Bernard Lavilliers, tant de «dingueries» aux Francofolies

Dans cette photo d'archive prise le 10 juillet 2014, le chanteur français Bernard Lavilliers se produit sur scène lors du festival de musique Francofolies à La Rochelle, dans l'ouest de la France. (Photo de Xavier LEOTY / AFP)
Dans cette photo d'archive prise le 10 juillet 2014, le chanteur français Bernard Lavilliers se produit sur scène lors du festival de musique Francofolies à La Rochelle, dans l'ouest de la France. (Photo de Xavier LEOTY / AFP)
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Publié le Jeudi 14 juillet 2022

Bernard Lavilliers, tant de «dingueries» aux Francofolies

  • Bernard Lavilliers, 75 ans aujourd'hui, n'est pas de la première édition du festival mais de la deuxième, en 1986
  • Lavilliers est encouragé dans ses folies aux «Francos» par le créateur de l'événement, un proche, Jean-Louis Foulquier, disparu en 2013

PARIS : Ce sera sa 11e participation aux Francofolies, record absolu: Bernard Lavilliers se souvient de ses «dingueries» au festival, comme chanter du sommet des remparts de La Rochelle ou avec 1.789 enfants.

C'est une de ces images qui ont fait la légende des «Francos». Edition 1989: Lavilliers, chemise blanche et guitare acoustique en bandoulière, grimpe au sommet des murailles du port rochelais. Il y entonne «La complainte de Mandrin», chant traditionnel sur un contrebandier du XVIIIe siècle tendance Robin des Bois.

«Tout le monde a peur que je me casse la gueule mais je suis un genre de Belmondo, j'adore grimper partout», se souvient l'artiste, joint par téléphone avant son passage vendredi aux Francofolies.

«Chanter du haut des remparts, il y avait longtemps que j'y pensais. C'était un truc sportif mais ça valait le coup». Ce n'est pas la seule de ses «dingueries», comme il dit, au festival de Charente-Maritime.

Il faut dire que Lavilliers est encouragé dans ses folies aux «Francos» par le créateur de l'événement, un proche, Jean-Louis Foulquier (disparu en 2013).

«C'est la folie de Jean-Louis qui a permis ce festival, c'était un pari colossal quand il l'a créé en 1985», insiste le chanteur-baroudeur.

- «Je te laisse les clés» -

Les deux hommes sont derrière un spectacle insensé, toujours en 1989, bicentenaire de la Révolution française. Lavilliers chante un de ses morceaux, «Noir et blanc», accompagné de 1.789 «gamins» issus de plusieurs pays francophones, dans la cour de l'Elysée en présence du président de la République, François Mitterrand, puis le lendemain aux Francofolies.

«De n'importe quel pays, de n'importe quelle couleur/La musique est un cri qui vient de l'intérieur», retentit donc d'abord au palais présidentiel. «Mitterrand me demande: +Vous en avez une autre ?+. Je lui réponds: +On avait parlé d'une seule chanson+. Il me dit: +Redonnez-là+. On la rechante, avec lui qui bat la mesure à l'envers (rires)».

«Puis pour aller à La Rochelle, tous les mômes ont pris le train, rapidement transformé avec eux en discothèque m'avait raconté Jean-Louis», rapporte celui qui réédite une partie de sa discographie en vinyle (à commencer par «Les barbares» et «15e round» le 5 août).

Lavilliers, 75 ans aujourd'hui, n'est pas de la première édition du festival mais de la deuxième, en 1986.

«Jean-Louis m'avait dit: +Je te laisse les clés une soirée, tu vas faire ton programme+. C'était sympa», raconte l'artiste.

La nuit vibre aux rythmes antillais, africains et brésiliens avec Malavoi, Mory Kanté, Les Etoiles ou encore Manu Dibango.

-Il n'a que de bons souvenirs rochelais-

«Les Etoiles, c'étaient deux Brésiliens déguisés en femmes qui chantaient magnifiquement. Je les avais connus dans un petit cabaret parisien, le Discophage, et, là, ils étaient sur la grande scène des +Francos+», rembobine Lavilliers.

«Ils étaient un peu bourrés. C'est dommage mais tout le monde était un peu bourré aux +Francos+ dans ces années-là (rires)».

Il n'a que de bons souvenirs rochelais. Sauf peut-être en 1987. Le festival fête Léo Ferré en sa présence. «C'est moi qui ai présenté Ferré, mon ami, à Foulquier: je ne suis pas allé à cette soirée car y participaient des chanteurs qui ne me plaisaient pas mais je m'en voulais à mort après».

A La Rochelle, Lavilliers reste à l'écoute. Dans les dernières années, il y a découvert des artistes comme Pauline Croze ou Feu! Chatterton. Et peut toujours surprendre, comme en 2016 avec une relecture de son album «Pouvoirs» de 1979.

Pourquoi ? «Tout le monde parle de cet album mais personne ne l'a acheté», lâche-t-il goguenard.

Il est aux «Francos» comme chez lui, de toute façon. «Il fait partie de la famille bien avant moi», acquiesce l'actuel patron du festival, Gérard Pont. Qui le programme aussi pour son actualité: «Il revient avec élégance et il a un jeune groupe qui envoie».

Lavilliers défend sur scène un dernier album au titre-reflet du réchauffement climatique, «Sous un soleil énorme».


Jean-Paul Rappeneau, le réalisateur français de «Cyrano de Bergerac», est mort à 94 ans

Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
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  • C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès
  • Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991

PARIS: Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils.

Jean-Paul Rappeneau, l'un des doyens du cinéma hexagonal, a tourné avec les plus grands comédiens français, de Yves Montand ("Le Sauvage") à Catherine Deneuve ("La vie de château"), en passant par Gérard Depardieu, Jean-Paul Belmondo ("Les Mariés de l'An II") ou Isabelle Adjani ("Tout feu tout flamme").

C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès.

Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991, dont celui de meilleur film, et avait valu à Jean-Paul Rappeneau celui de meilleur réalisateur.

"Nous ne pouvions nous contenter d'une simple mise en images de la pièce (...). Le vrai pari du film, c'est que les personnages y parlent en vers", expliquait-il.

Totalisant plus de 10 millions d'entrées dans le monde, le film avait aussi décroché cinq nominations aux Oscars.

Connu pour son perfectionnisme, Jean-Paul Rappeneau choisissait ses projets avec soin, ne craignant pas de laisser s'écouler de longues années entre chaque film.

"Je ne suis pas comme un pommier qui fait tomber ses fruits chaque automne. Mon rythme, c'est plutôt un film tous les cinq ou six  ans. Je ne vois pas pourquoi on devrait enchaîner les projets. A moins bien sûr d'avoir besoin d'argent...", disait-il à l'hebdomadaire Paris Match en 2015.

Populaire et exigeant 

Né le 8 avril 1932 dans une famille nombreuse, il avait abandonné des études de droit pour se lancer dans le cinéma, notamment auprès de Louis Malle ("Au revoir les enfants")dont il devient l'assistant, co-écrivant le scénario de "Zazie dans le métro".

Il avait fait ses premiers pas de réalisateur en signant en 1966 "La vie de château", dans lequel Catherine Deneuve campe une épouse rongée par l'ennui aux côtés de Philippe Noiret.

Si ses débuts coïncident avec l'éclosion de la Nouvelle Vague, il s'était toujours tenu à distance de ce mouvement qui révolutionna le cinéma français dans les années 50-60. "A l'exception d'+A bout de souffle+ et d'+Hiroshima mon amour+, aucun des films (de la Nouvelle Vague) ne me plaisait vraiment", disait-il.

Tenant d'un cinéma populaire et exigeant, Jean-Paul Rappeneau avait ensuite enchaîné les succès.

En 1995, il avait relevé un autre défi en portant à l'écran "Le Hussard sur le toit", avec Olivier Martinez et Juliette Binoche, tiré du roman de Jean Giono, réputé difficile à adapter.

Son dernier film, la comédie dramatique "Belles Familles", remontait à 2015 et mettait en scène Mathieu Amalric, Karin Viard et Marine Vacth.

En 2025, Jean-Paul Rappeneau avait publié ses mémoires ("Vive allure") dans lesquelles transparaissait son approche singulière du métier de cinéaste. "Quand un film se termine, disait-il, je suis comme un naufragé sur la plage, j'attends le prochain voyage".

 

 


Avec la plateforme RMC+, CMA Media accélère sur le streaming

Filiale de l'armateur français de porte-conteneurs CMA CGM, CMA Media est devenu en quelques années un important groupe de médias, après avoir racheté le groupe de presse régionale La Provence, le journal économique La Tribune, les marques RMC et BFM, ainsi que le média en ligne Brut. (AFP)
Filiale de l'armateur français de porte-conteneurs CMA CGM, CMA Media est devenu en quelques années un important groupe de médias, après avoir racheté le groupe de presse régionale La Provence, le journal économique La Tribune, les marques RMC et BFM, ainsi que le média en ligne Brut. (AFP)
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  • "Nous assumons complètement notre différenciation. Dans un univers où il y a Netflix, Prime Video, TF1+, France Télévisions, Youtube, M6+ et bien d'autres, prétendre se vouloir généraliste, c'est complètement vain"
  • Confrontées à la concurrence de géants comme Netflix ou Youtube, les chaînes de télévision traditionnelles tentent de renforcer leur présence sur le streaming

PARIS: Chaînes en direct, contenus du média Brut ou séries verticales: le groupe CMA Media, propriétaire de BFMTV et RMC, lance mardi une nouvelle plateforme de streaming avec l'ambition de changer d'échelle sur le numérique.

RMC+, qui succède à RMC BFM Play, va réunir sur une seule plateforme gratuite ses chaînes de la TNT (BFMTV, RMC Story, RMC Découverte, RMC Life), dix chaînes thématiques, dont une chaîne Brut - le média en ligne devenu propriété de CMA Media en 2025 -, et une offre de près de 10.000 heures de contenus à la demande.

En misant sur les classiques des chaînes RMC (mécanique, histoire et découverte, sport, enquêtes criminelles), des mini-séries verticales (ou micro-drama), des telenovelas et des créateurs de contenus comme Nota Bene ou Loury Lag notamment, "ce sera une véritable plateforme de streaming", résume Julie Gauchotte, directrice de la stratégie numérique de RMC BFM.

"Nous assumons complètement notre différenciation. Dans un univers où il y a Netflix, Prime Video, TF1+, France Télévisions, Youtube, M6+ et bien d'autres, prétendre se vouloir généraliste, c'est complètement vain", ajoute auprès de l'AFP Stéphane Sallé de Chou, directeur général du pôle Entertainment CMA Media.

"Mais on veut être les meilleurs dans nos univers", poursuit-il.

Filiale de l'armateur français de porte-conteneurs CMA CGM, CMA Media est devenu en quelques années un important groupe de médias, après avoir racheté le groupe de presse régionale La Provence, le journal économique La Tribune, les marques RMC et BFM, ainsi que le média en ligne Brut. CMA Media est aussi entrée en phase finale d'acquisition de la chaîne RMC Sport, qui diffuse notamment le MMA (arts martiaux mixtes).

Confrontées à la concurrence de géants comme Netflix ou Youtube, les chaînes de télévision traditionnelles tentent de renforcer leur présence sur le streaming. Mais leurs recettes publicitaires se concentrent encore très majoritairement sur la télé dite linéaire, à 93% dans le cas des chaînes BFMTV et RMC, contre 6% pour la plateforme RMC BFM Play et 1% sur les réseaux sociaux, explique-t-on chez CMA Média.

CMA Media a également noué début 2026 un partenariat avec Youtube pour y diffuser ses contenus et a lancé une agence de production audiovisuelle, CMA Studio. Le groupe compte aussi lancer un studio de créateurs de contenus, CMA Creator, d'ici fin 2026.

En parallèle, CMA Media veut faire des économies en vendant les neuf chaînes de télévision locales de BFM.


Mort à 79 ans de l'artiste palestinien Sliman Mansour

L'artiste, dont les œuvres dépeignaient les traditions palestiniennes et la lutte de son peuple sous l'occupation israélienne, est mort dans sa maison à Jérusalem-Est, ont précisé ses proches. (AFP)
L'artiste, dont les œuvres dépeignaient les traditions palestiniennes et la lutte de son peuple sous l'occupation israélienne, est mort dans sa maison à Jérusalem-Est, ont précisé ses proches. (AFP)
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  • Sliman Mansour était né à Birzeit, au nord de Ramallah, en 1947. Il avait étudié l'art et le design à Jérusalem, dont il est sorti diplômé en 1970
  • Le ministère palestinien de la culture a rendu hommage à l'artiste, "l'un des plus importants piliers de l'art visuel palestinien contemporain, dont la carrière, sur plusieurs décennies, fait partie de la mémoire visuelle et nationale palestinienne"

RAMALLAH: Le peintre et sculpteur Sliman Mansour, l'un des artistes palestiniens les plus renommés, est mort lundi à l'âge de 79 ans, a annoncé sa famille.

L'artiste, dont les œuvres dépeignaient les traditions palestiniennes et la lutte de son peuple sous l'occupation israélienne, est mort dans sa maison à Jérusalem-Est, ont précisé ses proches.

"Le dernier chapitre a été écrit. Le cœur serré par un chagrin indicible, nous annonçons que notre cher père a quitté ce monde", a déclaré sa famille dans un communiqué.

"Pour le monde, il laisse derrière lui une vie emplie de beauté et de mémoire, ainsi qu'un héritage qui se perpétuera à travers toutes les personnes dont il a marqué l'existence. Quant à nous, nous avons perdu un père qui était notre source d'amour, de force et notre refuge", ajoute la famille.

Sliman Mansour était né à Birzeit, au nord de Ramallah, en 1947. Il avait étudié l'art et le design à Jérusalem, dont il est sorti diplômé en 1970.

Le ministère palestinien de la culture a rendu hommage à l'artiste, "l'un des plus importants piliers de l'art visuel palestinien contemporain, dont la carrière, sur plusieurs décennies, fait partie de la mémoire visuelle et nationale palestinienne".

Le ministère a salué sa toile la plus connue, "Camel of Hardships" ("Le Chameau des fardeaux", 1973) - qui représente un vieil homme palestinien portant la ville de Jérusalem sur son dos - la qualifiant d'"icône nationale et artistique". L'oeuvre de Sliman Mansour faisait office "de témoin de l'histoire palestinienne et de gardien de l'identité", a-t-il ajouté.

Pleurant une "immense perte", la galerie Zawyeh de Ramallah a salué une "figure artistique majeure", qui, "à travers son œuvre, a exploré les thèmes du déplacement, de la résilience, de la résistance et du lien indéfectible unissant les Palestiniens à leur terre natale".

Sliman Mansour a reçu de nombreuses récompenses, parmi lesquelles le prix Unesco-Sharjah pour la culture arabe en 2019.