En Italie, grandes manoeuvres sur le sort du gouvernement Draghi

Le Premier ministre italien Mario Draghi avec le maire de Rome Robert Gualtieri à Rome. (AP)
Le Premier ministre italien Mario Draghi avec le maire de Rome Robert Gualtieri à Rome. (AP)
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Publié le Samedi 16 juillet 2022

En Italie, grandes manoeuvres sur le sort du gouvernement Draghi

Le Premier ministre italien Mario Draghi avec le maire de Rome Robert Gualtieri à Rome. (AP)
  • Mario Draghi devant se rendre lundi à Alger, cette séance déterminante a été fixée à mercredi
  • En toile de fond plane la crainte des dirigeants de gauche et centristes de devoir affronter des élections anticipées pour lesquelles tous les sondages donnent la droite largement gagnante, même si elle est très divisée

ROME: Les grandes manœuvres ont débuté vendredi autour du gouvernement dirigé par Mario Draghi, dont la démission a été refusée la veille par le président Sergio Mattarella mais dont le sort se jouera mercredi au parlement. 

M. Draghi, qui a voulu démissionner après la non-participation du Mouvement 5 Etoiles (M5S, antisystème), membre de la coalition au pouvoir, à un vote de confiance demandé par le gouvernement, a été « invité à se présenter devant le parlement (...) afin qu'ait lieu une évaluation de la situation », a annoncé la présidence jeudi soir. 

Mario Draghi devant se rendre lundi à Alger, cette séance déterminante a été fixée à mercredi. 

« M. Draghi tiendra son discours mercredi au parlement à la suite d'un grand accord, sans précédent, sur le gaz algérien, ce qui fera de lui une espèce de héros de l'émancipation par rapport à la Russie », de sorte que ceux votant contre son gouvernement seront perçus comme »des fantoches des Russes », a analysé Francesco Galietti, responsable du centre de réflexion Policy Sonar. 

En attendant, chaque camp fourbit ses armes, un fossé de plus en plus large séparant les groupes parlementaires soutenant Mario Draghi de ceux en faveur d'élections anticipées. 

Le Parti démocrate (PD, centre-gauche) et Matteo Renzi, ancien Premier ministre et chef du petit parti centriste Italia Viva (IV), tentent par tous les moyens de convaincre M. Draghi de rester à la tête du gouvernement jusqu'aux élections prévues début 2023. 

« Maintenant il nous reste cinq jours de travail pour que le Parlement confirme la confiance au gouvernement Draghi et que l'Italie sorte de ce dramatique développement », a estimé le chef du PD Enrico Letta. 

Un avis partagé par Francesco Bellardi, un architecte de 58 ans interrogé par l'AFPTV dans le centre de Rome: « J'espère qu'il y aura un second gouvernement Draghi. A mon avis, ils vont trouver une solution pour ne pas mettre fin à la législature ». 

En toile de fond plane la crainte des dirigeants de gauche et centristes de devoir affronter des élections anticipées pour lesquelles tous les sondages donnent la droite largement gagnante, même si elle est très divisée. 

Marchés inquiets 

Les partis de la majorité gouvernementale, Forza Italia (centre droit) de Silvio Berlusconi et la Ligue (extrême droite) de Matteo Salvini, sont tentés d'aller aux urnes, mais auraient du mal à expliquer à leur électorat le refus de voter la confiance au gouvernement Draghi alors que l'Italie doit affronter l'inflation (+8% sur un an), la nouvelle vague de Covid et les conséquences de la guerre en Ukraine. 

Le parti Fratelli d'Italia (FDI, extrême droite), dans l'opposition, pousse en revanche en faveur d'élections anticipées. 

La droite partirait largement favorite, mais seulement si elle reste unie. Or le sort même du gouvernement Draghi la divise, ce qui rend difficile une stratégie commune. 

Selon un sondage réalisé par l'institut Demopolis et rendu public vendredi, 65% des Italiens souhaitent que le gouvernement Draghi poursuive son expérience jusqu'à la fin de la législature, tandis que 27% sont favorables à des élections anticipées, le reste des interviewés ne se prononçant pas. 

« Plusieurs dirigeants politiques pensent que des élections anticipées seraient une issue souhaitable car le gouvernement a pratiquement perdu sa capacité d'adopter de nouvelles réformes et de faire des choix politiquement difficiles », estime Lorenzo Codogno, ex-économiste en chef du Trésor italien et professeur invité à la London School of Economics. 

Et quid du Mouvement 5 Etoiles, à l'origine de la crise et considéré comme un pestiféré par les autres partis? Rien n'a filtré officiellement sur la réunion de son Conseil national qui s'est tenue tard jeudi soir, et ses députés doivent se réunir samedi. 

La crise politique a ravivé les craintes d'une envolée des taux d'emprunt du pays qui pourrait s'avérer explosive pour la zone euro. Le spread, le très surveillé écart entre les taux d'intérêt allemand et italien à dix ans, est monté jusqu'à 225 points vendredi. 

« L'arrivée de Mario Draghi au pouvoir à Rome, auréolé de sa réputation de sauveur de la zone euro, avait été vue par les marchés comme un miracle », a commenté Gilles Moëc, chef économiste du groupe Axa. « Tout signal indiquant que Draghi ne survivrait pas aux législatives de 2023, voire quitterait le pouvoir avant, est un motif d'inquiétude pour les marchés ». 


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.


Trump promet de bombarder l'Iran «bien plus durement» si le pays réplique aux dernières frappes américaines

Donald Trump a menacé de bombarder l'Iran "bien plus durement" si le pays répliquait aux frappes menées mardi par l'armée américaine, qu'il a qualifiées de "puissantes". (AFP)
Donald Trump a menacé de bombarder l'Iran "bien plus durement" si le pays répliquait aux frappes menées mardi par l'armée américaine, qu'il a qualifiées de "puissantes". (AFP)
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  • "Si la nation en faillite qu'est l'Iran riposte à cette attaque parfaitement justifiée, elle sera de nouveau frappée, bien plus durement", a écrit le président américain sur son réseau Truth Social
  • Pour sa part, le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a annoncé mardi avoir déclenché de nouvelles frappes contre l'Iran, dans une courte déclaration publiée sur le réseau X

WASHINGTON: Donald Trump a menacé de bombarder l'Iran "bien plus durement" si le pays répliquait aux frappes menées mardi par l'armée américaine, qu'il a qualifiées de "puissantes".

"Si la nation en faillite qu'est l'Iran riposte à cette attaque parfaitement justifiée, elle sera de nouveau frappée, bien plus durement", a écrit le président américain sur son réseau Truth Social.

Pour sa part, le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a annoncé mardi avoir déclenché de nouvelles frappes contre l'Iran, dans une courte déclaration publiée sur le réseau X.

"Aujourd'hui à 12h00 (16h00 GMT), les forces américaines ont commencé à frapper des cibles des Gardiens de la révolution en Iran", a indiqué le Centcom, disant répondre "à de récentes attaques des Gardiens de la révolution contre la navigation commerciale dans le détroit d'Ormuz et contre des militaires américains déployés dans la région."

La télévision d'Etat iranienne a fait état de plusieurs explosions entendues dans le sud du pays, près de Bandar Abbas et de l'île de Qeshm, à proximité du détroit d'Ormuz, passage stratégique pour le commerce de pétrole, où le trafic maritime a considérablement baissé après le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient le 28 février.

Les Etats-Unis avaient mené dimanche des frappes, les premières en un mois, contre des lanceurs situés sur une île iranienne.

L'Iran avait riposté en attaquant au moyen de missiles et de drones des cibles américaines en Jordanie et aux Emirats arabes unis, tout en affirmant par la voix de son président Massoud Pezeshkian ne pas vouloir la poursuite de la guerre.

Le président américain Donald Trump avait promis de répondre à ces représailles, mais semble avoir écarté pour l'instant la reprise d'une opération militaire massive contre l'Iran.

Washington a par ailleurs promis une campagne d'"asphyxie" économique de l'Iran, dont les contours et les cibles restent à préciser.