En Irlande, la tourbe au centre d'une bataille entre ruraux et écolos

Les briquettes de tourbe, d'un noir réglisse quand elles viennent d'être extraites, vireront vers un brun grillé sous la chaleur estivale, pour être prêtes à servir de combustible de chauffage pour l'hiver. (AFP)
Les briquettes de tourbe, d'un noir réglisse quand elles viennent d'être extraites, vireront vers un brun grillé sous la chaleur estivale, pour être prêtes à servir de combustible de chauffage pour l'hiver. (AFP)
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Publié le Dimanche 24 juillet 2022

En Irlande, la tourbe au centre d'une bataille entre ruraux et écolos

  • La tourbière, comme d'autres en Irlande, est au coeur d'un bras de fer entre habitants des campagnes et responsables politiques en ville
  • Les uns mettent en avant une culture traditionnelle, les autres un puits de carbone naturel à protéger

CARRAGH: Dans le sillage de la journée la plus chaude en Irlande depuis 130 ans cette semaine, la récolte de la tourbe sous l'herbe séchée par le soleil se fait en famille dans le Bog Of Allen, une vaste tourbière du centre de ce pays.

Les briquettes de tourbe, d'un noir réglisse quand elles viennent d'être extraites, vireront vers un brun grillé sous la chaleur estivale, pour être prêtes à servir de combustible de chauffage pour l'hiver.

Mais la tourbière, comme d'autres en Irlande, est au coeur d'un bras de fer entre habitants des campagnes et responsables politiques en ville, les uns mettant en avant une culture traditionnelle, les autres un puits de carbone naturel à protéger.

"Il y a une colère et un ressentiment très profonds à l'idée que le parti écologiste et ses membres urbains pensent (...) qu'ils peuvent se déchaîner sur les gens de la campagne irlandaise", explique à l'AFP John Dore, porte-parole de la Kildare Turf Cutters Association.

Quelque 14% de la population utilise la tourbe pour se chauffer, selon l'agence de la protection environnementale irlandaise. Et pour eux, cette source d'énergie traditionnelle, coupée et brûlée depuis des siècles, est un droit.

"C'est une activité culturelle, qui fait partie de notre communauté", explique M. Dore. "On est indépendants au niveau des carburants. C'est aussi ça le sujet."

Mardi, lors d'une visite au Japon, le Premier ministre irlandais Micheal Martin a affirmé que son gouvernement devait se concentrer sur les émissions de carbone du pays, qui ambitionne de légiférer à ce sujet d'ici la fin du mois.

"Je pense que ce que nous montrent les vagues de chaleur, c'est qu'elles ramènent chez nous les conséquences énormes du changement climatique", a affirmé le Premier ministre. "C'est ici, maintenant."

«Retour aux sources»

Des chiffres officiels publiés jeudi montrent que les émissions de CO2 ont augmenté de 4,7% en 2021 par rapport à 2020, et de 1,1% par rapport à 2019, avant la pandémie en Irlande.

Mais la coalition au pouvoir, à laquelle participent les Verts, panse encore ses plaies après avoir tenté de légiférer sur la tourbe, le projet ayant suscité la rébellion de certains députés ruraux de la majorité.

Un député indépendant de Tipperary, Mattie McGrath, a déclaré que les ministres avaient besoin d'un "retour aux sources" pour réaliser les conséquences des restrictions sur la tourbe pour les familles rurales à faibles revenus.

Depuis, dévoilant son projet revisité, le ministre de l'Environnement Eamon Ryan a assuré que les mesures controversées, notamment celle restreignant la vente de tourbe au sein de communautés de moins de 500 habitants, avaient été abandonnées.

Selon les nouvelles règles, la vente de tourbe aux familles, amis et voisins sera autorisée comme avant.

Mais les ventes au détail et sur internet seront interdites, de même que la publicité pour les ventes de tourbe dans les médias.

Pour Patsy Power, un coupeur de tourbe sur le Bog of Allen, les nouvelles règles ne changeront rien.

"Toute ma vie, on a cultivé de la tourbe ici", explique l'homme de 60 ans. Sur son terrain, il récolte la tourbe avec ses sept frères et soeurs.

"On ne la vendrait pas de toute façon, c'est à peine pour un usage domestique, c'est simplement pour la famille", ajoute-t-il.

Puits de carbone 

Pour M. Dore, le retour en arrière du gouvernement est "une petite victoire". Mais le compromis selon lui a été trouvé en raison de l'augmentation des prix de l'énergie, pas à cause des inquiétudes des locaux.

Conscient des enjeux environnementaux auxquels le pays fait face, il estime que viser la tourbe, c'est s'en prendre "en premier lieu aux petits gens".

Les associations de défense de l'environnement ont exhorté le gouvernement à prendre le taureau par les cornes face aux dommages causés aux tourbières, qui sont des puits de carbone naturels.

"Les coupeurs de tourbe ne sont pas tenus de restaurer l'habitat ou de réfléchir aux émissions lorsqu'ils drainent la tourbière", estime Tristram Whyte, responsable au Irish Peatland Conservation Council.

En plus selon lui, la culture pollue les cours d'eau et entraîne "une perte de biodiversité". "C'est la source de combustible la plus émettrice que l'on puisse utiliser... Les effets de la combustion de la tourbe ne valent pas le chauffage" qu'elle permet.


Washington prévoit d'envoyer un nouveau porte-avions au Moyen-Orient dans les prochaines semaines 

Les Etats-Unis préparent le déploiement d'un nouveau porte-avions vers le Moyen-Orient "dans les prochaines semaines" pour y relayer un autre bâtiment déjà sur place, selon une information de l'Institut naval américain. (AFP)
Les Etats-Unis préparent le déploiement d'un nouveau porte-avions vers le Moyen-Orient "dans les prochaines semaines" pour y relayer un autre bâtiment déjà sur place, selon une information de l'Institut naval américain. (AFP)
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  • L'organisation a précisé mercredi que le Theodore Roosevelt et son escorte quitteront leur port d'attache de San Diego, en Californie, "dans les prochaines semaines" afin de "relayer le George Washington" arrivé dans la région depuis une semaine
  • Ce dernier avait lui-même remplacé le porte-avions Abraham Lincoln, dont la mission de très longue durée - plus de huit mois en mer sans escale - a fait émerger des critiques sur les conditions de vie à bord et la santé mentale de l'équipage

WASHINGTON: Les Etats-Unis préparent le déploiement d'un nouveau porte-avions vers le Moyen-Orient "dans les prochaines semaines" pour y relayer un autre bâtiment déjà sur place, selon une information de l'Institut naval américain.

L'organisation a précisé mercredi que le Theodore Roosevelt et son escorte quitteront leur port d'attache de San Diego, en Californie, "dans les prochaines semaines" afin de "relayer le George Washington" arrivé dans la région depuis une semaine.

Ce dernier avait lui-même remplacé le porte-avions Abraham Lincoln, dont la mission de très longue durée - plus de huit mois en mer sans escale - a fait émerger des critiques sur les conditions de vie à bord et la santé mentale de l'équipage.

Selon un haut responsable de la marine américaine cité par l'Institut naval américain, le déploiement du Theodore Roosevelt durera "plus de sept mois". "Leur commandement leur fait tabler sur huit mois", a-t-il encore déclaré.

Contacté par l'AFP, le Pentagone n'a pas fait de commentaire dans l'immédiat.

Le porte-avions Abraham Lincoln et ses quelque 5.000 marins s'apprêtent enfin à toucher terre, en Thaïlande, a indiqué la marine thaïlandaise à l'AFP jeudi. Cette escale est attendue du 2 au 6 septembre, selon des médias locaux.

Le bâtiment avait quitté San Diego le 21 novembre 2025 pour une mission en mer de Chine méridionale et avait été redirigé vers le Moyen-Orient avant que les Etats-Unis et Israël lancent leur offensive conjointe contre l'Iran le 28 février.


Emmanuel Macron rencontrera Andy Burnham à Londres la semaine prochaine

Le président français Emmanuel Macron attend l’arrivée du prince héritier d’Arabie saoudite pour une rencontre au palais de l’Élysée à Paris, le 24 août 2026. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron attend l’arrivée du prince héritier d’Arabie saoudite pour une rencontre au palais de l’Élysée à Paris, le 24 août 2026. (AFP)
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  • Emmanuel Macron se rendra à Londres la semaine prochaine et sera reçu à Downing Street par le Premier ministre britannique Andy Burnham
  • Cette visite intervient avant l’exposition de la tapisserie de Bayeux au British Museum et dans un contexte de rapprochement entre Londres et l’UE sur l’Ukraine

LONDRES: Emmanuel Macron se rendra à Londres la semaine prochaine pour une visite au cours de laquelle le président français sera reçu à Downing Street par le nouveau Premier ministre britannique Andy Burnham, a indiqué jeudi à l'AFP une source gouvernementale britannique.

Cette visite intervient à quelques jours de l'ouverture de l'exposition exceptionnelle de la tapisserie de Bayeux, prêtée au British Museum à Londres, projet dans lequel Emmanuel Macron s'est beaucoup investi.

Le président français est le deuxième dirigeant étranger, et le premier d'un pays de l'Union européenne (UE), à être reçu par le chef du gouvernement travailliste depuis son accession au pouvoir le 20 juillet, après son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky fin juillet.

MM. Macron et Burnham ont co-présidé cette semaine, avec le chancelier allemand Friedrich Merz, une réunion de la coalition des volontaires pour l'Ukraine.

Le chef de l'Etat français y a participé en visioconférence, tandis que le Premier ministre britannique s'est rendu à Kiev, pour son premier déplacement à l'étranger.

A cette occasion, il a notamment rencontré le président du Conseil européen, Antonio Costa, à qui il a affirmé que le Royaume-Uni devait faire preuve de "plus d'audace" pour se rapprocher de l'UE, selon un compte-rendu de leur entretien publié par Downing Street.


Washington désigne le groupe Palestine Action comme «organisation terroriste étrangère»

"Le terrorisme d'extrême gauche représente une menace grave pour les Etats-Unis et l'Occident dans son ensemble", a déclaré sur X le secrétaire d'Etat américain, Marco Rubio. (AFP)
"Le terrorisme d'extrême gauche représente une menace grave pour les Etats-Unis et l'Occident dans son ensemble", a déclaré sur X le secrétaire d'Etat américain, Marco Rubio. (AFP)
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  • L'organisation propalestinienne Palestine Action est accusée d'avoir "apporté une aide substantielle (...) à un acte de terrorisme ou en faveur de celui-ci", a rapporté dans un communiqué le département du Trésor
  • L'entité italienne visée est Autistici/Inventati (Collectif A/I), que Washington considère comme "un groupe extrémiste qui met en place et gère l'infrastructure numérique de cellules Antifa violentes et d'autres militants à travers le monde

WASHINGTON: Les Etats-Unis ont désigné mercredi comme "organisations terroristes" le groupe Palestine Action, basé au Royaume-Uni, ainsi qu'un groupe italien d'extrême gauche, dans le cadre d'une offensive de l'administration Trump contre les mouvements extrémistes de gauche.

"Le terrorisme d'extrême gauche représente une menace grave pour les Etats-Unis et l'Occident dans son ensemble", a déclaré sur X le secrétaire d'Etat américain, Marco Rubio.

"Nous utiliserons tous les moyens et toutes les prérogatives dont nous disposons pour lutter contre le terrorisme et protéger notre mode de vie contre la coercition terroriste", a-t-il ajouté.

L'organisation propalestinienne Palestine Action est accusée d'avoir "apporté une aide substantielle (...) à un acte de terrorisme ou en faveur de celui-ci", a rapporté dans un communiqué le département du Trésor.

L'entité italienne visée est Autistici/Inventati (Collectif A/I), que Washington considère comme "un groupe extrémiste qui met en place et gère l'infrastructure numérique de cellules Antifa violentes et d'autres militants d'extrême gauche à travers le monde", selon un autre communiqué du département d'Etat.

"Ces outils sont spécifiquement conçus pour faciliter les activités des réseaux terroristes d'extrême gauche, et permettent à ces derniers de s'organiser, recruter, communiquer, diffuser de la propagande, partager des informations sur leurs cibles et des tactiques, et mener des attaques violentes – tout en restant anonymes, intraçables", est-il reproché.

Le département d'Etat affirme aussi que les "cellules anarchistes responsables des actes de sabotage commis contre les réseaux ferroviaires en France, en Italie, en Allemagne et aux Pays-Bas en 2026 ont utilisé les outils et services du collectif A/I pour revendiquer ces attaques, publier des communiqués officiels et diffuser des manuels expliquant comment fabriquer des engins incendiaires de fortune pour les voies ferrées et d'autres infrastructures critiques".

Liberté d'expression 

Au Royaume-Uni, le groupe Palestine Action a été déclaré "terroriste" par le gouvernement travailliste en 2025 après des actes de vandalisme commis par ses militants, notamment sur une base de la Royal Air Force et une attaque à Bristol contre un site de l'entreprise d'armement israélienne Elbit Systems.

La mesure, qui entraîne son interdiction, a déclenché des manifestations d'ampleur et est contestée devant la justice.

"Le fait que Trump s'inspire désormais de la répression exercée par la Grande-Bretagne à l'encontre du mouvement pour la liberté des Palestiniens montre à quel point cette interdiction est dangereuse et devrait servir de signal d'alarme à tous ceux qui ont à cœur la liberté d'expression et les libertés civiles", a réagi Huda Ammori, co-fondatrice de Palestine Action.

Elle a appelé le nouveau Premier ministre britannique, Andy Burnham, à lever cette interdiction qui représente une "attaque sans précédent contre la liberté d'expression en Grande-Bretagne".

Créé en 2020, Palestine Action a gagné en visibilité après le début de la guerre dans la bande de Gaza, provoquée par l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël le 7 octobre 2023.

Les sanctions américaines impliquent pour les organisations visées un gel des avoirs éventuellement détenus aux Etats-Unis. Les entreprises et citoyens américains ont interdiction de commercer avec elles, sous peine d'être à leur tour sanctionnés.

Mi-juillet, les Etats-Unis ont accueilli une conférence internationale sur "la résurgence du terrorisme politique", visant notamment le mouvement Antifa, pour "antifasciste". Il s'agit d'un mouvement nébuleux d'activistes de gauche qui, selon les experts, relève davantage d'une idéologie politique que d'un groupe organisé.

Dans un récent rapport sur l'antiterrorisme, l'administration Trump a défini trois principales "menaces" contre la première puissance mondiale: "les narcoterroristes et les gangs internationaux", les "terroristes islamistes historiques" et les "extrémistes violents de gauche, y compris les anarchistes et les antifascistes".

Les détracteurs de l'administration Trump relèvent que la violence d'extrême gauche reste historiquement bien en-deçà de celle de l'extrême droite.