Les talibans n'ont «pas d'information» sur la présence de Zawahiri en Afghanistan

Une capture d'écran d'Ayman al-Zawahiri alors qu'il prononce un éloge funèbre pour le chef d'Al-Qaïda tué Oussama ben Laden en une vidéo diffusée sur des forums djihadistes (Photo, AFP).
Une capture d'écran d'Ayman al-Zawahiri alors qu'il prononce un éloge funèbre pour le chef d'Al-Qaïda tué Oussama ben Laden en une vidéo diffusée sur des forums djihadistes (Photo, AFP).
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Publié le Jeudi 04 août 2022

Les talibans n'ont «pas d'information» sur la présence de Zawahiri en Afghanistan

  • L'assassinat de Zawahiri est le plus grand coup porté à Al-Qaïda depuis que les forces spéciales américaines ont tué Oussama ben Laden en 2011
  • Sa présence à Kaboul remet en question la valeur de la promesse des talibans de ne pas héberger de groupes terroristes en Afghanistan

KABOUL: Les talibans ont déclaré jeudi n'avoir "pas d'information" sur la présence en Afghanistan d'Ayman al-Zawahiri, le chef d'Al-Qaïda, dont le président américain Joe Biden a annoncé la mort par une frappe de drone à Kaboul, la capitale afghane.

L'assassinat de Zawahiri est le plus grand coup porté à Al-Qaïda depuis que les forces spéciales américaines ont tué Oussama ben Laden en 2011.

Sa présence à Kaboul remet en question la valeur de la promesse des talibans de ne pas héberger de groupes terroristes en Afghanistan.

"L'Emirat islamique d'Afghanistan n'a pas d'information sur l'arrivée et la présence à Kaboul d'Ayman al-Zawahiri", assure un communiqué officiel du gouvernement taliban, dans lequel ce dernier cite pour la première fois le nom du chef d'Al-Qaïda depuis l'annonce lundi du président américain.

Introuvable depuis plus de dix ans, Ayman al-Zawahiri était considéré comme un des cerveaux des attentats du 11 septembre 2001, qui avaient fait près de 3 000 morts aux Etats-Unis.

Lundi, le président américain Joe Biden avait annoncé en direct à la télévision la mort de Zawahiri, tué dans la nuit de samedi à dimanche par une frappe de drone américain alors qu'il se trouvait sur son balcon d'une maison à Kaboul.

Un haut responsable de l'administration américaine a déclaré que l'Égyptien de 71 ans se trouvait sur le balcon d'une maison de trois étages dans la capitale afghane lorsqu'il a été visé par deux missiles Hellfire dimanche après l'aube.

La déclaration soigneusement formulée des talibans n'a ni confirmé la présence en Afghanistan ni reconnu la mort du chef d'Al-Qaïda.

Le gouvernement de Kaboul a "demandé aux services de renseignement de mener une enquête approfondie et sérieuse sur l'incident", est-il ajouté.

«Aucune menace»

"Nous condamnons fermement une fois de plus le fait que l'Amérique ait envahi notre territoire et violé tous les principes internationaux. Si une telle action se répète, la responsabilité de toutes les conséquences incombera aux États-Unis d'Amérique", ajoute le communiqué.

Les talibans réitèrent dans leur déclaration qu'il n'y a "aucune menace" pour aucun pays depuis le sol afghan.

Le secrétaire d'Etat Antony Blinken avait indiqué lundi qu'en "hébergeant et en abritant" Zawahiri, les talibans ont "grossièrement violé l'accord de Doha" qui prévoyait le départ des troupes américaines d'Afghanistan.

Dans le cadre de cet accord, les talibans ont promis de ne pas laisser l'Afghanistan redevenir une rampe de lancement au jihad international, mais selon les experts, le groupe n'a jamais rompu ses liens avec Al-Qaïda.

"Justice a été rendue" aux familles de victimes tuées dans les tours jumelles du World Trade Center, à New York, et au siège du Pentagone près de Washington, avait ajouté le président Biden lundi.

L'attaque de drone de dimanche est la première frappe américaine connue sur une cible en Afghanistan depuis que Washington a retiré ses forces du pays le 31 août 2021, quelques jours après le retour au pouvoir des talibans.

La maison visée dimanche par la frappe de drone se trouve à Sherpur, l'un des quartiers les plus huppés de Kaboul, avec plusieurs villas occupées par des hauts fonctionnaires et des commandants talibans.

Zawahiri était l'un des terroristes les plus recherchés au monde et les Etats-Unis promettaient 25 millions de dollars pour tout renseignement permettant de le retrouver. Il avait pris la tête de la nébuleuse jihadiste en 2011, après la mort d'Oussama Ben Laden, tué par un commando américain au Pakistan.

La nouvelle de sa mort survient un mois avant le premier anniversaire du retrait définitif des troupes américaines d'Afghanistan, laissant le pays aux mains de l'insurrection talibane qui a combattu les forces occidentales pendant deux décennies.


Ukraine: le directeur général de la centrale de Zaporijjia libéré

La centrale nucléaire ukrainienne de Zaporijjia, le 11 septembre 2022. (Photo, AFP)
La centrale nucléaire ukrainienne de Zaporijjia, le 11 septembre 2022. (Photo, AFP)
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  • «Je salue la libération d'Igor Mourachov», a tweeté le chef de l'instance onusienne, Rafael Grossi. «J'ai reçu la confirmation qu'il est rentré chez lui sain et sauf»
  • Il avait été interpellé par une «patrouille russe» alors qu'il se rendait depuis la centrale vers la ville d'Ernogodar, contrôlée par les Russes, selon l'opérateur ukrainien Energoadom

VIENNE: Le directeur général de la centrale nucléaire ukrainienne de Zaporijjia, arrêté vendredi par la Russie qui contrôle le site, a été libéré, a annoncé lundi l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), qui dispose d'experts sur place. 

"Je salue la libération d'Igor Mourachov", a tweeté le chef de l'instance onusienne, Rafael Grossi. "J'ai reçu la confirmation qu'il est rentré chez lui sain et sauf". 

Il avait été interpellé par une "patrouille russe" alors qu'il se rendait depuis la centrale vers la ville d'Ernogodar, contrôlée par les Russes, selon l'opérateur ukrainien Energoadom. 

Le véhicule transportant le directeur de la centrale avait été stoppé et ce dernier extrait de la voiture puis "conduit, les yeux bandés, vers une destination inconnue", d'après la même source. 

Le ministre des Affaires étrangères ukrainien Dmytro Kouleba avait condamné samedi cette "détention illégale" au motif inconnu. 

"Ce crime est un nouvel acte de terrorisme d'État de la part de la Russie et représente une grave violation du droit international", avait-il fustigé. 

La centrale nucléaire de Zaporijjia, la plus grande d'Europe, est occupée depuis début mars par les troupes russes, mais se trouve non loin de la ligne de démarcation entre les territoires contrôlés par Kiev et ceux occupés par Moscou. 

Elle est située dans la région de Zaporijjia, l'un des territoires ukrainiens officiellement annexés vendredi par la Russie. 

Une délégation de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) s'est rendue début septembre sur place. Deux de ses inspecteurs y sont toujours. 

Face aux bombardements réguliers faisant craindre un accident nucléaire majeur, l'agence onusienne prône la mise en place d'une zone de sécurité autour du site. 

Dans cette optique, M. Grossi a entamé des consultations avec Kiev et Moscou, où "il devrait se rendre" cette semaine, avait indiqué l'AIEA ce week-end. 


Covid-19: Kiev recommande le retour du port du masque

L'Organisation mondiale de la santé avait relevé en août qu'avec l'approche de l'hiver, le système de santé ukrainien sera confronté à des défis sans précédent. (Photo, AFP)
L'Organisation mondiale de la santé avait relevé en août qu'avec l'approche de l'hiver, le système de santé ukrainien sera confronté à des défis sans précédent. (Photo, AFP)
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  • «Les autorités de la ville appellent les résidents de Kiev à porter de nouveau les masques» en raison de l'essor des cas de coronavirus, a indiqué la mairie sur la messagerie Telegram.
  • Entre le 19 et le 25 septembre, 44 137 nouveaux cas de coronavirus ont été enregistrés en Ukraine et 161 personnes sont décédées, selon le ministère de la Santé

KIEV: La capitale ukrainienne Kiev a recommandé lundi le retour au port du masque dans les lieux publics face à une nouvelle vague de Covid-19, alors que le système de santé est sous pression du fait de l'invasion russe. 

"Les autorités de la ville appellent les résidents de Kiev à porter de nouveau les masques" en raison de l'essor des cas de coronavirus, a indiqué la mairie sur la messagerie Telegram. 

Au cours de la semaine écoulée, 2 515 cas, 242 hospitalisations et 22 décès ont été recensés dans la capitale ukrainienne, selon un décompte officiel. 

Les autorités municipales recommandent le port du masque "dans les transports publics, les endroits accueillant de la clientèle et dans les lieux d'enseignement", selon le communiqué. 

Entre le 19 et le 25 septembre, 44 137 nouveaux cas de coronavirus ont été enregistrés en Ukraine et 161 personnes sont décédées, selon le ministère de la Santé. 

La semaine dernière, le vice-ministre de la Santé Igor Kouzine s'était inquiété de la hausse des cas de Covid auprès du média allemand Deutsche Welle, relevant en outre que le système de santé "enregistrait des pertes tous les jours" à cause de la guerre. 

Depuis le début de l'invasion en février, "18 établissements accueillant des patients du Covid ont été détruits, 15 autres partiellement détruits et plus de 100 sont sous occupation", avait-il ajouté. 

M. Kouzine avait aussi appelé les Ukrainiens à se faire vacciner, tout en estimant que les restrictions pour ralentir la progression du Covid seraient difficiles à mettre en œuvre, la population étant "concentrée sur une autre ennemi". 

Les restrictions anti-Covid ont été suspendues en Ukraine lorsque la loi martiale a été instaurée en Ukraine le 24 février, le jour où la Russie a envahi le pays. 

Le pic des nouveau cas est attendu entre fin septembre et début octobre, selon M. Kouzine. 

L'Organisation mondiale de la santé avait relevé en août qu'avec l'approche de l'hiver, le système de santé ukrainien sera confronté à des défis sans précédent.


Le Parlement russe ratifie la loi sur l'annexion de quatre régions ukrainiennes

Carte localisant la ville de Lyman dans le nord-est de l'Ukraine et les positions des forces russes et ukrainiennes. (Graphique, AFP)
Carte localisant la ville de Lyman dans le nord-est de l'Ukraine et les positions des forces russes et ukrainiennes. (Graphique, AFP)
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  • Les députés de la Douma, chambre basse du Parlement, ont tous voté en faveur de l'annexion des régions de Donetsk et de Lougansk (est de l'Ukraine), ainsi que de celles de Kherson et de Zaporijjia (sud)
  • L'UE a convoqué lundi le plus haut diplomate russe en poste à Bruxelles dans le cadre d'une action coordonnée avec les États membres pour condamner et rejeter «l'annexion illégale» d'une partie du territoire ukrainien

MOSCOU/ BRUXELLES: Les députés russes ont approuvé lundi à l'unanimité la loi sur l'annexion de quatre régions ukrainiennes, une décision qui avait déjà été approuvée par le président Vladimir Poutine et suscité une pluie de condamnations internationales. 

Les députés de la Douma, chambre basse du Parlement, ont tous voté en faveur de l'annexion des régions de Donetsk et de Lougansk (est de l'Ukraine), ainsi que de celles de Kherson et de Zaporijjia (sud), selon la retransmission en direct de la cérémonie du vote à la télévision russe. 

Ni abstention ni vote contre n'ont été enregistrés. 

Le président Vladimir Poutine a signé vendredi dernier l'annexion de quatre territoires ukrainiens lors d'une cérémonie au Kremlin, aux côtés des dirigeants prorusses de ces quatre régions, occupées en partie ou en quasi totalité par Moscou. 

L'Ukraine a répliqué en demandant une "adhésion accélérée" à l'Otan et en déclarant qu'elle ne négocierait pas avec Moscou tant que Vladimir Poutine est président.