Les températures élevées du passé n'invalident pas le réchauffement climatique

Sur cette photo d'archive prise le 2 août 2022, un homme utilise un éventail dans un parc du centre de Madrid (AFP)
Sur cette photo d'archive prise le 2 août 2022, un homme utilise un éventail dans un parc du centre de Madrid (AFP)
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Publié le Lundi 08 août 2022

Les températures élevées du passé n'invalident pas le réchauffement climatique

  • Le fait que des températures très élevées aient pu être observées dans le passé est parfaitement compatible avec le réchauffement climatique, expliquent les experts
  • Les scientifiques s'accordent à dire que la récente multiplication des épisodes caniculaires est une conséquence directe du réchauffement de la planète

BARCELONE: En pleine vague de chaleur en Europe, les réseaux sociaux ont vu se multiplier les messages présentant des températures extrêmes qui auraient été enregistrées le siècle dernier afin de nier l'existence du réchauffement climatique, mais ces pics de chaleur, en supposant même qu'ils aient existé, ne contredisent pas la réalité du phénomène, selon les experts.

Des internautes ont reproduit ces dernières semaines des relevés de températures très élevées vieux de plusieurs décennies, les comparant aux mercures actuels des canicules qui ont traversé le continent en juin et juillet.

La méthode varie peu : ils prennent des vieux almanachs, tableaux de référence ou anciens article de presse pour trouver, par exemple, des températures de plus de 50ºC qui auraient été relevées en Espagne. L'objectif est de nier le réchauffement climatique.

Le fait que des températures très élevées aient pu être observées dans le passé est toutefois parfaitement compatible avec le réchauffement climatique, expliquent les experts consultés par l'AFP, qui mettent en garde contre le fait que ces publications présentent des données isolées qui, de plus, n'ont pas été relevées correctement.

52ºC à Saragosse ? 

L'une des publications les plus virales ces dernières semaines sur Facebook est une capture d'écran d'un entrefilet paru dans l'édition du New York Times du 23 juin 1935, selon lequel une température de "127 degrés Fahrenheit", soit 52,7°C, aurait été atteinte la veille à Saragosse, dans le nord-est de l'Espagne.

Cette température est nettement supérieure au record national relevé jusqu'à présent par l'Agence météorologique espagnole (AEMET), qui a enregistré 47,6 ºC le 14 août 2021 à La Rambla, une petite ville de la province de Cordoue, en Andalousie (sud).

Mais le porte-parole de l'AEMET, Rubén del Campo, a précisé à AFP Factuel que la température maximale enregistrée à Saragosse ce jour-là fut de 39ºC. "Cette donnée de plus de 52ºC est incorrecte. Elle ne figure pas dans notre base de données météorologiques et, de fait, il n'y a aucun relevé qui dépasse les 50ºC", a-t-il assuré.

De toute façon, "même si la donnée avait été correcte - et j'insiste sur le fait qu'elle ne l'est pas - ce ne serait pas une preuve niant (l'existence du) changement climatique", a poursuivi M. del Campo.

Le quotidien espagnol La Vanguardia s'était lui aussi fait écho de températures records en 1935, mais avait précisé que les 51 et 52 degrés avaient été enregistrés "au soleil".

Or, pour qu'une mesure soit valide, elle doit être prise dans des conditions obéissant à des critères très stricts, avertissent les experts.

"Les capteurs doivent être protégés du soleil et de la pluie, et la température à l'intérieur de la station (météorologique) doit être la même qu'à l'extérieur", explique Ricardo Torrijo, technicien météorologue à l'Aemet. Les températures supérieures à 50° C évoquées par la Vanguardia ayant été relevés au soleil, elles ne sont donc pas valides.

Une couverture de l'hebdomadaire El Español datant d'août 1957 est elle aussi devenue virale récemment sur les réseaux sociaux pour les mêmes raisons. Sous le titre "L'été le plus chaud du siècle", elle faisait état de températures autour des 50 degrés, mais elles aussi prises au soleil.

Mais même dans l'hypothèse où on aurait atteint ces 50 degrés, "ce ne serait pas un motif pour douter que la situation actuelle est plus chaude", a déclaré à l'AFP Isabel Cacho, professeure à l'Université de Barcelone et spécialiste des changements climatiques.

Anomalie 

"L'anomalie de ce jour précis a un effet très petit sur la moyenne (des températures)" sur le long terme, si bien que "la tendance ne change pas", explique Pedro Zorrilla, expert sur le changement climatique chez Greenpeace Espagne.

José Luis García, porte-parole de la même ONG de défense de l'environnement, ajoute que "ces données de hautes températures ne peuvent pas démentir l'existence du changement climatique", car "cela n'a rien à voir". "Les données ponctuelles de températures sont une chose, l'augmentation de la tendance et de la température moyenne en est une autre bien différente", souligne-t-il.

Les scientifiques s'accordent à dire que la récente multiplication des épisodes caniculaires est une conséquence directe du réchauffement de la planète, qui accroît à la fois leur fréquence, leur durée et leur intensité.


Des frappes en Iran sont toujours une option pour Trump, selon la Maison Blanche

Donald Trump envisage des frappes aériennes en Iran pour mettre fin à la répression des manifestations qui secouent la République islamique depuis le 28 décembre, a affirmé lundi la Maison Blanche, ajoutant toutefois qu'une voie diplomatique restait ouverte. (AFP)
Donald Trump envisage des frappes aériennes en Iran pour mettre fin à la répression des manifestations qui secouent la République islamique depuis le 28 décembre, a affirmé lundi la Maison Blanche, ajoutant toutefois qu'une voie diplomatique restait ouverte. (AFP)
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  • La répression des manifestations en Iran a fait plus de 600 morts depuis le début de la contestation selon une ONG
  • "Une chose dans laquelle le président Trump excelle est de garder toutes les options sur la table. Et les frappes aériennes sont l'une des très nombreuses options qui s'offrent au commandant en chef"

WASHNIGTON: Donald Trump envisage des frappes aériennes en Iran pour mettre fin à la répression des manifestations qui secouent la République islamique depuis le 28 décembre, a affirmé lundi la Maison Blanche, ajoutant toutefois qu'une voie diplomatique restait ouverte.

La répression des manifestations en Iran a fait plus de 600 morts depuis le début de la contestation selon une ONG, la République islamique faisant face à l'un de ses plus importants mouvements de contestation depuis sa proclamation en 1979.

"Une chose dans laquelle le président Trump excelle est de garder toutes les options sur la table. Et les frappes aériennes sont l'une des très nombreuses options qui s'offrent au commandant en chef", a affirmé à la presse la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt.

Toutefois, elle a assuré que "la diplomatie (était) toujours la première option pour le président".

Selon elle, une voie diplomatique reste ouverte avec l'Iran, le pouvoir adoptant un "ton très différent" lors de discussions privées avec l'émissaire américain, Steve Witkoff.

"Ce que vous entendez de la part du régime iranien est très différent des messages que l'administration (américaine) reçoit en privé, et je pense que le président veut examiner ces messages", a-t-elle ajouté.

Donald Trump "ne souhaite pas voir des gens se faire tuer dans les rues de Téhéran, et malheureusement, c'est ce à quoi nous assistons actuellement", a également assuré Karoline Leavitt.

Le ministère iranien des Affaires étrangères a lui déclaré lundi qu'un canal de communication était "ouvert" entre l'Iran et Steve Witkoff, malgré l'absence de relations diplomatiques entre les deux pays ennemis.

Le pouvoir cherche à présent à reprendre la main en faisant descendre dans les rues des milliers de ses partisans, après avoir imposé une coupure totale d'internet depuis le 8 janvier.

Le président américain avait annoncé dimanche qu'une réunion avec des responsables iraniens était "en cours de préparation", sans toutefois écarter l'option militaire. "Nous pourrions devoir agir avant une rencontre", avait-il avancé, en ajoutant que l'armée américaine étudiait des "options très fortes".

 


Partez maintenant! le message des États-Unis à leurs ressortissants en Iran

Cette image, prise le 6 janvier 2026 à partir d'images UGC publiées le même jour sur les réseaux sociaux, montre les forces de sécurité iraniennes utilisant des gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants au bazar de Téhéran. (Fichier/AFP)
Cette image, prise le 6 janvier 2026 à partir d'images UGC publiées le même jour sur les réseaux sociaux, montre les forces de sécurité iraniennes utilisant des gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants au bazar de Téhéran. (Fichier/AFP)
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  • L'Iran ne reconnaissant pas la double nationalité et traitant les citoyens américains et iraniens ayant une double nationalité uniquement comme des ressortissants iraniens, le fait de montrer des liens avec les États-Unis pourrait conduire à la détention
  • Il a été conseillé aux citoyens américains de quitter le pays par voie terrestre, notamment via l'Arménie ou la Turquie, s'ils peuvent le faire en toute sécurité

DUBAI: L'aide à l'alerte qui montre des liens avec les États-Unis peut conduire à la détention.
Les États-Unis ont demandé à leurs ressortissants en Iran de quitter le pays immédiatement, dans un contexte d'escalade des troubles.

"Quittez l'Iran maintenant", a déclaré l'ambassade virtuelle de Téhéran, gérée par le département d'État, dans une alerte de sécurité diffusée lundi, invitant les Américains à planifier leur départ sans l'aide du gouvernement américain.

L'alerte fait état d'une escalade des manifestations, d'un risque de violence, d'arrestations, de perturbations de l'Internet et d'un renforcement des mesures de sécurité.

L'Iran ne reconnaissant pas la double nationalité et traitant les citoyens américains et iraniens ayant une double nationalité uniquement comme des ressortissants iraniens, le fait de montrer des liens avec les États-Unis pourrait conduire à la détention.

Il a été conseillé aux citoyens américains de quitter le pays par voie terrestre, notamment via l'Arménie ou la Turquie, s'ils peuvent le faire en toute sécurité. Ceux qui ne sont pas en mesure de partir ont été invités à rester dans des lieux sûrs, à éviter les manifestations, à faire profil bas et à s'assurer un accès à la nourriture, à l'eau et aux médicaments.

Les États-Unis n'ont pas de relations diplomatiques ou consulaires avec l'Iran. L'ambassade de Suisse à Téhéran joue le rôle de puissance protectrice des États-Unis en cas d'urgence.


Léon XIV a reçu l'opposante vénézuélienne Maria Corina Machado

Le pape Léon XIV a reçu lundi en audience privée la cheffe de l'opposition vénézuélienne et prix Nobel de la paix 2025, Maria Corina Machado, indique un bref communiqué du Vatican. (AFP)
Le pape Léon XIV a reçu lundi en audience privée la cheffe de l'opposition vénézuélienne et prix Nobel de la paix 2025, Maria Corina Machado, indique un bref communiqué du Vatican. (AFP)
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  • Le Saint-Siège a maintenu un délicat équilibre diplomatique avec le Venezuela ces deniers mois, soutenant la protection des droits humains tout en privilégiant une approche prudente et discrète
  • En décembre, les autorités vénézuéliennes avaient confisqué le passeport du cardinal Baltazar Porras Cardozo, archevêque émérite de Caracas, illustrant la pression croissante sur l'Eglise dans le pays d'Amérique latine

CITE DU VATICAN: Le pape Léon XIV a reçu lundi en audience privée la cheffe de l'opposition vénézuélienne et prix Nobel de la paix 2025, Maria Corina Machado, indique un bref communiqué du Vatican.

Cette audience - qui n'avait pas été annoncée - intervient peu avant le déplacement de l'opposante vénézuélienne à Washington cette semaine, où elle doit rencontrer le président américain Donald Trump.

Ce dernier avait estimé après la capture de Nicolas Maduro par les Américains que Maria Corina Machado, qui avait quitté clandestinement le Venezuela en décembre, n'était pas qualifiée pour prendre les commandes du pays.

Sollicité par l'AFP, le Vatican n'a fourni aucun détail sur la rencontre, le nom de l'opposante vénézuélienne se trouvant simplement sur la liste des personnes reçues par le pape dans la matinée.

Le Saint-Siège a maintenu un délicat équilibre diplomatique avec le Venezuela ces deniers mois, soutenant la protection des droits humains tout en privilégiant une approche prudente et discrète.

En décembre, les autorités vénézuéliennes avaient confisqué le passeport du cardinal Baltazar Porras Cardozo, archevêque émérite de Caracas, illustrant la pression croissante sur l'Eglise dans le pays d'Amérique latine.

Cette rencontre intervient moins d'une semaine après un entretien téléphonique entre le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio et le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d'État du Saint-Siège, lors duquel ils ont évoqué la situation au Venezuela selon la Maison Blanche.

Vendredi, lors d'un discours devant le corps diplomatique, le pape américain avait de nouveau appelé "à respecter la volonté du peuple vénézuélien et à s'engager en faveur de la protection des droits humains et civils de chacun".

Il a également fait part de sa "vive inquiétude" quant à "l'aggravation des tensions dans la mer des Caraïbes et le long des côtes américaines du Pacifique".