Les énormes bénéfices de TotalEnergies relancent le débat sur les «superprofits»

TotalEnergies a engrangé d'énormes bénéfices au deuxième trimestre, profitant à plein de la hausse des cours du pétrole et du gaz, qui a suivi l'invasion de l'Ukraine par la Russie (Photo, AFP).
TotalEnergies a engrangé d'énormes bénéfices au deuxième trimestre, profitant à plein de la hausse des cours du pétrole et du gaz, qui a suivi l'invasion de l'Ukraine par la Russie (Photo, AFP).
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Publié le Jeudi 28 juillet 2022

Les énormes bénéfices de TotalEnergies relancent le débat sur les «superprofits»

  • Le groupe français a plus que doublé son bénéfice net au deuxième trimestre, à 5,7 milliards de dollars, contre 2,2 milliards au même trimestre de 2021
  • Cette flambée sur les marchés profite à l'ensemble du secteur pétrolier et gazier dans le monde

PARIS: TotalEnergies a engrangé d'énormes bénéfices au deuxième trimestre, profitant à plein de la hausse des cours du pétrole et du gaz, qui a suivi l'invasion de l'Ukraine par la Russie, et relançant un début de débat sur la taxation des "superprofits".

Le groupe français a plus que doublé son bénéfice net au deuxième trimestre, à 5,7 milliards de dollars, contre 2,2 milliards au même trimestre de 2021.

"Les effets de l’invasion de l’Ukraine par la Russie sur les marchés énergétiques se sont poursuivis au deuxième trimestre, les prix du pétrole dépassant les 110 dollars le baril en moyenne sur le trimestre", a commenté le PDG de TotalEnergies, Patrick Pouyanné, cité dans un communiqué du groupe.

Cette flambée sur les marchés profite à l'ensemble du secteur pétrolier et gazier dans le monde. Le géant pétrolier britannique Shell a ainsi publié jeudi un bénéfice net multiplié par cinq au deuxième trimestre, à 18 milliards de dollars.

Ces bénéfices massifs ont alimenté en France un débat sur l’opportunité de les taxer. L'Assemblée nationale a toutefois rejeté de peu samedi l'idée d'une taxe sur les "superprofits" ou "bénéfices exceptionnels" des grandes multinationales - notamment pétrolières -, malgré les protestations de la gauche et de l'extrême droite.

A la place, TotalEnergies a annoncé une remise de 20 centimes d'euros par litre de carburant à la pompe entre septembre et novembre dans toutes ses stations-service, puis de 10 centimes par litre sur le reste de l'année.

Taxation exceptionnelle rejetée

"Le gouvernement a refusé une taxation exceptionnelle des profits liés à la hausse de l'énergie", a regretté jeudi la députée Nupes-PS Valérie Rabault, citant le bénéfice ajusté semestriel de 18,8 milliards de TotalEnergies. "A comparer aux 500 millions octroyés pour la baisse du prix à la pompe", a-t-elle ajouté sur Twitter.

L'ONG environnementale 350.org a pour sa part dénoncé un bénéfice "stupéfiant", alors que "le géant pétrolier est responsable de certains des projets de combustibles fossiles les plus destructeurs de la planète", citant notamment un projet d'oléoduc controversé en Afrique de l'Est.

Symboliquement, en cette journée de publication de résultats florissants, une partie des salariés du groupe étaient en grève à l'appel de la CGT, afin de "maintenir la pression" et réclamer des augmentations de salaires tenant compte de l'inflation, selon Thierry Defresne, secrétaire CGT du comité d'entreprise européen TotalEnergies SE.

"La politique de retour à l’actionnaire est confortée au travers de la croissance du dividende de 5% et de la poursuite du programme de rachats d’actions à hauteur de 2 milliards de dollars au troisième trimestre", a souligné de son côté le groupe.

Le bénéfice du deuxième trimestre a été réalisé en dépit d'une nouvelle provision de 3,5 milliards de dollars liée à l'impact potentiel des sanctions internationales sur la valeur de la participation détenue dans le groupe russe Novatek, a précisé TotalEnergies.

Hors ces éléments exceptionnels, le résultat net ajusté atteint 9,8 milliards de dollars sur le trimestre, contre 3,5 milliards un an plus tôt. Sur le semestre, il totalise 18,8 milliards, quasiment le triple de celui du premier semestre 2021.


Gazprom suspend ses livraisons à l'Italien Eni à cause d'un « problème» en Autriche

Les exportations de gaz russe vers l'Europe sont en baisse constante depuis le début des sanctions contre la Russie. (Photo, AFP)
Les exportations de gaz russe vers l'Europe sont en baisse constante depuis le début des sanctions contre la Russie. (Photo, AFP)
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  • « Gazprom nous a communiqué ne pas pouvoir confirmer la livraison des volumes demandés pour aujourd'hui (samedi, NDLR) en invoquant l'impossibilité de transporter le gaz à travers l'Autriche», a indiqué Eni
  • L'essentiel du gaz russe livré à l'Italie passe par l'Ukraine, à travers le gazoduc TAG qui arrive à Tarvisio dans le nord du pays, à la frontière avec l'Autriche

ROME : Gazprom a totalement suspendu ses livraisons de gaz pour la journée de samedi à Eni en invoquant l'"impossibilité de transporter le gaz à travers l'Autriche", a annoncé le géant italien des hydrocarbures dans un communiqué.

"Gazprom nous a communiqué ne pas pouvoir confirmer la livraison des volumes demandés pour aujourd'hui (samedi, NDLR) en invoquant l'impossibilité de transporter le gaz à travers l'Autriche", a indiqué Eni.

Ce samedi, "par conséquent, les flux de gaz russe destinés à Eni à travers le point d'entrée de Tarvisio seront nuls", a-t-il ajouté.

L'essentiel du gaz russe livré à l'Italie passe par l'Ukraine, à travers le gazoduc TAG qui arrive à Tarvisio dans le nord du pays, à la frontière avec l'Autriche.

Selon un porte-parole d'Eni cité par l'agence de presse italienne AGI, "Gazprom affirme ne pas être en mesure de respecter les règles nécessaires pour obtenir le service de répartition du gaz en Autriche là où il devrait le livrer, alors qu'il nous résulte que l'Autriche continue de recevoir du gaz au point de la livraison à la frontière slovaco-autrichienne".

"Nous travaillons en vue de vérifier avec Gazprom s'il est possible de réactiver les flux vers l'Italie", a-t-il précisé.

Les exportations de gaz russe vers l'Europe sont en baisse constante depuis le début des sanctions contre la Russie.

Dans la foulée de l'invasion de l'Ukraine par la Russie, Eni avait annoncé début mars céder sa part de 50% dans le gazoduc Blue Stream, qu'il contrôle à égalité avec le géant russe Gazprom.


Le ministre des Finances britannique défend son mini-budget malgré le chaos financier

Le chancelier de l'Échiquier britannique, Kwasi Kwarteng, arrive au 10 Downing Street, dans le centre de Londres, le 7 septembre 2022, avant une réunion du nouveau cabinet du gouvernement. (AFP).
Le chancelier de l'Échiquier britannique, Kwasi Kwarteng, arrive au 10 Downing Street, dans le centre de Londres, le 7 septembre 2022, avant une réunion du nouveau cabinet du gouvernement. (AFP).
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  • Le gouvernement a dévoilé le 23 septembre une série de mesures budgétaires mêlant aides massives aux factures énergétiques et baisses d'impôts ciblant les plus aisés, dont le coût vertigineux a affolé les marchés financiers
  • Après l'annonce du «mini-budget», la livre sterling a atteint un plus bas historique lundi, le Fonds monétaire international a demandé au Royaume-Uni de revoir sa copie et la banque centrale est même intervenue en urgence pour tenter de calmer le jeu

LONDRES :Après une semaine de chaos sur les marchés financiers, le ministre des Finances britannique Kwasi Kwarteng a défendu son "mini-budget" à base de baisses d'impôts massives, affirmant qu'il n'y avait "pas d'autre choix" au moment où l'inflation bat des records au Royaume-Uni.

Le gouvernement a dévoilé le 23 septembre une série de mesures budgétaires mêlant aides massives aux factures énergétiques et baisses d'impôts ciblant les plus aisés, dont le coût vertigineux a affolé les marchés financiers.

"Bien sûr qu'il s'agit d'une intervention onéreuse, mais quel choix avions-nous? Imaginez le prix pour l'économie britannique du chômage de masse, un effondrement de la consommation et des entreprises qui mettent la clé sous la porte", a tenté de se défendre le chancelier de l'Echiquier dans les colonnes du Telegraph vendredi soir. "Ne rien faire n'était pas une option. Le prix de l'inaction aurait été bien plus grand que le coût de ce plan."

Après l'annonce du "mini-budget", la livre sterling a atteint un plus bas historique lundi, le Fonds monétaire international a demandé au Royaume-Uni de revoir sa copie et la banque centrale est même intervenue en urgence pour tenter de calmer le jeu.

Dernière déconvenue en date pour le gouvernement en poste depuis à peine trois semaines : l'agence de notation Standard and Poor's a revu à la baisse vendredi sa prévision pour la dette souveraine britannique, passant de "stable à "négative" la perspective de conserver la note "AA".

"Nous ne devons pas perdre de vue notre engagement à des finances publiques viables", a voulu rassurer Kwasi Kwarteng, assurant qu'il présenterait le 23 novembre "un plan crédible pour faire baisser la dette" avec "un engagement à la discipline en matière de dépenses".

De son côté, la Première ministre Liz Truss, plus impopulaire que jamais, a concédé qu'il y avait eu des "perturbations" mais a exclu une marche arrière. "Ça va être un hiver difficile mais je suis déterminée à faire tout ce qu'il faut pour aider les familles et l'économie", a-t-elle affirmé vendredi.

Les ménages britanniques sont étranglés par une inflation à près de 10% et s'inquiètent de savoir s'ils pourront se chauffer ou rembourser leur prêt immobilier cet hiver. Malgré l'annonce d'un gel du plafond des prix de l'énergie, ces derniers ont quand même doublé en un an. Et les baisses d'impôts annoncées vont d'abord bénéficier aux plus riches.


Mobileye, la filiale de technologies de conduite autonome d'Intel, veut entrer en Bourse

Amnon Shashua, fondateur et patron de Mobileye. (AFP)
Amnon Shashua, fondateur et patron de Mobileye. (AFP)
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  • Dans le document déposé vendredi auprès de la SEC, le gendarme des marchés financiers, Mobileye n'indique ni le nombre d'actions qui seront mises en circulation ni leur prix
  • Fondée en 1999, et rachetée par Intel pour 15,3 milliards de dollars en 2017, la société israélienne a mis au point des équipements et logiciels de conduite autonomes

SAN FRANCISCO: Intel veut faire entrer en Bourse Mobileye, sa filiale israélienne spécialisée dans les technologies de conduite autonome, pour se recentrer sur ses activités principales sans perdre le contrôle stratégique de l'entreprise.

Dans le document déposé vendredi auprès de la SEC, le gendarme des marchés financiers, Mobileye n'indique ni le nombre d'actions qui seront mises en circulation ni leur prix.

Elle précise en revanche qu'Intel, le géant américain des puces électroniques, gardera les actions de classe B, qui donnent dix fois plus de pouvoir lors des votes.

Fondée en 1999, et rachetée par Intel pour 15,3 milliards de dollars en 2017, la société israélienne a mis au point des équipements et logiciels de conduite autonomes.

Grâce à ses partenariats avec des dizaines de constructeurs (dont Audi, BMW, Volkswagen, General Motors et Ford), ses technologies d'assistance à la conduite sont utilisées sur plus de 800 modèles différents, relate Amnon Shashua, le fondateur et patron de Mobileye, dans sa lettre de présentation.

Il y explique avoir fondé sa société par "foi" dans l'idée que les technologies d'intelligence artificielle et de vision par ordinateur pouvaient "empêcher des accidents de la route et sauver des vies".

"D'ici 2030 nous prévoyons que nos systèmes d'assistance à la conduite seront déployés sur 266 millions de véhicules", en plus des 113 millions déjà équipés, ajoute-t-il.

Mobileye a réalisé 1,4 milliard de dollars de chiffre d'affaires en 2021, soit 43% de croissance sur un an. Et l'entreprise a réduit ses pertes nettes à 75 millions l'année dernière, contre 328 millions en 2019, et 196 millions en 2020.

Intel lance cette opération alors que l'appétit pour les entrées en Bourse s'est largement réduit face à la volatilité sur les marchés, l'inflation, les incertitudes macroéconomiques et le durcissement monétaire.

Le groupe cherche à se recentrer sur son cœur de métier. Le Congrès américain a adopté cet été une loi pour subventionner la production de semi-conducteurs aux Etats-Unis et financer la recherche et le développement dans le secteur.

Mais Intel souffre des difficultés sur la chaîne d'approvisionnement et du ralentissement de l'activité mondiale.

La société est tombée dans le rouge au deuxième trimestre et a dû revoir à la baisse ses prévisions pour l'année, évoquant des "problèmes d'exécution".