Nouvelle journée de discussions entre le Liban et Israël sur leur frontière maritime

Un hélicoptère de l'armée libanaise survole la ville frontalière de Naqoura, au sud du Liban, où a débuté le deuxième cycle de pourparlers entre le Liban et Israël. (MahmoudZAYYAT/AFP)
Un hélicoptère de l'armée libanaise survole la ville frontalière de Naqoura, au sud du Liban, où a débuté le deuxième cycle de pourparlers entre le Liban et Israël. (MahmoudZAYYAT/AFP)
Short Url
Publié le Jeudi 29 octobre 2020

Nouvelle journée de discussions entre le Liban et Israël sur leur frontière maritime

  • Le Liban et Israël, deux voisins toujours officiellement en guerre, ont débuté des discussions pour délimiter leur frontière maritime et lever les obstacles à la prospection d'hydrocarbures
  • "La troisième session de négociations indirectes pour délimiter la frontière maritime a commencé"

NAQOURA : Le Liban et Israël, deux voisins toujours officiellement en guerre, ont débuté jeudi des discussions pour la deuxième journée consécutive, sous l'égide des Etats-Unis et de l'ONU, pour délimiter leur frontière maritime et lever les obstacles à la prospection d'hydrocarbures.

"La troisième session de négociations indirectes pour délimiter la frontière maritime a commencé", a indiqué l'Agence nationale d'information libanaise, l'ANI.

Un premier cycle de négociations a eu lieu le 14 octobre, suivi du deuxième mercredi qualifié de "positif" par une source proche du dossier.

Les deux parties se sont retrouvées pour le deuxième jour consécutif à Naqoura, localité du sud du Liban frontalière d'Israël, sur une base de la Finul, force de l'ONU déployée pour surveiller la frontière.

Après plusieurs années d'efforts américains en coulisse, les deux pays ont annoncé le 1er octobre le coup d'envoi de ces pourparlers qualifiés d'"historiques" par Washington.

L'annonce a été faite quelques semaines après la normalisation des relations entre Israël et deux pays du Golfe: les Émirats arabes unis et Bahreïn.

Mais le Liban insiste sur le caractère "technique" et non politique des discussions.

Le contentieux maritime entre les deux voisins concerne une zone de 860 km². Le dossier des hydrocarbures est particulièrement stratégique pour le Liban en faillite, qui mise sur la prospection pour enrayer un effondrement économique total.

En 2018, le Liban avait signé son premier contrat d'exploration pétrolière pour deux blocs offshore (4 et 9) avec un consortium emmené par le groupe français Total et incluant l'italien Eni et le russe Novotek.

Par ailleurs, la Finul mène également une médiation pour des discussions séparées sur les contentieux concernant la frontière terrestre. 

Le général Stefano Del Col, commandant de la Finul, a évoqué mardi "une unique occasion de réaliser d'importants progrès sur des contentieux" concernant la frontière terrestre. 


Le président libanais se déchaîne contre le Hezbollah, veut des négociations avec Israël

Le président libanais Joseph Aoun a accusé lundi le Hezbollah de vouloir provoquer "l'effondrement" du Liban pour le compte de l'Iran et appelé à des négociations "directes" avec Israël pour mettre fin à la guerre. (AFP)
Le président libanais Joseph Aoun a accusé lundi le Hezbollah de vouloir provoquer "l'effondrement" du Liban pour le compte de l'Iran et appelé à des négociations "directes" avec Israël pour mettre fin à la guerre. (AFP)
Short Url
  • Israël pilonne sans relâche le Liban depuis que la formation pro-iranienne a entraîné le pays dans la guerre régionale avec l'Iran le 2 mars en lançant des missiles sur Israël
  • "Ceux qui ont lancé les missiles" sur Israël ont voulu "provoquer l'effondrement du Liban (..) pour le compte de l'Iran, et c'est ce que nous avons mis en échec", a affirmé le dirigeant libanais, adoptant un ton extrêmement ferme à l'égard du Hezbollah

BEYROUTH: Le président libanais Joseph Aoun a accusé lundi le Hezbollah de vouloir provoquer "l'effondrement" du Liban pour le compte de l'Iran et appelé à des négociations "directes" avec Israël pour mettre fin à la guerre.

Israël pilonne sans relâche le Liban depuis que la formation pro-iranienne a entraîné le pays dans la guerre régionale avec l'Iran le 2 mars en lançant des missiles sur Israël.

"Ceux qui ont lancé les missiles" sur Israël ont voulu "provoquer l'effondrement du Liban (..) pour le compte de l'Iran, et c'est ce que nous avons mis en échec", a affirmé le dirigeant libanais, adoptant un ton extrêmement ferme à l'égard du groupe pro-iranien.

Il a tenu ces propos lors d'une rencontre par visioconférence avec les chefs des institutions européennes Ursula von der Leyen et Antonio Costa.

Joseph Aoun a qualifié le Hezbollah "de faction armée échappant à l'autorité de l'Etat au Liban, qui n'accorde aucun poids aux intérêts du Liban, ni à la vie de son peuple".

Il a assuré que la décision, lundi, du gouvernement d'interdire toute activité militaire ou sécuritaire du Hezbollah était "claire et irrévocable". "C'est ce que nous voulons mettre en oeuvre avec fermeté et clarté", a déclaré Joseph Aoun.

Le chef de l'Etat a proposé, pour mettre un terme à la guerre, "une trêve" avec Israël, suivie par une aide logistique à l'armée libanaise pour qu'elle puisse se déployer dans les zones de conflit et "désarmer le Hezbollah".

Dans le même temps, il s'est déclaré pour "que le Liban et Israël entament des négociations directes sous parrainage international" entre les deux pays toujours en état de guerre.

Les frappes israéliennes ont fait depuis le 2 mars près de 400 morts et un demi-million de déplacés.

 


Liban: un prêtre tué par des tirs israéliens dans un village du sud

Liban: un prêtre tué par des tirs israéliens dans un village du sud
Short Url
  • Une maison du village a été visée lundi par "deux tirs d'artillerie successifs provenant d'un char ennemi de type Merkava", selon l'Ani
  • Le premier tir a blessé le propriétaire de la maison et son épouse, a précisé le média

BEYROUTH: Un prêtre a été tué lundi par des tirs d'artillerie de l'armée israélienne dans un village du sud du Liban, particulièrement touché par la reprise du conflit entre Israël et le mouvement pro-iranien Hezbollah, selon l'Agence nationale d'information (Ani, officielle), des habitants et une source médicale à l'AFP.

La victime, Pierre Raï, était le curé de la paroisse de Qlayaa, qui fait partie des villages chrétiens frontaliers du sud du Liban ayant décidé de se tenir à l'écart du conflit et de ne pas suivre les ordres d'évacuation israéliens.

Une maison du village a été visée lundi par "deux tirs d'artillerie successifs provenant d'un char ennemi de type Merkava", selon l'Ani.

Le premier tir a blessé le propriétaire de la maison et son épouse, a précisé le média.

Un second tir sur la maison a blessé le prêtre et trois autres habitants, selon des résidents du village, qui ont raconté à l'AFP être accourus sur place avec des secouristes de la Croix rouge libanaise.

Le prêtre a plus tard succombé à ses blessures, a affirmé une source médicale.

Les motivations de l'attaque israélienne contre cette maison située en bordure du village restent pour l'instant inconnues.

Le Hezbollah pro-iranien a entraîné le pays dans la guerre régionale avec l'Iran le 2 mars en lançant des missiles sur Israël qui mène depuis des représailles massives.

L'armée israélienne a ordonné à plusieurs reprises aux habitants d'une vaste partie du sud du Liban de partir, provoquant un exode massif.

Le curé avait pris part vendredi à un rassemblement devant une église de Marjeyoun, localité avoisinante, où plusieurs dizaines d'habitants se sont dit résolus à rester sur leurs terres.

"Lorsque nous défendons nos terres, nous le faisons en tant que pacifistes qui ne portent que des armes de paix", avait alors déclaré Pierre Raï.

Il avait appelé à considérer Marjeyoun comme "une zone rouge", c'est-à-dire qui ne devrait pas abriter des déplacés de la zone partisans du Hezbollah.

 


Liban: nouvelle frappe israélienne sur la banlieue sud de Beyrouth

Short Url
  • L'aviation israélienne a mené une nouvelle frappe lundi matin sur la banlieue sud de Beyrouth
  • Un porte-parole arabophone de l'armée israélienne avait averti qu'elle allait frapper les succursales de la société financière Al-Qard Al-Hassan

BEYROUTH: L'aviation israélienne a mené une nouvelle frappe lundi matin sur la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah, selon l'Agence nationale d'information (Ani, officielle) et les images de l'AFPTV.

Un porte-parole arabophone de l'armée israélienne avait averti qu'elle allait frapper les succursales de la société financière Al-Qard Al-Hassan, liée au Hezbollah, implantée notamment dans les fiefs de la formation.