine, le cobalt, le zinc et le plomb.

Une épopée africaine qui date des années 1990

L’épopée africaine de Managem a commencé vers la fin des années 1990, à travers une prise de participation dans la société d’exploration canadienne Semafo, active en Guinée. En 2005, le groupe a été totalement cédé à Managem. La stratégie africaine a pris forme dès le début des années 2000, en s’implantant notamment au Niger (2004), au Congo (2006), au Soudan (2008), au Gabon (2012) et en Côte d’Ivoire en 2017.

Une stratégie qui s’accélère désormais, car le potentiel minier du continent est colossal et le groupe marocain compte bien en profiter. «Nous sommes heureux d’avoir conclu cet accord avec Iamgold. Cette transaction enrichira notre portefeuille d’actifs déjà solide, renforcera notre rôle de leader régional dans l’activité or en Afrique et consolidera notre position de top-performer au sein de l’industrie minière africaine», déclare le PDG de Managem, Imad Toumi, cité dans le communiqué annonçant la transaction avec les Canadiens. M. Toumi a de quoi être heureux, l’Afrique constituant un relais de croissance prometteur pour le groupe minier marocain qui, rappelons-le, est détenu à hauteur de 71,6% par Al-Mada, un fonds d’investissement marocain à vocation panafricaine.

La course est désormais lancée

La vocation africaine de Managem a ainsi profité à ses indicateurs financiers qui réalisent de bonnes performances. À la fin du mois de septembre, le chiffre d’affaires du groupe a atteint 7,4 milliards de dirhams (1dirham marocain = 0,091 euro), en hausse importante de près de 45% par rapport à la même période en 2021. Une performance que le groupe compte améliorer grâce à ses nouvelles acquisitions et ses projets. Entre 2023 et 2024, l’explorateur minier mobilisera près de 6 milliards de dirhams pour ses futurs investissements, dont 4 milliards rien que pour l’année en cours. Ces investissements n’intègrent pas la récente acquisition effectuée en décembre 2022. Ces budgets sont en forte augmentation si on les compare avec ceux mobilisés en 2022 (1,4 milliard de dirhams) et en 2021 (1,6 milliard de dirhams). 

L’objectif du groupe est de figurer parmi les plus importants producteurs d’or africain avec un volume de production de 200 000 onces/an, et une présence renforcée en Afrique de l’Ouest. Un objectif réalisable, car Managem dispose de plusieurs atouts face à la concurrence chinoise. Le soft power marocain, notamment diplomatique, jouera un rôle primordial dans cette course, en plus de la politique de responsabilité sociétale de Managem axée sur le développement durable et l’implication des populations locales dans ses projets.