Turquie: une opposante kurde maintenue en prison malgré sa démence

Vice-présidente du HDP, le Parti démocratique des peuples (pro-kurde), avant son arrestation en 2016, Aysel Tugluk, 57 ans, a été condamnée en 2018 à 10 ans de prison (fournie)
Vice-présidente du HDP, le Parti démocratique des peuples (pro-kurde), avant son arrestation en 2016, Aysel Tugluk, 57 ans, a été condamnée en 2018 à 10 ans de prison (fournie)
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Publié le Dimanche 07 août 2022

Turquie: une opposante kurde maintenue en prison malgré sa démence

  • Bien qu'il ait décidé de la libérer dans le cadre d'un autre dossier, le tribunal d'Ankara qui était saisi l'a quand même maintenue en prison vendredi soir pour sa condamnation de 2018
  • Considérée comme atteinte de démence depuis 2021, Mme Tugluk avait été arrêtée pour ses activités au sein du «Congrès de la société démocratique» (DTK)

ANKARA : La justice turque a ordonné vendredi soir le maintien en détention d'une opposante kurde malgré des rapports attestant qu'elle est atteinte de démence, a affirmé samedi son avocat.

Vice-présidente du HDP, le Parti démocratique des peuples (pro-kurde), avant son arrestation en 2016, Aysel Tugluk, 57 ans, a été condamnée en 2018 à 10 ans de prison pour «appartenance à une organisation terroriste».

Bien qu'il ait décidé de la libérer dans le cadre d'un autre dossier, le tribunal d'Ankara qui était saisi l'a quand même maintenue en prison vendredi soir pour sa condamnation de 2018, alors qu'elle n'est «pas consciente de ce qui passe autour d'elle», a affirmé à l'AFP son avocat, Serdar Celebi.

«Les juges ont vu de leurs propres yeux que Mme Tugluk ne comprenait pas les questions qui lui étaient posées et n'était pas capable de présenter une défense. Mais ils ont refusé de prendre en compte les rapports que nous avons soumis et de la transférer dans un hôpital», a-t-il dit.

Considérée comme atteinte de démence depuis 2021, Mme Tugluk avait été arrêtée pour ses activités au sein du «Congrès de la société démocratique» (DTK), une organisation considérée par les autorités turques comme liée au PKK, le Parti des travailleurs du Kurdistan, classé mouvement «terroriste» par Ankara et ses alliés occidentaux.

«Je ne sais pas pourquoi je suis jugée, ni ce qui s'est passé, où et quand», a-t-elle affirmé lundi lors d'une audience, ont rapporté les médias turcs.

Mme Tuglu a perdu sa mère en 2017 et, alors qu'elle avait été autorisée à assister aux obsèques, celles-ci ont dû être annulées en raison de menaces de groupes nationalistes.

Pour son entourage, la démence attestée de l'opposante date de cet épisode douloureux.

Tout en reconnaissant son état de santé, l'Institut de médecine légale, organisme public chargé d'émettre des avis officiels sur la santé des détenus, a estimé en juillet qu'elle était apte à rester en prison.

«Les autorités estiment que Mme Tugluk reçoit un traitement parce qu'elle a accès à des médicaments. Mais sa maladie empire en détention», s'alarme son défenseur.

Les milieux prokurdes, en particulier le HDP, font l'objet d'une répression implacable depuis plusieurs années en Turquie.

Le pouvoir accuse le parti d'être la «vitrine politique» du PKK, ce que ce dernier dément, en se disant visé en raison de sa farouche opposition au président Recep Tayyip Erdogan.

Selahattin Demirtas, ancien dirigeant emblématique du HDP, est lui aussi détenu depuis novembre 2016 pour des accusations en lien avec le «terrorisme».


L'Iran cherche à tuer Donald Trump, a affirmé Israël auprès de Washington

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu écoute le président américain Donald Trump s'exprimer devant les journalistes lors d'une conférence de presse conjointe à la résidence Mar-a-Lago de Trump, à Palm Beach, en Floride. (AFP)
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu écoute le président américain Donald Trump s'exprimer devant les journalistes lors d'une conférence de presse conjointe à la résidence Mar-a-Lago de Trump, à Palm Beach, en Floride. (AFP)
  • Israël a transmis aux États-Unis des renseignements affirmant que l'Iran préparerait un nouveau projet d'assassinat contre Donald Trump, selon des médias américains.
  • Ces révélations surviennent sur fond de tensions entre Washington et Israël concernant la guerre en Iran, certains responsables américains évoquant une possible tentative d'influencer la politique de Donald Trump

WASHINGTON: Israël a transmis à Washington des informations de ses services de renseignement selon lesquelles l'Iran prépare un nouveau plan pour assassiner Donald Trump, rapportent jeudi le Wall Street Journal et CNN en citant des sources anonymes.

Les deux médias américains sont avares en détails. Selon une source citée par CNN, l'alerte est arrivée cette semaine aux oreilles des Américains. Selon une autre source auprès de la chaîne, les Israéliens ont confirmé un nouveau plan iranien déjà partiellement détecté par les services américains.

Interrogée par l'AFP, la Maison Blanche n'a pas démenti, renvoyant simplement vers des déclarations de Donald Trump datant de mercredi: "Ils veulent éliminer le dirigeant américain - moi. Je suis sur une sorte de liste, j'ai vu ce matin que je suis sur toutes leurs listes".

Le président avait alors quitté le sommet de l'Otan en Turquie avec l'ancien avion présidentiel, et non le nouveau offert par le Qatar, en raison de questions de sécurité, selon le New York Times.

Ces fuites évoquant un nouveau complot interviennent au moment où la relation entre Israël et les Etats-Unis et leurs deux dirigeants, le Premier ministre Benjamin Netanhayu et Donald Trump, bat de l'aile à propos de la guerre en Iran.

Les Etats-Unis sont le principal allié d'Israël, mais le président américain s'est à plusieurs reprises livré ces dernières semaines à des critiques publiques de M. Netanyahu, après que la guerre menée par Israël contre le Hezbollah au Liban a menacé les pourparlers avec l'Iran.

Des sources américaines citées par CNN estiment que cette transmission d'informations israéliennes aux Américains pourrait constituer un effort du gouvernement Netanyahu visant à convaincre Donald Trump de poursuivre ses bombardements contre l'Iran, redémarrés cette semaine.

Les Etats-Unis ont assassiné le puissant général iranien Qassem Soleimani en Irak en 2020, lors du premier mandat du républicain, et l'Iran a publiquement menacé de représailles, notamment à l'encontre de Donald Trump.

L'Iran vient d'inhumer son défunt guide suprême Ali Khamenei, tué dans une frappe américano-israélienne fin février au tout début de leur guerre, après plusieurs jours de funérailles marquées le désir de vengeance.


L'armée américaine dit avoir mené une nouvelle série de frappes en Iran, sur 90 cibles

Des personnes se rassemblent sur la place Ferdowsi à Téhéran pour les funérailles du guide suprême iranien, Ali Khamenei. (AFP)Les États-Unis annoncent avoir frappé environ 90 cibles militaires en Iran, dont des systèmes de défense antiaérienne
Des personnes se rassemblent sur la place Ferdowsi à Téhéran pour les funérailles du guide suprême iranien, Ali Khamenei. (AFP)Les États-Unis annoncent avoir frappé environ 90 cibles militaires en Iran, dont des systèmes de défense antiaérienne
  • Les États-Unis annoncent avoir frappé environ 90 cibles militaires en Iran, dont des systèmes de défense antiaérienne
  • Selon le Centcom, ces frappes visent à réduire les capacités de l’Iran à menacer la navigation commerciale dans le détroit d’Ormuz

WASHINGTON: L'armée américaine a atteint quelque 90 "cibles militaires" en Iran, parmi lesquelles des systèmes de défense antiaérienne, lors de sa dernière série de frappes, a annoncé mercredi soir le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom).

"Les Etats-Unis ont achevé une nouvelle série de frappes contre l'Iran, le 8 juillet, afin de dégrader davantage la capacité de l'Iran à s'en prendre au transport maritime commercial et à d'innocents marins civils dans le détroit d'Ormuz", a détaillé le Centcom dans un communiqué publié sur X.


Les Etats-Unis vont retirer la Syrie de leur liste des Etats soutenant le terrorisme

L'adoubement d'Ahmed al-Chareh par Donald Trump intervient malgré les réticences d'Israël, qui a mené à plusieurs reprises des frappes aériennes en Syrie. (AFP)
L'adoubement d'Ahmed al-Chareh par Donald Trump intervient malgré les réticences d'Israël, qui a mené à plusieurs reprises des frappes aériennes en Syrie. (AFP)
  • Cette annonce survient après la rencontre en marge du sommet de l'Otan en Turquie entre Donald Trump et Ahmed al-Chareh, un ancien djihadiste devenu président de la Syrie après le coup d'Etat contre le régime de Bachar al-Assad en décembre 2024
  • "C'est un autre pas historique de la part du président Trump pour donner au peuple syrien une chance de grandeur", a déclaré Marco Rubio dans un communiqué

WASHINGTON: Les Etats-Unis ont annoncé mercredi qu'ils allaient retirer la Syrie de leur liste noire des pays accusés de soutenir le terrorisme, une classification vieille de plusieurs dizaines d'années qui limitait les investissements dans ce pays.

Le secrétaire d'Etat Marco Rubio a officiellement informé le Congrès de cette décision attendue de longue date, qui sera effective dans 45 jours, à moins que les parlementaires ne choisissent, de manière inattendue, de la bloquer.

Cette annonce survient après la rencontre en marge du sommet de l'Otan en Turquie entre Donald Trump et Ahmed al-Chareh, un ancien djihadiste devenu président de la Syrie après le coup d'Etat contre le régime de Bachar al-Assad en décembre 2024.

"C'est un autre pas historique de la part du président Trump pour donner au peuple syrien une chance de grandeur", a déclaré Marco Rubio dans un communiqué.

"Lever les sanctions contre la Syrie va débloquer le commerce international et les investissements, donner à la Syrie une chance de se reconstruire, et ouvrir un nouveau chapitre pour le peuple syrien", a-t-il poursuivi.

L'adoubement d'Ahmed al-Chareh par Donald Trump intervient malgré les réticences d'Israël, qui a mené à plusieurs reprises des frappes aériennes en Syrie.

Le président américain avait auparavant publiquement poussé en faveur d'un accord de paix entre Israël et la Syrie, mais a finalement choisi de lever cette classification malgré l'absence de progrès dans les négociations.

Dans son communiqué, Marco Rubio a expliqué que cette décision avait été prise après avoir reçu des "assurances formelles" de la part d'Ahmed al-Chareh selon lesquelles "la Syrie ne soutiendra pas d'actes de terrorisme international à l'avenir".

Il a soutenu qu'une "Syrie stable, unifiée et en paix avec elle-même et avec ses voisins ne sera pas seulement bénéfique pour la région, mais pour le monde entier".

Donald Trump avait commencé à lever la plupart des sanctions contre la Syrie il y a un an, après que la Turquie et l'Arabie saoudite l'ont encouragé à rencontrer Ahmed al-Chareh.

"Il fait un travail incroyable pour unifier la Syrie", a affirmé le président américain à son sujet lors de la rencontre à Ankara.

La Syrie était sur la liste américaine des pays accusés de soutenir le terrorisme depuis sa création en 1979.

Après cette décision, seuls l'Iran, la Corée du Nord et Cuba demeurent sur cette liste.