Au Soudan, un nouveau conflit tribal fait 31 morts

L'Etat du Nil Bleu, est en proie à une rébellion depuis 1983. La guérilla sudiste a longtemps été une épine dans le pied de la dictature d'Omar el-Béchir, écarté par l'armée sous la pression de la rue en 2019. (Photo, AFP)
L'Etat du Nil Bleu, est en proie à une rébellion depuis 1983. La guérilla sudiste a longtemps été une épine dans le pied de la dictature d'Omar el-Béchir, écarté par l'armée sous la pression de la rue en 2019. (Photo, AFP)
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Publié le Samedi 16 juillet 2022

Au Soudan, un nouveau conflit tribal fait 31 morts

  • Ces nouveaux affrontements font suite à ceux qui ont déjà fait «31 mort et 39 blessés» dans le district de Qissan, plus au sud, selon les services de sécurité du Nil Bleu
  • L'émissaire de l'ONU au Soudan, Volker Perthes, a réclamé «des mesures concrètes pour aller vers une coexistence pacifique», appelant à «cesser les représailles»

KHARTOUM: Des dizaines de familles fuient samedi le conflit tribal qui a fait ces derniers jours 31 morts et des dizaines de blessés dans l'Etat soudanais du Nil Bleu, frontalier de l'Ethiopie, selon les autorités locales.

"Je vois des blessés et des files de personnes qui se réfugient dans des commissariats", rapporte samedi Adel Agar, de la municipalité d'al-Roseires, évoquant "des morts et des blessés", mais sans pouvoir donner de bilan précis.

Al-Roseires n'est séparée d'al-Damazine, chef-lieu du Nil Bleu à 800 kilomètres au sud de Khartoum, que par un pont sur le Nil que "des dizaines de familles, surtout des femmes et des enfants traversent pour fuir les combats" samedi, selon un habitant d'al-Damazine, Ahmed Youssef.

Fatima Hamad, une résidente d'al-Roseires, a raconté "entendre des tirs" et voir "des colonnes de fumée s'élever".

"Il nous faut des renforts de troupes pour reprendre le contrôle de la situation", plaide M. Agar, tandis que des médecins de l'hôpital d'al-Roseires ont réclamé eux aussi des renforts tant le nombre de blessés ne cesse de grimper.

Ces nouveaux affrontements font suite à ceux qui ont déjà fait "31 mort et 39 blessés" dans le district de Qissan, plus au sud, selon les services de sécurité du Nil Bleu.

La situation "s'est améliorée à Qissan mais les affrontements se poursuivent maintenant à al-Roseires", déplorait samedi en fin de journée sur la télévision d'Etat le gouverneur du Nil Bleu, Ahmed al-Omda.

À Qissan, où "16 magasins ont été incendiés" entre lundi et vendredi lors de ce conflit pour des terres – à l'arme à feu selon des témoins –, un couvre-feu nocturne avait été décrété pour les commerçants et M. Omda avait interdit dès vendredi "tout rassemblement ou défilé" pour un mois.

Les violences ont éclaté entre les tribus Haoussa et Barti à Qissan, forçant les hôpitaux des environs à lancer un appel au don de sang. La tribu des Haoussa était de nouveau impliquée dans les affrontements à al-Roseires samedi, selon M. Aggar.

Un dignitaire des Haoussas a expliqué, sous couvert d'anonymat, que le conflit avait dégénéré parce que son clan réclame de longue date "la formation d'une autorité civile locale pour superviser l'accès aux terres, ce que refusent les Bartis".

Côté barti, un dignitaire qui a lui aussi refusé que son nom soit dévoilé, a affirmé que son clan avait répondu "à une violation des terres des Bartis" par les Haoussas. "Ces terres sont à nous, donc si on veut former une autorité locale, elle sera composée uniquement de Bartis et non de Haoussas", a-t-il martelé.

L'émissaire de l'ONU au Soudan, Volker Perthes, a réclamé "des mesures concrètes pour aller vers une coexistence pacifique", appelant à "cesser les représailles".

L'Etat du Nil Bleu, est en proie à une rébellion depuis 1983. La guérilla sudiste a longtemps été une épine dans le pied de la dictature d'Omar el-Béchir, écarté par l'armée sous la pression de la rue en 2019.

Pour les experts, le vide sécuritaire créé par le putsch mené en octobre par son ancien commandant de l'armée de terre, le général Abdel Fattah al-Burhane, a favorisé une résurgence des violences tribales dans un pays où chaque année des centaines de civils meurent dans des affrontements entre éleveurs et agriculteurs pour l'accès à l'eau ou aux terres.


Quatre personnes arrêtées à Bahreïn pour espionnage pour le compte des Gardiens de la révolution iranienne

Les enquêteurs de Bahreïn ont découvert que les suspects avaient pris et envoyé des photos de lieux importants de Bahreïn aux Gardiens de la révolution iraniens, qui frappaient Bahreïn et d'autres États du Golfe avec des missiles et des drones. (Photo distribuée par le ministère de l'intérieur de Bahreïn)
Les enquêteurs de Bahreïn ont découvert que les suspects avaient pris et envoyé des photos de lieux importants de Bahreïn aux Gardiens de la révolution iraniens, qui frappaient Bahreïn et d'autres États du Golfe avec des missiles et des drones. (Photo distribuée par le ministère de l'intérieur de Bahreïn)
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  • Les enquêteurs ont déclaré que les suspects avaient envoyé des photos et des coordonnées de lieux vitaux à Bahreïn au Corps des gardiens de la révolution islamique par le biais d'un logiciel crypté
  • Ces arrestations interviennent alors que l'Iran intensifie ses attaques dans le Golfe

MANAMA : Bahreïn a placé en détention quatre citoyens soupçonnés d'espionnage pour le compte du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) de l'Iran, alors que les frappes de représailles de Téhéran sur les États du Golfe ne montrent aucun signe d'apaisement.

La direction générale des enquêtes criminelles et de la police scientifique de Bahreïn a identifié les quatre détenus comme étant Murtadha Hussain Awal, 25 ans, Ahmed Isa Al Haiki, 34 ans, Sarah Abdulnabi Marhoon, 36 ans, et Elias Salman Mirza, 22 ans. Un cinquième suspect, Ali Mohammed Hassan Al Shaikh, 25 ans, est toujours en fuite à l'étranger.

Les enquêteurs ont déclaré que Murtadha Hussain et ses acolytes, agissant sur les instructions du CGRI, ont utilisé un équipement à haute résolution pour photographier et enregistrer les coordonnées de lieux vitaux à Bahreïn, transmettant les données au CGRI par le biais d'un logiciel crypté.

Ces arrestations interviennent alors que l'Iran intensifie ses attaques dans le Golfe. Le ministère de l'intérieur de Bahreïn a publié un avis demandant aux habitants de Hidd, Arad, Qalali et Samaheej de rester à l'intérieur et de calfeutrer les fenêtres pour éviter la fumée des incendies provoqués par les frappes iraniennes. Les réservoirs de carburant d'une installation située dans le gouvernorat de Muharraq, au nord-est de Manama, figuraient parmi les cibles. Le port de Salalah, à Oman, a également dû faire face à des incendies dans des réservoirs de carburant à la suite de frappes de drones iraniens.

Ailleurs dans la région, deux drones iraniens ont frappé près de l'aéroport international de Dubaï, blessant quatre personnes, bien que les vols se soient poursuivis sans interruption. Un incendie s'est déclaré dans une tour d'appartements de luxe dans le port de Dubaï Creek après une autre attaque de drone, mais il a été éteint jeudi matin.

L'Iran a également pris pour cible des navires commerciaux et a frappé ce que les autorités ont décrit comme l'aéroport international le plus fréquenté au monde mercredi, alors que les frappes américaines et israéliennes continuaient de s'abattre sur Téhéran.

Une guerre vieille de 12 jours - et coûteuse

Le conflit a débuté le 28 février, lorsque les forces américaines et israéliennes ont lancé des frappes coordonnées sur l'Iran. Depuis, Téhéran a riposté en prenant pour cible des États du Golfe, des biens américains et israéliens, ainsi que des infrastructures énergétiques essentielles.

L'Iran a décrété un blocus sur les livraisons d'énergie par le détroit d'Ormuz, un point d'étranglement vital pour les flux mondiaux de pétrole et de gaz, ce qui a fait grimper les prix des matières premières et secoué les marchés internationaux.

Le Pentagone a déclaré cette semaine au Congrès que la première semaine de guerre avait coûté aux États-Unis 11,3 milliards de dollars, dont 5 milliards de dollars en munitions pour le seul week-end d'ouverture du conflit.

Le Conseil de sécurité des Nations unies a voté mercredi une résolution exigeant l'arrêt des attaques de l'Iran contre ses voisins du Golfe. L'ambassadeur de Bahreïn auprès des Nations unies, Jamal Alrowaiei, s'est félicité de cette décision.

"La communauté internationale est résolue à rejeter ces attaques iraniennes contre des pays souverains qui menacent la stabilité des peuples, en particulier dans une région d'importance stratégique pour l'économie mondiale, la sécurité énergétique et le commerce mondial", a-t-il déclaré.

Malgré la résolution, il n'y a pas eu de signes immédiats d'apaisement du conflit.

(Avec AP)


Liban: le bilan de la guerre s'élève à 570 morts depuis début mars 

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  • 84 personnes ont été tuées au cours de la seule journée de mardi
  • A l'aube, une frappe a touché un immeuble du quartier de Aïcha Bakkar à Beyrouth, selon l'agence de presse officielle Ani

BEYROUTH: Les frappes israéliennes sur le Liban ont tué 570 personnes, dont 86 enfants et 45 femmes, depuis que le pays a été entraîné dans la guerre régionale le 2 mars, a annoncé mercredi le ministère de la Santé.

Selon la même source, 84 personnes ont été tuées au cours de la seule journée de mardi.

 

 


L'armée iranienne dit vouloir désormais frapper des cibles économiques dans la région

L'armée iranienne a dit mercredi vouloir désormais frapper "les centres économiques et les banques" dans le Golfe, après une attaque israélo-américaine sur un établissement bancaire de Téhéran. (AFP)
L'armée iranienne a dit mercredi vouloir désormais frapper "les centres économiques et les banques" dans le Golfe, après une attaque israélo-américaine sur un établissement bancaire de Téhéran. (AFP)
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  • "L'ennemi nous a donné carte blanche pour cibler les centres économiques et banques" appartenant aux Etats-Unis et à Israël dans la région, a déclaré le quartier général central de Khatam al-Anbiya
  • Selon les médias locaux, la frappe israélo-américaine de la nuit a "tué des employés" d'une banque de la capitale qui travaillaient "exceptionnellement" pour préparer le paiement des salaires du mois

TEHERAN: L'armée iranienne a dit mercredi vouloir désormais frapper "les centres économiques et les banques" dans le Golfe, après une attaque israélo-américaine sur un établissement bancaire de Téhéran.

"L'ennemi nous a donné carte blanche pour cibler les centres économiques et banques" appartenant aux Etats-Unis et à Israël dans la région, a déclaré le quartier général central de Khatam al-Anbiya, affilié aux Gardiens de la Révolution, selon un communiqué diffusé par la télévision d'Etat.

Selon les médias locaux, la frappe israélo-américaine de la nuit a "tué des employés" d'une banque de la capitale qui travaillaient "exceptionnellement" pour préparer le paiement des salaires du mois.