Incendies en Gironde: «pas d'évolution des superficies brûlées» pendant la nuit

Des employés d'entreprises privées, bûcherons ou ouvriers du bâtiment, créent une barrière de plus de 5km de long et 300 mètres de large entre le département de la Gironde et le département des Landes pour empêcher l'incendie de se propager, le 20 juillet 2022. (AFP)
Des employés d'entreprises privées, bûcherons ou ouvriers du bâtiment, créent une barrière de plus de 5km de long et 300 mètres de large entre le département de la Gironde et le département des Landes pour empêcher l'incendie de se propager, le 20 juillet 2022. (AFP)
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Publié le Vendredi 22 juillet 2022

Incendies en Gironde: «pas d'évolution des superficies brûlées» pendant la nuit

  • Sur le passage du brasier subsistent encore des «fumerons», des points chauds incandescents qui fument et qui peuvent provoquer des reprises de feu s'ils ne sont pas refroidis
  • Depuis le début des incendies il y a dix jours, 36 750 habitants et vacanciers avaient été obligés de plier bagage en urgence de manière préventive

BORDEAUX: Les deux incendies qui ont détruit plus de 20 000 hectares de forêt en Gironde depuis le 12 juillet n'ont pas progressé pour la deuxième nuit d'affilée, a indiqué vendredi la préfecture de Nouvelle-Aquitaine, précisant que "d'importants moyens" restaient engagés.

"Pas d'évolution des superficies brûlées cette nuit sur les feux de la Teste-de-Buch et de Landiras", a fait savoir la préfète, Fabienne Buccio, dans un communiqué de presse.

Depuis le début des incendies il y a dix jours, 36 750 habitants et vacanciers avaient été obligés de plier bagage en urgence de manière préventive.

Incendies en Gironde: Le Maire et Grégoire appellent les assureurs à «la plus grande mobilisation»

Les ministres Olivia Grégoire et Bruno Le Maire appellent les assureurs à "la plus grande mobilisation" pour accompagner les particuliers et les entreprises affectés par les incendies en Gironde, selon un courrier consulté vendredi par l'AFP.

"Nous en appelons à la plus grande mobilisation des assureurs pour participer à la résolution de cette crise auprès des particuliers et des entreprises sinistrés qui disposent d'un contrat d'assurance couvrant le risque incendie voire les risques d'exploitation", écrivent la ministre des PME et du Tourisme et le ministre de l'Economie.

"Nous pensons notamment aux campings et restaurants qui ont été détruits" par les deux brasiers, qui ont ravagé près de 21 000 hectares de forêt autour de Landiras et de La Teste-de-Buch, ajoutent-ils dans cette lettre adressée jeudi à la présidente de France Assureurs, Florence Lustman.

Plus spécifiquement, Olivia Grégoire et Bruno Le Maire demandent à ce que les personnes touchées par les incendies disposent d'un délai "suffisant" pour déclarer leur sinistre, "alors que les évacuations sont toujours en cours".

Ils plaident aussi pour que les dossiers d'indemnisation soient traités "aussi vite que possible".

Mercredi, lors d'un déplacement à La Teste-de-Buch, le président Emmanuel Macron s'était déjà engagé à ce que l'Etat aide les propriétaires de campings détruits par les flammes à les reconstruire.

L'objectif est "qu'ils puissent ouvrir la saison prochaine", a précisé l'entourage d'Olivia Grégoire.

La même source rappelle qu'à cause des incendies, "cinq campings ont été évacués autour du bassin d'Arcachon, zone particulièrement touristique".

Face à l'accalmie, 6 000 évacués ont pu regagner leurs domiciles jeudi après-midi, 3 500 à la Teste-de-Buch ainsi que 2 500 dans le secteur de Landiras, à Cabanac-et-Villagrains, Budos et Saint-Magne.

Les pompiers ont pu poursuivre "le traitement des lisières et des points chauds" pendant la nuit, opérations qui doivent continuer vendredi, ont précisé les pompiers à la presse.

Environ 2 000 pompiers, quatre Canadairs et deux hélicoptères sont toujours engagés sur les deux feux.

Les soldats du feu étaient parvenus mercredi à enrayer la progression des deux incendies, notamment grâce à une météo plus favorable, avec une baisse des températures et un air plus humide.

La météo de vendredi reste "plutôt favorable" selon les pompiers mais "une vigilance sera de mise par rapport au vent qui pourrait se lever dans l'après-midi".

Les pompiers n'ont pas encore déclaré les feux fixés.

"La décision d'annoncer qu'ils sont fixés viendra après une évaluation par le Sdis", a souligné Fabienne Buccio sur France Bleu Gironde, ajoutant que le combat durerait "encore longtemps".

La préfecture a appelé jeudi l'ensemble des riverains à "faire preuve de patience". "Nous ne prendrons aucun risque. La priorité est la sécurité des habitants", a de son côté souligné le maire de la Teste-de-Buch, Patrick Davet.

Sur le passage du brasier subsistent encore des "fumerons", des points chauds incandescents qui fument et qui peuvent provoquer des reprises de feu s'ils ne sont pas refroidis.


Moyen-Orient: Macron annonce des renforts militaires dont le Charles de Gaulle

Emmanuel Macron a annoncé mardi des renforts militaires au Moyen-Orient en guerre, dont le porte-avions Charles de Gaulle et son escorte de frégates qui vont "faire route" vers la Méditerranée. (AFP)
Emmanuel Macron a annoncé mardi des renforts militaires au Moyen-Orient en guerre, dont le porte-avions Charles de Gaulle et son escorte de frégates qui vont "faire route" vers la Méditerranée. (AFP)
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  • "J’ai donné l’ordre au porte-avions Charles de Gaulle, à ses moyens aériens et à son escorte de frégates de faire route vers la Méditerranée"
  • Le chef de l'Etat a dit que la France avait abattu des drones "en légitime défense", "dès les premières heures" du conflit qui oppose Israël et les Etats-Unis à l'Iran

PARIS: Emmanuel Macron a annoncé mardi des renforts militaires au Moyen-Orient en guerre, dont le porte-avions Charles de Gaulle et son escorte de frégates qui vont "faire route" vers la Méditerranée.

"J’ai donné l’ordre au porte-avions Charles de Gaulle, à ses moyens aériens et à son escorte de frégates de faire route vers la Méditerranée", a affirmé le président dans une allocution télévisée. Il a aussi annoncé l'envoi dans la région d'avions Rafale, de systèmes de défense anti-aérienne et de radar aéroporté, qui ont été déployés "ces dernières heures", ainsi que l'envoi à Chypre de la frégate Languedoc et de moyens anti-aériens.

Le chef de l'Etat a dit que la France avait abattu des drones "en légitime défense", "dès les premières heures" du conflit qui oppose Israël et les Etats-Unis à l'Iran, et que deux bases françaises avaient subi dans ce conflit des "frappes limitées, ayant causé des dégâts matériels".

 


Dans le quartier de Belleville à Paris, un ramadan entre ferveur et inquiétude

Pendant tout le ramadan, Belleville vit au rythme des préparatifs de l’iftar : les plateaux croulent sous les victuailles, les files s’allongent devant les boucheries halal et les pâtisseries. (AFP)
Pendant tout le ramadan, Belleville vit au rythme des préparatifs de l’iftar : les plateaux croulent sous les victuailles, les files s’allongent devant les boucheries halal et les pâtisseries. (AFP)
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  • Les commerçants installent leurs tables devant les boutiques, les passants déambulent sacs à la main et la foule compacte se presse pour préparer la rupture du jeûne
  • L’atmosphère est festive, vibrante, presque irréelle. Pourtant, derrière l’abondance et les odeurs alléchantes, une gravité inhabituelle imprègne ce mois sacré

PARIS: Des étals chargés de pâtisseries, d’épices et d’olives, des pains encore tièdes, des galettes dorées, des montagnes de dattes et des rangées de sodas. Comme chaque année, le traditionnel marché du ramadan a investi les trottoirs du boulevard de Belleville (dans le XIe arrondissement de Paris), transformant le lieu en un vaste théâtre gourmand à ciel ouvert.

Les commerçants installent leurs tables devant les boutiques, les passants déambulent sacs à la main et la foule compacte se presse pour préparer la rupture du jeûne. L’atmosphère est festive, vibrante, presque irréelle. Pourtant, derrière l’abondance et les odeurs alléchantes, une gravité inhabituelle imprègne ce mois sacré.

belleville

Pendant tout le ramadan, Belleville vit au rythme des préparatifs de l’iftar : les plateaux croulent sous les victuailles, les files s’allongent devant les boucheries halal et les pâtisseries. Certains restaurants ont même fermé leur salle pour la transformer en cuisine de production, où l’on pétrit du pain à la chaîne, nature ou farci.

Pour les commerçants, c’est le moment le plus intense de l’année : les odeurs de pain grillé et de pâtisseries au miel attirent les passants, souvent sans idée précise de ce qu’ils vont acheter. « On ne sait jamais vraiment ce qu’on vient chercher, mais on trouve toujours ce qui nous plaît », sourit Nahel, venu faire ses courses avec sa fille, dans ses sacs : des feuilles de brick, de la crème et du pain arabe.

À Belleville, la fête déborde largement du cadre culinaire

Le marché est devenu bien plus qu’un lieu d’approvisionnement : c’est un rendez-vous collectif, un moment attendu, une tradition solidement ancrée dans la vie du quartier. À Belleville, la fête déborde largement du cadre culinaire ; même les commerces qui ne vendent habituellement pas de nourriture participent.

Monsef, gérant d’une boutique de téléphonie, a installé devant sa vitrine des cageots de menthe et de fruits. « Ça ne rapporte pas grand-chose, mais on veut faire partie de la fête », explique-t-il.

Pour beaucoup, le ramadan est avant tout un temps de lien social et de générosité : les repas partagés se multiplient, les dons aussi. « On distribue des repas, on aide les plus démunis, on se rend davantage à la mosquée ; le mois sacré reste un moment de spiritualité et de solidarité », indique un restaurateur.

belleville

Mais cette année, la ferveur est traversée par une inquiétude persistante : les conversations glissent régulièrement vers l’actualité internationale marquée, depuis quelques jours, par la guerre au Proche-Orient. Impossible pour certains de ne pas penser à ce qui se passe à Gaza ou, plus largement, dans l’ensemble de la région. « Quand on voit qu’ici on profite du ramadan et qu’ailleurs certains vivent sous les bombes, ça met mal à l’aise », confie Majid, commerçant.

Les télévisions allumées au moment de la rupture du jeûne en témoignent : certains préfèrent les séries traditionnelles du mois sacré, d’autres suivent en continu les chaînes d’information. La fête existe, mais elle est plus grave, plus retenue, comme si la joie devait désormais cohabiter avec l’inquiétude.

À cela s’ajoute une autre préoccupation : le budget. Car le ramadan reste un mois de générosité et d’abondance, mais cette abondance a un prix. Les commerçants constatent que les habitudes changent : les clients comparent davantage, achètent plus prudemment ; l’inflation est dans tous les esprits. « Les prix ont augmenté comme tout le reste, observe un épicier. Même si les gens ne le disent pas toujours, on sent qu’ils sont touchés. »

Pour beaucoup de familles modestes, le mois sacré exige une véritable préparation financière : certains mettent de l’argent de côté toute l’année pour pouvoir garnir la table plus généreusement qu’à l’ordinaire. Car le ramadan est aussi une fête domestique, rythmée par les invitations, les repas partagés et l’abondance symbolique, mais cette générosité pèse.

« On dépense beaucoup. On est obligés de prévoir, sinon on ne s’en sort pas », reconnaît une habituée du quartier, venue acheter des pâtisseries qui lui rappellent son pays d’origine, la Tunisie, et plus précisément Tunis.

belleville

Pour les habitants issus de l’immigration, le ramadan à Belleville est aussi une manière de recréer un peu du pays quitté : les saveurs, les odeurs, les produits traditionnels permettent de maintenir un lien affectif avec les racines. Certains viennent même de loin pour retrouver cette ambiance. Salma, franco-libanaise, a fait le déplacement simplement pour ressentir cette atmosphère familière, qui la rapproche de ses souvenirs malgré la distance et les inquiétudes liées à l’actualité de sa région d’origine.

Entre abondance et retenue, joie et gravité, le ramadan 2026 s’inscrit dans une époque troublée. À Belleville, on continue de célébrer, de partager, mais cela n’atténue pas le ressentiment face aux souffrances du monde et aux difficultés du quotidien.


Frappes iraniennes: la France prête à «participer» à la défense des pays du Golfe et de la Jordanie

 La France est "prête" à "participer" à la défense des pays du Golfe et de la Jordanie, cibles de frappes de l'Iran, "conformément aux accords qui la lie à ses partenaires et au principe de légitime défense collective", a déclaré lundi son ministre des Affaires étrangères. (AFP)
La France est "prête" à "participer" à la défense des pays du Golfe et de la Jordanie, cibles de frappes de l'Iran, "conformément aux accords qui la lie à ses partenaires et au principe de légitime défense collective", a déclaré lundi son ministre des Affaires étrangères. (AFP)
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  • "Près de 400.000 Français sont résidents ou de passage dans la douzaine de pays de la région", a ajouté le ministre. "A notre connaissance, aucune victime française n'est à déplorer à ce stade", a-t-il ajouté
  • "Notre dispositif est déjà organisé localement pour faciliter les sorties par voie terrestre lorsque c'est possible, ce qui n'est pas le cas dans tous les pays concernés", a-t-il détaillé

PARIS: La France est "prête" à "participer" à la défense des pays du Golfe et de la Jordanie, cibles de frappes de l'Iran, "conformément aux accords qui la lie à ses partenaires et au principe de légitime défense collective", a déclaré lundi son ministre des Affaires étrangères.

"Aux pays amis qui ont été ciblés délibérément par les missiles et les drones des Gardiens de la révolution et entraînés dans une guerre qu'ils n'avaient pas choisie -Arabie Saoudite, Émirats arabes unis, Qatar, Irak, Bahreïn, Koweït, Oman et Jordanie- la France exprime son soutien entier et sa pleine solidarité. Elle se tient prête (...) à participer à leur défense", a affirmé Jean-Noël Barrot lors d'une conférence de presse.

"Près de 400.000 Français sont résidents ou de passage dans la douzaine de pays de la région", a ajouté le ministre. "A notre connaissance, aucune victime française n'est à déplorer à ce stade", a-t-il ajouté.

"Notre dispositif est déjà organisé localement pour faciliter les sorties par voie terrestre lorsque c'est possible, ce qui n'est pas le cas dans tous les pays concernés", a-t-il détaillé.

Le ministre a appelé à la "désescalade". "L'escalade militaire doit cesser au plus vite", a-t-il répété. "La prolongation indéfinie des opérations militaires sans but précis emporte le risque d'un engrenage qui entraînerait l'Iran et la région dans une longue période d'instabilité".

"Au Liban, le Hezbollah a commis une lourde faute, dont la population a payé ce matin le prix avec des dizaines de morts et des dizaines de milliers de déplacés, en rejoignant un conflit dans lequel les autorités, comme le peuple libanais, refusent d'être entraînées", a-t-il poursuivi, appelant le Hezbollah à "mettre immédiatement un terme à ces opérations".