Le Japon en première ligne des tensions sino-américaines autour de Taïwan

 Nancy Pelosi serre la main du Premier ministre japonais Fumio Kishida (Photo, AFP).
Nancy Pelosi serre la main du Premier ministre japonais Fumio Kishida (Photo, AFP).
Short Url
Publié le Vendredi 05 août 2022

Le Japon en première ligne des tensions sino-américaines autour de Taïwan

  • Le ministre japonais de la Défense Nobuo Kishi a qualifié les exercices militaires chinois d'extrêmement menaçants
  • Les exercices militaires chinois doivent s'achever dimanche à midi. Ils visent à simuler un blocus de Taïwan

TOKYO: Le Japon, proche allié des États-Unis mais dont la Chine est aussi le premier partenaire commercial, s'est retrouvé en première ligne des tensions sino-américaines autour de Taïwan, multipliant les appels à "l'arrêt immédiat" des exercices militaires de Pékin.

Les tirs de missiles balistiques autour du chinois de Taïwan, dont certains seraient tombés dans la zone économique exclusive (ZEE) du Japon, sont "un sérieux problème qui affecte notre sécurité nationale et celle de nos citoyens", a déclaré vendredi le Premier ministre nippon Fumio Kishida.

"Nous appelons à l'arrêt immédiat des exercices militaires" chinois qui ont commencé jeudi et doivent se poursuivre jusqu'à dimanche, a ajouté M. Kishida après une rencontre avec la présidente de la Chambre des représentants américaine Nancy Pelosi, arrivée la veille au soir à Tokyo.

Il a confirmé que le Japon et les États-Unis "continueraient à se développer étroitement pour maintenir la paix et la stabilité dans le détroit de Taïwan".

Mme Pelosi, 82 ans, dont c'est la première visite au Japon depuis 2015, a provoqué la colère de la Chine en se rendant mardi et mercredi à Taïwan, Pékin considérant ce territoire autonome de 23 millions d'habitants faisant comme partie tenant de son territoire.

La Chine a entraîné des exercices militaires d'une ampleur inédite autour de l'île, utilisant des avions et des hélicoptères de combat et tirant des missiles balistiques dont certains auraient survolé Taïwan et seraient tombés pour la première fois dans la ZEE du Japon, selon le ministère de la Défense nippon.

A Phnom Penh, où il a participé à une réunion de l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est (Asean), le ministre japonais des Affaires étrangères Yoshimasa Hayashi a lui aussi appelé à "l'arrêt immédiat" des exercices militaires chinois. "Les actions de la Chine ont cette fois un impact grave sur la paix et la stabilité de la région", at-il déclaré.

Extrêmement menaçants

De son côté, le ministre japonais de la Défense Nobuo Kishi a qualifié ces exercices "d'extrêmement menaçants", alors que certaines îles du département d'Okinawa, à l'extrême sud du Japon, se trouvent à une centaine de kilomètres seulement de Taïwan.

"Le Japon a déposé une protestation auprès de la Chine par la voie diplomatique", a dit M. Kishi. Il a cité le chiffre de neuf missiles chinois tirés, dont cinq semblent s'abîmés au sud-ouest de l'île nippone de Hateruma.

L'initiative de Mme Pelosi a été considérée par la Chine comme une provocation, un soutien aux partisans de l'indépendance de Taïwan et un reniement de la promesse des États-Unis de ne pas avoir de relations officielles avec l'île.

Par la voix du porte-parole de la Maison Blanche pour les questions stratégiques John Kirby, Washington a accusé Pékin d'avoir "choisi de surréagir" à la visite de Nancy Pelosi à Taïwan.

Il a prévenu que le porte-avions USS Reagan continuerait à "surveiller" les environs de l'île, tout en annonçant avoir signalé un test de missile intercontinental pour ne pas aggraver la crise.

De son côté, le secrétaire d'État américain Antony Blinken a souligné que Washington avait pris contact avec Pékin "à tous les niveaux du gouvernement" ces derniers jours pour l'appeler au calme.

Les exercices militaires chinois doivent s'achever dimanche à midi. Ils visent à simuler un "blocus" de l'île et incluent "l'assaut de cibles en mer, la frappe de cibles au sol et le contrôle de l'espace aérien", selon l'agence officielle Chine nouvelle.

Déjà, lors d'une visite en mai au Japon, le président américain Joe Biden avait vaincu l'irrité de Pékin en affirmant que Washington pourrait défendre militairement Taïwan en cas d'invasion chinoise.


Détroit d'Ormuz: l'Iran met en garde le Conseil de sécurité de l'ONU contre toute «action provocatrice»

 Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a mis en garde contre toute "action provocatrice" avant un vote prévu du Conseil de sécurité de l'ONU sur un usage de la force pour débloquer le détroit d'Ormuz. (AFP)
Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a mis en garde contre toute "action provocatrice" avant un vote prévu du Conseil de sécurité de l'ONU sur un usage de la force pour débloquer le détroit d'Ormuz. (AFP)
Short Url
  • Le détroit d'Ormuz, passage stratégique du marché mondial des hydrocarbures, est quasiment totalement bloqué par l'Iran en réaction à l'attaque américano-israélienne contre son territoire le 28 février
  • "M. Araghchi souligne que toute action provocatrice des agresseurs et de leurs soutiens, y compris au Conseil de sécurité de l'ONU concernant la situation dans le détroit d'Ormuz, ne fera que compliquer davantage la situation"

TEHERAN: Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a mis en garde contre toute "action provocatrice" avant un vote prévu du Conseil de sécurité de l'ONU sur un usage de la force pour débloquer le détroit d'Ormuz.

M. Araghchi s'exprimait jeudi et le vote était initialement prévu vendredi, avant l'annonce de son report sine die.

Le détroit d'Ormuz, passage stratégique du marché mondial des hydrocarbures, est quasiment totalement bloqué par l'Iran en réaction à l'attaque américano-israélienne contre son territoire le 28 février.

"M. Araghchi souligne que toute action provocatrice des agresseurs et de leurs soutiens, y compris au Conseil de sécurité de l'ONU concernant la situation dans le détroit d'Ormuz, ne fera que compliquer davantage la situation", selon un communiqué de son ministère.

Porté par Bahreïn, le texte fait l'objet de discussions par les 15 membres du Conseil depuis dix jours, reflétant leurs divergences.

Le dernier projet de résolution insiste sur le fait que le Conseil autoriserait tout Etat ou toute coalition d'Etats à utiliser des moyens "défensifs" pour assurer la sécurité des navires. Une stipulation de mandat défensif absente au départ.

Mais il n'est pas certain que cela soit suffisant à convaincre la Russie et la Chine, qui ont un droit de veto.

"L'Iran a fermé le détroit d'Ormuz, empêchant les navires commerciaux et les pétroliers de passer et posant des conditions pour permettre le passage de certains", a dénoncé jeudi le secrétaire général du Conseil de coopération du Golfe (CCG), Jassem Al-Budaiwi, au nom de cette organisation qui regroupe l'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, Bahreïn, le Qatar, le Koweït et Oman.

"Nous appelons le Conseil de sécurité à prendre toutes ses responsabilités et à prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger les couloirs maritimes et assurer la poursuite en toute sécurité de la navigation internationale", a-t-il insisté à New York, avant l'annonce du report.


Le patron du Pentagone obtient le départ du chef d'état-major de l'armée de terre

Pete Hegseth, à la tête d'un ministère qu'il a renommé "ministère de la Guerre", a assuré qu'il choisissait tout simplement les chefs qu'il veut pour diriger l'armée au plus grand budget du monde. (AFP)
Pete Hegseth, à la tête d'un ministère qu'il a renommé "ministère de la Guerre", a assuré qu'il choisissait tout simplement les chefs qu'il veut pour diriger l'armée au plus grand budget du monde. (AFP)
Short Url
  • Le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, a obtenu le départ immédiat du chef d'état-major de l'armée de terre, le général Randy George
  • Ce très haut gradé "va quitter ses fonctions de 41e chef d'état-major de l'armée de terre, avec effet immédiat", a écrit sur la plateforme X Sean Parnell, le porte-parole du Pentagone, lui souhaitant "une belle retraite"

WASHINGTON: Le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, a obtenu le départ immédiat du chef d'état-major de l'armée de terre, le général Randy George, a fait savoir un responsable américain à propos de ce limogeage qui survient en pleine guerre contre l'Iran.

Ce très haut gradé "va quitter ses fonctions de 41e chef d'état-major de l'armée de terre, avec effet immédiat", a écrit sur la plateforme X Sean Parnell, le porte-parole du Pentagone, lui souhaitant "une belle retraite."

Il ne donne pas la raison de ce départ soudain.

CBS News, qui a révélé l'information, cite un responsable américain anonyme affirmant que Pete Hegseth souhaite nommer à sa place quelqu'un qui pourra appliquer la vision de Donald Trump et de son ministre pour l'armée de terre.

Le général Randy George, diplômé de la prestigieuse académie militaire de West Point, qui a servi en Irak et en Afghanistan, avait été nommé à ce poste en 2023, sous le mandat du président démocrate, Joe Biden.

Il s'agit d'un départ forcé de plus chez les plus hauts gradés de l'armée américaine depuis le retour au pouvoir de Donald Trump.

Le président américain avait, sans explication, limogé début 2025 Charles "CQ" Brown, le chef d'état-major des armées, pour le remplacer par Dan Caine.

Depuis, ce sont les chefs de la marine, des gardes-côtes, de l'agence d'espionnage NSA, ainsi que de nombreux autres, qui ont été poussés vers la sortie par le gouvernement de Donald Trump.

Selon le Washington Post et CBS, deux autres généraux, David Hodne, chargé du Commandement de la transformation et de l'entraînement de l'armée, et William Green Jr, à la tête du corps des aumôniers militaires, ont par ailleurs été mis à l'écart en même temps que le général George.

Pete Hegseth, à la tête d'un ministère qu'il a renommé "ministère de la Guerre", a assuré qu'il choisissait tout simplement les chefs qu'il veut pour diriger l'armée au plus grand budget du monde.

Des parlementaires de l'opposition démocrate se sont inquiétés d'une potentielle politisation de l'armée, traditionnellement plus isolée des batailles politiciennes que le reste de l'appareil d'Etat américain.

Pete Hegseth a aussi décidé l'an passé de réduire le nombre de plus hauts gradés de l'ensemble de l'armée.

 


Trump menace de nouvelles destructions de ponts et de centrales en Iran

Le président des Etats-Unis Donald Trump a menacé jeudi de nouvelles destructions d'infrastructures civiles en Iran, citant les ponts et les centrales électriques. (AFP)
Le président des Etats-Unis Donald Trump a menacé jeudi de nouvelles destructions d'infrastructures civiles en Iran, citant les ponts et les centrales électriques. (AFP)
Short Url
  • "Les ponts sont les prochains, puis les centrales électriques!", a mis en garde Donald Trump sur son réseau Truth Social
  • Donald Trump avait précédemment applaudi jeudi la destruction d'un pont emblématique près de Téhéran. Huit civils ont été tués dans cette frappe contre ce pont en construction, selon les médias iraniens

WASHINGTON: Le président des Etats-Unis Donald Trump a menacé jeudi de nouvelles destructions d'infrastructures civiles en Iran, citant les ponts et les centrales électriques.

"Les ponts sont les prochains, puis les centrales électriques!", a mis en garde Donald Trump sur son réseau Truth Social.

Donald Trump avait précédemment applaudi jeudi la destruction d'un pont emblématique près de Téhéran. Huit civils ont été tués dans cette frappe contre ce pont en construction, selon les médias iraniens.

Les Etats-Unis n'ont "même pas commencé" leur programme de destruction des infrastructures civiles du pays, a prévenu M. Trump dans la soirée.

Le dirigeant américain a répété à plusieurs reprises que la grande majorité des sites militaires, cibles premières de l'offensive américano-israélienne débutée le 28 février en Iran, avait déjà été endommagée ou détruite.

"Les dirigeants du nouveau régime (iranien) savent ce qu’il faut faire, et qu’il faut le faire VITE!", a ajouté le président américain, qui alterne menaces et appels à Téhéran à accepter un accord de cessez-le-feu.