Sécheresse exceptionnelle: à Los Angeles, la police de l'eau veille

Ce spécialiste travaille pour l'Agence de l'eau de la ville, qui reçoit chaque mois des centaines de signalements faisant état de gaspillage d'eau alors que la Californie, et la majeure partie de l'ouest des Etats-Unis, subit depuis des années une sécheresse chronique. (AFP).
Ce spécialiste travaille pour l'Agence de l'eau de la ville, qui reçoit chaque mois des centaines de signalements faisant état de gaspillage d'eau alors que la Californie, et la majeure partie de l'ouest des Etats-Unis, subit depuis des années une sécheresse chronique. (AFP).
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Publié le Lundi 18 juillet 2022

Sécheresse exceptionnelle: à Los Angeles, la police de l'eau veille

  • De nombreux réservoirs et cours d'eau ayant déjà atteint leurs plus bas niveaux historiques au début de l'été, les autorités ont mis en place des restrictions d'eau à Los Angeles
  • Les jardins ne peuvent ainsi être arrosés que deux fois dans la semaine, aux heures fraîches uniquement et jamais plus de quinze minutes

LOS ANGELES : Chaque jour, Damon Ayala sillonne les rues de Los Angeles en scrutant trottoirs et caniveaux. A la moindre flaque, il est en arrêt: "Ce n'est pas une situation critique mais ça peut être une fuite dans le système d'irrigation."

Ce spécialiste travaille pour l'Agence de l'eau de la ville, qui reçoit chaque mois des centaines de signalements faisant état de gaspillage d'eau alors que la Californie, et la majeure partie de l'ouest des Etats-Unis, subit depuis des années une sécheresse chronique.

Pour les scientifiques, il ne fait pas de doute que ce phénomène, déjà constaté par le passé dans la région, est encore aggravé par le changement climatique induit par les activités humaines.

De nombreux réservoirs et cours d'eau ayant déjà atteint leurs plus bas niveaux historiques au début de l'été, les autorités ont mis en place des restrictions d'eau à Los Angeles. Les jardins ne peuvent ainsi être arrosés que deux fois dans la semaine, aux heures fraîches uniquement et jamais plus de quinze minutes.

"Par exemple, ici il y a des traces d'irrigation", tranche M. Ayala, en pointant du doigt une flaque formée sur le trottoir peu après 10h du matin.

L'expert note soigneusement l'adresse du logement soupçonné d'avoir enfreint les règles, qui risque d'avoir prochainement de ses nouvelles.

«Changer les comportements»

En vertu du plan de restriction d'eau mis en oeuvre à Los Angeles, la première infraction constatée ne se traduit que par un avertissement sans frais.

"Ca va les inciter à agir et à rectifier des choses dont ils n'avaient peut-être même pas conscience", dit Damon Ayala.

Les récidivistes se voient infliger une amende de 200 à 600 dollars mais "ce n'est pas l'argent qui nous intéresse, ça ne va pas nous donner plus d'eau. Ce que nous essayons de faire, c'est de changer les comportements pour économiser l'eau."

Les choses se corsent vraiment à la cinquième infraction: les services de l'Agence de l'eau installent alors sur l'arrivée principale un dispositif qui réduit considérablement le débit du logement fautif, ne lui laissant que le strict nécessaire.

Une mesure qui, selon M. Ayala, n'est mise en oeuvre que très rarement.

"Nous avons connu des sécheresses très sévères par le passé et les habitants de Los Angeles ont répondu présents", assure-t-il.

Célèbre dans le monde entier pour ses rues bordées de palmiers, la ville raffole également des belles pelouses bien vertes.

Mais depuis une première sécheresse prolongée entre 2012 et 2016, ces jardins ont commencé une lente transformation, le gazon cédant la place à des plantes plus adaptées.

"Plus de 50% de l'eau consommée dans le cadre d'un usage résidentiel est utilisée pour l'extérieur", explique Pamela Berstler, directrice de G3 Green Gardens Group, une ONG qui promeut de meilleures pratiques dans le paysage urbain.

Elle organise notamment des formations et des ateliers pour apprendre aux Angelins comment transformer leurs jardins pour les rendre moins gourmands en eau et plus résistants à la sécheresse.

«Un choix évident»

Gabriel Golden et Danielle Koplinkase, qui vivent dans le sud de Los Angeles, participent depuis quelques années à ce programme. "Au regard de l'impact environnemental de l'arrosage d'une pelouse avec un climat aussi aride, sans même parler d'une sécheresse, c'était un choix évident", dit le couple, qui veut donner l'exemple à ses voisins.

Dans leur jardin on trouve des plantes endémiques de la région, comme des succulentes ou le chêne de Californie, bien plus petit et rustique que son cousin européen.

Formatrice chez G3 Green Gardens Group, Marianne Simon insiste sur le fait que de tels jardins peuvent être aussi beaux que les autres tout en utilisant très peu d'eau. "Il y a des régions en Californie où vous ne pouvez arroser qu'une fois par semaine, et là-bas les jardins s'en contentent", plaide-t-elle.

Mme Simon insiste aussi sur l'importance de ne pas troquer le gazon contre une pelouse artificielle ou pire, du ciment.

"Il ne faut pas seulement raisonner en termes d'économie d'eau, mais avoir une perspective plus globale", dit-elle.

"Si vous mesurez la température dans une zone végétalisée par rapport à du gravier, c'est facilement 10°C plus frais et ça retient l'eau ce qui permet de recharger les aquifères", ajoute l'experte.

Au même moment, l'arrosage automatique se déclenche dans une maison de l'autre côté de la rue. C'est le milieu de l'après-midi et le thermomètre affiche 36°C.

"C'est triste à voir. Mais d'un autre côté, c'est une leçon", lâche Marianne Simon en désignant ce jardin à l'herbe rabougrie.


Iran : l'UE désigne les Gardiens de la Révolution comme organisation terroriste

Des membres du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) défilent à Téhéran en 2019. (Via AFP/Fichier)
Des membres du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) défilent à Téhéran en 2019. (Via AFP/Fichier)
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  • Les 27 ministres des Affaires étrangères de l’UE ont classé les Gardiens de la Révolution iraniens comme organisation terroriste suite à la répression sanglante des manifestations en Iran
  • L’UE a également sanctionné 21 responsables iraniens, avec interdiction d’entrée sur le territoire et gel de leurs avoirs

BRUXELLES: Les ministres des Affaires étrangères des 27 pays de l'Union européenne sont tombés d'accord jeudi pour désigner les Gardiens de la révolution comme une "organisation terroriste", après la répression sanglante des manifestations en Iran, a annoncé la cheffe de la diplomatie de l'UE Kaja Kallas.

"+Terroriste+, c'est bien ainsi que l'on qualifie un régime qui réprime les manifestations de son propre peuple dans le sang", a aussitôt réagi la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.

"Tout régime qui tue des milliers de ses propres citoyens travaille à sa propre perte", a assuré de son côté Mme Kallas, en marge d'une réunion ministérielle à Bruxelles.

Ces derniers ont donné leur feu vert à l'inscription des Gardiens iraniens dans la liste de l'UE recensant les organisations terroristes. Les Européens rejoignent ainsi d'autres pays comme les Etats-Unis, le Canada ou l'Australie.

La France avait annoncé dès mercredi être prête à soutenir cette décision, en réponse à la répression "la plus violente" de l'histoire récente iranienne.

Les Européens ont aussi décidé jeudi de sanctionner plusieurs responsables iraniens, dont le ministre de l'Intérieur, le chef de la police et plusieurs dirigeants des Gardiens de la révolution. La liste de ces responsables iraniens a été publiée jeudi au Journal officiel de l'UE.

Au total, quelque 21 entités et individus sont ciblés par ces sanctions, qui prévoient une interdiction d'entrer dans l'UE et le gel de leurs avoirs sur le territoire des Vingt-Sept.


Trump dit qu'il "semble" que le Hamas va se désarmer

Les membres de l'administration du président américain Donald Trump applaudissent lors d'une réunion du cabinet à la Maison Blanche à Washington, D.C., États-Unis, le 29 janvier 2026. (Reuters)
Les membres de l'administration du président américain Donald Trump applaudissent lors d'une réunion du cabinet à la Maison Blanche à Washington, D.C., États-Unis, le 29 janvier 2026. (Reuters)
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  • Donald Trump affirme que le Hamas « semble » prêt à se désarmer, une étape clé de son plan pour mettre fin à la guerre à Gaza
  • La deuxième phase de la trêve prévoit le désarmement du Hamas, un retrait progressif israélien et le déploiement d’une force internationale

WASHINGTON : Donald Trump a dit jeudi qu'il "semblait" que le mouvement palestinien Hamas allait "se désarmer", ce qui est l'une des étapes cruciales prévues dans son plan de règlement du conflit à Gaza.

"Beaucoup de gens disent qu'ils ne se désarmeront jamais. Il semble qu'ils vont se désarmer", a déclaré le président américain pendant un conseil des ministres à la Maison Blanche.

Il a également relevé que le Hamas "nous a aidé avec les corps, leur rapatriement et sa famille est très reconnaissante", faisant référence au rapatriement des restes du dernier otage israélien du 7-Octobre, Ran Gvili, à qui Israël a rendu hommage mercredi lors de funérailles nationales.

Pour sa part, l'émissaire spécial Steve Witkoff s'est félicité que "nous ayons chassé les terroristes de là-bas et ils vont se démilitariser".

"Ils le feront parce qu'ils n'ont pas le choix. Ils vont abandonner. Ils vont abandonner les AK-47", a-t-il ajouté.

La veille, le Hamas s'était dit prêt à un "transfert complet de la gouvernance" de la bande de Gaza aussi vite que possible.

Aux termes du plan du président américain pour mettre fin à la guerre de Gaza, un Comité national pour l'administration de Gaza (NCAG) doit administrer provisoirement le territoire palestinien sous la houlette du "Conseil de paix" présidé par M. Trump lui-même.

La deuxième phase de la trêve entrée en vigueur le 10 octobre dernier prévoit entre autres le désarmement du Hamas, le retrait progressif de l'armée israélienne, qui contrôle encore plus de la moitié du territoire, et le déploiement d'une force internationale de stabilisation.


Ethiopie: combats entre armée fédérale et forces tigréennes, vols supendus vers le Tigré

Des combats, selon des sources concordantes, ont opposé ces derniers jours les troupes fédérales à des forces tigréennes et les vols à destination du Tigré ont été suspendus, une première très inquiétante depuis la fin d'une guerre sanglante en 2022 dans cette région du nord de l'Ethiopie. (AFP)
Des combats, selon des sources concordantes, ont opposé ces derniers jours les troupes fédérales à des forces tigréennes et les vols à destination du Tigré ont été suspendus, une première très inquiétante depuis la fin d'une guerre sanglante en 2022 dans cette région du nord de l'Ethiopie. (AFP)
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  • De premiers affrontements directs entre armée fédérale et forces tigréennes avaient eu lieu en novembre 2025 dans la région voisine de l'Afar
  • Des tirs d'armes lourdes et des frappes de drones avaient notamment été dénoncés

ADDIS ABEBA: Des combats, selon des sources concordantes, ont opposé ces derniers jours les troupes fédérales à des forces tigréennes et les vols à destination du Tigré ont été suspendus, une première très inquiétante depuis la fin d'une guerre sanglante en 2022 dans cette région du nord de l'Ethiopie.

De premiers affrontements directs entre armée fédérale et forces tigréennes avaient eu lieu en novembre 2025 dans la région voisine de l'Afar. Des tirs d'armes lourdes et des frappes de drones avaient notamment été dénoncés.

Ces tensions font planer le risque d'une reprise d'un conflit après la sanglante guerre qui a opposé entre novembre 2020 et novembre 2022 l'armée éthiopienne aux forces du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF).

Au moins 600.000 personnes étaient mortes, selon l'Union africaine, des estimations que plusieurs experts pensent sous-estimées.

Ces derniers jours, des combats se sont tenus à Tsemlet (ouest du Tigré), une zone revendiquée par des forces de la région voisine de l'Amhara, ont déclaré à l'AFP, sous couvert d'anonymat, des sources diplomatique et sécuritaire en poste en Ethiopie.

"Raisons opérationnelles" 

A Tsemlet, face aux forces tigréennes, "ce sont les ENDF (armée éthiopienne, NDLR) avec des milices amharas", a déclaré la source diplomatique, sous couvert d'anonymat. Des affrontements se sont tenus "ces derniers jours", mais "aujourd'hui on ne sait pas encore" s'il se poursuivent, a-t-elle ajouté, sans plus de détails.

Les combats ont été confirmés par une source locale au Tigré, qui a également requis l'anonymat.

"La situation semble dégénérer", a corroboré la source sécuritaire, se montrant "dubitative sur la capacité des TDF (l'armée tigréenne, NDLR), à récupérer par la force Tselemt".

Le porte-parole de l'armée fédérale et des membres du TPLF n'ont pour l'heure pas donné suite aux sollicitations de l'AFP.

Les liaisons aériennes vers le Tigré d'Ethiopian Airlines, compagnie publique et seule à desservir cette région, ont été suspendues, ont également affirmé les sources diplomatique et sécuritaire.

Les vols, tout comme les services de télécommunications et bancaires, avaient été complètement suspendus durant la guerre, avant de reprendre à la suite de l'accord de paix conclu à Pretoria fin 2022. Leur suspension est une première depuis l'accord de paix.

Selon deux responsables d'Ethiopian Airlines, qui ont requis l'anonymat, les vols ont été interrompus pour "raisons opérationnelles", sans donner plus de détails.

L'un d'eux a toutefois déclaré "suspecter" que l'arrêt pour l'instant temporaire du trafic soit lié "aux tensions politiques" entre les autorités fédérales et l'administration au Tigré.

"Escalade militaire" 

Selon un journaliste à Mekele, joint au téléphone par l'AFP et qui a lui aussi requis l'anonymat, une "anxiété croissante" se ressent dans cette ville, capitale du Tigré.

Depuis plusieurs mois, la situation est tendue dans le nord de l'Ethiopie. Des forces amhara et érythréennes sont toujours présentes dans la région, en violation de l'accord de paix de Pretoria - auquel elles n'ont pas participé - qui prévoyait leur retrait.

Début 2025, le chef de l'administration intérimaire au Tigré, institution mise en place par Addis Abeba, avait été contraint de fuir Mekele, la capitale régionale, en raison de divisions croissantes au sein du TPLF.

Ce parti qui a dominé l'Ethiopie pendant presque trois décennies avant de se retrouver marginalisé après l'arrivée au pouvoir en 2018 du Premier ministre Abiy Ahmed et d'être aujourd'hui radié, est accusé par les autorités fédérales de s'être rapproché de l'Erythrée voisine.

Les relations entre les deux voisins de la Corne de l'Afrique, qui s'étaient réchauffées durant la guerre du Tigré, lorsque les troupes érythréennes avaient appuyé les forces fédérales éthiopiennes, sont de nouveau acrimonieuses, nourries de discours belliqueux, faisant planer le risque d'un nouveau conflit.

Pour Kjetil Tronvoll, professeur à Oslo New University College et spécialiste de la zone, cette confrontation entre forces fédérales et tigréennes "n'est pas surprenante". "Le risque d'une escalade militaire est grave, et il est possible que des forces non éthiopiennes viennent appuyer les forces tigréennes", a-t-il confié à l'AFP.