Brexit, inflation: les dirigeants économiques britanniques face à la communauté d'affaires

Le gouvernement présentera mercredi un projet de loi qui «abrogera des centaines de règles de l'UE régissant le secteur, afin qu'elles puissent être remplacées par un régime flexible et cohérent adapté au Royaume-Uni». (AFP).
Le gouvernement présentera mercredi un projet de loi qui «abrogera des centaines de règles de l'UE régissant le secteur, afin qu'elles puissent être remplacées par un régime flexible et cohérent adapté au Royaume-Uni». (AFP).
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Publié le Mercredi 20 juillet 2022

Brexit, inflation: les dirigeants économiques britanniques face à la communauté d'affaires

  • Le gouvernement présentera mercredi un projet de loi qui «abrogera des centaines de règles de l'UE régissant le secteur, afin qu'elles puissent être remplacées par un régime flexible et cohérent adapté au Royaume-Uni»
  • Le texte est très attendu par le secteur, mais il suscite aussi des craintes que Londres n'aille trop loin dans la dérégulation et n'empiète notamment sur les pouvoirs des régulateurs

LONDRES : Tirer parti du Brexit pour la finance et lutter contre l'inflation: le nouveau Chancelier de l'Echiquier du Royaume-Uni Nadhim Zahawi, comme le gouverneur de la Banque d'Angleterre (BoE) Andrew Bailey, ont déroulé leurs priorités mardi soir devant la communauté des affaires britanniques.

M. Zahawi, qui a remplacé Rishi Sunak au poste de Chancelier de l'Echiquier après la démission de ce dernier début juillet, a présenté ses plans pour "capitaliser sur les avantages du Brexit et transformer le secteur des services financiers au Royaume-Uni".

L'objectif est de "libérer la croissance dans nos services financiers et nous permettre de débloquer des dizaines de milliards de livres d'investissement dans l'économie britannique", a assuré le ministre lors d'un discours à Mansion House, la résidence officielle du lord-maire de la Cité de Londres.

Le gouvernement présentera mercredi un projet de loi qui "abrogera des centaines de règles de l'UE régissant le secteur, afin qu'elles puissent être remplacées par un régime flexible et cohérent adapté au Royaume-Uni", a précisé le ministère des Finances dans un communiqué.

Le texte est très attendu par le secteur, mais il suscite aussi des craintes que Londres n'aille trop loin dans la dérégulation et n'empiète notamment sur les pouvoirs des régulateurs.

M. Zahawi a confirmé mardi soir que des mesures donnant à l'exécutif un pouvoir d'intervention dans la régulation financière "dans l'intérêt du public" sont à l'étude.

Il a aussi indiqué que le projet de loi renforcerait la responsabilisation des régulateurs, qui se verront en outre attribuer un objectif secondaire: celui de promouvoir la croissance et la compétitivité du secteur.

M. Zahawi s'inscrit dans la ligne de son prédécesseur, M. Sunak, candidat à la succession du Premier ministre démissionnaire Boris Johnson, et qui avait promis un nouveau "big bang" dans le secteur après la dérégulation des années 1980.

Contrôle de l'inflation

Londres a déjà lancé une réforme de la réglementation des assurances, qui prévoit d'assouplir les exigences en termes de fonds propres des entreprises du secteur pour débloquer "des dizaines de milliards de livres" pour des investissements "verts" et dans les infrastructures.

Un rapport parlementaire mettait en garde, en juin, contre "tout affaiblissement non approprié des strictes normes réglementaires du Royaume-Uni", qui pourrait notamment "réduire la résilience du système financier britannique et saper la confiance internationale".

Parmi ses autres priorités, M. Zahawi a insisté mardi soir sur son intention de contrôler l'inflation, notamment grâce à "des finances saines pour éviter d'encourager encore plus la demande".

De son côté, la Banque d'Angleterre (BoE) pourrait accélérer le rythme de ses hausses de taux en les remontant de 50 points de base lors de sa réunion d'août, a prévenu son patron Andrew Bailey, lui aussi lors d'un discours à Mansion House.

"Si l'inflation persiste, avec des hausses des salaires et des prix, nous devrons agir avec force" et "une hausse de 50 points de base sera sur la table lors de notre prochaine réunion", a-t-il affirmé dans une allocution transmise à la presse.

La BoE estime que l'inflation, qui a déjà atteint un record en 40 ans à 9,1%, pourrait monter jusqu'à plus de 11% à la fin de l'année, dopée par l'invasion russe de l'Ukraine, l'envolée des prix du gaz qu'elle a entraînée, et un marché du travail très tendu.

Alors que l'inflation britannique devrait être la plus forte des pays du G7, les critiques s'accumulent au sujet de la stratégie de la Banque, venues notamment de candidats conservateurs à la succession du Premier ministre Boris Johnson.

"Le régime [de politique monétaire], basé sur l'indépendance de la Banque centrale, est plus important que jamais. La valeur d'un régime se jauge dans les périodes difficiles, pas quand tout va bien", a toutefois insisté M. Bailey mardi en réponse indirecte à ces critiques.


TotalEnergies acquiert les activités renouvelables terrestres de Shell en Europe

Le logo de l’entreprise française TotalEnergies, cotée au CAC 40, le principal indice boursier de la Bourse de Paris, à Toulouse le 31 mars 2026. (AFP)
Le logo de l’entreprise française TotalEnergies, cotée au CAC 40, le principal indice boursier de la Bourse de Paris, à Toulouse le 31 mars 2026. (AFP)
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  • TotalEnergies rachète les activités d’énergies renouvelables terrestres de Shell en Europe, comprenant des actifs solaires, éoliens et de stockage par batteries
  • Le groupe français cède parallèlement 50% d’un portefeuille d’actifs renouvelables à KKR pour 1,8 milliard d’euros afin de renforcer sa stratégie énergétique

PARIS: Le géant pétrogazier français TotalEnergies a annoncé lundi l'acquisition de l'ensemble des activités d'énergies renouvelables terrestres en Europe du groupe britannique Shell et la vente au fonds d'investissement américain KKR d'un portefeuille d'actifs, aussi dans l'énergie renouvelable.

Ces deux transactions en Europe doivent être finalisées d'ici la fin de 2026, sous réserve de l'approbation des autorités compétentes, a précisé TotalEnergies dans un communiqué.

La première opération concerne donc un accord signé avec Shell pour l'acquisition de l'ensemble de ses activités renouvelables terrestres en Europe, dont "500 MW d'actifs solaires et éoliens en opération ou en construction", notamment en Italie et aux Pays-Bas, ainsi que 3,5 GW de projets dans le domaine des énergies solaires, éoliennes et de stockage par batterie en Italie, au Royaume-Uni et en Espagne.

Ce portefeuille d'actifs sera détenu "à 100% par TotalEnergies à l'issue de la transaction", précise le groupe français, qui a indiqué à l'AFP que le montant de l'opération n'était pas dévoilé.

Le montant serait de l'ordre de quelques centaines de millions d'euros, a appris l'AFP de source proche de la transaction.

Cette opération vise à "compléter les activités de production d'électricité de TotalEnergies dans ces quatre marchés clés pour le déploiement de sa stratégie Integrated Power en Europe", ajoute TotalEnergies, qui doit doubler sa production d'électricité renouvelable et à partir d'actifs flexibles (centrales gaz, batteries) à 100-120 TWh en 2030 contre environ 48 TWh en 2025.

Le groupe dispose d'environ 105 GW de capacités d'énergies renouvelables en production, en construction ou en développement.

"Cet accord reflète la poursuite de l'objectif, par Shell, de gestion active" de son portefeuille dans l'énergie, "correspondant à sa stratégie" énoncée en 2025, a indiqué Machteld de Haan, directrice de l'aval, des renouvelables et des solutions énergétiques du groupe britannique, dans un communiqué séparé.

Shell met en oeuvre depuis plusieurs années une stratégie de désengagement des énergies renouvelables pour se concentrer notamment sur ses activités liées aux combustibles fossiles et doper ses bénéfices.

Dans ce contexte, Shell avait notamment annoncé mi-juillet céder au conglomérat indien Aditya Birla Group de sa filiale Sprng Energy, spécialisée dans le solaire et l'éolien en Inde.

La vente annoncée lundi s'inscrit elle aussi dans le cadre de cette stratégie, qui vise notamment à "privilégier les investissements dans des moyens de production flexibles, tels que les centrales électriques à gaz, les batteries de grande capacité et les technologies numériques" - qui permettent de compenser l'intermittence d'énergies renouvelables en plein essor -, a rappelé Shell lundi auprès de l'AFP.

La deuxième transaction annoncée par TotalEnergies concerne la cession à KKR de 50% d'un portefeuille d'actifs renouvelables, déjà largement développés, de 1,2 GW en Europe pour une valeur d'entreprise de 1,8 milliard d'euros.

Ces actifs, dans le solaire et l'éolien terrestre, se trouvent en Allemagne, Espagne, France et Pologne. L'électricité produite par ces actifs est déjà vendue à des tiers ou sera commercialisée par TotalEnergies.

Vers 14H30 GMT, Shell cédait 0,34% à 33,72 livres à la Bourse de Londres et TotalEnergies 0,44% à 76,08 euros à la Bourse de Paris.


Pétrole: le baril chute de près de 5% après l'annonce de négociations Etats-Unis/Iran

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Les prix du pétrole chutent lundi à l'ouverture des échanges asiatiques après l'annonce par Donald Trump de nouvelles négociations pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient et rouvrir le détroit d'Ormuz.

Vers 22H50 GMT dimanche, le prix du baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en septembre reculait de 4,69% à 83,81 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate cédait 4,67% à 80,72 dollars.

Après avoir menacé l'Iran d'une attaque massive, Donald Trump a dit samedi soir renoncer à de nouvelles frappes à condition qu'un accord soit conclu rapidement, en particulier sur le détroit d'Ormuz.

L'Iran a de son côté assuré dimanche être proche d'un accord avec Oman sur ce passage stratégique crucial pour le commerce mondial d'hydrocarbures.

Le président américain a ensuite annoncé que des nouvelles négociations avec Téhéran commenceraient lundi.


Engie revoit à la hausse ses perspectives 2026 grâce à l’électrification et les infrastructures

Prise le 26 avril 2023, l'image montre le logo du groupe énergétique français Engie lors de l'assemblée générale du groupe à Paris. (AFP)
Prise le 26 avril 2023, l'image montre le logo du groupe énergétique français Engie lors de l'assemblée générale du groupe à Paris. (AFP)
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  • Engie relève ses objectifs 2026, porté par l’électrification, les renouvelables et l’acquisition de UK Power Networks
  • Le groupe affiche un bénéfice net semestriel en hausse de 13,7 % à 3,3 milliards d’euros

PARIS: Engie a revu à la hausse ses perspectives pour l’année 2026 après un premier semestre au cours duquel l'énergéticien a été porté par l’accélération de l’électrification et l’acquisition du distributeur britannique d’électricité UK Power Networks.

"Partout où nous opérons, l'électrification s'accélère, les besoins en infrastructure, en flexibilité, en solution bas carbone continuent de croître", a déclaré Catherine MacGregor, la directrice générale lors d’une conférence téléphonique vendredi. "Et tous les métiers d'Engie sont au coeur de ces transformations".

"Qu'il s'agisse des renouvelables, des batteries, des réseaux électriques, des infrastructures locales ou encore des offres dédiées aux +data centers+, nous accélérons nos investissements dans les activités qui répondent justement aux évolutions structurelles du système énergétique", a-t-elle ajouté.

Sur les six premiers mois de l'année, le bénéfice net a progressé de 13,7% à 3,3 milliards d’euros. Le chiffre d’affaires en revanche a reculé de 3,6% à 36,7 milliards d’euros.

Le groupe a bénéficié de sa dynamique opérationnelle lors de ces six mois et estime que son plan de performance en cours a contribué pour 304 millions d’euros à l'amélioration des résultats.

Il a également été porté par l’activité gaz soutenue par des conditions de marché favorables.

Côté perspectives, Engie a revu à la hausse son objectif de résultat net récurrent pour 2026 à un niveau compris entre 4,9 et 5,5 milliards d’euros (contre une fourchette de 4,6 à 5,2 milliards d’euros annoncée précédemment). Au premier semestre, cet indicateur qui exclut les activités exceptionnelles, s'est établi à 3 milliards d'euros.

L’Ebit (résultat opérationnel ajusté) hors nucléaire est quant à lui attendu dans une fourchette indicative de 9,2 à 10,2 milliards d’euros (contre 8,7 à 9,7 milliards d’euros auparavant).

"Nos activités de génération et nos infrastructures gazières jouent un rôle déterminant dans la sécurité du système et la maîtrise de son coût", a souligné Catherine MacGregor.

"C'est bien la cohérence stratégique associée à la solidité de nos modèles intégrés et à notre capacité d'exécution qui nous permet d'aborder la suite de l'année avec confiance et de relever notre +guidance+", a-t-elle conclu.