Le prince héritier saoudien à l’Élysée: une visite stratégique pour Paris et Riyad

En quatre ans, énormément de choses se sont passées et le monde tel qu’on le connaissait a changé. Le premier objectif de Mohammed ben Salmane à Paris est de mettre en relief les changements et autres réformes opérés par le royaume d’Arabie saoudite.. (Photo Shutterstock).
En quatre ans, énormément de choses se sont passées et le monde tel qu’on le connaissait a changé. Le premier objectif de Mohammed ben Salmane à Paris est de mettre en relief les changements et autres réformes opérés par le royaume d’Arabie saoudite.. (Photo Shutterstock).
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Publié le Jeudi 28 juillet 2022

Le prince héritier saoudien à l’Élysée: une visite stratégique pour Paris et Riyad

  • Le premier objectif de Mohammed ben Salmane à Paris est de mettre en relief les changements et autres réformes opérés par le royaume d’Arabie saoudite
  • Il semble, au vu de la composition de la délégation saoudienne qui accompagnera le prince héritier, que l’aspect «développement économique» soit au premier rang des préoccupations

PARIS: La première visite du prince héritier saoudien à Paris en 2018 avait un objectif de visibilité. À l’époque, autant Mohammed ben Salmane qu’Emmanuel Macron faisaient leurs premiers pas en tant que jeunes dirigeants.  

En quatre ans, énormément de choses se sont passées et le monde tel qu’on le connaissait a changé. Le premier objectif de Mohammed ben Salmane à Paris est de mettre en relief les changements et autres réformes opérés par le royaume d’Arabie saoudite. Comme le souligne Cedomir Nestorovic, professeur de géopolitique à l’Essec, le tout est de savoir si «les réformes massives et le changement structurel de la société saoudienne impulsés par le prince héritier ont été suffisamment remarqués à l’extérieur». 

Mohammed ben Salmane aura un véritable bilan en matière de réformes dont il peut aujourd’hui se targuer. Il sera en mesure de répondre et d’opposer aux critiques la dynamique positive dans laquelle l’Arabie saoudite s’est engagée et souligner les bienfaits de la modernité arabe. Interrogés à ce sujet, plusieurs parlementaires français considèrent cette visite comme particulièrement stratégique aussi bien pour Mohammed ben Salmane que pour Emmanuel Macron.  

L’autre point essentiel, selon Cedomir Nestorovic, est bien entendu celui de l’énergie. En cette période de guerre entre la Russie et l’Ukraine, le gaz et le pétrole sont devenus rares et coûteux et l’Europe tremble à l’idée d’avoir froid cet hiver. En se tenant à distance raisonnable du conflit, l’Arabie saoudite est parvenue, dans un premier temps, à se poser en arbitre, mais le récent rapprochement spectaculaire entre Vladimir Poutine et ses homologues turcs et iraniens a rappelé aux monarchies du Golfe que la carte russe pouvait être à double tranchant. 

Il y a aussi la question du leadership occidental. En se rendant en France, Mohammed ben Salmane semble aussi renvoyer l’ascenseur à Emmanuel Macron qui fut le premier chef d’État occidental à lui rendre visite. Il semble également que les relations se soient beaucoup réchauffées et que la France soit de plus en plus présente en Arabie saoudite. Si M. Macron a compris le changement de cap opéré depuis plusieurs années par le Royaume, peut-être sera-t-il mieux placé que le président américain pour discuter des enjeux énergétiques. 

En effet, lors de l’entretien avec Joe Biden, l’Arabie s’est engagée à soutenir l’approvisionnement énergétique de l’Occident, mais pour l’heure, les mesures réelles n’ont pas été encore prises. De même, le prix du pétrole et du gaz n’a pas vraiment été abordé. Emmanuel Macron et Mohammed ben Salmane ont un coup à jouer en montrant que la relation entre l’Occident et l’Arabie saoudite ne passe désormais plus forcément uniquement par les États-Unis.  

Cette visite a donc à la fois un enjeu stratégique puisqu’il en va de la sécurité énergétique de l’Europe, mais elle a aussi, comme souvent, un enjeu politique. Les deux jeunes dirigeants seront-ils capables de mieux se comprendre? Pourra-t-on concrétiser la nouvelle approche française en Arabie saoudite, plus réaliste et orientée vers l’accompagnement concret des réformes et de la transformation du Royaume? Il semble, au vu de la composition de la délégation saoudienne qui accompagnera le prince héritier, que l’aspect «développement économique» soit au premier rang des préoccupations. Si les contacts entre dirigeants économiques sont aussi florissants que prévu, on peut anticiper que cela jouera fortement dans le retour de l’Arabie saoudite dans le concert des nations en tant qu’acteur majeur. 


Frappes iraniennes: la France prête à «participer» à la défense des pays du Golfe et de la Jordanie

 La France est "prête" à "participer" à la défense des pays du Golfe et de la Jordanie, cibles de frappes de l'Iran, "conformément aux accords qui la lie à ses partenaires et au principe de légitime défense collective", a déclaré lundi son ministre des Affaires étrangères. (AFP)
La France est "prête" à "participer" à la défense des pays du Golfe et de la Jordanie, cibles de frappes de l'Iran, "conformément aux accords qui la lie à ses partenaires et au principe de légitime défense collective", a déclaré lundi son ministre des Affaires étrangères. (AFP)
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  • "Près de 400.000 Français sont résidents ou de passage dans la douzaine de pays de la région", a ajouté le ministre. "A notre connaissance, aucune victime française n'est à déplorer à ce stade", a-t-il ajouté
  • "Notre dispositif est déjà organisé localement pour faciliter les sorties par voie terrestre lorsque c'est possible, ce qui n'est pas le cas dans tous les pays concernés", a-t-il détaillé

PARIS: La France est "prête" à "participer" à la défense des pays du Golfe et de la Jordanie, cibles de frappes de l'Iran, "conformément aux accords qui la lie à ses partenaires et au principe de légitime défense collective", a déclaré lundi son ministre des Affaires étrangères.

"Aux pays amis qui ont été ciblés délibérément par les missiles et les drones des Gardiens de la révolution et entraînés dans une guerre qu'ils n'avaient pas choisie -Arabie Saoudite, Émirats arabes unis, Qatar, Irak, Bahreïn, Koweït, Oman et Jordanie- la France exprime son soutien entier et sa pleine solidarité. Elle se tient prête (...) à participer à leur défense", a affirmé Jean-Noël Barrot lors d'une conférence de presse.

"Près de 400.000 Français sont résidents ou de passage dans la douzaine de pays de la région", a ajouté le ministre. "A notre connaissance, aucune victime française n'est à déplorer à ce stade", a-t-il ajouté.

"Notre dispositif est déjà organisé localement pour faciliter les sorties par voie terrestre lorsque c'est possible, ce qui n'est pas le cas dans tous les pays concernés", a-t-il détaillé.

Le ministre a appelé à la "désescalade". "L'escalade militaire doit cesser au plus vite", a-t-il répété. "La prolongation indéfinie des opérations militaires sans but précis emporte le risque d'un engrenage qui entraînerait l'Iran et la région dans une longue période d'instabilité".

"Au Liban, le Hezbollah a commis une lourde faute, dont la population a payé ce matin le prix avec des dizaines de morts et des dizaines de milliers de déplacés, en rejoignant un conflit dans lequel les autorités, comme le peuple libanais, refusent d'être entraînées", a-t-il poursuivi, appelant le Hezbollah à "mettre immédiatement un terme à ces opérations".

 


France - Liban: Report de la conférence de soutien aux forces libanaises

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  • À l’issue de leurs discussions, les deux chefs d’État ont décidé de reporter au mois d’avril la conférence internationale de soutien aux Forces armées libanaises et aux Forces de sécurité intérieure libanaises
  • Les deux dirigeants ont souligné que la gravité de la situation renforce la nécessité de préserver la stabilité libanaise, de soutenir les institutions légitimes du pays et d’assurer le rétablissement complet de sa souveraineté

PARIS: Le président du Liban, Joseph Aoun, et son homologue de la France, Emmanuel Macron, se sont entretenus le 1er mars afin d’examiner les derniers développements affectant la sécurité régionale, y compris celle de pays alliés, selon un communiqué conjoint.

À l’issue de leurs discussions, les deux chefs d’État ont décidé de reporter au mois d’avril la conférence internationale de soutien aux Forces armées libanaises et aux Forces de sécurité intérieure libanaises, initialement prévue le 5 mars à Paris. Les conditions actuelles, marquées par une conjoncture régionale tendue, n’étaient pas réunies pour maintenir l’événement à la date prévue.

Les deux dirigeants ont souligné que la gravité de la situation renforce la nécessité de préserver la stabilité libanaise, de soutenir les institutions légitimes du pays et d’assurer le rétablissement complet de sa souveraineté.

Ils ont également affirmé que Beyrouth, Paris et leurs partenaires internationaux continueront à coordonner leurs efforts afin de soutenir ces objectifs dans un contexte régional jugé particulièrement sensible.


Iran: la France va rehausser sa «posture» militaire dans le Golfe

La France va rehausser sa "posture" de défense au Moyen-Orient pour y protéger ses ressortissants et ses bases et soutenir les pays de la région visés par l'Iran en riposte à l'offensive israélo-américaine, a annoncé dimanche soir Emmanuel Macron. (AFP)
La France va rehausser sa "posture" de défense au Moyen-Orient pour y protéger ses ressortissants et ses bases et soutenir les pays de la région visés par l'Iran en riposte à l'offensive israélo-américaine, a annoncé dimanche soir Emmanuel Macron. (AFP)
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  • Tous les pays du Golfe ont été ciblés par des frappes iraniennes, notamment les Émirats arabes unis où un hangar d'une base française a aussi été "touché dans une attaque de drone" sur le port d'Abu Dhabi
  • La France est également en train de s'organiser pour "pouvoir rapatrier (ses ressortissants) dès que les espaces aériens seront ouverts"

PARIS: La France va rehausser sa "posture" de défense au Moyen-Orient pour y protéger ses ressortissants et ses bases et soutenir les pays de la région visés par l'Iran en riposte à l'offensive israélo-américaine, a annoncé dimanche soir Emmanuel Macron.

"Tout cela nous conduit à rehausser notre posture et notre accompagnement défensif pour être au côté de ceux avec lesquels nous avons des traités de défense", a dit le chef de l'Etat au début du deuxième conseil de défense consacré au conflit en Iran en deux jours.

Il faut "adapter la posture à l'évolution des dernières heures que rien ne justifie et que nous ne laisserons pas passer", a-t-il martelé, suggérant une possible augmentation des moyens militaires français déployés dans la région.

Tous les pays du Golfe ont été ciblés par des frappes iraniennes, notamment les Émirats arabes unis où un hangar d'une base française a aussi été "touché dans une attaque de drone" sur le port d'Abu Dhabi, sans faire de victime, a rappelé Emmanuel Macron.

La France est également en train de s'organiser pour "pouvoir rapatrier (ses ressortissants) dès que les espaces aériens seront ouverts", a-t-il ajouté.

"Nous sommes prêts à procéder aux évacuations pour nos compatriotes qui le demanderaient quand la situation le permettra", avait déjà indiqué la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon.

Au deuxième jour des frappes menées par Israël et les États-Unis sur l'Iran et de la riposte de Téhéran notamment sur les pays du Golfe, Maud Bregeon a aussi assuré que la France ne pouvait "que se satisfaire" de la mort du guide suprême, Ali Khamenei.