Bernard Lavilliers, carnet de voyage et journal intime 

Souvenirs d'Argentine et morceau sur la boxe avec Eric Cantona: on est bien chez Bernard Lavilliers, bourlingueur au nouvel album touchant, qui chante aussi le frisson de l'au-delà. (Photo, AFP)
Souvenirs d'Argentine et morceau sur la boxe avec Eric Cantona: on est bien chez Bernard Lavilliers, bourlingueur au nouvel album touchant, qui chante aussi le frisson de l'au-delà. (Photo, AFP)
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Publié le Lundi 08 novembre 2021

Bernard Lavilliers, carnet de voyage et journal intime 

  • Comme d'habitude, il a commencé par poser son sac et sa guitare à l'autre bout du monde pour composer ce nouvel opus, «Sous un soleil énorme» qui sort vendredi
  • «Je me suis installé en février 2019, je suis resté trois mois, j'ai vu tous les concerts possibles. C'est une ville qui vit tard, la nuit, pas comme ici à Paris où à 22H00 les gens râlent quand il y a de la musique»

PARIS : Souvenirs d'Argentine et morceau sur la boxe avec Eric Cantona: on est bien chez Bernard Lavilliers, bourlingueur au nouvel album touchant, qui chante aussi le frisson de l'au-delà.


Comme d'habitude, il a commencé par poser son sac et sa guitare à l'autre bout du monde pour composer ce nouvel opus, "Sous un soleil énorme" qui sort vendredi. A 11.000 kilomètres de Paris, pas au Brésil qu'il connaît bien (et dont il avait ramené le magnifique "Fortaleza", 1979), mais à Buenos Aires.


"Je me suis installé en février 2019, je suis resté trois mois, j'ai vu tous les concerts possibles. C'est une ville qui vit tard, la nuit, pas comme ici à Paris où à 22H00 les gens râlent quand il y a de la musique", raconte-t-il à l'AFP dans les locaux de son manager, entre un crocodile synthétique sur le parquet et un buste-statue de panthère, ça ne s'invente pas. 


"A Buenos Aires, il y a encore des quartiers d'artistes, mais en prenant des transversales, j'ai vu aussi des rues entières pleines de commerces de coffres-forts --je ne l'ai pas mis dans mes chansons-- comme à Bangkok où un quartier ne vend que des batteries de voitures", développe-t-il, intarissable. 


L'œil est toujours observateur et la plume du chroniqueur inspirée derrière les notes cumbia ou de tango ici et là (les rythmes latinos ne colorent pas tout l'album). Que ce soit pour chanter l'inflation rampante en Argentine ("Les Porteños sont fatigués") ou les conseillers de l'ombre au sommet de l'Etat, de ce côté de l'Atlantique, ces "petits marquis", "jamais élus, toujours choisis" ("Beautiful days"). La "Corruption" et sa mélodie accrocheuse raccrochent les wagons là où il les avait laissés avec "Les aventures extraordinaires d'un billet de banque", titre de 1975.

«Le coeur du monde» et le sien

Lavilliers reprend même un autre conteur de son époque, Bob Dylan, avec son titre de 1963 "Who killed Davey Moore?" (adapté plus tard en français par Graeme Allwright). La belle idée est d'y faire entendre aussi les voix d'Eric Cantona, Gaëtan Roussel, Izïa et Hervé incarnant les protagonistes de cette tragique tranche de boxe. 


Autre titre choral, "Je tiens d'elle" évoque sa ville natale, Saint-Etienne, avec le duo électro-pop Terrenoire, qui doit son nom de scène à un quartier populaire de cette ville dont ces deux frères sont aussi originaires. "J'ai un demi-siècle d'écart avec eux, c'était assez marrant de confronter nos visions", se délecte l'auteur-compositeur-interprète qui vient de fêter ses 75 ans. 


Mais Lavilliers fend aussi l'armure dans cet album. "Je tiens d'elle" parle donc de la mère-patrie et de la mère tout court, puisqu'on y apprend que c'est la sienne qui lui offert sa première guitare. 


Le disque s'ouvre sur "Le cœur du monde", mais il est bien question du sien, qui a failli le lâcher en début d'année, dans le bouleversant dernier morceau "L'ailleurs". 


Aujourd'hui en pleine forme, il ne veut pas s'épancher sur cette alerte cardiaque et son séjour en clinique. Mais confie tout de même: "J'étais entre deux (entre vie et mort), mais j'étais calme, très calme, il y en a que ça panique, moi pas du tout, cette chanson c'est un hommage détourné aux gens qui m'ont sorti de là, ces infirmières, ces toubibs, ces sentinelles qui nous surveillent". 


"Bon, ils m'ont dit d'essayer de me calmer (sur son rythme, entre voyages et musiques). C'est pas pour autant que je dors plus, mais je me repose", s'amuse-t-il.


La tapisserie de Bayeux n'a subi "aucune altération visible" pendant son transfert à Londres

La ministre française de la Culture, Catherine Pégard (au centre), observe la tapisserie de Bayeux lors de son dévoilement au British Museum, le 17 juillet 2026, une semaine après son arrivée de France. Cette œuvre du XIe siècle, qui retrace la conquête normande de l'Angleterre en 1066, sera exposée pour la première fois au Royaume-Uni à partir de septembre. (AFP)
La ministre française de la Culture, Catherine Pégard (au centre), observe la tapisserie de Bayeux lors de son dévoilement au British Museum, le 17 juillet 2026, une semaine après son arrivée de France. Cette œuvre du XIe siècle, qui retrace la conquête normande de l'Angleterre en 1066, sera exposée pour la première fois au Royaume-Uni à partir de septembre. (AFP)
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  • La tapisserie de Bayeux est arrivée au British Museum sans dommage visible après son transport exceptionnel depuis la France
  • Elle sera exposée à Londres du 10 septembre 2026 au 11 juillet 2027 avant son retour à Bayeux pour une rénovation

PARIS: 

La tapisserie de Bayeux a été extraite jeudi à Londres de son caisson dans lequel elle avait été acheminée la semaine dernière et n'a subi "aucune altération visible" pendant ce voyage, a affirmé à l'AFP une responsable du ministère de la Culture français.

"Je suis en mesure de vous confirmer qu'il n'y a eu aucune altération visible et que la tapisserie a bien voyagé", a déclaré Delphine Christophe, directrice générale des patrimoines et de l'architecture, depuis le British Museum de Londres.

A l'issue d'une opération à hauts risques pour sa conservation, cette broderie millénaire de près de 70 mètres de long avait été acheminée le 10 juillet au British Museum pour un prêt d'un an décidé en 2025 par le président français Emmanuel Macron.

Transportée à Londres sous haute surveillance et par camion depuis l'ouest de la France, la tapisserie du XIe siècle avait jusque-là été maintenue dans son double caisson spécialement conçu pour limiter les vibrations et maintenir une température et un taux d'humidité constants.

Elle en a été extraite jeudi pour être entièrement déployée, selon la responsable française. "L'extraction s'est très bien passée et mobilise plusieurs dizaines de personnes", a détaillé Mme Christophe, précisant que l'opération impliquait notamment des équipes française et britannique de conservateurs.

Un constat plus précis doit prochainement être fait par les conservateurs pour s'assurer de l'état de la tapisserie, mais Mme Christophe s'est montrée confiante. "S'il y avait eu un problème, on l'aurait constaté parce qu'on l'a vue en totalité, complètement déployée", a-t-elle affirmé.

Ce transfert historique vers Londres avait donné des sueurs froides à certains experts et défenseurs du patrimoine en France qui redoutaient la dégradation irréversible d'une œuvre déjà fragilisée par 30 déchirures non stabilisées et près de 10.000 trous.

La ministre de la Culture française Catherine Pégard est attendue vendredi au British Museum, où la tapisserie sera exposée au public, à plat, du 10 septembre 2026 au 11 juillet 2027.

A son retour en France courant 2027, cette œuvre, qui décrit la conquête de l'Angleterre par Guillaume le Conquérant en 1066, regagnera son musée de Bayeux (ouest de la France) et devra faire l'objet en 2028 d'une rénovation plusieurs fois repoussée par le passé.


Un rare manuscrit du Coran exposé à La Mecque

Un rare manuscrit du Saint Coran est l’une des principales attractions de l’exposition « Iqra ». (SPA) 
Un rare manuscrit du Saint Coran est l’une des principales attractions de l’exposition « Iqra ». (SPA) 
Un rare manuscrit du Saint Coran est l’une des principales attractions de l’exposition « Iqra ». (SPA) 
Un rare manuscrit du Saint Coran est l’une des principales attractions de l’exposition « Iqra ». (SPA) 
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  • Le manuscrit figure parmi les principales attractions de l’exposition, mettant en lumière le soin accordé par les musulmans au Saint Coran à travers les siècles

LA MECQUE : Un rare manuscrit du Saint Coran attire les visiteurs de l’exposition « Iqra », organisée par la Présidence des Affaires religieuses de la Grande Mosquée et de la Mosquée du Prophète, au complexe du King Abdulaziz Endowment.

Ce manuscrit constitue l’une des principales attractions de l’exposition, illustrant l’attention et le respect portés par les musulmans au Saint Coran à travers les âges.

L’exposition présente un exemplaire rare du Saint Coran réalisé il y a plus de 1 000 ans par le célèbre calligraphe Ali bin Hilal, connu sous le nom d’Ibn Al-Bawwab. 

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Un rare manuscrit du Saint Coran est l’une des principales attractions de l’exposition « Iqra ». (SPA)

Le manuscrit est exposé aux côtés d’un index scientifique et d’une analyse de sa calligraphie et de ses enluminures, permettant aux visiteurs d’en découvrir la valeur historique et artistique, tout en retraçant l’évolution de la calligraphie arabe et de l’ornementation islamique au fil des siècles.

Le manuscrit est considéré comme l’un des plus rares manuscrits islamiques en raison de son exceptionnelle valeur scientifique, artistique et historique. Seuls deux exemplaires connus subsistent dans le monde, témoignant de la place éminente qu’occupe le Saint Coran à travers l’histoire islamique.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le Musée national Zayed présélectionné pour le prix du World Architecture Festival 2026

Conçu par Foster + Partners, sous la direction de l’architecte lauréat du prix Pritzker Norman Foster, le musée se distingue par une architecture inspirée de la fauconnerie. (Fourni)
Conçu par Foster + Partners, sous la direction de l’architecte lauréat du prix Pritzker Norman Foster, le musée se distingue par une architecture inspirée de la fauconnerie. (Fourni)
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  • Le musée retrace l’histoire des Émirats arabes unis et les valeurs de leur fondateur disparu
  • L’architecture distinctive du bâtiment s’inspire de la fauconnerie

DUBAÏ : Le Musée national Zayed des Émirats arabes unis, situé à Abou Dhabi, a été présélectionné dans la catégorie Bâtiments achevés – Culture du World Architecture Festival 2026, aux côtés de 18 autres projets venus du monde entier.

Le festival, qui récompense les réalisations architecturales les plus remarquables à l’échelle internationale, se tiendra à Fort Lauderdale, en Floride, du 18 au 20 novembre.

Les finalistes présenteront leurs projets devant un jury composé d’architectes de renommée mondiale et d’experts du secteur dans le cadre du processus d’évaluation en direct du festival. 

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Le musée retrace l’histoire des Émirats arabes unis. (Fourni)

La catégorie Bâtiments achevés – Culture récompense les lieux culturels achevés, notamment les musées, galeries, bibliothèques, théâtres, salles de concert et cinémas. Pour être éligibles, les projets doivent avoir été achevés entre le 1er janvier 2025 et le 1er juin 2026.

Situé sur l’île de Saadiyat à Abou Dhabi, au cœur du quartier culturel de Saadiyat, le musée national des Émirats arabes unis a ouvert ses portes en décembre 2025.

Il retrace l’histoire des Émirats arabes unis, depuis les premières traces de présence humaine jusqu’aux civilisations qui ont façonné leur culture et leur identité, profondément ancrées dans la vision et les valeurs du fondateur du pays, feu Sheikh Zayed bin Sultan Al-Nahyan.

Conçu par Foster + Partners, sous la direction de l’architecte lauréat du prix Pritzker Norman Foster, le musée présente une architecture singulière inspirée de la fauconnerie.

Ses cinq tours légères en acier fonctionnent comme des cheminées thermiques, aspirant l’air chaud vers le haut afin de favoriser la stratégie de ventilation naturelle du bâtiment, tandis que les surfaces vitrées permettent d’acheminer la lumière naturelle vers les galeries situées en contrebas. Chaque tour peut être ajustée individuellement afin d’optimiser les performances environnementales.

Les galeries du musée sont installées sous une butte paysagère conçue pour refléter le relief naturel des Émirats arabes unis. En son centre se trouve Al-Liwan, un vaste atrium lumineux qui sert d’espace de rassemblement pour des événements culturels, notamment des spectacles, conférences, danses traditionnelles et lectures de poésie. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com