«Je pars la tête haute», lance Boris Johnson au Parlement

Le Premier ministre britannique Boris Johnson se dirige vers une voiture alors qu'il part du 10 Downing Street dans le centre de Londres, le 13 juillet 2022, pour se rendre au Parlement pour la session hebdomadaire des questions du Premier ministre (PMQ). (Photo, AFP)
Le Premier ministre britannique Boris Johnson se dirige vers une voiture alors qu'il part du 10 Downing Street dans le centre de Londres, le 13 juillet 2022, pour se rendre au Parlement pour la session hebdomadaire des questions du Premier ministre (PMQ). (Photo, AFP)
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Publié le Mercredi 13 juillet 2022

«Je pars la tête haute», lance Boris Johnson au Parlement

Le Premier ministre britannique Boris Johnson se dirige vers une voiture alors qu'il part du 10 Downing Street dans le centre de Londres, le 13 juillet 2022, pour se rendre au Parlement pour la session hebdomadaire des questions du Premier ministre (PMQ). (Photo, AFP)
  • Boris Johnson s'est déclaré «fier du formidable travail d'équipe» accompli sous sa direction
  • Après l'annonce de la démission de Boris Johnson jeudi dernier, huit candidats sont en course pour lui succéder à la tête du parti conservateur et à Downing Street

LONDRES: Le Premier ministre britannique Boris Johnson a estimé mercredi qu'il partait la « tête haute », tout en reconnaissant devant les députés que son départ, consécutif à une accumulation de scandales, est intervenu plus tôt qu'il ne l'aurait souhaité. 

Lors d'un échange animé avec le chef de l'opposition travailliste Keir Starmer, qui a jugé Boris Johnson perdu dans ses illusions « jusqu'à la fin », le dirigeant conservateur a étrillé son adversaire qui n'est « jamais venu avec une idée ou un projet pour le pays ». 

Enumérant le Brexit, la campagne de vaccination contre la Covid-19, ou encore le « rôle décisif » du Royaume-Uni vis-à-vis de l'Ukraine contre « la brutale invasion » par la Russie de Vladimir Poutine, Boris Johnson s'est déclaré « fier du formidable travail d'équipe » accompli sous sa direction. 

« Il est absolument vrai que je pars à un moment que je n'ai pas choisi », a ajouté Boris Johnson, près d'une semaine après l'annonce de sa démission, déclenchée par un exode massif au sein de son gouvernement après un trop plein de scandales. 

« Je pars mais je pars la tête haute », a-t-il lancé lors de ce qui est en principe son avant-dernière séance de questions face aux députés. 

« Ca va me manquer ces absurdités hebdomadaires », a lancé Keir Starmer au Premier ministre, après avoir formulé des attaques à peine voilées contre l'ex-ministre des Finances Rishi Sunak et le recours de sa richissime épouse à un statut fiscal qui lui permettait d'éviter de payer des impôts sur ses revenus étrangers. 

Après l'annonce de la démission de Boris Johnson jeudi dernier, huit candidats sont en course pour lui succéder à la tête du parti conservateur et à Downing Street. 

Un premier tour de vote des députés conservateurs se tient mercredi. Au moins un candidat sera éliminé, celui qui arrivera dernier, voire plusieurs s'ils échouent à obtenir 30 votes. 

D'autres tours de scrutin seront organisés jusqu'à ce que soient ainsi choisi les deux finalistes. Un vote par correspondance, réservé aux seuls adhérents du parti, sera ainsi organisé. Le résultat est attendu le 5 septembre. 

Les huit candidats pour succéder à Boris Johnson

Rishi Sunak 

L'ancien Chancelier de l'Echiquier, qui a démissionné avec fracas de son poste la semaine dernière entraînant dans son sillage le départ d'une soixantaine de membres de l'exécutif, fait partie des favoris. 

Attaqué par les soutiens du Premier ministre qui l'accusent d'avoir trahi Boris Johnson, M. Sunak, 42 ans, a été le premier hindou nommé ministre des Finances en 2020. 

M. Sunak, dont les grands-parents ont émigré du nord de l'Inde au Royaume-Uni dans les années 1960, a été analyste chez Goldman Sachs, puis employé dans des fonds spéculatifs. 

Ce défenseur du Brexit a été critiqué pour son action insuffisante contre l'envolée des prix. Il affirme que son approche économique relèverait de « bon sens thatchérien » s'il était élu, et dénonce les « contes de fées » d'autres candidats qui annoncent d'importantes baisses d'impôts dans un contexte de forte inflation. 

Liz Truss 

Son franc-parler et sa volonté de s'immiscer dans les guerres culturelles ont rendu la ministre des Affaires étrangères plutôt populaire auprès de la base des Tories. 

Mme Truss, 46 ans, s'est vu confier ce poste délicat en récompense de son travail en tant que ministre du Commerce international. A ce poste, cette championne du libre-échange, qui avait voté pour le maintien dans l'UE, a conclu une série d'accords commerciaux post-Brexit. 

Restée au gouvernement malgré l'exode massif de ministres, elle est la coqueluche du camp Johnson. 

Penny Mordaunt 

Actuellement secrétaire d'Etat au Commerce extérieur, Penny Mordaunt, 49 ans, a été une figure de la campagne en faveur du Brexit en 2016 et oeuvre depuis à négocier des accords commerciaux. Elle a été la première femme à devenir ministre de la Défense en mai 2019. 

Cette réserviste de la Royal Navy est au coude à coude avec Rishi Sunak dans la course à Downing Street, selon les bookmakers. Dans sa première intervention de campagne mercredi, elle a appelé au retour aux valeurs traditionnelles du parti conservateur « faible taux d'imposition, petit Etat, responsabilité personnelle ». 

Tom Tugendhat  

Le président de la commission des Affaires étrangères à la chambre des Communes a été l'un des premiers à annoncer qu'il se présenterait si Boris Johnson était chassé du pouvoir. 

Ancien membre de l'armée britannique, M. Tugendhat, 49 ans, a servi en Irak et en Afghanistan. Il a récemment affirmé sur Sky News que sa plus grosse erreur avait été « d'envahir un pays ». 

Nadhim Zahawi 

Le nouveau ministre des Finances est respecté parmi les Britanniques après le succès de la campagne de vaccination anti-Covid qu'il avait supervisée. 

Né à Bagdad de parents kurdes en juin 1967, il a immigré au Royaume-Uni à l'âge de neuf ans. Il a fondé la société d'études de marché YouGov en 2000 et en a démissionné dix ans plus tard pour se lancer en politique. 

Il estime qu'on a cherché à le « salir » quand la presse a rapporté qu'il faisait l'objet d'une enquête fiscale. Il a promis de publier chaque année sa déclaration d'impôts s'il devenait Premier ministre. 

Jeremy Hunt 

Ancien ministre des Affaires étrangères et de la Santé, Jeremy Hunt, 55 ans, a perdu face à Boris Johnson lors de l'élection en 2019 pour la direction du parti. 

Camarade de Boris Johnson et de David Cameron à l'Université d'Oxford, M. Hunt est l'une des rares personnalités à avoir ouvertement défié le Premier ministre lors du vote de défiance en juin. Il est jugé peu charismatique. 

Kemi Badenoch 

L'ancienne ministre britannique de l'Egalité Kemi Badenoch fait partie de la soixantaine de membres de l'exécutif qui ont démissionné pour forcer M. Johnson à quitter ses fonctions. 

Suella Braverman 

Suella Braverman, l'« Attorney general » chargée de conseiller juridiquement le gouvernement, avait affirmé avant même la démission de Boris Johnson, qu'elle se présenterait pour succéder au Premier ministre. 

Cette Brexiter de 42 ans est populaire parmi les eurosceptiques du parti. Elle fait partie des 28 députés britanniques qui ont refusé, à trois reprises, de soutenir l'accord de Brexit de Theresa May. 


Iran: le négociateur en chef conditionne toute discussion avec les Etats-Unis aux «lignes rouges» fixées par Téhéran

L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient. (AFP)
L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient. (AFP)
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  • "Si l'ennemi se montre excessif" dans ses demandes, "nous avons prouvé que nous sommes prêts à riposter et que nous n'hésiterons pas à infliger une réponse cinglante", a ajouté celui qui est aussi le président du Parlement
  • L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient

TEHERAN: Le chef de l'équipe de négociation iranienne, Mohammad Bagher Ghalibaf, a insisté vendredi sur le nécessaire respect des "lignes rouges" de l'Iran lors des futurs pourparlers avec les Etats-Unis.

"Comme nous l'avons démontré tout au long des négociations précédentes, nous restons fermes dans le respect des conditions et des lignes rouges fixées, et dans la défense des intérêts de la nation iranienne", a déclaré l'influent M. Ghalibaf, cité par l'agence Irna.

"Si l'ennemi se montre excessif" dans ses demandes, "nous avons prouvé que nous sommes prêts à riposter et que nous n'hésiterons pas à infliger une réponse cinglante", a ajouté celui qui est aussi le président du Parlement.

L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient.

Le président iranien Massoud Pezeshkian, qui a paraphé l'accord à distance avec son homologue américain Donald Trump, a publié une déclaration similaire, réaffirmant que les intérêts nationaux demeuraient la "ligne rouge" de son pays, sans plus de précisions.

Cette signature doit ouvrir la voie à des négociations plus poussées et techniques, d'une durée reconductible de 60 jours, centrées sur le programme nucléaire iranien en vue d'un accord définitif.

Mais de premiers pourparlers, prévus vendredi en Suisse, ont été annulés.

Les propos de M. Ghalibaf font suite à un communiqué du guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, faisant part de ses réserves pour le protocole d'accord qu'il a finalement autorisé.

Il prévoit notamment la fin de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban. Mais des frappes israéliennes dans la nuit de jeudi à vendredi dans le sud du Liban ont fait 18 morts et 33 blessés, selon les autorités libanaises, Israël déplorant de son côté la perte de quatre soldats.

L'accord a par ailleurs permis la levée du blocus naval américain imposé depuis deux mois aux ports iraniens et la réouverture par Téhéran du détroit d'Ormuz, voie maritime cruciale pour les hydrocarbures.

En Iran, le texte suscite l'opposition de certains conservateurs, hostiles à des concessions, notamment sur le contrôle du stratégique détroit.

"Les Américains ne respectent aucun engagement, ils n'ont jamais été loyaux envers aucun accord et ils ne le seront jamais", a ainsi déclaré Hossein Shariatmadari, rédacteur en chef du journal ultraconservateur Kayhan, lors d'une interview jeudi accordée à la télévision d'Etat.

"Le détroit d'Ormuz est le moyen d'obtenir des compensations" lors des négociations, a-t-il estimé.


Vance lance un avertissement aux critiques de Trump en Israël

JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
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  • "Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti
  • "Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président

WASHINGTON: JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington.

"Ce que je veux dire, et cela me dérange, c'est qu'il y a des gens dans le gouvernement de Bibi (le surnom du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, ndlr) qui se sont exprimés pour attaquer l'accord et qui d'une certaine manière ont attaqué le président des Etats-Unis très personnellement", a dit le vice-président américain pendant une conférence de presse.

"Mon message pour eux est double. D'abord, Donald J. Trump est le seul chef d'Etat dans le monde entier qui est compréhensif envers Israël aujourd'hui, et il se trouve être le chef d'Etat de la première puissance mondiale", a poursuivi JD Vance.

"Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti.

"Le second message que je voudrais lancer à certains de ces ministres qui attaquent le président des Etats-Unis - Bibi, et c'est tout à son honneur, n'a pas pris cette voie - c'est que ces trois derniers mois, deux tiers des armes défensives qui ont protégé votre pays ont été fabriquées par des mains américaines et payées par les contribuables américains", a ajouté JD Vance.

"Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président.


Trump veut soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès

 Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
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  • "Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian
  • "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse

EVIAN: Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse.

"Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian. "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse.

Interrogé sur le texte de l'accord avec l'Iran, déjà signé électroniquement et qui fera l'objet d'une cérémonie de signature vendredi à Genève, Donald Trump a promis à nouveau de le rendre public.

"Je ne vais pas seulement le publier, je vais sûrement donner une conférence de presse et vous le lire à la virgule près pour être sûr que la presse le couvre correctement", a lancé le dirigeant républicain.

Il avait déjà indiqué vouloir attendre après la cérémonie de signature vendredi pour publier le texte.