Après 12 jours de lutte, les deux incendies «hors norme» de Gironde sont «fixés»

Pendant 12 jours, les deux feux ont ravagé 20 800 hectares - soit la superficie de deux fois Paris intra muros. Plus de 36 000 personnes ont été évacuées. (AFP).
Pendant 12 jours, les deux feux ont ravagé 20 800 hectares - soit la superficie de deux fois Paris intra muros. Plus de 36 000 personnes ont été évacuées. (AFP).
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Publié le Lundi 25 juillet 2022

Après 12 jours de lutte, les deux incendies «hors norme» de Gironde sont «fixés»

  • A Landiras, dans le sud du département où 13 800 hectares de pins ont brûlé depuis le 12 juillet, le feu est «désormais fixé»
  • Ce constat avait été dressé samedi pour l'autre incendie qui avait démarré le même jour, à La Teste-de-Buch sur le bassin d'Arcachon, qui a ravagé 7 000 hectares de forêt

BORDEAUX : Après douze jours et treize nuits de lutte, les deux incendies "hors norme" qui ont ravagé près de 21 000 hectares de forêts en Gironde et entraîné l'évacuation de quelque 36 000 personnes sont maintenant "fixés", mais le travail pour les éteindre continue.

A Landiras, dans le sud du département où 13 800 hectares de pins ont brûlé depuis le 12 juillet, le feu est "désormais fixé", a annoncé lundi la préfète de Gironde et Nouvelle-Aquitaine Fabienne Buccio.

Ce constat avait été dressé samedi pour l'autre incendie qui avait démarré le même jour, à La Teste-de-Buch sur le bassin d'Arcachon, qui a ravagé 7 000 hectares de forêt.

Le bilan de cette "lutte acharnée" contre les flammes est "positif", a relevé la préfète : aucune victime à déplorer et des dégâts matériels plutôt limités, cinq maisons, un restaurant et une discothèque détruits, les cinq campings de la dune du Pilat, d'où 6 000 vacanciers avaient été évacués, sur près de 2 800 bâtiments "directement exposés".

Vingt-cinq pompiers ont été blessés, "heureusement légèrement" selon Mme Buccio.

Dans le secteur de Landiras, à quelque 40 km au sud de Bordeaux, quelques milliers d'habitants évacués qui n'avaient pas encore regagner leur domicile, ont reçu lundi le feu vert de la préfecture.

"Attention, ces incendies ne sont pas pour autant éteints. Fixé, cela signifie qu'il n'y a plus de foyers actifs", a assuré Mme Buccio en pointant "deux feux hors normes de par les conditions météorologiques extrêmes (températures caniculaires, ndlr) et les moyens mobilisés pour les contenir".

Selon le patron des pompiers de Gironde (SDIS 33) Marc Vermeulen, "la prochaine étape est de passer maître des feux, ce qui devrait raisonnablement être le cas cette semaine. Pour l'extinction proprement dite, ça risque de prendre plusieurs semaines et dépendra des conditions météo. C'est un travail laborieux qui débute".

Le sol de tourbe dans le secteur de Landiras demande une vigilance particulière car il y a un risque de feu couvant sous la terre "qui peut réémerger de manière assez importante", a-t-il précisé, prévenant aussi du danger de chutes de "pins fragilisés".

«Travaux titanesques»

Les zones à surveiller pour les pompiers, a-t-il dit, équivalent à "28 000 terrains de rugby" à Landiras et "14 000" à La Teste-de-Buch. Les surfaces brulées représentent deux fois la superficie de Paris intra muros.

Jusqu'à 3 000 soldats du feu de Gironde et 1 200 autres venus de 60 départements ont été mobilisés mais les moyens humains vont désormais descendre à quelque 450 pompiers. Deux Canadair et deux hélicoptères d'attaque feux de forêt, restent sur place.

Dans la lutte contre ces incendies, "il a fallu faire preuve d'imagination (...) en réalisant des travaux titanesques et inédits de pare-feux et zone de replis", a souligné Fabienne Buccio. Plus de 130 km de travaux ont été réalisés et se poursuivent.

La préfète et le patron des pompiers ont aussi expliqué que la Gironde avait eu à faire à des feux "hors normes", pas à des "mégafeux", "dont on décide qu’ils ne peuvent pas être maîtrisés et qu’on laisse agir seul, comme en Australie ou aux Etats-Unis". "Nous, nous n'avons jamais cessé de lutter et on est en passe d’avoir gagné", a tranché Mme Buccio.

Marc Vermeulen a par ailleurs remercié les collectivités, associations et citoyens de Gironde qui se sont mobilisés en nombre pour soutenir les pompiers au niveau logistique, avec beaucoup de marques d'affection et d'attention qui ont marqué les soldats du feu.

Face à l'ampleur de la crise et un début de polémique sur les moyens aériens de lutte, le président Emmanuel Macron s'était déplacé la semaine dernière en Gironde, soulignant que la France devait se doter "davantage" d'avions.

Le président PS du département de la Gironde, Jean-Luc Gleyze, a pour sa part martelé lundi que le massif des Landes de Gascogne, "plus grande forêt de résineux d'Europe", à cheval sur Gironde et Landes, devait "être doté de moyens aériens de lutte, spécialement l’été".


Guerre au Moyen-Orient: la gauche française appelle Macron à rester dans une logique défensive

Mathilde Panot (2e à droite), présidente du groupe LFI–NFP, s’exprime après le premier vote sur les motions de censure contre le budget 2026, adopté via le 49.3, à l’Assemblée nationale à Paris, le 2 février 2026. (AFP)
Mathilde Panot (2e à droite), présidente du groupe LFI–NFP, s’exprime après le premier vote sur les motions de censure contre le budget 2026, adopté via le 49.3, à l’Assemblée nationale à Paris, le 2 février 2026. (AFP)
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  • La gauche française appelle à la prudence, demandant au président Emmanuel Macron de rester dans une posture défensive et de ne pas soutenir une guerre jugée « illégale » menée par Donald Trump et Benjamin Netanyahou sans mandat international
  • Malgré le déploiement du porte-avions Charles de Gaulle et d’autres moyens militaires, plusieurs responsables de gauche (LFI, PS, PCF) réclament un cessez-le-feu immédiat, le respect du droit international et refusent toute escalade régionale

PARIS: La gauche française a appelé mercredi le président Emmanuel Macron à rester dans une logique défensive et à ne pas soutenir "une guerre illégale" après l'annonce du déploiement de moyens militaires pour protéger les intérêts de la France et de ses alliés frappés par la riposte iranienne aux attaques israélo-américaines.

"La France a raison d'honorer ses engagements mais nous ferons très attention à ce que la France ne mette pas un doigt dans une guerre illégale qui a été décidée uniquement par Trump et Netanyahou", a prévenu la cheffe des députés insoumis (LFI, gauche radicale) Mathilde Panot sur France inter.

"La France doit se situer du côté du cessez-le-feu immédiat, du droit international. Je suis très inquiète quand j'entends un ancien Premier ministre, Gabriel Attal, expliquer qu'il faudrait envoyer valser l'ONU qu'il compare à une ONG climatique", a-t-elle plaidé.

Lors de son allocution solennelle mardi soir, Emmanuel Macron a annoncé le déploiement du porte-avions Charles de Gaulle, d'avions Rafale, d'une frégate et de moyens de défense anti-aérienne au Moyen-Orient.

Le Premier secrétaire du Parti socialiste Olivier Faure a reconnu sur X que "la protection de nos compatriotes, de nos alliés, le respect de nos engagements vis à vis de Chypre, l’intégrité territoriale du Liban ami, doivent être soutenus".

Mais cela ne doit pas "conduire à un soutien implicite à la guerre conduite sans mandat par Trump et Netanyahu", a-t-il ajouté en demandant "le retour du droit international" et "le refus d'une escalade régionale dont personne ne maîtrise l'ampleur".

Le secrétaire national du Parti communiste Fabien Roussel a lui jugé que l'envoi du porte-avions Charles de Gaulle "constitue un nouveau palier dans l'escalade militaire".


Moyen-Orient: Macron annonce des renforts militaires dont le Charles de Gaulle

Emmanuel Macron a annoncé mardi des renforts militaires au Moyen-Orient en guerre, dont le porte-avions Charles de Gaulle et son escorte de frégates qui vont "faire route" vers la Méditerranée. (AFP)
Emmanuel Macron a annoncé mardi des renforts militaires au Moyen-Orient en guerre, dont le porte-avions Charles de Gaulle et son escorte de frégates qui vont "faire route" vers la Méditerranée. (AFP)
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  • "J’ai donné l’ordre au porte-avions Charles de Gaulle, à ses moyens aériens et à son escorte de frégates de faire route vers la Méditerranée"
  • Le chef de l'Etat a dit que la France avait abattu des drones "en légitime défense", "dès les premières heures" du conflit qui oppose Israël et les Etats-Unis à l'Iran

PARIS: Emmanuel Macron a annoncé mardi des renforts militaires au Moyen-Orient en guerre, dont le porte-avions Charles de Gaulle et son escorte de frégates qui vont "faire route" vers la Méditerranée.

"J’ai donné l’ordre au porte-avions Charles de Gaulle, à ses moyens aériens et à son escorte de frégates de faire route vers la Méditerranée", a affirmé le président dans une allocution télévisée. Il a aussi annoncé l'envoi dans la région d'avions Rafale, de systèmes de défense anti-aérienne et de radar aéroporté, qui ont été déployés "ces dernières heures", ainsi que l'envoi à Chypre de la frégate Languedoc et de moyens anti-aériens.

Le chef de l'Etat a dit que la France avait abattu des drones "en légitime défense", "dès les premières heures" du conflit qui oppose Israël et les Etats-Unis à l'Iran, et que deux bases françaises avaient subi dans ce conflit des "frappes limitées, ayant causé des dégâts matériels".

 


Dans le quartier de Belleville à Paris, un ramadan entre ferveur et inquiétude

Pendant tout le ramadan, Belleville vit au rythme des préparatifs de l’iftar : les plateaux croulent sous les victuailles, les files s’allongent devant les boucheries halal et les pâtisseries. (AFP)
Pendant tout le ramadan, Belleville vit au rythme des préparatifs de l’iftar : les plateaux croulent sous les victuailles, les files s’allongent devant les boucheries halal et les pâtisseries. (AFP)
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  • Les commerçants installent leurs tables devant les boutiques, les passants déambulent sacs à la main et la foule compacte se presse pour préparer la rupture du jeûne
  • L’atmosphère est festive, vibrante, presque irréelle. Pourtant, derrière l’abondance et les odeurs alléchantes, une gravité inhabituelle imprègne ce mois sacré

PARIS: Des étals chargés de pâtisseries, d’épices et d’olives, des pains encore tièdes, des galettes dorées, des montagnes de dattes et des rangées de sodas. Comme chaque année, le traditionnel marché du ramadan a investi les trottoirs du boulevard de Belleville (dans le XIe arrondissement de Paris), transformant le lieu en un vaste théâtre gourmand à ciel ouvert.

Les commerçants installent leurs tables devant les boutiques, les passants déambulent sacs à la main et la foule compacte se presse pour préparer la rupture du jeûne. L’atmosphère est festive, vibrante, presque irréelle. Pourtant, derrière l’abondance et les odeurs alléchantes, une gravité inhabituelle imprègne ce mois sacré.

belleville

Pendant tout le ramadan, Belleville vit au rythme des préparatifs de l’iftar : les plateaux croulent sous les victuailles, les files s’allongent devant les boucheries halal et les pâtisseries. Certains restaurants ont même fermé leur salle pour la transformer en cuisine de production, où l’on pétrit du pain à la chaîne, nature ou farci.

Pour les commerçants, c’est le moment le plus intense de l’année : les odeurs de pain grillé et de pâtisseries au miel attirent les passants, souvent sans idée précise de ce qu’ils vont acheter. « On ne sait jamais vraiment ce qu’on vient chercher, mais on trouve toujours ce qui nous plaît », sourit Nahel, venu faire ses courses avec sa fille, dans ses sacs : des feuilles de brick, de la crème et du pain arabe.

À Belleville, la fête déborde largement du cadre culinaire

Le marché est devenu bien plus qu’un lieu d’approvisionnement : c’est un rendez-vous collectif, un moment attendu, une tradition solidement ancrée dans la vie du quartier. À Belleville, la fête déborde largement du cadre culinaire ; même les commerces qui ne vendent habituellement pas de nourriture participent.

Monsef, gérant d’une boutique de téléphonie, a installé devant sa vitrine des cageots de menthe et de fruits. « Ça ne rapporte pas grand-chose, mais on veut faire partie de la fête », explique-t-il.

Pour beaucoup, le ramadan est avant tout un temps de lien social et de générosité : les repas partagés se multiplient, les dons aussi. « On distribue des repas, on aide les plus démunis, on se rend davantage à la mosquée ; le mois sacré reste un moment de spiritualité et de solidarité », indique un restaurateur.

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Mais cette année, la ferveur est traversée par une inquiétude persistante : les conversations glissent régulièrement vers l’actualité internationale marquée, depuis quelques jours, par la guerre au Proche-Orient. Impossible pour certains de ne pas penser à ce qui se passe à Gaza ou, plus largement, dans l’ensemble de la région. « Quand on voit qu’ici on profite du ramadan et qu’ailleurs certains vivent sous les bombes, ça met mal à l’aise », confie Majid, commerçant.

Les télévisions allumées au moment de la rupture du jeûne en témoignent : certains préfèrent les séries traditionnelles du mois sacré, d’autres suivent en continu les chaînes d’information. La fête existe, mais elle est plus grave, plus retenue, comme si la joie devait désormais cohabiter avec l’inquiétude.

À cela s’ajoute une autre préoccupation : le budget. Car le ramadan reste un mois de générosité et d’abondance, mais cette abondance a un prix. Les commerçants constatent que les habitudes changent : les clients comparent davantage, achètent plus prudemment ; l’inflation est dans tous les esprits. « Les prix ont augmenté comme tout le reste, observe un épicier. Même si les gens ne le disent pas toujours, on sent qu’ils sont touchés. »

Pour beaucoup de familles modestes, le mois sacré exige une véritable préparation financière : certains mettent de l’argent de côté toute l’année pour pouvoir garnir la table plus généreusement qu’à l’ordinaire. Car le ramadan est aussi une fête domestique, rythmée par les invitations, les repas partagés et l’abondance symbolique, mais cette générosité pèse.

« On dépense beaucoup. On est obligés de prévoir, sinon on ne s’en sort pas », reconnaît une habituée du quartier, venue acheter des pâtisseries qui lui rappellent son pays d’origine, la Tunisie, et plus précisément Tunis.

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Pour les habitants issus de l’immigration, le ramadan à Belleville est aussi une manière de recréer un peu du pays quitté : les saveurs, les odeurs, les produits traditionnels permettent de maintenir un lien affectif avec les racines. Certains viennent même de loin pour retrouver cette ambiance. Salma, franco-libanaise, a fait le déplacement simplement pour ressentir cette atmosphère familière, qui la rapproche de ses souvenirs malgré la distance et les inquiétudes liées à l’actualité de sa région d’origine.

Entre abondance et retenue, joie et gravité, le ramadan 2026 s’inscrit dans une époque troublée. À Belleville, on continue de célébrer, de partager, mais cela n’atténue pas le ressentiment face aux souffrances du monde et aux difficultés du quotidien.