De retour à Washington, Trump joue avec l'idée de se représenter en 2024

L'ancien président américain Donald Trump prend la parole lors du Turning Point USA Student Action Summit qui s'est tenu au Tampa Convention Center le 23 juillet 2022 à Tampa, en Floride. (Photo, AFP)
L'ancien président américain Donald Trump prend la parole lors du Turning Point USA Student Action Summit qui s'est tenu au Tampa Convention Center le 23 juillet 2022 à Tampa, en Floride. (Photo, AFP)
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Publié le Mercredi 27 juillet 2022

De retour à Washington, Trump joue avec l'idée de se représenter en 2024

  • Le milliardaire flirte de plus en plus ouvertement avec l'idée d'une candidature à la présidentielle de 2024
  • Hasard du calendrier, son ancien vice-président Mike Pence était, lui aussi, en visite à Washington

WASHINGTON: Donald Trump, de retour à Washington pour la première fois depuis son départ tumultueux de la Maison Blanche, a livré mardi un discours digne d'un candidat en campagne, flirtant ostensiblement avec l'idée de briguer un nouveau mandat.

Invité par l'America First Policy Institute, un cercle de réflexion géré par ses alliés, le milliardaire de 76 ans a présenté un plan d'action pour le "président républicain qui regagnera la Maison Blanche en 2024".

Pendant plus d'une heure et demie, il a repris ses thèmes de prédilection -- notamment la lutte contre l'immigration et la criminalité -- tout en attaquant férocement son successeur Joe Biden, accusé d'avoir "mis les États-Unis à genoux".

Après avoir dressé un portrait apocalyptique du pays, il a glissé : "L'histoire est loin d'être terminée et on se prépare pour un retour incroyable, on n'a pas d'autre choix."

En janvier 2021, l'ancien magnat de l'immobilier avait quitté le pouvoir la tête basse, deux semaines après l'attaque du Capitole par des centaines de ses partisans.

Depuis, il n'avait pas remis les pieds dans la capitale fédérale, tout en restant au cœur des attentions d'une commission d'enquête parlementaire chargée de faire la lumière sur son rôle dans cet assaut qui a choqué le monde entier.

Celle-ci vient d'organiser une série d'auditions publiques très suivies qui ont levé le voile sur ses manœuvres pour rester au pouvoir.

"Tout ça est un coup monté", la commission ne compte "que des voyous et des pirates", a rétorqué mardi Donald Trump, très combatif. "Ils veulent m'atteindre pour que je ne sois plus capable de travailler pour vous, mais je ne crois pas que ça va marcher", a-t-il ajouté avec un sourire aux lèvres.

"Quatre ans de plus", a alors scandé la salle en l'applaudissant, référence à la durée d'un éventuel nouveau mandat.

«Une troisième»

Hasard du calendrier, son ancien vice-président Mike Pence était, lui aussi, en visite à Washington mardi, où il a profité d'un discours devant de jeunes conservateurs pour marquer sa différence avec Donald Trump.

"Nous ne sommes pas d'accord sur les priorités", a-t-il déclaré en déroulant un programme axé sur la lutte contre l'avortement et la protection du droit au port d'armes et des libertés religieuses.

"Il est absolument indispensable (...) de ne pas céder à la tentation de regarder derrière soi" et "de se tourner vers l'avenir", a ajouté ce conservateur chrétien, qui reproche à l'ancien président de consacrer trop de temps à contester le résultat de l'élection de 2020.

Donald Trump n'a jamais concédé sa défaite. Évoquant, sans aucune preuve, des "fraudes électorales massives", il consacre depuis deux ans l'essentiel de ses interventions publiques à dénoncer "une élection volée".

Il a toutefois mis mardi ce discours en sourdine. "Je dis toujours que j'ai été candidat une première fois et que j'ai gagné, puisque j'ai été candidat une seconde fois et que j'ai remporté encore plus de voix", s'est-il contenté de déclarer.

Avant d'ajouter, "je vais peut-être devoir le faire une troisième fois !", en promettant des "détails" dans les semaines à venir.

«Vieux jeu»

Donald Trump garde une place centrale auprès des républicains. Il semble avoir conservé un noyau de partisans loyaux, ce qui le placerait en pole position s'il décidait de briguer l'investiture.

Mais les critiques abîment son image, ce qui permet à ses rivaux -- tels que le gouverneur de Floride Ron DeSantis -- de gagner du terrain.

Près de la moitié des républicains votant pour les primaires préféreraient un autre candidat que Donald Trump, selon un récent sondage du New York Times et du Siena College.

La semaine dernière, le Wall Street Journal et le New York Post, qui appartiennent à l'influente famille Murdoch, ont publié des éditoriaux tançant le comportement de Donald Trump le 6 janvier 2021.

Son discours a malgré tout été suivi au plus haut niveau. "Vous direz peut-être que je suis vieux jeu, mais je ne crois pas qu'inciter une foule à attaquer des policiers montre un +respect pour la loi+", a commenté sur Twitter Joe Biden.

"Si on est pro-insurrection, on ne peut pas être pro-policier, ni pro-démocratie, ni pro-Américain", a poursuivi le président, qui pourrait aussi briguer un second mandat en 2024.


Les Etats-Unis frappent l'Iran pour la troisième nuit de suite et vont rétablir le blocus des ports

Les Etats-Unis ont mené une troisième nuit consécutive de frappes contre l'Iran, avant le rétablissement prévu mardi du blocus naval des ports iraniens, même si Donald Trump suggère qu'un accord avec Téhéran est encore "possible". (AFP)
Les Etats-Unis ont mené une troisième nuit consécutive de frappes contre l'Iran, avant le rétablissement prévu mardi du blocus naval des ports iraniens, même si Donald Trump suggère qu'un accord avec Téhéran est encore "possible". (AFP)
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  • Quatre explosions ont été entendues près de Bandar Abbas, ville portuaire située sur le détroit d'Ormuz, selon l'agence de presse iranienne Irna
  • Parmi les objectifs ciblés figurent "des systèmes de défense côtière, des installations de drones et de missiles et des moyens maritimes", selon le Centcom

TEHERAN: Les Etats-Unis ont mené une troisième nuit consécutive de frappes contre l'Iran, avant le rétablissement prévu mardi du blocus naval des ports iraniens, même si Donald Trump suggère qu'un accord avec Téhéran est encore "possible".

Pendant une mission de cinq heures, "les forces américaines ont frappé des cibles militaires" dans plusieurs villes portuaires du sud de l'Iran, comme Bouchehr et Bandar Abbas, a détaillé le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) dans la matinée.

Quatre explosions ont été entendues près de Bandar Abbas, ville portuaire située sur le détroit d'Ormuz, selon l'agence de presse iranienne Irna.

Parmi les objectifs ciblés figurent "des systèmes de défense côtière, des installations de drones et de missiles et des moyens maritimes", selon le Centcom.

"Nous allons les frapper fort ce soir, et nous allons les frapper fort demain", avait déclaré lundi Donald Trump dans une interview radio. Pour le président américain, les dirigeants iraniens "ne peuvent absolument rien faire contre" ces frappes.

Comme la veille, les Gardiens de la Révolution iraniens ont, eux, revendiqué une opération à Bahreïn - entre autres contre un bâtiment hébergeant les troupes américaines sur la base de Juffair.

L'armée idéologique iranienne a aussi annoncé avoir ciblé en Jordanie "des installations clé et les forces américaines sur une base aérienne jordanienne", dans un communiqué cité par l'agence Tasnim. L'armée jordanienne a annoncé pour sa part l'interception de quatre missiles iraniens.

Deux tankers attaqués 

Dans le détroit d'Ormuz, les Emirats arabes unis ont déploré des attaques de missiles iraniens contre deux de leurs tankers, tuant un membre d'équipage indien.

Malgré ces échanges de frappes, Donald Trump a tout de même estimé, devant la presse à la Maison Blanche, qu'un accord avec l'Iran était encore "possible".

Avant cela, il avait annoncé sur Truth Social que les Etats-Unis prendraient le contrôle du détroit d'Ormuz et que le blocus des ports iraniens serait rétabli.

Il entrera en vigueur mardi à 20H00 GMT, selon l'armée américaine.

Tout comme Téhéran souhaite instaurer un péage pour traverser Ormuz, le président américain a dit vouloir percevoir en échange de la protection du détroit "une rémunération correspondant à 20% de la valeur des cargaisons", contraire au droit international censé garantir la liberté de navigation.

Le pétrole remonte 

Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, dont le pays a pris le contrôle du détroit au début de la guerre, a rétorqué sur X: "l'Iran a toujours été le gardien du détroit et le restera pour toujours".

Donald Trump "a tout à fait raison. Quiconque assure le passage sûr et sécurisé des navires commerciaux dans le détroit d'Ormuz devrait être rémunéré", a-t-il ironisé, ajoutant: "20%, c'est évidemment trop. Nous serons équitables".

Les Gardiens de la Révolution iraniens ont accusé les Etats-Unis de mettre en péril l'approvisionnement mondial en pétrole.

Au lendemain d'une envolée spectaculaire de plus de 9%, les cours du pétrole continuaient leur ascension dans ce contexte. Le baril de Brent de la mer du Nord, référence internationale, gagnait 1,19% à 84,29 dollars vers 02H00 GMT.

Après quasiment 40 jours de bombardements dans le conflit déclenché par des frappes israélo-américaines le 28 février, un cessez-le-feu était entré en vigueur début avril, avant d'être entériné le 17 juin par un protocole d'accord.

Mais depuis des attaques survenues mardi contre des navires tentant de franchir Ormuz, les affrontements ont repris avec une intensité inédite depuis des semaines, faisant dire à Donald Trump que le cessez-le-feu était "terminé".

La semaine dernière, le président américain a d'ailleurs envoyé une notice officielle au Congrès indiquant que le conflit avec l'Iran avait repris, a confirmé la Maison Blanche à l'AFP.

Et au total, 25 personnes ont été tuées depuis mercredi, selon un décompte de l'AFP à partir des médias iraniens et sources officielles.

 Protocole d'accord "en crise" 

Pour le porte-parole de la diplomatie iranienne Esmaïl Baghaï, "il ne fait aucun doute" que le protocole d'accord "est en crise".

"Mais l'Iran n'a jamais été le premier à violer ses engagements", a-t-il tancé lors d'une conférence de presse lundi à Téhéran à laquelle assistait l'AFP.

Les consultations avec les médiateurs que sont le Qatar, le Pakistan et Oman se poursuivent afin de "prévenir une escalade", a-t-il toutefois assuré.

Le protocole d'accord prévoyait la réouverture du détroit, Téhéran n'autorisant toutefois qu'un seul couloir de navigation, le long de ses côtes.

"Ce passage stratégique est plus important que des dizaines de bombes atomiques, et la République islamique d'Iran le protégera", avait averti dimanche le conseiller militaire du guide suprême, Mohsen Rezaï.


L'armée américaine dit avoir conclu une série de frappes en Iran contre «des dizaines de cibles»

  • L'armée américaine a affirmé avoir conclu dimanche une série de frappes contre "des dizaines de cibles" en Iran
  • Elle a "visé des systèmes iraniens de défense aérienne, des radars côtiers, des capacités de missiles et de drones, ainsi que de petites embarcations"

WASHINGTON: L'armée américaine a affirmé avoir conclu dimanche une série de frappes contre "des dizaines de cibles" en Iran, pour la deuxième journée consécutive, se disant prête à "garantir que la liberté de navigation reste assurée" dans le détroit d'Ormuz.

Les forces américaines "ont visé des systèmes iraniens de défense aérienne, des radars côtiers, des capacités de missiles et de drones, ainsi que de petites embarcations", a écrit le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) sur X.

 


Le chef de la diplomatie iranienne se rend à Oman au sujet du détroit d'Ormuz

La visite sera axée sur le détroit d'Ormuz et la sécurité de la navigation, a rapporté l'agence de presse officielle iranienne. (AFP)
La visite sera axée sur le détroit d'Ormuz et la sécurité de la navigation, a rapporté l'agence de presse officielle iranienne. (AFP)
  • Abbas Araghchi se rend à Oman pour des discussions sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime
  • Malgré le cessez-le-feu avec Washington, le contrôle du détroit d'Ormuz reste une source de tensions

TEHERAN: Le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi va se rendre samedi à Oman pour une visite axée "sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime", a annoncé son porte-parole.

La visite "portera principalement sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime" et s'inscrit "dans le prolongement des consultations que nous avons entamées avec Oman depuis un mois ou deux", a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, selon des propos rapportés par l'agence de presse officielle iranienne IRNA.

Malgré l'accord conclu le 17 juin entre les Etats-Unis et l'Iran pour mettre fin à la guerre déclenchée fin février par des attaques américano-israéliennes, la question du détroit demeure un point de contentieux majeur.

L'Iran a profité du conflit pour prendre le contrôle de ce point de passage clef pour le commerce mondial des hydrocarbures et refuse de revenir à la situation antérieure.

Téhéran veut imposer des droits de passage sur les bateaux et autorise uniquement une route longeant ses côtes, dans le nord. Des navires passant au sud, au large d'Oman, ont récemment été attaqués, ce qui a déclenché une reprise des hostilités avec les Etats-Unis.

En mai, le président Donald Trump avait menacé à la surprise générale de "pulvériser" le sultanat d'Oman s'il continuait de discuter avec Téhéran d'une gestion commune du détroit.

"Plusieurs séries de réunions techniques ont eu lieu jusqu'à présent, tant à Téhéran qu'à Mascate, et ce déplacement s'inscrit dans le prolongement de ces consultations, afin de contribuer à faciliter la circulation en toute sécurité dans le détroit d'Ormuz", a également fait savoir le porte-parole de la diplomatie iranienne.