Le président des Emirats en France pour une visite centrée sur l'énergie

Le président émirien Mohamed ben Zayed al-Nahyane accueilli officiellement à Paris. (Capture d'écran AFP).
Le président émirien Mohamed ben Zayed al-Nahyane accueilli officiellement à Paris. (Capture d'écran AFP).
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Le président des Emirats en France pour une visite centrée sur l'énergie

  • Pour sa première visite d'Etat en tant que président des Emirats, riche pays pétrolier du Golfe, Mohamed ben Zayed sera reçu lundi par son homologue Emmanuel Macron à l'Elysée
  • Des signatures de contrats dans les domaines des transports et du traitement des déchets sont également prévues au cours de cette visite de trois jours

PARIS: Le président des Emirats arabes unis, Mohamed ben Zayed al-Nahyane, a atterri dimanche à Paris, pour une visite au cours de laquelle il devrait signer plusieurs accords, notamment dans le secteur de l'énergie dans un contexte de hausse des prix du pétrole.

Il s’agit de la première visite d’État de Ben Zayed depuis son élection à la présidence de son pays, le 14 mai dernier, et de la première visite d’État depuis 1991, année où les présidents François Mitterrand et le cheikh Zayed étaient à la tête de leur pays respectifs. Il sera reçu lundi par son homologue Emmanuel Macron à l'Elysée. Selon le cérémonial habituel d’une visite d’État, Ben Zayed se rendra en cortège au Palais de l’Élysée où aura lieu le déjeuner en tête à tête avec le président français.

Dans l’après-midi il s’entretiendra avec le président du Sénat Gérard Larchet, avant d’être reçu le soir par le président français au Grand Trianon à Versailles pour un dîner d’État.

Le lendemain Ben Zayed s’entretiendra avec la présidente de l’Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet puis il rencontrera la Première ministre Élisabeth Borne à l’hôtel Matignon avant d’être accompagné, pour son départ de Paris, par la ministre de l’Europe et des affaires étrangères Catherine Colonna.

La réaffirmation de ce partenariat sera illustrée notamment par l’annonce lundi de la création du Conseil d’affaires franco-émirien qui sera présidé pour la partie française par Patrick Pouyanné, PDG du groupe TotalEnergies et par le ministre de l’industrie Sultan Al- Jaber pour la partie émirienne.

Dominées par les hydrocarbures, les exportations émiraties vers la France ont atteint en 2019 un record absolu de 1,5 milliard d'euros, dont une grande partie de produits pétroliers raffinés, mais les Emirats ne fournissent actuellement pas de diesel au pays.

Des signatures de contrats dans les domaines des transports et du traitement des déchets sont également prévues au cours de cette visite de trois jours.

 

Processus de paix

Il sera également question du processus de paix au Moyen-Orient. À cet égard, la position de la France est claire et connue, selon l’Élysée : tout en soulignant l’importante dynamique des accords d’Abraham, la France ne s’inscrit pas dans l’approche d’une résolution du conflit israélo-palestinien par l’exclusivement économique.

Pour ce qui est de la Syrie, et en référence à la visite récente aux EAU du président syrien Bachar El-Assad, mis au ban par la France, l’Élysée estime qu’il existe une différence d’appréciation désormais « de notoriété publique, mais qui n’empêche pas qu’on travaille ensemble ».

Le Liban quant à lui sera présent sur la table des discussions surtout que le président français « parle avec des dirigeants qui peuvent contribuer avec nous à faire avancer les choses » dans ce pays.

Partenariat énergétique et stratégique

La visite verra également la signature d’un partenariat énergétique stratégique global qui portera sur l’ensemble des aspects énergétiques, dont les énergies renouvelables et aussi des annonces sur la garantie de fourniture en hydrocarbures à la France.

Selon l’Élysée la signature de cet accord aura lieu en présence des deux présidents, et portera la double signature du ministre de l’Économie et des Finances Bruno Le Maire et de la ministre de la Transition Énergétique Agnès Pannier-Runacher. Du côté émirien le signataire sera le ministre de l’Industrie Sultan Al-Jaber, également Envoyé pour le climat.

L’objectif de ce partenariat est d’identifier des projets d’investissements communs dans les domaines énergétiques en tous genres.

Parallèlement, l’Élysée affirme qu’un accord bilatéral sera finalisé sur des garanties de fournitures en quantité d’hydrocarbures, précisément le diesel « pour répondre aux besoins de la France et aux attentes des Français en termes de sécurité énergétique » dans le contexte de l’agression en Ukraine, qui à son tour fera l’objet de discussions entre les deux dirigeants.

Culture et espace

La coopération culturelle illustrée par le Louvre Abou Dhabi et la Sorbonne n’est pas en reste et sera étendue à de nouveau domaines comme la musique, de même que la coopération spatiale où les Émirats ont des ambitions tout comme la France. 

Les relations franco-émiraties se sont considérablement développées ces dernières années. En décembre, Abou Dhabi a notamment signé un contrat record de 14 milliards d'euros portant sur 80 avions de combat Rafale.

Dirigeant de facto des Emirats depuis des années, Mohammed ben Zayed a pris ses fonctions en mai après le décès de son demi-frère.

 (Avec AFP)

 


Des milliers de personnes manifestent en faveur de Gaza à Istanbul

Des dizaines de milliers de personnes ont participé jeudi à un rassemblement en soutien à Gaza à Istanbul, brandissant des drapeaux palestiniens et turcs et appelant à la fin des violences dans ce territoire ravagé par la guerre. (AFP)
Des dizaines de milliers de personnes ont participé jeudi à un rassemblement en soutien à Gaza à Istanbul, brandissant des drapeaux palestiniens et turcs et appelant à la fin des violences dans ce territoire ravagé par la guerre. (AFP)
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  • Plus de 400 organisations de la société civile étaient présentes lors de cette mobilisation, dont l'un des organisateurs était Bilal Erdogan, le plus jeune fils du président turc Recep Tayyip Erdogan
  • Selon des sources policières et l'agence de presse officielle Anadolou, quelque 500.000 personnes ont pris part à la manifestation, au cours de laquelle plusieurs discours ont été prononcés

ISTANBUL: Des dizaines de milliers de personnes ont participé jeudi à un rassemblement en soutien à Gaza à Istanbul, brandissant des drapeaux palestiniens et turcs et appelant à la fin des violences dans ce territoire ravagé par la guerre.

Les manifestants se sont rassemblés sous un ciel bleu et par des températures glaciales pour marcher jusqu'au pont de Galata, où ils ont organisé un rassemblement sous le slogan "Nous ne resterons pas silencieux, nous n'oublierons pas la Palestine", a constaté un journaliste de l'AFP.

Plus de 400 organisations de la société civile étaient présentes lors de cette mobilisation, dont l'un des organisateurs était Bilal Erdogan, le plus jeune fils du président turc Recep Tayyip Erdogan.

Selon des sources policières et l'agence de presse officielle Anadolou, quelque 500.000 personnes ont pris part à la manifestation, au cours de laquelle plusieurs discours ont été prononcés et le chanteur d'origine libanaise Maher Zain a interprété sa chanson "Free Palestine".

"Nous prions pour que 2026 apporte le bonheur à toute notre Nation et aux Palestiniens opprimés", a déclaré Bilal Erdogan.

La Turquie, l'un des pays les plus critiques de la guerre lancée à Gaza, a joué un rôle actif dans les négociations pour un cessez-le-feu dans l'enclave palestinienne, qui a mis fin à la guerre meurtrière menée par Israël en réponse à l'attaque sans précédent du Hamas le 7 octobre 2023.

Mais la trêve, entrée en vigueur le 10 octobre, demeure précaire, les deux camps s'accusant mutuellement d'en violer les termes, tandis que la situation humanitaire dans le territoire reste critique.


Londres analysera la boîte noire après le crash d'un avion libyen, selon Tripoli

Les autorités turques ont indiqué qu'une panne électrique était à l'origine du crash intervenu peu après le décollage. (AFP)
Les autorités turques ont indiqué qu'une panne électrique était à l'origine du crash intervenu peu après le décollage. (AFP)
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  • "Nous avons coordonné directement avec la Grande-Bretagne pour l'analyse" de la boîte noire de l'appareil qui transportait le général Mohamed al-Haddad, a indiqué Mohamed al-Chahoubi, ministre des Transports du gouvernement d'unité nationale
  • Le général al-Haddad, très populaire dans son pays où il faisait l'unanimité en dépit de profondes divisions entre l'ouest et l'est, et quatre de ses assistants ainsi que trois membres d'équipage ont perdu la vie dans ce vol après une visite à Ankara

TRIPOLI: Le Royaume-Uni a accepté d'analyser la boîte noire de l'avion qui s'est écrasé en Turquie le 23 décembre avec à son bord une délégation militaire libyenne, faisant huit morts dont le chef d'état-major libyen, a annoncé jeudi le gouvernement de Tripoli.

"Nous avons coordonné directement avec la Grande-Bretagne pour l'analyse" de la boîte noire de l'appareil qui transportait le général Mohamed al-Haddad, a indiqué Mohamed al-Chahoubi, ministre des Transports du gouvernement d'unité nationale, lors d'une conférence de presse à Tripoli.

Le général al-Haddad, très populaire dans son pays où il faisait l'unanimité en dépit de profondes divisions entre l'ouest et l'est, et quatre de ses assistants ainsi que trois membres d'équipage ont perdu la vie dans ce vol après une visite à Ankara.

Les autorités turques ont indiqué qu'une panne électrique était à l'origine du crash intervenu peu après le décollage.

Une demande d'analyse a été "faite à l'Allemagne qui a exigé l'assistance de la France" pour examiner les enregistreurs de l'avion, a précisé M. al-Chahoubi à l'AFP.

"Cependant, la Convention de Chicago stipule que le pays analysant la boîte noire doit être neutre. La France étant un pays constructeur de l'appareil dont l'équipage était français, elle n'est pas habilitée à participer. En revanche, le Royaume-Uni a été accepté par la Libye et la Turquie", a-t-il précisé à l'AFP.

Deux Français faisaient partie des membres d'équipage de l'avion, un Falcon 50.

Après un entretien mardi avec l'ambassadeur britannique à Tripoli, le ministre libyen des Affaires étrangères, Taher al-Baour, avait évoqué une "demande conjointe, soumise par l'Etat libyen et la République de Turquie au Royaume-Uni, pour obtenir un soutien technique et juridique en vue de l'analyse de la boîte noire".

"Le Royaume-Uni a annoncé son accord, en coordination entre le ministère libyen des Transports et les autorités turques", a ajouté le ministre lors du point presse.

"Il n'est pas possible à ce stade de prévoir le temps nécessaire à la lecture des données de la boîte noire" car cela dépendra de son état, a-t-il souligné.

L'enquête "se poursuit dans le cadre d'une coopération libyo-turque et avec une participation technique internationale", a précisé le ministre, en ajoutant que les conclusions seraient publiées "dès qu'elles seront connues".

 


Israël confirme interdire d'accès à Gaza 37 ONG étrangères dont MSF et Oxfam

Israël a confirmé jeudi interdire d'accès à la bande de Gaza 37 organisations humanitaires internationales majeures, à qui il reproche de ne pas avoir communiqué la liste des noms de ses employés, exigée désormais officiellement à des fins de "sécurité". (AFP)
Israël a confirmé jeudi interdire d'accès à la bande de Gaza 37 organisations humanitaires internationales majeures, à qui il reproche de ne pas avoir communiqué la liste des noms de ses employés, exigée désormais officiellement à des fins de "sécurité". (AFP)
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  • Cette mesure fait craindre de nouveaux ralentissements dans la fourniture d'aide à Gaza, dévastée par deux ans de guerre et dont une majorité des habitants a urgemment besoin de logements, soins et nourriture
  • Elle suggère aussi une volonté de surveillance des employés palestiniens par Israël, jugée illégale par certaines ONG

JERUSALEM: Israël a confirmé jeudi interdire d'accès à la bande de Gaza 37 organisations humanitaires internationales majeures, à qui il reproche de ne pas avoir communiqué la liste des noms de ses employés, exigée désormais officiellement à des fins de "sécurité".

Cette mesure fait craindre de nouveaux ralentissements dans la fourniture d'aide à Gaza, dévastée par deux ans de guerre et dont une majorité des habitants a urgemment besoin de logements, soins et nourriture. Elle suggère aussi une volonté de surveillance des employés palestiniens par Israël, jugée illégale par certaines ONG.

"Les licences des organisations ont expiré et il leur est interdit d'acheminer de l'aide. Elles ont deux mois pour retirer leurs équipes", a expliqué à l'AFP le porte-parole du ministère de la Diaspora et de la lutte contre l'antisémitisme.

D'ici le 1er mars, "si elles daignent nous soumettre les documents qu'elles ont refusé de nous fournir au cours des dix derniers mois, nous examinerons leur demande", a ajouté Gilad Zwick.

Dans un communiqué, le ministère a affirmé que cette "exigence" visait à "empêcher l'infiltration d'opérateurs terroristes au sein des structures humanitaires" étrangères.

"L'assistance humanitaire est la bienvenue — l'exploitation des cadres humanitaires à des fins de terrorisme ne l'est pas", a martelé le ministre, Amichai Chikli, cité dans le texte.

Israël a été vivement critiqué par la communauté internationale à l'approche de l'échéance - mercredi minuit heure locale - imposée aux ONG pour se soumettre à leurs nouvelles obligations.

Parmi ces organisations figurent de grands acteurs du secteur, dont Médecins sans frontières (MSF), le Norwegian Refugee Council (NRC), Care, World Vision ou Oxfam.

"Marginaliser les acteurs humanitaires" 

Mercredi, MSF a expliqué ne pas avoir obtenu d'Israël "des garanties et des clarifications" concernant cette demande "préoccupante". Shaina Low, porte-parole du NRC, a de son côté dénoncé auprès de l'AFP les "actions prises depuis deux ans pour entraver et marginaliser les acteurs humanitaires".

A Gaza, les employés locaux sont "épuisés" et leurs collègues étrangers "leur apportent un degré additionnel d'aide et de sécurité. Leur présence est une protection", a-t-elle fait valoir, confirmant le refus de l'ONG norvégienne de fournir les identités aux autorités. "On a proposé des alternatives, elles ont refusé".

Mercredi, l'Union européenne a exigé la levée des "obstacles" à l'aide humanitaire.

Le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l'homme, Volker Turk, a lui estimé que "de telles suspensions arbitraires (aggravaient) encore une situation déjà intolérable pour la population de Gaza", où un fragile cessez-le-feu est en vigueur depuis le 10 octobre entre Israël et le Hamas.

La question de l'aide et de son utilisation est extrêmement sensible depuis le début de la guerre, déclenchée par l'attaque du Hamas en Israël du 7 octobre 2023.

En 2024, Israël avait déjà interdit à l'agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens (Unrwa) d'opérer sur son sol, accusant certains de ses employés d'avoir participé à l'attaque du 7-Octobre.

"Alignement politique" de l'aide 

Le patron de l'Unrwa, Philippe Lazzarini, a qualifié la réglementation israélienne de "dangereux précédent", dénonçant un "mépris du droit international humanitaire" et une "multiplication des obstacles" à l'aide.

Jeudi, un groupement de 17 organisations israéliennes marquées à gauche a lui jugé que la radiation des ONG "sape l'action humanitaire (...), met en danger le personnel et les communautés et compromet l'efficacité de la distribution de l'aide".

"Subordonner l'aide à un alignement politique (...) exiger la divulgation de données personnelles sensibles (...) constituent une violation du devoir de protection et exposent les travailleurs à la surveillance et aux atteintes" à leurs droits, ajoutent ces signataires d'un communiqué commun.

Selon le Cogat, l'organisme du ministère israélien de la Défense chargé des affaires civiles palestiniennes, 4.200 camions d'aide entrent en moyenne à Gaza chaque semaine, soit environ 600 par jour, conformément à l'accord de cessez-le-feu.

Mais seuls 100 à 300 transportent de l'aide humanitaire, selon des ONG et les Nations unies.