Les partis chrétiens libanais formulent leurs revendications pour l’élection du prochain président

Gebran Bassil, président du Courant patriotique libre. (AFP)
Gebran Bassil, président du Courant patriotique libre. (AFP)
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Publié le Jeudi 04 août 2022

Les partis chrétiens libanais formulent leurs revendications pour l’élection du prochain président

  • Dans certains milieux politiques, on évoque la possibilité que le député Gebran Bassil devienne le prochain président libanais
  • D’autres pensent que ce sera plutôt le chef des Forces libanaises, Samir Geagea, ou le commandant de l’armée libanaise, le général Joseph Aoun

BEYROUTH: Les partis politiques libanais font valoir leurs exigences au sujet de l’élection d’un nouveau président avant la date-butoir constitutionnelle, qui s’approche à grands pas.
Selon la Constitution du pays, le Parlement doit en effet se réunir le dixième jour avant l’expiration du mandat (31 octobre) pour élire un nouveau président, dans l’hypothèse où le président de la Chambre des députés ne tient pas de session avant cette date.
Dans certains milieux politiques, on évoque la possibilité que le député Gebran Bassil – gendre du président Michel Aoun et chef du Courant patriotique libre – devienne le prochain président libanais.
D’autres pensent que ce sera plutôt le chef des Forces libanaises, Samir Geagea, ou le commandant de l’armée libanaise, le général Joseph Aoun. Certains ont proposé d’élire des personnalités maronites indépendantes non affiliées aux parties en conflit, insistant sur l’importance d’avoir un président qui évite les différends internes, régionaux et internationaux.
Le Liban avait précédemment été témoin d’un vide présidentiel de plus de deux ans après la fin du mandat de l’ancien président, Michel Sleiman. Michel Aoun, allié du Hezbollah, n’est arrivé au pouvoir qu’après avoir conclu un accord avec le chef du Courant du futur, Saad Hariri. Ce dernier a cependant regretté plus tard son implication après qu’Aoun et son équipe politique lui ont tourné le dos.
Mercredi dernier, les deux plus grands partis chrétiens du pays ont formulé leurs revendications à propos de l’élection du prochain président, laissant présager une bataille particulièrement rude.
Le Courant patriotique libre a publié un communiqué dans lequel il insiste sur la nécessité de tenir l’élection présidentielle dans les délais prévus par la Constitution en respectant la volonté politique nationale exprimée par le public libanais lors des récentes élections législatives.
«Le prochain président devrait accélérer l’adoption des lois de réforme par le Parlement pour signer l’accord final avec le FMI ainsi que d’autres lois de réforme, comme la restauration des fonds transférés à l’étranger avec la levée complète du secret bancaire. Il faudrait par ailleurs réexaminer le secteur public et le rationaliser, développer les compétences des employés publics, activer les organismes de lutte contre la corruption, élaborer un plan de mise en œuvre de l’automatisation, mettre en pratique l’e-gouvernement, restructurer la Banque du Liban et reconstruire le secteur bancaire», indique le communiqué du Courant patriotique libre.
D’autre part, le chef des Forces libanaises, Samir Geagea, a indiqué lors d’une conférence de presse qu’il rejettera tout «président consensuel modéré», ajoutant: «Nous nous opposons de toutes nos forces à l’élection d’un président parmi les forces du 8-Mars.» Il convient de noter que l’Alliance du 8-Mars comprend le Hezbollah et ses alliés.
Après une réunion entre le bloc parlementaire des Forces libanaises et le conseil central du parti, M. Geagea a affirmé: «Les principaux facteurs qui ont conduit à la crise actuelle sont la confiscation de la décision stratégique de l’État, la mauvaise gestion et la corruption.»
Il a poursuivi en ces termes: «Le principal responsable de cette crise est le Hezbollah, qui a confisqué la décision stratégique du Liban. Il est également directement coupable de la mauvaise gestion au moyen de la contrebande, entre autres, et de son alliance avec les individus corrompus du pays destinée à couvrir ses actions et sa position illégale.»
M. Geagea a ajouté: «L’élection présidentielle devrait être le premier pas sur la voie du salut. Sinon, nous devrions faire face au pire.»
Il a précisé que l’opposition devait se mettre d’accord sur un candidat capable de restaurer la souveraineté et de mettre en place les réformes.
«Si le prochain président est affilié à l’axe de la résistance, nous serons confrontés à un fort isolement arabe. Cet axe n’a jamais été celui du développement et de la reconstruction.»
«Comment pouvons-nous nous convenir d’un président consensuel alors que nous sommes complètement différents, avec un parti souverain et un autre non souverain? Nous rejetons tout président consensuel ou centriste. On devrait élire un président capable de résoudre la crise. Les gouvernements d’unité nationale n’ont conduit qu’à la pauvreté et à l’humiliation. On ne peut donc pas adopter la même logique pour la présidence», a soutenu M. Geagea.
Il a appelé les députés de l’opposition à s’attarder davantage sur le question et à former un comité pour se mettre d’accord sur un candidat.
M. Geagea a déclaré en outre qu’il était un «candidat naturel à la présidence», mais que sa candidature ne serait valable que si les députés de l’opposition présentaient un seul nom.
Entre-temps, alors que le Liban se prépare à célébrer jeudi le 2e anniversaire de l’explosion du port de Beyrouth du 4-Août, la Banque mondiale a publié un rapport dans lequel elle souligne que «le Liban doit adopter et mettre en œuvre de manière efficace un programme complet de réformes macroéconomiques, financières et sectorielles qui donnent la priorité à la gouvernance, à la responsabilité et à l’inclusion. Si ces réformes sont initiées au plus tôt, le coût de la reprise pèsera moins lourd sur le peuple libanais».
Le rapport ajoute: «Les finances publiques dans le Liban de l’après-guerre civile ont été un instrument de saisie systématique des ressources du pays puisqu’elles servaient les intérêts d’une économie politique enracinée. Une accumulation excessive de dettes a été utilisée pour donner l’illusion de stabilité et renforcer la confiance dans le système macrofinancier afin que les dépôts continuent d’affluer. La récession que connaît le Liban – délibérément depuis trente ans – a mis fin à la prestation des services de base qu’il proposait à ses citoyens.»
Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


ONG interdites à Gaza: MSF pourrait mettre fin à ses activités en mars

L'ONG Médecins Sans Frontières (MSF) pourrait mettre fin à ses activités dans la bande de Gaza en mars si Israël ne revenait pas sur sa décision jeudi de l'y interdire, tout comme 36 autres organisations, a prévenu samedi sa présidente Isabelle Defourny. (AFP)
L'ONG Médecins Sans Frontières (MSF) pourrait mettre fin à ses activités dans la bande de Gaza en mars si Israël ne revenait pas sur sa décision jeudi de l'y interdire, tout comme 36 autres organisations, a prévenu samedi sa présidente Isabelle Defourny. (AFP)
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  • Israël a confirmé jeudi interdire d'accès à la bande de Gaza 37 organisations humanitaires internationales majeures, à qui il reproche de ne pas avoir communiqué la liste des noms de ses employés, exigée désormais officiellement à des fins de "sécurité"
  • MSF a qualifié d'"ingérence scandaleuse" cette exigence, visant, selon Israël, à "empêcher l'infiltration d'opérateurs terroristes au sein des structures humanitaires"

PARIS: L'ONG Médecins Sans Frontières (MSF) pourrait mettre fin à ses activités dans la bande de Gaza en mars si Israël ne revenait pas sur sa décision jeudi de l'y interdire, tout comme 36 autres organisations, a prévenu samedi sa présidente Isabelle Defourny.

Israël a confirmé jeudi interdire d'accès à la bande de Gaza 37 organisations humanitaires internationales majeures, à qui il reproche de ne pas avoir communiqué la liste des noms de ses employés, exigée désormais officiellement à des fins de "sécurité".

MSF a qualifié d'"ingérence scandaleuse" cette exigence, visant, selon Israël, à "empêcher l'infiltration d'opérateurs terroristes au sein des structures humanitaires".

"Pour travailler en Palestine, dans les territoires palestiniens occupés, nous devons être enregistrés (...) Cet enregistrement a pris fin le 31 décembre 2025", a expliqué sur France Inter Isabelle Defourny, médecin et présidente de MSF France.

"Depuis le mois de juillet 2025, nous étions impliqués dans un processus de réenregistrement et à ce jour, nous n'avons pas reçu de réponse. (...) On a encore 60 jours pendant lesquels on pourrait travailler sans être réenregistrés, et donc nous devrions mettre fin à nos activités en mars", si Israël maintenait sa décision de sanction, a-t-elle ajouté.

L'ONG dispose d'une quarantaine de personnels internationaux dans la bande de Gaza et travaille avec 800 personnels palestiniens dans huit hôpitaux.

"On a encore du +staff+ international qui, très récemment, ces derniers jours, a pu rentrer dans Gaza", a néanmoins précisé Mme Defourny.

"On est le second distributeur d'eau (dans la bande de Gaza). L'année dernière, en 2025, on a pris en charge un peu plus de 100.000 personnes blessées, brûlées, victimes de différents traumatismes. On est les deuxièmes en nombre d'accouchements effectués", a encore souligné la présidente de MSF France.

S'appuyant notamment sur une note du Cogat, l'organisme du ministère israélien de la Défense chargé des affaires civiles palestiniennes, Isabelle Defourny a estimé que la décision de sanction israélienne s'expliquait par le fait que les ONG "témoignent sur les violences commises par l'armée israélienne" à Gaza.

"Les journalistes internationaux n'ont jamais été autorisés à Gaza, les journalistes nationaux sont (...) ciblés les uns après les autres, tués par l'armée israélienne", a-t-elle ajouté.

Et de rappeler que "plus de 500 humanitaires ont été tués, dont 15 membres de MSF" dans des bombardements de l'armée israélienne depuis octobre 2023.


Le Conseil de transition du Sud salue l'invitation saoudienne au dialogue sur le Yémen

Membres du Conseil de transition du Sud au Yémen. (Reuters/File Photo)
Membres du Conseil de transition du Sud au Yémen. (Reuters/File Photo)
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  • L'Arabie saoudite a annoncé cette invitation plus tôt dans la journée de samedi, à la demande de Rashad Al-Alimi, président du Conseil présidentiel yéménite
  • Le royaume a exhorté toutes les factions à participer "pour développer une vision globale"

RIYAD: Le Conseil de transition du Sud (CTS) au Yémen a salué samedi l'invitation de l'Arabie saoudite à participer à un dialogue inclusif entre les factions du sud du Yémen à Riyad.

Dans un communiqué, le groupe a déclaré que cette initiative reflétait l'engagement du Royaume à résoudre les questions politiques par le dialogue, notamment en ce qui concerne le droit du peuple du sud à restaurer son État.

Le STC a souligné que tout dialogue sérieux doit reconnaître la volonté du peuple du sud, inclure des garanties internationales complètes et envisager un référendum libre dans le cadre de toute proposition ou solution politique future.

Le Conseil a déclaré avoir pris part à toutes les étapes du dialogue parrainé par l'Arabie saoudite et le Conseil de coopération du Golfe, en commençant par l'accord de Riyad en 2019, suivi par les consultations de Riyad en 2022, et culminant dans le dialogue global avec le Sud qui a conduit à l'adoption de la Charte nationale du Sud en 2023 - soulignant son engagement constant en faveur du dialogue et de la responsabilité politique.

L'Arabie saoudite a annoncé cette invitation plus tôt dans la journée de samedi, à la demande de Rashad Al-Alimi, président du Conseil présidentiel de direction du Yémen.

Le Royaume a exhorté toutes les factions à participer "à l'élaboration d'une vision globale" qui répondrait aux aspirations du peuple du Sud.

L'initiative a reçu un large soutien régional et international.


L’Arabie saoudite accueillera un « dialogue » entre les factions du sud du Yémen

L'Arabie saoudite a réaffirmé que le dialogue était le seul moyen de résoudre la question du Sud. (AFP/Fichier)
L'Arabie saoudite a réaffirmé que le dialogue était le seul moyen de résoudre la question du Sud. (AFP/Fichier)
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  • La conférence vise à « élaborer une vision globale » afin de répondre aux aspirations des Yéménites

RIYAD : Le ministère saoudien des Affaires étrangères a invité les factions du sud du Yémen à tenir un dialogue à Riyad afin de « discuter de solutions justes à la question du Sud ».

Dans un communiqué, le ministère a précisé que la conférence, prévue dans la capitale saoudienne, avait été demandée par Rachad Al-Alimi, président du Conseil de direction présidentielle yéménite. Le Royaume a exhorté l’ensemble des factions à y participer « pour élaborer une vision globale » à même de répondre aux aspirations de la population du Sud.

Le Conseil de transition du Sud (STC), mouvement séparatiste, s’est récemment emparé de territoires dans les gouvernorats de l’Hadramaout et d’Al-Mahra.

L’Arabie saoudite a estimé que l’action du STC constituait une menace directe pour la sécurité nationale du Royaume et pour la stabilité régionale.

Plus tôt cette semaine, la coalition militaire soutenant le gouvernement yéménite a mené des frappes aériennes visant un chargement d’armes et de véhicules destiné aux forces séparatistes du Sud. Cette cargaison était arrivée au port d’al-Mukalla à bord de deux navires.

L’Arabie saoudite a réitéré que la seule voie permettant de résoudre la question du Sud passe par le dialogue.

Mardi, des pays du Golfe et d’autres pays arabes ont exprimé leur soutien au gouvernement yéménite reconnu par la communauté internationale.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com