Volkswagen change de patron et de style avec le départ d'Herbert Diess

Herbert Diess pose avec la nouvelle fourgonnette électrique Volkswagen ID Buzz lors de sa présentation à Hambourg (Photo, AFP).
Herbert Diess pose avec la nouvelle fourgonnette électrique Volkswagen ID Buzz lors de sa présentation à Hambourg (Photo, AFP).
Short Url
Publié le Samedi 23 juillet 2022

Volkswagen change de patron et de style avec le départ d'Herbert Diess

  • Présentée fin 2019, l'ID.3 électrique est devenu le modèle phare de M. Diess
  • Ces confrontations répétées lui ont valu une perte d'influence progressive

FRANCFORT: Coup de tonnerre dans le monde l'automobile : le bouillant patron de Volkswagen, Herbert Diess, quittera ses fonctions dans quelques semaines après quatre années mouvementées à la tête du premier constructeur européen, entre cicatrices du dieselgate et transition vers l'électrique.

Ce départ surprise a été décidé "d'un commun accord" lors d'une réunion du conseil de surveillance de Volkswagen, selon un communiqué.

Herbert Diess était sur la sellette depuis des mois au sein du géant aux douze marques, en proie à des tensions récurrentes avec les puissants représentants du personnel et les autres figures de l'exécutif du groupe engagé dans un profond virage stratégique.

Ce changement intervient également au moment où Volkswagen est en train de planifier l'introduction en bourse de Porsche, sa marque la plus prisée, afin de lever de nouveaux fonds pour l'électrification et les investissements massifs dans le numérique.

C'est justement l'actuel président du directoire de Porsche, Oliver Blume, qui va prendre les rênes du constructeur à partir du 1er septembre, a annoncé le groupe.

«Eaux agitées»

Arrivé en 2018 au volant de Volkswagen pour tourner définitivement la page du "dieselgate", Herbert Diess incarnait l'ambition du groupe de devenir le plus grand constructeur mondial de voitures électriques d'ici à 2025, en injectant des dizaines de milliards d'euros dans cette révolution à marche forcée.

Son style clivant l'a souvent opposé aux influents représentants du personnel, mais l'Autrichien de 63 ans avait toujours réussi à sauver sa tête.

"Herbert Diess a joué un rôle clé dans la poursuite de la transformation de l'entreprise pendant son mandat", a déclaré le président du conseil de surveillance Hans Dieter Pötsch dans un communiqué.

"Il a non seulement dirigé l'entreprise dans des eaux extrêmement agitées, mais il l'a également fondamentalement réaligné stratégiquement", a-t-il ajouté.

Favori des marchés financiers pour ses ambitions électriques, Herbert Diess n'avait jamais caché pas son ambition de "casser les structures anciennes et sclérosées" qui, selon lui, freinent le géant dans sa reconversion.

Herbert Diess veut verdir l'image du constructeur, multipliant les apparitions médiatiques, parlant du changement climatique comme du "principal défi de l'humanité".

Face au "Technoking" de Tesla, Elon Musk, pour lequel il ne cachait pas son admiration, Herbert Diess se rêvait en "Technokaiser".

Perte d'influence

Il avait rejoint le groupe en tant que directeur de la marque phare VW juste avant que n'éclate en 2015 le scandale des moteurs diesel truqués, qui lui avait valu une promotion éclair.

S'il a doté Volkswagen d'une des plus crédibles stratégies de transformation parmi les "vieux" groupes de la planète auto, il a aussi bousculé le groupe de Wolfsburg, où l'aval du "Betriebsrat" est nécessaire pour toute décision stratégique.

Présentée fin 2019, l'ID.3 électrique est devenu le modèle phare de M. Diess, réputé "chasseur des coûts".

Ces confrontations répétées lui ont valu une perte d'influence progressive.

En juin 2020, il avait cédé la direction de la marque VW. Au début de l'année, M. Diess avait perdu la main sur les opérations en Chine, marché stratégique.

Il supervisait directement l'entité Cariad, unité de Volkswagen chargée de coder les logiciels au cœur de la révolution électrique et connectée engagée par la filière automobile.

"Cariad a probablement apporté trop de problèmes et de défis pour le groupe. Les lancements de production manqués et les problèmes de logiciel ont coûté beaucoup d'argent", a commenté vendredi l'expert automobile Ferdinand Dudenhöffer.

"On peut supposer que le nouveau patron mettra en œuvre une nouvelle orientation du logiciel et donc de Cariad", a-t-il ajouté.

Rien ne laissait présager le départ cet été de cet amateur de réseaux sociaux qui, vendredi encore, souhaitait sur LinkedIn une bonne "pause estivale bien méritée" à ses collaborateurs.

Le futur homme fort de Volkswagen, Oliver Blume, a rejoint le groupe en 1994 en ayant occupé depuis des postes de direction au sein des marques Audi, Seat, Volkswagen et Porsche, qu'il dirige depuis 2015.

Il est membre du directoire de Volkswagen depuis 2018.

"Ce qui est décisif pour le succès, c'est l'esprit d'équipe, le fair-play et la passion", a souligné M. Blume dans un ultime croche-pied au sortant.


Flambée des prix de l'énergie: en France, "baisse des taxes pas envisagée" à ce stade

La cité industrielle de Ras Laffan, principal site de production de gaz naturel liquéfié et de transformation gaz-liquide du Qatar, administré par QatarEnergy, située à environ 80 kilomètres au nord de Doha, le 6 février 2017. (AFP)
La cité industrielle de Ras Laffan, principal site de production de gaz naturel liquéfié et de transformation gaz-liquide du Qatar, administré par QatarEnergy, située à environ 80 kilomètres au nord de Doha, le 6 février 2017. (AFP)
Short Url
  • Le gouvernement français, via sa porte-parole Maud Bregeon, n’envisage pas de baisser les taxes sur les carburants malgré la hausse des prix liée aux tensions au Moyen-Orient
  • Le président Emmanuel Macron appelle à un moratoire sur les frappes contre les infrastructures énergétiques et insiste sur la nécessité de maîtriser le déficit public

PARIS: Le gouvernement français n'envisage pas à ce stade de baisser les taxes sur les prix des carburants, a indiqué jeudi sa porte-parole, alors que les prix du gaz et du pétrole ont grimpé de nouveau après des attaques par l'Iran d'installations énergétiques au Qatar.

"Le scénario d'une baisse des taxes n'est pas envisagé à l'heure où on se parle. En revanche, on entend les difficultés par exemple sur la trésorerie" de différents secteurs comme les transporteurs ou les pêcheurs, a affirmé sur BFMTV la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon qui est également chargée du portefeuille de l'Energie.

Elle a expliqué que le gouvernement n'avait "plus les moyens du quoi qu'il en coûte" comme pendant l'épidémie de Covid et devait tenir le déficit public à 5% du Produit intérieur brut (PIB), en rappelant avoir fait "le choix" dans le budget 2026 de "ne pas augmenter l'impôt des Français".

Maud Bregeon a souligné aussi que la situation n'avait "rien à voir" avec 2022, quand les prix de l'énergie avaient augmenté après l'invasion de l'Ukraine par la Russie.

Evoquant une réunion prévue sur l'énergie, jeudi en fin de matinée autour du Premier ministre Sébastien Lecornu, la porte-parole a indiqué que ce rendez-vous visait à faire "le point sur la situation pour envisager les différentes possibilités en fonction de la durée du conflit, en fonction de la difficulté que rencontrent les secteurs économiques".

"Toutes les options sont sur la table", a-t-elle dit.

"J'entends ceux qui voudraient qu'on débourse d'ores et déjà des milliards pour aider des gens dont j'entends les difficultés (...) mais il faut aussi porter ce discours de vérité" sur la "nécessité" de réduire le déficit, a-t-elle insisté.

La représentante du gouvernement a aussi rappelé les initiatives d'Emmanuel Macron en faveur du déblocage du détroit d'Ormuz.

Le président a en outre appelé jeudi à un moratoire sur les frappes contre les infrastructures civiles au Moyen-Orient, notamment énergétiques, et a dit avoir échangé avec le président américain Donald Trump et l'émir du Qatar, cheikh Tamim ben Hamad al-Thani.


Les marchés boursiers les yeux tournés vers les banques centrales plus que vers le Moyen-Orient

Les Bourses européennes ont de nouveau clôturé en hausse mardi, les yeux davantage tournés vers les prochaines décisions des banques centrales que vers la guerre contre l'Iran et la hausse du pétrole. (AFP)
Les Bourses européennes ont de nouveau clôturé en hausse mardi, les yeux davantage tournés vers les prochaines décisions des banques centrales que vers la guerre contre l'Iran et la hausse du pétrole. (AFP)
  • Paris a progressé de 0,49%, Francfort a pris 0,71% et Londres a gagné 0,83%, dans l'attente d'un probable statu quo sur les taux directeurs après la réunion de la Banque centrale européenne (BCE) jeudi et de la Banque d'Angleterre
  • Aux alentours de 17H00 GMT, New York suivait timidement la tendance haussière (+0,42% pour le Nasdaq, +0,37% pour le S&P 500 et +0,32% pour le Dow Jones)

PARIS: Les Bourses européennes ont de nouveau clôturé en hausse mardi, les yeux davantage tournés vers les prochaines décisions des banques centrales que vers la guerre contre l'Iran et la hausse du pétrole.

Dans ce contexte, Paris a progressé de 0,49%, Francfort a pris 0,71% et Londres a gagné 0,83%, dans l'attente d'un probable statu quo sur les taux directeurs après la réunion de la Banque centrale européenne (BCE) jeudi et de la Banque d'Angleterre.

Symbole de ce rebond, l'action du constructeur automobile Stellantis a progressé de 2,89% à Paris.

A Francfort, les investisseurs ont privilégié les valeurs défensives, moins exposées à la conjoncture, comme l’énergéticien E.ON (+3,20%, 20,30 euros), les réassureurs Hannover Re (+4,03%, 273,80 euros) et Munich Re (+2,48%, 553,40 euros).

Aux alentours de 17H00 GMT, New York suivait timidement la tendance haussière (+0,42% pour le Nasdaq, +0,37% pour le S&P 500 et +0,32% pour le Dow Jones).

"Comme hier (lundi), nous sommes dans une vague de reprise, peut-être technique", résume Frédéric Rozier, gestionnaire de portefeuille pour la banque privée Mirabaud.

Cette légère amélioration "ne constitue pas vraiment une lueur d’espoir", tempère Andreas Lipkow à Francfort.

Ralentissement de la hausse du pétrole 

Aucune amélioration géopolitique au Moyen-Orient n'explique la résilience des marchés boursiers.

Le président français Emmanuel Macron a indiqué que la France n'était pas prête à s'engager dans des "opérations" de sécurisation du détroit d'Ormuz "dans le contexte actuel".

La compagnie aérienne British Airways a annoncé mardi suspendre jusqu'au 31 mai inclus ses vols vers Amman, Bahreïn, Dubaï et Tel-Aviv "en raison de l'incertitude persistante de la situation au Moyen-Orient".

Surtout, les prix du pétrole continuent à augmenter, moins fortement que la veille: vers 17H00 GMT, le baril de Brent de la mer du Nord s'échangeait à 102,17 dollars (+1,96%) et son équivalent américain du WTI progressait de 1,82% à 95,20 dollars.

Passée la "stupéfaction" des premiers jours, "il y a une forme de normalisation (...) au bout de deux ou trois semaines de conflit (...) le marché se remet en mode économie de guerre", décrypte Frédéric Rozier.

Détente sur les taux d'emprunt des États 

De fait, les marchés boursiers semblent anticiper les décisions des banques centrales de ne pas relever leurs taux directeurs malgré des risques d'inflation liée à la hausse du pétrole.

"Le marché a envie de croire que les banques centrales vont considérer cette inflation comme temporaire et donc ne vont pas sur-réagir par une hausse des taux", commente Frédéric Rozier.

"Nous anticipons que la Fed laissera ses taux directeurs inchangés lors de sa réunion de cette semaine", estime aussi Bénédicte Kukla, stratégiste en chef chez Indosuez Wealth Management

"Il est probable que l'inflation dépasse temporairement les 3% d'ici la fin 2026 (...) Malgré ces tensions, nous n'anticipons pas de modification des taux directeurs de la BCE cette semaine — trop tôt", ajoute Mme Kukla.

Dans ce contexte, les taux d'intérêt sur les emprunts émis par les États pour financer leurs dettes reculaient, après avoir bondi aux premiers jours du conflit.

Aux alentours de 17H00 GMT, le rendement de l'emprunt allemand à échéance 10 ans (Bund), qui fait référence en Europe, se maintenait à 2,90% contre 2,95% la veille. Il évoluait autour de 2,64% avant la guerre.

Son équivalent français affichait un rendement à 3,55% contre 3,61% lundi en clôture (et contre 3,22% avant le début du conflit).

Le rendement des bons du Trésor américain à 10 ans, l'échéance la plus scrutée, se maintenait à 4,19%.

La Banque centrale australienne (RBA) a de son côté relevé mardi son taux directeur de 0,25 point de pourcentage, invoquant la "forte hausse des prix des carburants".

 


Commerce: la Chine envoie samedi son vice-Premier ministre en France pour des discussions avec Washington

Un cargo transportant du minerai de fer importé est dirigé vers un poste d’amarrage dans un port de Qingdao, dans la province du Shandong, dans l’est de la Chine, le 11 mars 2026. (AFP)
Un cargo transportant du minerai de fer importé est dirigé vers un poste d’amarrage dans un port de Qingdao, dans la province du Shandong, dans l’est de la Chine, le 11 mars 2026. (AFP)
Short Url
  • Le vice-Premier ministre chinois He Lifeng se rendra en France du 14 au 17 mars pour des consultations commerciales avec les États-Unis, avec des discussions prévues à Paris avec le secrétaire américain au Trésor Scott Bessent
  • Ces négociations interviennent sur fond de tensions commerciales persistantes entre Washington et Pékin, avant une possible visite du président américain Donald Trump en Chine fin mars

PEKIN: La Chine a confirmé vendredi que son vice-Premier ministre He Lifeng, chargé des questions économiques, effectuera à partir de samedi une visite en France, pour mener des discussions avec les Etats-Unis sur le commerce.

Ces négociations de haut niveau se dérouleront quelques semaines avant une possible visite à Pékin du président américain Donald Trump, lors de laquelle il rencontrerait son homologue Xi Jinping.

Le Trésor américain avait déjà indiqué jeudi que ces discussions commerciales bilatérales auraient lieu dimanche et lundi à Paris, entre He Lifeng et le ministre américain des Finances, Scott Bessent.

Le dirigeant chinois "conduira une délégation en France du 14 au 17 mars pour des consultations commerciales avec la partie américaine" sur des questions "d'intérêt mutuel", a indiqué vendredi le ministère chinois du Commerce.

Scott Bessent sera accompagné à Paris par le représentant de la Maison Blanche pour le Commerce (USTR), Jamieson Greer.

Le président américain prévoit de se rendre à Pékin du 31 mars au 2 avril, a indiqué la Maison Blanche. Les autorités chinoises n'ont pas confirmé cette visite ni ce calendrier, ce qui est habituel de leur part.

Les Etats-Unis et la Chine se sont livré l'an passé une âpre bataille aux retombées mondiales, à coups de droits de douane et de restrictions diverses. Une trêve précaire a ensuite été conclue, sous l'égide, déjà, de Scott Bessent et He Lifeng.

Des points de friction subsistent toutefois.

La Maison Blanche a annoncé mercredi lancer une série d'enquêtes destinées à documenter des préjudices économiques subis par les Etats-Unis. Elles visent une quinzaine de pays ou bloc (l'Union européenne), dont la Chine. Elles sont une première étape vers de potentiels nouveaux droits de douanes.

Cette initiative est un "exemple typique d'unilatéralisme" qui "porte gravement atteinte à l'ordre économique et commercial international", a dénoncé vendredi le ministère chinois du Commerce dans un communiqué séparé.

"La Chine exhorte les Etats-Unis à revenir sur leurs pratiques contestables et à privilégier le dialogue et la consultation pour résoudre les différends", a-t-il souligné.