Au Soudan, un «Conseil révolutionnaire» pour chapeauter les sit-in contre l'armée

Des manifestants soudanais bloquent les rues de la capitale Khartoum alors qu'ils prennent part à un sit-in contre le régime militaire et la proposition du chef de l'armée, Abdel Fattah al-Burhan, de laisser la place à un gouvernement civil. (Photo, AFP)
Des manifestants soudanais bloquent les rues de la capitale Khartoum alors qu'ils prennent part à un sit-in contre le régime militaire et la proposition du chef de l'armée, Abdel Fattah al-Burhan, de laisser la place à un gouvernement civil. (Photo, AFP)
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Publié le Vendredi 08 juillet 2022

Au Soudan, un «Conseil révolutionnaire» pour chapeauter les sit-in contre l'armée

Des manifestants soudanais bloquent les rues de la capitale Khartoum alors qu'ils prennent part à un sit-in contre le régime militaire et la proposition du chef de l'armée, Abdel Fattah al-Burhan, de laisser la place à un gouvernement civil. (Photo, AFP)
  • Réunis à Khartoum devant la presse, syndicats, partis et «comités de résistance» --les groupes de quartier qui organisent les manifestations contre le putsch du 25 octobre 2021 à travers tout le pays-- ont détaillé leur plan
  • Sous des drapeaux du Soudan ou même du mouvement rastafari agrémenté du portrait de Bob Marley, la foule n'en démord pas, elle restera jusqu'à ce que leur pays soit dirigé uniquement par des civils

KHARTOUM: Les groupes pro-démocratie au Soudan ont annoncé jeudi former un « Conseil révolutionnaire » contre le général Abdel Fattah al-Burhane, refusant son offre de gouvernement civil, alors que les manifestants maintiennent leurs sit-in pour réclamer le départ du chef militaire. 

Réunis à Khartoum devant la presse, syndicats, partis et « comités de résistance » --les groupes de quartier qui organisent les manifestations contre le putsch du 25 octobre 2021 à travers tout le pays-- ont détaillé leur plan. 

« Le Conseil révolutionnaire va permettre de regrouper les forces révolutionnaires sous les ordres d'une direction unifiée » pro-démocratie, a expliqué Manal Siam, l'une des coordinatrices. 

Ce Conseil devrait compter « 100 membres, pour moitié des militants des comités de résistance », et pour l'autre moitié, des représentants de partis et de syndicats, de mouvements rebelles ayant refusé la paix avec le régime militaire, ainsi que des proches de manifestants tués dans la répression, a ajouté Mohammed al-Jili, lui aussi l'un des coordinateurs du mouvement. 

Burhane « a échoué » 

Pour le syndicat des médecins soudanais, en affirmant laisser les civils discuter seuls la formation d'un gouvernement, le général Burhane « a tenté de renvoyer la balle, en faisant comme si elle était maintenant dans le camp des civils (...) mais il a échoué ». 

Car pour le camp civil --dont le front uni de 2019 a volé en éclats à l'épreuve du pouvoir-- il n'est pas question de discuter d'un cabinet tant que le chef des putschistes est encore au pouvoir et maintient l'influence des militaires au sein du pouvoir. 

Ce qui leur pose problème, c'est le plan que le général Burhane a commencé à mettre en place mercredi: le Conseil souverain, plus haute autorité de la transition jusqu'ici, a été purgé de ses membres civils et va devenir un Conseil suprême des forces armées. 

Cette instance, accusent militants et experts, permettra à l'armée de garder un droit de regard sur la politique et l'économie --sous le couvert de gérer les questions de « défense et de sécurité ». 

Pour la rue, direction unifiée ou pas, le mouvement se poursuit. Après huit mois d'une mobilisation anti-putsch qui s'était essoufflée ces derniers mois, les campements ont refleuri, défiant une répression qui a fait 114 morts --pour beaucoup par balles-- et des milliers de blessés, selon des médecins. 

Agora nocturne 

Assis sur des barricades de pierres ou des poteaux électriques abattus et placés en travers des rues, de jeunes manifestants veillaient jeudi sur les sit-in à Khartoum, dans ses banlieues et désormais dans au moins une autre province, al-Jazira, au sud de Khartoum. 

Toute la nuit, la place s'est transformée en agora populaire, on y discute politique et économie, dans un pays où l'inflation dépasse les 200% ou encore patriarcat et dictature après le « défilé des femmes » organisé mercredi. 

Ici, proclame en jaune fluorescent une immense banderole rouge, siège le « Parlement révolutionnaire », alors que plus loin des guitaristes, des violonistes ou des joueurs d'oud accompagnent des chanteurs qui reprennent les hymnes de la « révolution » de 2019 qui força l'armée à déposer la dictature islamo-militaire d'Omar el-Béchir. 

Sous des drapeaux du Soudan ou même du mouvement rastafari agrémenté du portrait de Bob Marley, la foule n'en démord pas, elle restera jusqu'à ce que leur pays soit dirigé uniquement par des civils. 

Une gageure au Soudan, l'un des premiers producteurs d'or d'Afrique et pourtant l'un des pays les plus pauvres au monde, resté sous la coupe de l'armée quasiment sans interruption depuis l'indépendance en 1956. 


Huit morts dans l'incendie d'un centre commercial près de Téhéran

Au moins huit personnes ont été tuées et une quarantaine blessées dans l'incendie d'un centre commercial dans une ville proche de Téhéran, a rapporté mercredi la télévision d'Etat. (AFP)
Au moins huit personnes ont été tuées et une quarantaine blessées dans l'incendie d'un centre commercial dans une ville proche de Téhéran, a rapporté mercredi la télévision d'Etat. (AFP)
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  • Le parquet a ouvert une enquête afin de déterminer les raisons de ce drame et a délivré un mandat d'arrêt contre le constructeur du bâtiment
  • Les incendies sont fréquents en Iran mais font rarement des victimes

TEHERAN: Au moins huit personnes ont été tuées et une quarantaine blessées dans l'incendie d'un centre commercial dans une ville proche de Téhéran, a rapporté mercredi la télévision d'Etat.

L'incendie a débuté mardi dans ce centre commercial de la ville d'Andisheh qui héberge 250 commerces et une cinquantaine de bureaux situé à une trentaine de kilomètres de la capitale, selon les autorités locales.

Des images diffusées mardi par les médias iraniens montraient plusieurs étages en flammes, laissant s'échapper d'épaisses fumées noires.

Le parquet a ouvert une enquête afin de déterminer les raisons de ce drame et a délivré un mandat d'arrêt contre le constructeur du bâtiment.

Les incendies sont fréquents en Iran mais font rarement des victimes.

En juin 2020, une puissante explosion provoquée par des bonbonnes de gaz qui avaient pris feu dans une clinique du nord de Téhéran avait fait au moins 19 morts.

En janvier 2017, un incendie dans un centre commercial de 15 étages à Téhéran avait fait au moins 22 morts, dont 16 pompiers.


Israël appelle à l'évacuation de 12 villages du sud du Liban 

Plus de 2.700 personnes ont été tuées dans les frappes israéliennes depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah le 2 mars, selon les autorités libanaises. L'armée israélienne a dénombré 17 soldats et un contractuel tués dans le sud du Liban. (AFP)
Plus de 2.700 personnes ont été tuées dans les frappes israéliennes depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah le 2 mars, selon les autorités libanaises. L'armée israélienne a dénombré 17 soldats et un contractuel tués dans le sud du Liban. (AFP)
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  • Israël affirme avoir le droit selon les termes de la trêve de frapper à l'intérieur d'un secteur délimité par une "ligne jaune" qu'elle appelle "zone de sécurité", qui s'étend sur une dizaine de km depuis la frontière
  • La plupart des villages désignés par le porte-parole se trouvent cependant bien au-delà de cette zone

JERUSALEM: L'armée israélienne a appelé mercredi à l'évacuation de 12 villages du sud du Liban, avant de probables frappes visant selon elle le mouvement pro-iranien Hezbollah.

"Pour votre sécurité, vous devez évacuer vos maisons immédiatement et vous éloigner (...) d'au moins 1.000 mètres vers des zones dégagées", a écrit sur son compte X Avichai Adraee, le porte-parole de l'armée israélienne en langue arabe.

Israël et le Hezbollah s'accusent régulièrement de violer le cessez-le-feu, entré en vigueur le 17 avril.

Israël affirme avoir le droit selon les termes de la trêve de frapper à l'intérieur d'un secteur délimité par une "ligne jaune" qu'elle appelle "zone de sécurité", qui s'étend sur une dizaine de km depuis la frontière.

La plupart des villages désignés par le porte-parole se trouvent cependant bien au-delà de cette zone.

Plus de 2.700 personnes ont été tuées dans les frappes israéliennes depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah le 2 mars, selon les autorités libanaises. L'armée israélienne a dénombré 17 soldats et un contractuel tués dans le sud du Liban.


«Flottille pour Gaza»: Israël prolonge la détention des militants jusqu'à dimanche 

La justice israélienne a prolongé jusqu'à dimanche la détention des deux militants de la "flottille pour Gaza" arrêtés au large de la Grèce, a indiqué à l'AFP l'ONG Adalah. (AFP)
La justice israélienne a prolongé jusqu'à dimanche la détention des deux militants de la "flottille pour Gaza" arrêtés au large de la Grèce, a indiqué à l'AFP l'ONG Adalah. (AFP)
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  • L'audience s'est tenue dans la matinée à Ashkelon, sur la côte israélienne
  • La justice avait déjà validé une première prolongation de leur incarcération dimanche dernier, sur demande de l'Etat israélien qui accuse l'Espagnol Saïf Abu Keshek et le Brésilien Thiago Avila de liens avec le Hamas palestinien

ASHKELON: La justice israélienne a prolongé jusqu'à dimanche la détention des deux militants de la "flottille pour Gaza" arrêtés au large de la Grèce, a indiqué à l'AFP l'ONG Adalah.

L'audience s'est tenue dans la matinée à Ashkelon, sur la côte israélienne. La justice avait déjà validé une première prolongation de leur incarcération dimanche dernier, sur demande de l'Etat israélien qui accuse l'Espagnol Saïf Abu Keshek et le Brésilien Thiago Avila de liens avec le Hamas palestinien, ce que les deux hommes contestent.