La récession plus grave que prévu en France entre 2e vague et reconfinement

PARIS Le Premier ministre français Jean Castex lors d'une conférence de presse sur les mesures d'un nouveau verrouillage pour freiner la propagation de l'épidémie de Covid-19, à l'hôtel de Matignon à Paris, le 29 octobre 2020.  (Ian Langdson / Pool / AFP)
PARIS Le Premier ministre français Jean Castex lors d'une conférence de presse sur les mesures d'un nouveau verrouillage pour freiner la propagation de l'épidémie de Covid-19, à l'hôtel de Matignon à Paris, le 29 octobre 2020. (Ian Langdson / Pool / AFP)
Short Url
Publié le Vendredi 30 octobre 2020

La récession plus grave que prévu en France entre 2e vague et reconfinement

  • Le produit intérieur brut (PIB) français devrait se contracter de 11% a indiqué vendredi le ministre de l'Economie Bruno Le Maire, alors qu'il prévoyait une baisse, déjà importante, de 10% jusqu'ici
  • Malgré tout, le gouvernement a renforcé les mesures de soutien en vigueur pour les entreprises et les salariés, afin d'éviter licenciements et faillites

PARIS : Sans surprise, le reconfinement va peser fort sur l'économie française et le gouvernement s'attend désormais à une récession un peu plus grave que prévu cette année, malgré le fort rebond de l'économie française au troisième trimestre.

Le produit intérieur brut (PIB) devrait se contracter de 11% a indiqué vendredi le ministre de l'Economie Bruno Le Maire, alors qu'il prévoyait une baisse, déjà importante, de 10% jusqu'ici.

"On va avoir un quatrième trimestre qui va être difficile, forcément, on est confiné, l'économie française va tourner moins fort que d'habitude", a prévenu le ministre sur France Inter.

En début de semaine, le ministre de l'Economie avait estimé qu'après son rebond du troisième trimestre, le PIB allait rechuter au dernier trimestre.

L'activité devrait ainsi se contracter de 15% durant le confinement selon lui, avec la fermeture imposée des commerces, restaurants ou encore des lieux de culture.

C'est moins que lors du premier confinement, où elle avait chuté de plus de 30%, car les restrictions sont un peu moins fortes qu'au printemps, avec une poursuite du travail plus importante dans de nombreux secteurs grâce aux protocoles sanitaires définis ces derniers mois et à la disponibilité des équipements de protection.

Malgré tout, le gouvernement a renforcé les mesures de soutien en vigueur pour les entreprises et les salariés, afin d'éviter licenciements et faillites, notamment dans les secteurs déjà fragilisés par le premier confinement et de nouveau durement touchés.

Il va débloquer 20 milliards d'euros pour les financer, Bruno Le Maire estimant qu'elles coûtent 15 milliards d'euros pour un mois de confinement.

Le patronat craint en effet un "écroulement" de l'économie, selon les mots du président du Medef Geoffroy Roux de Bézieux.

Il a notamment qualifié d'"erreur" la fermeture de la plupart des commerces, estimant qu"à un moment, le soutien ne suffit pas".

Ces mesures "ont fonctionné" au printemps, a pourtant défendu Bruno Le Maire, mettant en avant la vigueur du rebond de l'économie au troisième trimestre.

Rebond mais pas rattrapage

Le PIB a progressé de 18,2% par rapport au trimestre précédent, où il s'était effondré de 13,7% selon une première estimation publiée vendredi matin par l'Insee.

"On voit bien que dès lors que le virus ne circule plus, et le troisième trimestre le montre, la France a une capacité de rebond extraordinaire", a jugé Bruno Le Maire, appelant les Français à respecter le confinement pour endiguer au plus vite l'épidémie.

Mais le PIB est resté "nettement en dessous de son niveau d'avant-crise", a aussi souligné l'Insee. Il était en effet en retrait de 4,3% par rapport au troisième trimestre 2019, précise l'Institut national de la statistique, qui ne donne aucune prévision actualisée pour le dernier trimestre 2020.

L'institut table aussi toujours sur une récession de 9% cette année,  prévision faite avant le reconfinement, mais son directeur général a laissé entendre qu'il pourrait réviser à la baisse cette prévision qui reposait sur une stagnation du PIB au dernier trimestre.

Au-delà du strict effet du confinement, la résurgence de l'épidémie renforce l'incertitude sur l'avenir, ce qui n'incite pas les ménages à consommer ni les entreprises à investir, éléments clés d'une future reprise.

Au troisième trimestre, le rebond de l'économie a ainsi été porté par la consommation des ménages, en hausse de 17,3%, en particulier pour les biens qui ont connu des "effets de rattrapage" après le confinement. Elle est toutefois restée inférieure de 2,1% à son niveau d'avant-crise, les achats de services étant eux toujours à la peine.

Et si l'investissement a aussi rebondi, l'écart par rapport au troisième trimestre 2019 n'a pas été comblé. Même chose du côté de la production de biens et services.

La France est en plus pénalisée dans les échanges commerciaux avec ses partenaires par la structure de son économie. "Les secteurs porteurs pour les exportations françaises (aéronautique, tourisme international, etc.) sont particulièrement atteints par la crise", souligne l'Insee. (AFP)

 


Le pétrole temporise faute de nouvelles avancées diplomatiques au Moyen-Orient

Un trader travaille sur le parquet de la Bourse de New York (NYSE), à New York, lors de la sonnerie d'ouverture, le 4 août 2026. (AFP)
Un trader travaille sur le parquet de la Bourse de New York (NYSE), à New York, lors de la sonnerie d'ouverture, le 4 août 2026. (AFP)
Short Url
  • Les prix du pétrole évoluent prudemment, les marchés attendant un accord durable entre l'Iran et les États-Unis sur le détroit d'Ormuz
  • Un compromis Iran-Oman sur le transit a été annoncé, mais des désaccords avec Washington continuent de peser sur les flux énergétiques

LONDRES: Les cours du pétrole sont indécis jeudi, après une forte baisse en début de semaine, le marché attendant un arrangement entre Téhéran et Washington après que l'Iran a affirmé mercredi avoir conclu un accord avec Oman.

Vers 10H40 GMT (12H40 à Paris), le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en octobre prenait 0,97% à 80,22 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en septembre, gagnait 0,77% à 75,80 dollars.

L'Iran a indiqué mercredi s'être accordé avec le sultanat d'Oman sur un nouvel itinéraire de transit des navires dans le détroit d'Ormuz, dont ils sont tous deux riverains.

Mais toute réouverture de cette voie maritime, verrouillée par Téhéran, dépendra des actions de Washington qui a de son côté imposé un blocus des ports iraniens, ont affirmé des sources iraniennes auprès de médias locaux.

Le problème est que Téhéran envisage des frais de service pour le passage dans le détroit, qui sont rejetés par les Etats-Unis et qui vont à l'encontre du droit international.

"Tout accord pourrait donc se révéler aussi fragile que le protocole d'accord initial de juin", prévient Arne Lohmann Rasmussen, analyste chez Global Risk Management.

En juin, Téhéran et Washington s'étaient accordés sur une trêve de 60 jours durant laquelle les deux pays devaient garantir le passage gratuit des navires via le détroit d'Ormuz.

Le flux maritime avait fortement rebondi à ce moment mais la reprise des hostilités en juillet l'a de nouveau plombé.

Les marchés des produits pétroliers dérivés (essence, carburant aérien, etc.) "sont particulièrement tendus" et le "le besoin de reconstituer les stocks de produits raffinés est plus important que celui de reconstituer les stocks de pétrole brut" affirme M. Rasmussen.

Pour permettre une nouvelle baisse des cours, et un retour à la normale des flux énergétiques dans cette région, "des progrès significatifs sont indispensables" entre les Etats-Unis et l'Iran, expliquent les analystes d'ING.


TotalEnergies acquiert les activités renouvelables terrestres de Shell en Europe

Le logo de l’entreprise française TotalEnergies, cotée au CAC 40, le principal indice boursier de la Bourse de Paris, à Toulouse le 31 mars 2026. (AFP)
Le logo de l’entreprise française TotalEnergies, cotée au CAC 40, le principal indice boursier de la Bourse de Paris, à Toulouse le 31 mars 2026. (AFP)
Short Url
  • TotalEnergies rachète les activités d’énergies renouvelables terrestres de Shell en Europe, comprenant des actifs solaires, éoliens et de stockage par batteries
  • Le groupe français cède parallèlement 50% d’un portefeuille d’actifs renouvelables à KKR pour 1,8 milliard d’euros afin de renforcer sa stratégie énergétique

PARIS: Le géant pétrogazier français TotalEnergies a annoncé lundi l'acquisition de l'ensemble des activités d'énergies renouvelables terrestres en Europe du groupe britannique Shell et la vente au fonds d'investissement américain KKR d'un portefeuille d'actifs, aussi dans l'énergie renouvelable.

Ces deux transactions en Europe doivent être finalisées d'ici la fin de 2026, sous réserve de l'approbation des autorités compétentes, a précisé TotalEnergies dans un communiqué.

La première opération concerne donc un accord signé avec Shell pour l'acquisition de l'ensemble de ses activités renouvelables terrestres en Europe, dont "500 MW d'actifs solaires et éoliens en opération ou en construction", notamment en Italie et aux Pays-Bas, ainsi que 3,5 GW de projets dans le domaine des énergies solaires, éoliennes et de stockage par batterie en Italie, au Royaume-Uni et en Espagne.

Ce portefeuille d'actifs sera détenu "à 100% par TotalEnergies à l'issue de la transaction", précise le groupe français, qui a indiqué à l'AFP que le montant de l'opération n'était pas dévoilé.

Le montant serait de l'ordre de quelques centaines de millions d'euros, a appris l'AFP de source proche de la transaction.

Cette opération vise à "compléter les activités de production d'électricité de TotalEnergies dans ces quatre marchés clés pour le déploiement de sa stratégie Integrated Power en Europe", ajoute TotalEnergies, qui doit doubler sa production d'électricité renouvelable et à partir d'actifs flexibles (centrales gaz, batteries) à 100-120 TWh en 2030 contre environ 48 TWh en 2025.

Le groupe dispose d'environ 105 GW de capacités d'énergies renouvelables en production, en construction ou en développement.

"Cet accord reflète la poursuite de l'objectif, par Shell, de gestion active" de son portefeuille dans l'énergie, "correspondant à sa stratégie" énoncée en 2025, a indiqué Machteld de Haan, directrice de l'aval, des renouvelables et des solutions énergétiques du groupe britannique, dans un communiqué séparé.

Shell met en oeuvre depuis plusieurs années une stratégie de désengagement des énergies renouvelables pour se concentrer notamment sur ses activités liées aux combustibles fossiles et doper ses bénéfices.

Dans ce contexte, Shell avait notamment annoncé mi-juillet céder au conglomérat indien Aditya Birla Group de sa filiale Sprng Energy, spécialisée dans le solaire et l'éolien en Inde.

La vente annoncée lundi s'inscrit elle aussi dans le cadre de cette stratégie, qui vise notamment à "privilégier les investissements dans des moyens de production flexibles, tels que les centrales électriques à gaz, les batteries de grande capacité et les technologies numériques" - qui permettent de compenser l'intermittence d'énergies renouvelables en plein essor -, a rappelé Shell lundi auprès de l'AFP.

La deuxième transaction annoncée par TotalEnergies concerne la cession à KKR de 50% d'un portefeuille d'actifs renouvelables, déjà largement développés, de 1,2 GW en Europe pour une valeur d'entreprise de 1,8 milliard d'euros.

Ces actifs, dans le solaire et l'éolien terrestre, se trouvent en Allemagne, Espagne, France et Pologne. L'électricité produite par ces actifs est déjà vendue à des tiers ou sera commercialisée par TotalEnergies.

Vers 14H30 GMT, Shell cédait 0,34% à 33,72 livres à la Bourse de Londres et TotalEnergies 0,44% à 76,08 euros à la Bourse de Paris.


Pétrole: le baril chute de près de 5% après l'annonce de négociations Etats-Unis/Iran

Short Url

Les prix du pétrole chutent lundi à l'ouverture des échanges asiatiques après l'annonce par Donald Trump de nouvelles négociations pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient et rouvrir le détroit d'Ormuz.

Vers 22H50 GMT dimanche, le prix du baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en septembre reculait de 4,69% à 83,81 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate cédait 4,67% à 80,72 dollars.

Après avoir menacé l'Iran d'une attaque massive, Donald Trump a dit samedi soir renoncer à de nouvelles frappes à condition qu'un accord soit conclu rapidement, en particulier sur le détroit d'Ormuz.

L'Iran a de son côté assuré dimanche être proche d'un accord avec Oman sur ce passage stratégique crucial pour le commerce mondial d'hydrocarbures.

Le président américain a ensuite annoncé que des nouvelles négociations avec Téhéran commenceraient lundi.