Au Japon, des mines de la discorde avec la Corée du Sud

Dans les entrailles d'une montagne nippone au sommet fendu s'étend un réseau d'anciennes mines d'or et d'argent devenues une nouvelle source de discorde entre le Japon et la Corée du Sud (Photo, AFP).
Dans les entrailles d'une montagne nippone au sommet fendu s'étend un réseau d'anciennes mines d'or et d'argent devenues une nouvelle source de discorde entre le Japon et la Corée du Sud (Photo, AFP).
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Publié le Lundi 25 juillet 2022

Au Japon, des mines de la discorde avec la Corée du Sud

  • Le Japon estime qu'il mérite de rejoindre la liste du patrimoine mondial de l'Unesco, en raison de sa longue histoire et de son remarquable héritage de l'époque préindustrielle
  • Le statut précis qu'avaient ces travailleurs est contesté, certains affirmant qu'une majorité d'entre eux avaient signé des contrats sur une base volontaire

SADO: Dans les entrailles d'une montagne nippone au sommet fendu s'étend un réseau d'anciennes mines d'or et d'argent devenues une nouvelle source de discorde entre le Japon et la Corée du Sud.

Les plus anciennes mines de l'île de Sado, en face de la côte nord-ouest du Japon, auraient commencé à être exploitées dès le 12ème siècle et le site est resté en activité jusqu'après la Seconde Guerre mondiale.

Le Japon estime qu'il mérite de rejoindre la liste du patrimoine mondial de l'Unesco, en raison de sa longue histoire et de son remarquable héritage de l'époque préindustrielle.

Tokyo a ainsi soumis cette année un dossier de candidature pour trois sites d'extraction d'or et d'argent de Sado de l'époque Edo (1603-1867), période où ces mines auraient été les plus productives au monde et où le travail se faisait à la main.

Mais ce que le dossier japonais ne dit pas et qui fait tiquer Séoul, c'est que les mines de Sado ont recouru à environ 1 500 travailleurs coréens durant la Seconde Guerre mondiale.

Le statut précis qu'avaient ces travailleurs est contesté, certains affirmant qu'une majorité d'entre eux avaient signé des contrats sur une base volontaire.

"Les conditions de travail étaient extrêmement dures, néanmoins la paie était très élevée, c'est pourquoi beaucoup de gens, y compris beaucoup de Japonais, cherchaient à être recrutés", selon Koichiro Matsuura, ancien directeur général de l'Unesco qui soutient la candidature des mines de Sado.

«La discrimination existait»

Mais d'autres affirment que les conditions de recrutement revenaient à du travail forcé, et que la main-d'oeuvre coréenne était moins bien traitée que les mineurs japonais.

"La discrimination existait", souligne Toyomi Asano, un professeur d'histoire politique japonaise de l'université Waseda de Tokyo.

Les conditions de travail des Coréens "étaient très mauvaises" et "les tâches les plus dangereuses leur étaient confiées", ajoute ce chercheur.

Divers contentieux historiques remontant à la colonisation de la péninsule coréenne par le Japon (1910-1945) empoisonnent depuis des années les relations entre Tokyo et Séoul, qui a créé un groupe de travail visant à faire échouer l'inscription des mines de Sado à l'Unesco.

Des querelles similaires entre les deux pays voisins existent déjà concernant des sites de la révolution industrielle japonaise de l'ère Meiji (1868-1912) inscrits au patrimoine mondial depuis 2015.

L'an dernier, l'Unesco a demandé au Japon de prendre des mesures pour faire comprendre aux visiteurs qu'un "grand nombre de Coréens et d'autres personnes ont été amenés contre leur gré et forcés de travailler dans des conditions difficiles" sur ces sites.

Le Japon "doit éviter de refaire la même erreur" à Sado, admet M. Matsuura. "Nous devons dire d'une manière plus concrète et plus honnête comment les ouvriers coréens ont vécu et travaillé" dans ces mines.

Eviter une mémoire sélective

Les lieux ont commencé à accueillir des touristes dans les années 1960, au moment où leur activité extractive s'essoufflait. Des reconstitutions désuètes et quelque peu sinistres sont toujours en place, avec de raides automates aux têtes pivotantes et aux bras mécaniques donnant des coups de pioche.

Hideji Yamagami, un visiteur japonais de 79 ans, estime que l'existence de travailleurs forcés coréens devrait y être mentionnée: "Je l'ignorais totalement. Je pensais que c'était des Japonais qui avaient fait tout ce dur labeur", déclare-t-il à l'AFP.

Les panneaux explicatifs sur place en parlent à peine, tout en s'attardant sur d'autres côtés sombres du site à l'époque Edo, où les mineurs étaient souvent des pauvres sans foyer enrôlés de force et où le travail des enfants a aussi parfois existé.

Le professeur Toyomi Asano espère que l'Unesco va insister pour que toute l'histoire des mines de Sado soit présentée sur place, et non pas une mémoire sélective, si jamais le site rejoignait la liste du patrimoine mondial.

Le Japon "ne doit pas craindre" de reconnaître une part de son histoire, estime M. Asano. "Chaque nation a des pans sombres dans son histoire. Celles qui n'en ont pas n'existent pas".


Washington prévoit d'annoncer un accord sur le nucléaire avec Ryad 

L'administration du président Donald Trump a affirmé que cet arrangement permettrait au secteur nucléaire américain de bénéficier de l'apport de milliards de dollars. (AP)
L'administration du président Donald Trump a affirmé que cet arrangement permettrait au secteur nucléaire américain de bénéficier de l'apport de milliards de dollars. (AP)
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  • Le New York Times, citant deux responsables américains non identifiés, a rapporté mardi que le gouvernement avait l'intention de signer officiellement et d'annoncer l'accord avec Ryad mercredi
  • L'administration du président Donald Trump a affirmé que cet arrangement permettrait au secteur nucléaire américain de bénéficier de l'apport de milliards de dollars

WASHINGTON: Les Etats-Unis prévoient d'annoncer mercredi un accord avec l'Arabie saoudite qui doterait le royaume d'un programme nucléaire civil, selon des médias américains.

L'annonce interviendrait alors que les Etats-Unis ont repris leur guerre contre l'Iran, un rival de Ryad, qui avait notamment été déclenchée en raison de la crainte américaine que le programme nucléaire iranien ne vise à doter le pays de la bombe atomique.

Le New York Times, citant deux responsables américains non identifiés, a rapporté mardi que le gouvernement avait l'intention de signer officiellement et d'annoncer l'accord avec Ryad mercredi.

L'administration du président Donald Trump a affirmé que cet arrangement permettrait au secteur nucléaire américain de bénéficier de l'apport de milliards de dollars.

En effet, une clause de l'accord, qui serait valable pendant 30 ans, prévoit que des entreprises américaines construisent un complexe d'enrichissement d'uranium en Arabie saoudite, si une étude conjointe établit qu'il est justifié, a annoncé le Wall Street Journal.

Toutefois, des parlementaires américains républicains et démocrates, ainsi que des responsables israéliens, ont exprimé leur opposition à tout projet nucléaire civil en Arabie saoudite, craignant qu'il ne serve finalement à développer des armes nucléaires.

Interrogé à ce sujet mercredi à Manille, en marge d'une réunion de l'Asean, le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio s'est refusé à confirmer un tel accord, renvoyant toute éventuelle annonce à la Maison Blanche.

Pressé de questions par des journalistes et visiblement un peu dans l'embarras, il a cependant assuré que les Etats-Unis "ne conclueraient jamais d'accord avec un pays dans le monde qui conduirait à un risque de prolifération" nucléaire.

Tensions régionales 

L'accord devrait être soumis au Congrès américain dans les prochains jours, mais son approbation n'est pas nécessaire pour qu'il soit entériné.

L'Arabie saoudite insiste depuis longtemps sur son droit au nucléaire civil.

Ces dernières années, Washington a cherché à intégrer tout accord concernant le nucléaire dans une stratégie plus large, qui inclurait la normalisation des relations avec Israël et la signature d'un pacte de défense.

Washington a signé un accord nucléaire en 2009 avec un voisin de l'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, qui n'enrichissent toutefois pas d'uranium.

 


Le ministre américain de la Défense estime à 37,5 milliards de dollars le coût de la guerre en Iran

Une Iranienne passe devant une immense fresque antiaméricaine et anti-israélienne représentant le président américain Donald Trump et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, à Téhéran, le 19 juillet 2026. (AFP)
Une Iranienne passe devant une immense fresque antiaméricaine et anti-israélienne représentant le président américain Donald Trump et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, à Téhéran, le 19 juillet 2026. (AFP)
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  • Le Pentagone estime à 37,5 milliards de dollars le coût de la guerre en Iran et demande 67 milliards supplémentaires
  • Des sénateurs contestent cette demande et réclament plus de transparence sur la stratégie américaine

WASHINGTON: Le ministre américain de la Défense a estimé mardi que la guerre en Iran a coûté jusqu'à présent 37,5 milliards de dollars aux Etats-Unis, une hausse de près de 30% par rapport au dernier chiffre de 29 milliards.

"L'estimation que nous avons à ce jour est de 37,5 milliards de dollars", a déclaré Pete Hegseth devant une commission du Sénat américain, en précisant que ce montant incluait certains coûts anticipés jusqu'à fin septembre.

Le ministre a également défendu la demande du gouvernement Trump d'une rallonge budgétaire de 67 milliards de dollars pour le Pentagone.

M. Hegseth, ainsi que le chef d'état-major de l'armée américaine, le général Dan Caine, ont affirmé que cette rallonge était "urgente" et "nécessaire".

Mais la sénatrice démocrate Jeanne Shaheen a contesté cette évaluation, affirmant que le ministre disposait encore de 75 milliards de dollars non dépensés.

"Pourquoi demandez-vous au peuple américain d'assumer le coût d'une guerre qu'il ne soutient pas, au lieu de solliciter une autorisation de transfert de fonds déjà votés mais non dépensés?", a-t-elle demandé.

Selon le ministre, cet argent a été "affecté" à d'autres projets du président Donald Trump comme le "Dôme d'or américain" ou encore d'autres investissements dans l'armement.

Les fonds demandés ne prennent par ailleurs pas en compte le coût de la reconstruction des bases militaires américaines au Moyen-Orient.

D'autres sénateurs ont exprimé leur frustration, réclamant plus de détails sur la stratégie de Donald Trump afin de remporter la guerre au Moyen-Orient.

"Nous avons besoin de réponses claires et d'un discours franc", a estimé le sénateur John Kennedy, un républicain, tout en interrogeant les responsables sur ce qui se passerait si les Etats-Unis quittaient le détroit d'Ormuz.

Pete Hegseth et Dan Caine n'ont pas précisé si l'Iran imposerait des droits de passage aux navires souhaitant emprunter le détroit.


Après deux semaines d'hostilités, Trump n'en a «pas fini du tout» avec l'Iran

Les Etats-Unis n'en ont "pas fini du tout" avec l'Iran, a averti mardi Donald Trump, deux semaines après la reprise des hostilités qui menacent de s'étendre à la mer Rouge et d'affecter encore davantage l'économie mondiale. (AFP)
Les Etats-Unis n'en ont "pas fini du tout" avec l'Iran, a averti mardi Donald Trump, deux semaines après la reprise des hostilités qui menacent de s'étendre à la mer Rouge et d'affecter encore davantage l'économie mondiale. (AFP)
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  • Les Américains "s'occuperont" des Houthis s'ils mettent en oeuvre ce blocus maritime, a mis en garde le président Donald Trump
  • Les Etats-Unis s'étaient déjà mobilisés contre ces rebelles quand ils avaient perturbé le trafic maritime pendant la guerre à Gaza, menant des attaques de drones et de missiles contre des navires

TEHERAN: Les Etats-Unis n'en ont "pas fini du tout" avec l'Iran, a averti mardi Donald Trump, deux semaines après la reprise des hostilités qui menacent de s'étendre à la mer Rouge et d'affecter encore davantage l'économie mondiale.

Alors que la République islamique resserre son étau sur le stratégique détroit d'Ormuz, ses alliés yéménites, les rebelles houthis, menacent d'entraver le trafic de l'autre côté de la péninsule arabique.

Si elle était maintenue, la menace houthie couperait l'accès aux ports d'Arabie saoudite situés sur la mer Rouge, cruciaux pour contourner le détroit d'Ormuz. Le royaume est le premier exportateur de pétrole brut au monde.

Conséquence: le prix du baril de Brent, référence internationale, a terminé la séance au-dessus de 90 dollars pour la première fois depuis début juin.

Les Américains "s'occuperont" des Houthis s'ils mettent en oeuvre ce blocus maritime, a mis en garde le président Donald Trump.

Les Etats-Unis s'étaient déjà mobilisés contre ces rebelles quand ils avaient perturbé le trafic maritime pendant la guerre à Gaza, menant des attaques de drones et de missiles contre des navires. Les Houthis tirent parti du détroit de Bab el-Mandeb, un goulet d'étranglement situé à son extrémité sud, que les navires doivent emprunter pour rallier le canal de Suez.

Le cabinet de sécurité maritime Vanguard Tech a identifié pour la première fois mardi deux navires ayant fait demi-tour en mer Rouge après avoir chargé du brut saoudien dans le port de Yanbu, à la suite de l'annonce houthie.

L'Iran, de son côté, verrouille toujours Ormuz, où il a ciblé ces derniers jours plusieurs navires. Téhéran riposte aussi aux frappes américaines en visant les alliés régionaux des Etats-Unis.

"Si nous partions maintenant, cela prendrait à l'Iran 20, 25 ans pour reconstruire. Mais nous n'en avons pas fini du tout", a affirmé Donald Trump depuis la Maison Blanche.

"Inquiétudes" 

L'Agence internationale de l'énergie (AIE) a exprimé des "inquiétudes concernant la sécurité d'approvisionnement" en pétrole, notant toutefois que des "facteurs d'amortissement" existent.

Les tensions autour d'Ormuz avaient relancé les hostilités irano-américaines le 7 juillet, faisant voler en éclats le protocole d'accord signé mi-juin en vue d'un règlement durable du conflit.

Celui-ci a commencé avec l'offensive israélo-américaine sur l'Iran le 28 février, avant un cessez-le-feu en avril.

L'Iran, qui estime faire face à une "guerre totale" de la part de Washington, a été frappé à nouveau dans la nuit de lundi à mardi, notamment à Chiraz, à près de 200 km du Golfe, et dans la province du Fars (centre), selon l'agence locale Mehr.

Donald Trump a promis de lui faire "payer le prix plusieurs fois" pour la mort de chaque soldat américain, après la mort de trois militaires en Jordanie et en Irak ces derniers jours.

Côté iranien, le dernier bilan officiel publié vendredi recense au moins 50 morts et plus de 500 blessés depuis de premières escarmouches fin juin.

Economiser l'énergie 

Ces dernières 24 heures, la Jordanie, Bahreïn, ainsi que le Koweït ont annoncé avoir essuyé des attaques de drones et de missiles iraniens.

"L'ennemi devrait se préparer à des vagues de drones et à des attaques de missiles encore plus décisives et puissantes", ont averti les Gardiens de la Révolution iraniens, une des plus puissantes armées du Moyen-Orient.

Le Koweït accuse l'Iran d'avoir attaqué des centrales électriques et sites de dessalement d'eau, des installations cruciales pour rafraîchir et alimenter en eau potable ses millions d'habitants, dans une région parmi les plus arides du monde.

Pour réduire la pression sur le réseau, un habitant, Khaled al-Badri, a expliqué à l'AFP éteindre l'air conditionné avant de quitter son domicile et couper son éclairage extérieur. "Chacun peut contribuer à nous sortir de cette période", pense-t-il.