JPMorgan Chase aux aguets sur l'évolution de l'économie

Le siège social de JPMorgan Chase & Co à New York (Photo, AFP).
Le siège social de JPMorgan Chase & Co à New York (Photo, AFP).
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Publié le Vendredi 15 juillet 2022

JPMorgan Chase aux aguets sur l'évolution de l'économie

  • Au deuxième trimestre, le chiffre d'affaires de la banque a augmenté de 1%, à 30,7 milliards de dollars
  • L'économie américaine continue de croître, le marché de l'emploi se porte bien, les salaires augmentent, et les consommateurs dépensent malgré l'inflation

NEW YORK: La plus grande banque américaine, JPMorgan Chase, a mis un peu plus d'argent de côté au deuxième trimestre pour prendre en compte une "modeste détérioration" des perspectives et a suspendu ses rachats d'actions, tout en assurant que pour l'instant, l'économie se tient bien.

Son patron, Jamie Dimon, a mis en avant jeudi "deux dynamiques contradictoires".

L'économie américaine continue de croître, le marché de l'emploi se porte bien, les salaires augmentent, et les consommateurs dépensent encore allègrement malgré l'inflation, même si les économies qu'ils ont engrangées pendant la pandémie commencent à s'amoindrir.

Les particuliers "sont en très bonne santé" financière si une récession arrive, a affirmé M. Dimon lors d'une conférence téléphonique avec des journalistes.

"Quand on parle aux entreprises (...), les carnets de commandes sont bons", a-t-il aussi signalé.

Si on s'en tient aux chiffres, "il n'y a aucune indication d'une faiblesse" de l'économie, a abondé le directeur financier Jeremy Barnum. En revanche, "des questions se posent sur les perspectives".

M. Dimon a évoqué les tensions géopolitiques, l'inflation au plus haut en 40 ans, l'érosion de la confiance des consommateurs, l'incertitude quant à la politique de la banque centrale américaine, ainsi que la guerre en Ukraine.

Tous ces éléments "sont très susceptibles d'avoir des conséquences négatives sur l'économie mondiale à un moment donné", a-t-il noté.

Dans ce contexte, la banque a augmenté ses provisions de près de 1,1 milliard de dollars: 657 millions de dollars pour faire face aux prêts non remboursés et 428 millions de nouvelles réserves afin notamment de refléter "une modeste détérioration des prévisions économiques".

Même s'ils augmentaient encore leurs réserves, ce serait "bien moins" qu'au début de la pandémie, a précisé M. Dimon.

Faible activité des banquiers d'affaires

Au deuxième trimestre, le chiffre d'affaires de la banque a augmenté de 1%, à 30,7 milliards de dollars.

Dans le sillage de la hausse des taux engagée par la banque centrale américaine, sa banque a pu compter sur la progression de ses revenus nets d'intérêts (+19%), soit la différence entre les intérêts que JPMorgan gagne sur les prêts accordés à ses clients et ceux qu'elle verse aux épargnants.

Son bénéfice net a baissé de 28%, à 8,6 milliards de dollars.

Il pâtit de la comparaison avec le deuxième trimestre 2021, quand la banque avait fortement diminué les réserves mises de côté au début de la pandémie pour faire face aux éventuels impayés de ses clients.

Du côté des particuliers et petites entreprises, la banque a vu les dépôts augmenter (+13%) mais l'activité de prêts immobiliers reculer, les particuliers hésitant à solliciter un nouvel emprunt avec la hausse des taux d'intérêts.

La banque a aussi vu les commissions générées par ses banquiers d'affaires fortement reculer (-54%), les entreprises n'étant pas enclines à engager actuellement de grosses opérations ou à entrer en Bourse au vu de l'incertitude sur l'économie mondiale et des turbulences sur les marchés.

Les revenus tirés des marchés, en proie à une forte volatilité, ont, eux, augmenté de 15%.

Morgan Stanley a fait face à la même dynamique: son chiffre d'affaires (-11%) et son bénéfice net (-30%) ont été plombés par la moindre activité des banquiers d'affaires de la firme. Les revenus générés par ses courtiers ont, en revanche, progressé.

JPMorgan a, par ailleurs, annoncé jeudi la suspension de son programme de rachat d'actions. C'est pour pouvoir répondre aux exigences des régulateurs en termes de capital, a assuré la banque.

Mais c'est aussi un signal, pour certains investisseurs, que la direction ressent le besoin d'être prudente avec son argent: "en règle générale, les banques ont de meilleurs résultats quand les taux montent, mais les inquiétudes concernant l'économie et le consommateur à long terme semblent être plus importantes", avancent les analystes de Briefing.

L'action a reculé de 3,5% à Wall Street.

Pour Ken Leon, de CFRA, la banque est actuellement dans une position ambigüe, où "les résultats du deuxième trimestre ne reflètent clairement pas les inquiétudes pour le deuxième semestre".

Les autres grandes firmes de Wall Street doivent dévoiler leurs résultats dans les prochains jours: vendredi pour Citigroup et Wells Fargo, lundi pour Bank of America et Goldman Sachs.


TotalEnergies acquiert les activités renouvelables terrestres de Shell en Europe

Le logo de l’entreprise française TotalEnergies, cotée au CAC 40, le principal indice boursier de la Bourse de Paris, à Toulouse le 31 mars 2026. (AFP)
Le logo de l’entreprise française TotalEnergies, cotée au CAC 40, le principal indice boursier de la Bourse de Paris, à Toulouse le 31 mars 2026. (AFP)
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  • TotalEnergies rachète les activités d’énergies renouvelables terrestres de Shell en Europe, comprenant des actifs solaires, éoliens et de stockage par batteries
  • Le groupe français cède parallèlement 50% d’un portefeuille d’actifs renouvelables à KKR pour 1,8 milliard d’euros afin de renforcer sa stratégie énergétique

PARIS: Le géant pétrogazier français TotalEnergies a annoncé lundi l'acquisition de l'ensemble des activités d'énergies renouvelables terrestres en Europe du groupe britannique Shell et la vente au fonds d'investissement américain KKR d'un portefeuille d'actifs, aussi dans l'énergie renouvelable.

Ces deux transactions en Europe doivent être finalisées d'ici la fin de 2026, sous réserve de l'approbation des autorités compétentes, a précisé TotalEnergies dans un communiqué.

La première opération concerne donc un accord signé avec Shell pour l'acquisition de l'ensemble de ses activités renouvelables terrestres en Europe, dont "500 MW d'actifs solaires et éoliens en opération ou en construction", notamment en Italie et aux Pays-Bas, ainsi que 3,5 GW de projets dans le domaine des énergies solaires, éoliennes et de stockage par batterie en Italie, au Royaume-Uni et en Espagne.

Ce portefeuille d'actifs sera détenu "à 100% par TotalEnergies à l'issue de la transaction", précise le groupe français, qui a indiqué à l'AFP que le montant de l'opération n'était pas dévoilé.

Le montant serait de l'ordre de quelques centaines de millions d'euros, a appris l'AFP de source proche de la transaction.

Cette opération vise à "compléter les activités de production d'électricité de TotalEnergies dans ces quatre marchés clés pour le déploiement de sa stratégie Integrated Power en Europe", ajoute TotalEnergies, qui doit doubler sa production d'électricité renouvelable et à partir d'actifs flexibles (centrales gaz, batteries) à 100-120 TWh en 2030 contre environ 48 TWh en 2025.

Le groupe dispose d'environ 105 GW de capacités d'énergies renouvelables en production, en construction ou en développement.

"Cet accord reflète la poursuite de l'objectif, par Shell, de gestion active" de son portefeuille dans l'énergie, "correspondant à sa stratégie" énoncée en 2025, a indiqué Machteld de Haan, directrice de l'aval, des renouvelables et des solutions énergétiques du groupe britannique, dans un communiqué séparé.

Shell met en oeuvre depuis plusieurs années une stratégie de désengagement des énergies renouvelables pour se concentrer notamment sur ses activités liées aux combustibles fossiles et doper ses bénéfices.

Dans ce contexte, Shell avait notamment annoncé mi-juillet céder au conglomérat indien Aditya Birla Group de sa filiale Sprng Energy, spécialisée dans le solaire et l'éolien en Inde.

La vente annoncée lundi s'inscrit elle aussi dans le cadre de cette stratégie, qui vise notamment à "privilégier les investissements dans des moyens de production flexibles, tels que les centrales électriques à gaz, les batteries de grande capacité et les technologies numériques" - qui permettent de compenser l'intermittence d'énergies renouvelables en plein essor -, a rappelé Shell lundi auprès de l'AFP.

La deuxième transaction annoncée par TotalEnergies concerne la cession à KKR de 50% d'un portefeuille d'actifs renouvelables, déjà largement développés, de 1,2 GW en Europe pour une valeur d'entreprise de 1,8 milliard d'euros.

Ces actifs, dans le solaire et l'éolien terrestre, se trouvent en Allemagne, Espagne, France et Pologne. L'électricité produite par ces actifs est déjà vendue à des tiers ou sera commercialisée par TotalEnergies.

Vers 14H30 GMT, Shell cédait 0,34% à 33,72 livres à la Bourse de Londres et TotalEnergies 0,44% à 76,08 euros à la Bourse de Paris.


Pétrole: le baril chute de près de 5% après l'annonce de négociations Etats-Unis/Iran

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Les prix du pétrole chutent lundi à l'ouverture des échanges asiatiques après l'annonce par Donald Trump de nouvelles négociations pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient et rouvrir le détroit d'Ormuz.

Vers 22H50 GMT dimanche, le prix du baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en septembre reculait de 4,69% à 83,81 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate cédait 4,67% à 80,72 dollars.

Après avoir menacé l'Iran d'une attaque massive, Donald Trump a dit samedi soir renoncer à de nouvelles frappes à condition qu'un accord soit conclu rapidement, en particulier sur le détroit d'Ormuz.

L'Iran a de son côté assuré dimanche être proche d'un accord avec Oman sur ce passage stratégique crucial pour le commerce mondial d'hydrocarbures.

Le président américain a ensuite annoncé que des nouvelles négociations avec Téhéran commenceraient lundi.


Engie revoit à la hausse ses perspectives 2026 grâce à l’électrification et les infrastructures

Prise le 26 avril 2023, l'image montre le logo du groupe énergétique français Engie lors de l'assemblée générale du groupe à Paris. (AFP)
Prise le 26 avril 2023, l'image montre le logo du groupe énergétique français Engie lors de l'assemblée générale du groupe à Paris. (AFP)
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  • Engie relève ses objectifs 2026, porté par l’électrification, les renouvelables et l’acquisition de UK Power Networks
  • Le groupe affiche un bénéfice net semestriel en hausse de 13,7 % à 3,3 milliards d’euros

PARIS: Engie a revu à la hausse ses perspectives pour l’année 2026 après un premier semestre au cours duquel l'énergéticien a été porté par l’accélération de l’électrification et l’acquisition du distributeur britannique d’électricité UK Power Networks.

"Partout où nous opérons, l'électrification s'accélère, les besoins en infrastructure, en flexibilité, en solution bas carbone continuent de croître", a déclaré Catherine MacGregor, la directrice générale lors d’une conférence téléphonique vendredi. "Et tous les métiers d'Engie sont au coeur de ces transformations".

"Qu'il s'agisse des renouvelables, des batteries, des réseaux électriques, des infrastructures locales ou encore des offres dédiées aux +data centers+, nous accélérons nos investissements dans les activités qui répondent justement aux évolutions structurelles du système énergétique", a-t-elle ajouté.

Sur les six premiers mois de l'année, le bénéfice net a progressé de 13,7% à 3,3 milliards d’euros. Le chiffre d’affaires en revanche a reculé de 3,6% à 36,7 milliards d’euros.

Le groupe a bénéficié de sa dynamique opérationnelle lors de ces six mois et estime que son plan de performance en cours a contribué pour 304 millions d’euros à l'amélioration des résultats.

Il a également été porté par l’activité gaz soutenue par des conditions de marché favorables.

Côté perspectives, Engie a revu à la hausse son objectif de résultat net récurrent pour 2026 à un niveau compris entre 4,9 et 5,5 milliards d’euros (contre une fourchette de 4,6 à 5,2 milliards d’euros annoncée précédemment). Au premier semestre, cet indicateur qui exclut les activités exceptionnelles, s'est établi à 3 milliards d'euros.

L’Ebit (résultat opérationnel ajusté) hors nucléaire est quant à lui attendu dans une fourchette indicative de 9,2 à 10,2 milliards d’euros (contre 8,7 à 9,7 milliards d’euros auparavant).

"Nos activités de génération et nos infrastructures gazières jouent un rôle déterminant dans la sécurité du système et la maîtrise de son coût", a souligné Catherine MacGregor.

"C'est bien la cohérence stratégique associée à la solidité de nos modèles intégrés et à notre capacité d'exécution qui nous permet d'aborder la suite de l'année avec confiance et de relever notre +guidance+", a-t-elle conclu.