Plus d'un quart de siècle après, inhumation de 50 victimes du génocide de Srebrenica

Des femmes musulmanes bosniaques, survivantes du massacre de Srebrenica en 1995, pleurent près des tombes de leurs proches, au cimetière commémoratif du village de Potocari, près de la ville bosniaque orientale de Srebrenica, le 11 juillet 2021 (Photo, AFP).
Des femmes musulmanes bosniaques, survivantes du massacre de Srebrenica en 1995, pleurent près des tombes de leurs proches, au cimetière commémoratif du village de Potocari, près de la ville bosniaque orientale de Srebrenica, le 11 juillet 2021 (Photo, AFP).
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Publié le Lundi 11 juillet 2022

Plus d'un quart de siècle après, inhumation de 50 victimes du génocide de Srebrenica

  • Les restes de 50 victimes identifiées du massacre, le pire en Europe depuis la Seconde guerre mondiale, seront enterrés à la mi-journée dans le cimetière d'un centre mémorial où reposent déjà 6 671 victimes
  • Environ 8 000 hommes et adolescents musulmans de Srebrenica, localité de l'est du pays, avaient été tués en juillet 1995 par les forces serbes de Bosnie

SREBRENICA: Des milliers de personnes commencent à affluer lundi à Srebrenica aux commémorations du génocide, qui 27 ans après, n'a toujours pas été reconnu par la plupart des Serbes et leurs dirigeants dans une Bosnie divisée selon des lignes de fracture ethniques.

Les restes de 50 victimes identifiées du massacre, le pire en Europe depuis la Seconde guerre mondiale, seront enterrés à la mi-journée dans le cimetière d'un centre mémorial où reposent déjà 6 671 victimes.

Environ 8 000 hommes et adolescents musulmans de Srebrenica, localité de l'est du pays, avaient été tués en juillet 1995 par les forces serbes de Bosnie, un crime qualifié de génocide par la justice internationale.

Le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell et le commissaire à l'élargissement Oliver Varhelyi ont rendu hommage aux victimes à l'heure où l'invasion de l'Ukraine par la Russie a "ramené une guerre brutale sur notre continent".

"Il est plus que jamais de notre devoir de nous souvenir du génocide de Srebrenica" et "du besoin de défendre la paix, la dignité humaine et les valeurs universelles". "A Srebrenica, l'Europe a failli et nous sommes face à notre honte".

Ces dernières années, découvrir des restes squelettiques est devenu très rare alors que 1 200 victimes sont toujours recherchées, selon l'Institut bosnien pour les personnes disparues.

L'attente des familles 

Le processus d'identification est compliqué car durant les mois qui ont suivi le massacre, les victimes avaient été déterrées avec des bulldozers et déplacées vers d'autres charniers, afin de dissimuler les crimes.

Des obsèques collectives de personnes identifiées sont organisées tous les 11 juillet, date de la prise de l'enclave par les forces du général serbe bosnien Ratko Mladic, condamné depuis à la perpétuité par la justice internationale.

Les restes de l'une des victimes inhumée lundi ont été retrouvés éparpillés dans trois fosses communes, selon Amor Masovic, un expert légiste qui a participé aux exhumations de dizaines de charniers de la région de Srebrenica. Les dépouilles de la majorité des autres ont été découvert dispersées dans deux fosses, a-t-il ajouté.

Hajra Alic, la soixantaine, est venue tôt lundi se recueillir auprès des tombes de son fils et de son mari. Les restes de son époux  ont été inhumés en deux fois, en 2007 et 2016.

"Lors de la chute de Srebrenica, ils étaient partis par la forêt et moi avec mes deux filles à Tuzla", raconte-t-elle à l'AFP. Mon fils avait 17 ans. La douleur ne quitte jamais mon coeur. Je pense tous les jours à mon enfant et à mon mari, pas juste le 11 juillet, mais tous les 11 juillet, je suis bouleversée comme si ça se passait maintenant".

«Héros»

Mais plus d'un quart de siècle après le massacre, Ratko Mladic et Radovan Karadzic, l'ex-chef politique des Serbes de Bosnie également condamné à la perpétuité, font toujours figure de "héros" pour de nombreux Serbes. On trouve des portraits de Mladic sur beaucoup de murs de la Republika Srpska, l'entité serbe du pays qui comprend aussi une fédération croato-musulmane.

Les responsables politiques des Serbes de Bosnie et de la Serbie voisine, comme une grande partie de la population serbe, refusent de considérer qu'il y a eu un génocide à Srebrenica lors de la guerre intercommunautaire qui fit environ 100.000 morts. Ils parlent plutôt d'un "grand crime".

"Nous nous battons depuis 27 ans pour la vérité et nous réclamons justice, mais depuis 27 ans ils nient la vérité, ils nient le génocide", déplore Munira Subasic, présidente de l'une des associations des femmes de Srebrenica.

Quelques jours avant de quitter ses fonctions, l'ex-Haut représentant international en Bosnie, Valentin Inzko a interdit en juillet 2021 le déni du génocide et des crimes de guerre. Le code pénal prévoit désormais de la prison pour cette infraction.

Cette décision avait été décriée par des dirigeants politiques serbes bosniens, au premier rang desquels Milorad Dodik, membre de la présidence collégiale du pays, qui a lancé depuis une série d'initiatives sécessionnistes pour séparer la Republika Srpska de la Bosnie, faisant craindre des menaces sur la paix.


Washington prévoit d'annoncer un accord sur le nucléaire avec Ryad 

L'administration du président Donald Trump a affirmé que cet arrangement permettrait au secteur nucléaire américain de bénéficier de l'apport de milliards de dollars. (AP)
L'administration du président Donald Trump a affirmé que cet arrangement permettrait au secteur nucléaire américain de bénéficier de l'apport de milliards de dollars. (AP)
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  • Le New York Times, citant deux responsables américains non identifiés, a rapporté mardi que le gouvernement avait l'intention de signer officiellement et d'annoncer l'accord avec Ryad mercredi
  • L'administration du président Donald Trump a affirmé que cet arrangement permettrait au secteur nucléaire américain de bénéficier de l'apport de milliards de dollars

WASHINGTON: Les Etats-Unis prévoient d'annoncer mercredi un accord avec l'Arabie saoudite qui doterait le royaume d'un programme nucléaire civil, selon des médias américains.

L'annonce interviendrait alors que les Etats-Unis ont repris leur guerre contre l'Iran, un rival de Ryad, qui avait notamment été déclenchée en raison de la crainte américaine que le programme nucléaire iranien ne vise à doter le pays de la bombe atomique.

Le New York Times, citant deux responsables américains non identifiés, a rapporté mardi que le gouvernement avait l'intention de signer officiellement et d'annoncer l'accord avec Ryad mercredi.

L'administration du président Donald Trump a affirmé que cet arrangement permettrait au secteur nucléaire américain de bénéficier de l'apport de milliards de dollars.

En effet, une clause de l'accord, qui serait valable pendant 30 ans, prévoit que des entreprises américaines construisent un complexe d'enrichissement d'uranium en Arabie saoudite, si une étude conjointe établit qu'il est justifié, a annoncé le Wall Street Journal.

Toutefois, des parlementaires américains républicains et démocrates, ainsi que des responsables israéliens, ont exprimé leur opposition à tout projet nucléaire civil en Arabie saoudite, craignant qu'il ne serve finalement à développer des armes nucléaires.

Interrogé à ce sujet mercredi à Manille, en marge d'une réunion de l'Asean, le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio s'est refusé à confirmer un tel accord, renvoyant toute éventuelle annonce à la Maison Blanche.

Pressé de questions par des journalistes et visiblement un peu dans l'embarras, il a cependant assuré que les Etats-Unis "ne conclueraient jamais d'accord avec un pays dans le monde qui conduirait à un risque de prolifération" nucléaire.

Tensions régionales 

L'accord devrait être soumis au Congrès américain dans les prochains jours, mais son approbation n'est pas nécessaire pour qu'il soit entériné.

L'Arabie saoudite insiste depuis longtemps sur son droit au nucléaire civil.

Ces dernières années, Washington a cherché à intégrer tout accord concernant le nucléaire dans une stratégie plus large, qui inclurait la normalisation des relations avec Israël et la signature d'un pacte de défense.

Washington a signé un accord nucléaire en 2009 avec un voisin de l'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, qui n'enrichissent toutefois pas d'uranium.

 


Le ministre américain de la Défense estime à 37,5 milliards de dollars le coût de la guerre en Iran

Une Iranienne passe devant une immense fresque antiaméricaine et anti-israélienne représentant le président américain Donald Trump et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, à Téhéran, le 19 juillet 2026. (AFP)
Une Iranienne passe devant une immense fresque antiaméricaine et anti-israélienne représentant le président américain Donald Trump et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, à Téhéran, le 19 juillet 2026. (AFP)
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  • Le Pentagone estime à 37,5 milliards de dollars le coût de la guerre en Iran et demande 67 milliards supplémentaires
  • Des sénateurs contestent cette demande et réclament plus de transparence sur la stratégie américaine

WASHINGTON: Le ministre américain de la Défense a estimé mardi que la guerre en Iran a coûté jusqu'à présent 37,5 milliards de dollars aux Etats-Unis, une hausse de près de 30% par rapport au dernier chiffre de 29 milliards.

"L'estimation que nous avons à ce jour est de 37,5 milliards de dollars", a déclaré Pete Hegseth devant une commission du Sénat américain, en précisant que ce montant incluait certains coûts anticipés jusqu'à fin septembre.

Le ministre a également défendu la demande du gouvernement Trump d'une rallonge budgétaire de 67 milliards de dollars pour le Pentagone.

M. Hegseth, ainsi que le chef d'état-major de l'armée américaine, le général Dan Caine, ont affirmé que cette rallonge était "urgente" et "nécessaire".

Mais la sénatrice démocrate Jeanne Shaheen a contesté cette évaluation, affirmant que le ministre disposait encore de 75 milliards de dollars non dépensés.

"Pourquoi demandez-vous au peuple américain d'assumer le coût d'une guerre qu'il ne soutient pas, au lieu de solliciter une autorisation de transfert de fonds déjà votés mais non dépensés?", a-t-elle demandé.

Selon le ministre, cet argent a été "affecté" à d'autres projets du président Donald Trump comme le "Dôme d'or américain" ou encore d'autres investissements dans l'armement.

Les fonds demandés ne prennent par ailleurs pas en compte le coût de la reconstruction des bases militaires américaines au Moyen-Orient.

D'autres sénateurs ont exprimé leur frustration, réclamant plus de détails sur la stratégie de Donald Trump afin de remporter la guerre au Moyen-Orient.

"Nous avons besoin de réponses claires et d'un discours franc", a estimé le sénateur John Kennedy, un républicain, tout en interrogeant les responsables sur ce qui se passerait si les Etats-Unis quittaient le détroit d'Ormuz.

Pete Hegseth et Dan Caine n'ont pas précisé si l'Iran imposerait des droits de passage aux navires souhaitant emprunter le détroit.


Après deux semaines d'hostilités, Trump n'en a «pas fini du tout» avec l'Iran

Les Etats-Unis n'en ont "pas fini du tout" avec l'Iran, a averti mardi Donald Trump, deux semaines après la reprise des hostilités qui menacent de s'étendre à la mer Rouge et d'affecter encore davantage l'économie mondiale. (AFP)
Les Etats-Unis n'en ont "pas fini du tout" avec l'Iran, a averti mardi Donald Trump, deux semaines après la reprise des hostilités qui menacent de s'étendre à la mer Rouge et d'affecter encore davantage l'économie mondiale. (AFP)
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  • Les Américains "s'occuperont" des Houthis s'ils mettent en oeuvre ce blocus maritime, a mis en garde le président Donald Trump
  • Les Etats-Unis s'étaient déjà mobilisés contre ces rebelles quand ils avaient perturbé le trafic maritime pendant la guerre à Gaza, menant des attaques de drones et de missiles contre des navires

TEHERAN: Les Etats-Unis n'en ont "pas fini du tout" avec l'Iran, a averti mardi Donald Trump, deux semaines après la reprise des hostilités qui menacent de s'étendre à la mer Rouge et d'affecter encore davantage l'économie mondiale.

Alors que la République islamique resserre son étau sur le stratégique détroit d'Ormuz, ses alliés yéménites, les rebelles houthis, menacent d'entraver le trafic de l'autre côté de la péninsule arabique.

Si elle était maintenue, la menace houthie couperait l'accès aux ports d'Arabie saoudite situés sur la mer Rouge, cruciaux pour contourner le détroit d'Ormuz. Le royaume est le premier exportateur de pétrole brut au monde.

Conséquence: le prix du baril de Brent, référence internationale, a terminé la séance au-dessus de 90 dollars pour la première fois depuis début juin.

Les Américains "s'occuperont" des Houthis s'ils mettent en oeuvre ce blocus maritime, a mis en garde le président Donald Trump.

Les Etats-Unis s'étaient déjà mobilisés contre ces rebelles quand ils avaient perturbé le trafic maritime pendant la guerre à Gaza, menant des attaques de drones et de missiles contre des navires. Les Houthis tirent parti du détroit de Bab el-Mandeb, un goulet d'étranglement situé à son extrémité sud, que les navires doivent emprunter pour rallier le canal de Suez.

Le cabinet de sécurité maritime Vanguard Tech a identifié pour la première fois mardi deux navires ayant fait demi-tour en mer Rouge après avoir chargé du brut saoudien dans le port de Yanbu, à la suite de l'annonce houthie.

L'Iran, de son côté, verrouille toujours Ormuz, où il a ciblé ces derniers jours plusieurs navires. Téhéran riposte aussi aux frappes américaines en visant les alliés régionaux des Etats-Unis.

"Si nous partions maintenant, cela prendrait à l'Iran 20, 25 ans pour reconstruire. Mais nous n'en avons pas fini du tout", a affirmé Donald Trump depuis la Maison Blanche.

"Inquiétudes" 

L'Agence internationale de l'énergie (AIE) a exprimé des "inquiétudes concernant la sécurité d'approvisionnement" en pétrole, notant toutefois que des "facteurs d'amortissement" existent.

Les tensions autour d'Ormuz avaient relancé les hostilités irano-américaines le 7 juillet, faisant voler en éclats le protocole d'accord signé mi-juin en vue d'un règlement durable du conflit.

Celui-ci a commencé avec l'offensive israélo-américaine sur l'Iran le 28 février, avant un cessez-le-feu en avril.

L'Iran, qui estime faire face à une "guerre totale" de la part de Washington, a été frappé à nouveau dans la nuit de lundi à mardi, notamment à Chiraz, à près de 200 km du Golfe, et dans la province du Fars (centre), selon l'agence locale Mehr.

Donald Trump a promis de lui faire "payer le prix plusieurs fois" pour la mort de chaque soldat américain, après la mort de trois militaires en Jordanie et en Irak ces derniers jours.

Côté iranien, le dernier bilan officiel publié vendredi recense au moins 50 morts et plus de 500 blessés depuis de premières escarmouches fin juin.

Economiser l'énergie 

Ces dernières 24 heures, la Jordanie, Bahreïn, ainsi que le Koweït ont annoncé avoir essuyé des attaques de drones et de missiles iraniens.

"L'ennemi devrait se préparer à des vagues de drones et à des attaques de missiles encore plus décisives et puissantes", ont averti les Gardiens de la Révolution iraniens, une des plus puissantes armées du Moyen-Orient.

Le Koweït accuse l'Iran d'avoir attaqué des centrales électriques et sites de dessalement d'eau, des installations cruciales pour rafraîchir et alimenter en eau potable ses millions d'habitants, dans une région parmi les plus arides du monde.

Pour réduire la pression sur le réseau, un habitant, Khaled al-Badri, a expliqué à l'AFP éteindre l'air conditionné avant de quitter son domicile et couper son éclairage extérieur. "Chacun peut contribuer à nous sortir de cette période", pense-t-il.